/^^Ly^^^^C 7>l. 7h- A ^ r LEONS ELEMENTAIRES D'HISTOIRE NATURELLE COMPRENANT IN APERU SUR TOITE LA ZOOLOGIE ET UN TRAIT DE CONCHYLIOLOGIE 3t l'usage bes gens >u Monie OUVRAfiE ADRESSE n a' Jlb cF^ctucou* Qe)ele^e<<:t u. J. . t ni \r Docteur eu Mdecine, Hievalier de la Lgion-d'Honncur. PARIS DAUVIN ET FONTAINE, LIRRAIRES J. J. DUROCHET, LE CHEVALIER ET C" 35, PASSAGE DES PANORAMAS Il , RUE RICHELIEU 18 4 7 J* sdcvme ^?w uaa/me ^y'iwzcoid Madame, Vous m'avez fait l'honneur de me demander quelques leons sur l'histoire des Coquilles et sur la mthode l'aide de laquelle on parvient classer des tres si sin- guliers et si varis. Je comprends parfaitement tout l'intrt que doivent vous in- spirer les collections prcieuses de M. Benjamin Delessert, et le dsir bien naturel que vous avez de consacrer quelques moments une tude qui vous promet les plus agrables loisirs ; mais, tout en n'hsitant pas rpondre une demande si flatteuse pour moi, je suis loin d'tre rassur sur la manire dont je m'acquitterai d'une tche aussi difticile. Vous avez surtout augment mes craintes, madame, en me confiant les lettresque Jean-Jacques Rousseau crivit madame Delessert pour lui permettre d'apprendre elle-mme la botanique sa tille Marguerite-Madeleine Delessert , depuis madame Gautier, votre mre, ainsi que l'herbier qu'il forma pour lui faciliter l'intelligence de ses leons. Vous n'attendez pas de moi la perfection du style de l'auteur de ces lettres admi- rables. Je n'aurai de commun avec lui que le dsir de rendre la science plus acces- sible votre fille, en vous laissant le soin de lui en tracer vous-mme le tableau dans les limites que vous jugerez convenables; et vous serez assez indulgente pour comprendre que mes leons ne pourraient supporter aucune autre comparaison. a 31204 II L'tude de la nature ne peut qu'lever les penses de votre fille vers l'auteur de toutes les merveilles de la cration, merveilles qu'elle appprciera d'autant plus qu'elle les connatra mieux. Son esprit, son cur et sa raison trouveront beaucoup gagner dans ces douces occupations, qui, part les avantages rels qu'elle en retirera, auront encore le mrite de lui procurer, pour le prsent et l'avenir, des distractions toujours nouvelles, les jouissances les plus pures, les plus indpendantes des circonstances et des temps, et les consolations les plus douces aux malheurs qui pourraient la frapper. En tudiant l'histoire naturelle, l'habitude qu'elle prendra de classer dans son esprit un trs-grand nombre d'ides est un des rsultats dont gnralement on m- connat l'importance, et sur lequel j'insisterais si j'avais vous prouver que l'tude de cette science doit tre considre comme le complment de toute bonne ducation. L'histoire naturelle, nous disait notre professeur, est la science qui exige les m- thodes les plus prcises, comme la gomtrie est celle qui demande les raisonnements les plus rigoureux ; et ds qu'on possde bien cette habitude de la mthode, on l'ap- plique naturellement tout ce qui nous occupe. Toute recherche qui suppose un classement de faits, qui exige une distribution de matires, se faitd'aprs les mmes lois, et tel qui n'avait cru faire de cette science qu'un objet d'amusement, est sur- pris de la facilit qu'elle lui procure pour dbrouiller tous les genres d'affaires. Enfin , c'est par l'tude , et particulirement par celle de l'histoire naturelle , dont les lments se rencontrent partout et chaque pas , que, loin des plaisirs du monde , qu'on a si justement appels les tyrans de la jeunesse, on peut encore trouver des jouissances qui ne laissent aucun regret, ajouter de l'intrt ses promenades et du charme ses voyages. C'est ainsi que l'histoire naturelle, mme dans ce qu'on lui trouve de plus frivole , runit les plus heureuses conditions pour dvelopper l'esprit d'obser- vation et l'esprit de mthode. 11 faut que cette tude de la nature soit d'un intrt bien puissant et bien soutenu, pour se prter aux besoins de l'intelligence tous les ges; car ce qui n'excite d'abord que l'active curiosit de l'enfant, de- vient un sujet srieux de mditations pour l'ge mr. Il est inconcevable, disait Rollin, combien les enfants pourraient apprendre de choses, si l'on savait profiter de toutes les occasions qu'eux-mmes nous en fournissent. Les impressions qu'ils reoivent sont des germes qui, loin de se perdre, n'attendent que le moment de se dvelopper. C'est ainsi qu'on pourrait faonner leur intelligence si flexible aux ides vraies, grandes et leves; qu'on loignerait de leur imagination, avide d'ap- prendre, le danger, plus grand qu'on ne pense, des impressions fantastiques, des ides fausses, qui les habituent considrer comme rel ce qui ne peut exister, qui mettent en opposition les sens avec la raison, la mmoire avec la vrit, et finissent par donner leurs.penses la direction la plus funeste. Tout en reconnaissant cette v- rit, exprime par Rollin, Lacpde, Cuvier, et tout rcemment encore par M. Elou- rens, vous tes tonne sans doute, madame, de voir que parmi tant de personnes, qui d'ailleurs ont reu une brillante ducation, il s'en trouve si peu qui possdent les plus simples notions d'une science qui promet de si heureux rsultats. Cet tat de choses s'explique trs-facilement par l'absence complte de livres vraiment lmen- taires, ou crits dans le but de rpandre le got de la science. En effet, les savants qui se dcident crire supposent trop souvent leurs lecteurs les connaissances in- dispensables pour l'intelligence de leurs travaux, et ils oublient, ds les premires III pages de leurs lments, le but qu'ils se proposent. Us masquent l'agrment de la science par une exposition effrayante des principes ou par un abrg insuffisant. En- tin, s'il existe quelques ouvrages destins la lecture du premier ge, et dans lesquels on a voulu donner aux enfants des notions plus ou moins exactes sur l'histoire na- turelle, en se bornant leur prsenter sans suite et sans mthode les richesses infinies de la nature et la puissance immense du Crateur, ces livres n'intressent que pen- dant le jeune ge, et font dsirer plus tard un ouvrage vraiment instructif, dans le- quel la science mise la porte d'une intelligence plus dveloppe, mais dbar- rasse encore de ces grands mots trop multiplis et qui la surchargent, soit prsente de manire seconder et entretenir le got de l'tude. Par quelle singularit n'existe-t-il, sur un sujet que tout le monde voudrait con- natre, que des livres que personne ne peut comprendre sans une tude srieuse ? Le langage scientifique est sans doute indispensable aux savants ; mais il faut, pour ceux qui n'ont pas la prtention de l'tre, un langage leur porte. La nature est si riche et si belle ! disait une jeune dame, on a tant de plaisir l'admirer! il semble que dans l'tude de tant de merveilles on va trouver ce qu'il peut y avoir de plus agrable pour l'esprit. On ouvre un livre, et l'on n'y rencontre qu'un assemblage de mots barbares qu'on dit forms du grec ou du latin; quelques-uns mme, ajoute-t-on, ont une origine fort quivoque, et l'on ne sait trop quel idiome sau- vage ils appartiennent. Suis-je Grecque, Romaine ou sauvage pour les comprendre, ou faut-il que je le devienne pour savoir ce que c'est qu'un insecte, un coquillage ou un oiseau? Comment se fait-il que tant de gens d'esprit n'aient pas pu trouver dans notre langue un mot qui valt autant qu'un mot grec, et que nous aurions compris sans peine ? En effet, les traits d'histoire naturelle sont gnralement trop srieux pour les gens du monde, et le choix et la multiplicit des mots techniques les rendent inabor- dables pour ceux qui dbutent : et cela devait tre ; ces traits ne sont pas crits pour eux. Les mots ne se gravent dans la mmoire qu'autant qu'ils reprsentent une ide ; et les auteurs ne prennent pas la peine de donner l'explication de ceux qu'ils emploient, et dont l'tymologie ne se trouve souvent qu'avec beaucoup de peine. Aussi n'hsite-t-on pas exclure les livres de science de ses lectures habi- tuelles, et leur prfrer ceux o toutes les formes de sduction sont employes, quoiqu'il soit bien reconnu que la plupart de ces derniers ont trop souvent le dsa- vantage d'garer l'imagination, de fausser les ides et de ne laisser l'esprit au- cune impression utile. Vous comprenez maintenant, madame, pourquoi les connaissances en histoire naturelle sont si peu rpandues, malgr l'intrt qu'elles inspirent mme aux plus indiffrents. Cependant, sans vouloir devenir savant naturaliste, ce qui exige des tudes s- rieuses et constantes, on doit et l'on peut facilement acqurir les connaissances usuelles qui se lient divers besoins, aux arts, l'industrie ; on doit avoir certaines notions gnrales sur les animaux qui nous tonnent par leurs formes et leur in- stinct, sur les diverses productions qui nous entourent, sur la constitution du globe, cl sur les rvolutions qui ont laiss dans les couches qui le composent tant de tmoins de ses divers ges : on peut vouloir former une petite collection et cher- cher la classer mthodiquement. Un livre d'histoire naturelle, crit pour les gens du inonde, doit runir plusieurs IV conditions. Il faut que ce livre soit d'un prix la porte de toutes les bourses, et que la forme de sa rdaction, sans nuire l'exactitude des dtails, dguise au moins ce que la science peut avoir de trop svre. Quel autre tmoignage invoquerai-je, aprs avoir cit Buffon, dont le nom si populaire vient l'esprit ds qu'il est ques- tion d'une science dont il rvla le premier tout le charme par un style brillant, harmonieux et vari comme les objets qu'il dcrit ! Ses travaux, promptement et universellement apprcis et lus, ont eu un succs aussi prodigieux que soutenu ; ils ont fait aimer la science, et valu l'auteur le titre bien mrit de peintre de la nature. Maintenant, quelle que soit la clbrit des savants qui lui succdrent, quelle que soit l'importance et mme la supriorit incontestable de leurs travaux, quant aux progrs qu'ils ont fait faire la science, ils ne peuvent prtendre la popularit de Buffon, et leurs ouvrages ne sont lus que par ceux qui se livrent exclusivement l'tude; ils sont indispensables ceux que l'amour de la science entrane, mais ils sont peu faits pour l'inspirer aux gens du monde qui essayeraient de les lire. Leurs descriptions ne sont, en quelque sorte, que la dissection minutieuse d'un animal, et leur but est atteint lorsqu'ils croient avoir indiqu la place que chaque tre doit occuper dans le groupe auquel il appartient. Buffon, en faisant l'histoire d'un animal, cherchait le faire voir ; il donnait de la couleur aux mots qu'il employait, et il jetait de l'intrt sur les tres les plus vulgaires en apparence, en faisant connatre leurs habitudes, leurs instincts et leurs passions. Buffon n'a pu malheureusement aborder qu'une partie de la science ; et si personne n'a complt ses travaux, en cherchant le prendre pour modle, ce n'est pas que ce qui reste faire soit plus difficile et se prte moins au style descriptif; car quelle imagination pourrait crer des sujets plus varis, plus multiplis, plus admirables que les Insectes, les Papillons et les Coquilles, et tant d'autres animaux dont il n'a point parl! La nature a prodigu ces chtives cratures les couleurs les plus riches, les plus brillantes, et les formes les plus singulires ; elle ne leur a refus ni l'activit, ni l'industrie : on dirait mme qu'elle s'est attache nous les offrir comme des exemples de sociabilit, de travail, de prvoyance et de courage. Les petites passions qui les animent, et qui nous sem- blent si mesquines, sont cependant copies sur les ntres, et leur organisation est d'autant plus extraordinaire qu'il parat impossible de rassembler dans de si petits corps de plus tonnantes merveilles. L'tude de certaines parties des sciences naturelles a nanmoins rencontr des dtracteurs, parce qu'il est d'usage de faire peu de cas de ce qu'on ne connat pas ; mais si l'on veut prendre la peine de jeter un coup d'il sur l'ensemble de la cra- tion et sur la prodigieuse quantit d'tres organiss qui couvrent le globe, on sera bientt convaincu que ceux qui chappent notre vue, comme ceux qui nous tonnent par leur taille gigantesque, sont destins jouer un rle d'une gale importance; les uns ne sauraient exister sans les autres, et chacun d'eux est in- dispensable l'harmonie de l'univers. Dieu n'a rien fait d'inutile; rien n'est assez grand pour se soustraire sa puissance, rien n'est assez humble pour n'tre pas l'objet de ses soins protecteurs ; et si, dans bien des cas, nous ne pouvons compren- dre les intentions de sa sublime sagesse, c'est qu'il a su aussi tracer des bornes notre intelligence. Les animaux les plus chtifs traversent les sicles comme ceux que nous croyons plus privilgis. L'instinct chez eux supple la force, l'agilit la ruse ; et lorsque nous supposons dans un animal l'absence complte de moyens de dfense ou de conservation, il y a toujours quelque admirable ressource l'aide de laquelle sa race ne prit pas et se conserve au milieu des dangers qui l'environ- nent. Enfin, plus un animal est petit, et plus il donne l'ide de l'infinie puissance qui l'a cr. Le soin qu'on met connatre les plus faibles cratures n'a donc rien de plus frivole que l'lude de celles que nous croyons d'une utilit plus pressante. Il faut, dit Cuvier, que le naturaliste vraiment digne de ce nom connaisse l'organi- sation de tous les animaux, qu'il les compare tous, et poursuive la vie et les phno- mnes qu'elle prsente dans tous les tres qui en ont reu quelque parcelle. Ce n'est qu' ce prix qu'il peut esprer de soulever le voile mystrieux qui en couvre l'es- sence. L'observation des faits les plus insignifiants en apparence conduit souvent aux rsultats les plus utiles. Comment expliquerait-on les varits nombreuses que prsentent les vgtaux, si l'on n'avait remarqu que certains Insectes, tels que les Abeilles, les Papillons, et d'autres dont le corps velout se charge de cette poussire jaune qu'ils trouvent sur les fleurs, vont, agents aveugles d'une volont suprme, la dposer ensuite sur d'autres fleurs qu'ils fcondent? N'est-ce pas la dcouverte de ce croisement singulier, de cette fcondation artificielle, qui a donn les plus mer- veilleux rsultats pour la culture des fleurs et la multiplication des arbres fruits, dont les produits hybrides sont gnralement plus nombreux, plus gros et d'un got plus dlicat? Enfin c'est aprs avoir tudi avec soin les moyens qu'emploie la nature, qu'on reconnat qu'il faut admettre un grand nombre de faits dont la cause nous chappe, dont on ignore le principe, et que certaines vrits de la morale et de la religion ne sont pas les seules auxquelles il faut croire, malgr l'absence d'une vidence palpable. L'tude des Coquilles et l'histoire des animaux qui les habitent fixent particuli- rement votre attention; je le conois sans peine : vous pouvez disposer de la collec- tion la plus riche et la plus complte qui soit connue, et M. Benjamin Delessert l'augmente sans cesse. Mais vous ne voulez cependant pas rester trangre toutes les autres branches des sciences naturelles; elles s'clairent d'ailleurs l'une par l'autre, et s'il est impossible la mme personne de les tudier toutes avec le mme soin, il est facile cependant d'avoir une ide gnrale de leur ensemble. On suit ainsi la marche progressive de l'organisation dans toute la srie; on voit avec quelle admirable perfection les organes les plus essentiels la vie se transfor- ment dans chaque classe , pour tre appropris aux divers milieux o doivent vivre et se dvelopper les tres qu'on tudie. La connaissance de ces gnralits augmente l'intrt et fournit le sujet de mille comparaisons curieuses. Chacun alors, selon son got, s'occupe de telle ou telle branche , et cette tude , ainsi limite, suffit encore celui qui s'y livre pour captiver toute son attention. C'est alors qu'on communique aux autres ses observations ou ses dcouvertes; et c'est l'aide de ces changes mutuels que les sciences ont fait de si rapides progrs. Heureux commerce, dit Lacpde, qui ne fait perdre que ce que l'on ne commu- nique pas et qui produit un bonheur sans regrets. Vous le savez, madame, la nature est inpuisable dans ses dtails, et il y a encore tant de recherches faire avant d'avoir tout dcouvert, qu'il reste toujours celui qui dbute l'espoir de servir un jour utilement la science. L'importance de l'tude de la conchyliologie n'a pu tre reconnue tant qu'on ne s'est occup que des Coquilles, sans faire attention aux animaux dont elles ne sont qu'une partie, et tant que la gologie n'a pas trouv dans les dbris fossiles, contem- VI porains des divers ges du globe, les tmoins irrcusables des changements qu'a prouvs sa surface. Longtemps aussi on s'est content de rassembler les Coquilles et d'en former des collections plus ou moins nombreuses, parce que leurs formes, les couleurs ravis- santes dont elles sont ornes, leur facile conservation et la raret de quelques esp- ces, suffisaient pour exciter la curiosit des collecteurs et souvent mme pour llatter leur amour-propre. Ce n'est cependant pas ce point de vue qu'il faut borner l'in- trt qui s'attache leur tude ; la connaissance exacte de l'organisation des ani- maux qui-les habitent et qui les construisent est d'une importance telle, qu'on ou- blierait peut-tre, si cela se pouvait, la Coquille pour ne s'occuper que du Mollusque. La formation du globe et sa constitution excitent au plus haut point la curiosit des naturalistes, et mme celle des gens du monde, surtout en prsence des faits qui prouvent que, des couches nombreuses qui le forment, il en est peu qui ne soient composes en grande partie des dbris successifs des corps organiss, dont l'existence a prcd de plusieurs sicles la cration de l'homme et celle des animaux qui s'en rapprochent le plus. Ces dbris de l'organisation sont plus ou moins bien conser- vs, et ceux que la dsagrgation devait surtout pargner, en raison de leur com- position calcaire , sont les Coquilles , que nous retrouvons souvent mme avec des traces de leurs couleurs. Maintenant qu'il est bien reconnu que les Coquilles sont les mdailles caractris- tiques des terrains dans lesquels elles se trouvent, leur utilit pour la science n'a besoin d'aucun autre dveloppement; et il suflit de dire qu' part l'intrt scienti- fique qui leur est propre, elles ont fourni les lments d'une science toute moderne plus importante et plus srieuse. L'histoire des premiers ges du monde aurait- elle moins d'intrt pour nous que celle d'un peuple ancien, et le naturaliste, en s'occupant de la recherche des faits contemporains de la cration, se livrerait-il un travail plus futile que l'archologue qui, l'aide d'un vase, d'une mdaille ou d'une statue, dcouvre les usages d'une cit autrefois florissante? Quelques Coquilles sont employes dans les arts, et presque tous les animaux qui les habitent fournissent une alimentation saine et abondante. Certaines espces taient recherches par les Tyriens et les Carthaginois pour la couleur pourpre qu'elles produisent, couleur qui a t dtrne par celle que donne la cochenille, mais qui pendant un temps tait uniquement rserve aux rois et aux triompha- teurs. On iile la soie dore produite par quelques Mollusques marins. Cette soie, remarquable par sa finesse, se rcolte en assez grande quantit sur les ctes de Sicile et du royaume de Naples; elle sert tisser des toffes, et faire divers ou- vrages de tricot, tels que des bas, des gants, qui se distinguent par le moelleux et la solidit; on a mme fabriqu en France, avec cette soie, des pices de drap qui ont eu les honneurs de l'exposition. Nous ne pouvons dire ici quel usage on emploie toutes les Coquilles, nous croyons moins utile encore de parler de la passion de cer- tains gourmets pour diverses espces auxquelles ils trouvent un got exquis, et sur- tout pour les Hutres, dont on fait une consommation extraordinaire, n'en juger que par celles qu'on reoit Paris. Faut- il s'tonner alors si Apicius, ce clbre gour- mand dont parle Pline, avait cherch et trouv le moyen de les engraisser, et s'il pro- posait de les soumettre un certain rgime pour leur donner des qualits suprieu- res! Snque nousapprend aussi que l'on faisait, de son temps, un si grand usage de vn Coquilles sur les tables somptueuses des Romains, qu'on fut oblig de faire une loi spciale, moins pour arrter la destruction complte des habitants des mers que pour mettre un terme aux orgies que ce luxe enfantait. Les Mollusques fournissent des aliments riches en principes nutritifs; Ton croit avoir en effet remarqu une fcondit plus grande chez les populations qui en font un constant usage. Ce n'est donc pas sans motifs, dit Virey, que l'antique mythologie, dguisant toujours des vrits philosophiques sous le voile ingnieux de ses allgories, faisait natre Vnus de l'cume des ondes, au milieu des conques resplendissantes, des Nrides et des Tritons. Dans l'Inde les Coquilles servent faire de la chaux, et les Chinois emploient comme verres de vitres certaines espces grandes, plates et demi-transparentes. Enfin les perles ne sont pas le seul produit qu'on retire de la Coquille connue sous le nom de Pintadine, Mre-perle ou Hutre perlire; elle fournit encore la na- cre, qu'on emploie dans la marqueterie et l'bnisterie de luxe. La ncessit de s'opposer aux dgts occasionns par certaines Coquilles ne con- tribue pas peu ajouter de l'intrt leur tude; car si les Mollusques semblent inoffensifs, il en est aussi qu'il faut connatre pour s'en dfendre. Quelques espces parviendraient dtruire nos vaisseaux, dont elles attaquent et creusent le bois, si l'on ne paralysait leur instinct de destruction en leur opposant des corps qu'elles ne peuvent perforer. Ce rsultat n'a pu tre encore obtenu pour mettre l'abri de leur singulier instinct les grands pilotis et mme les digues en pierres qui pro- tgent certains pays, et prs de nous la Hollande, des invasions de la mer. 11 ne faut que quelques annes pour que des travaux d'endiguement soient entirement vermoulus et renverss par une vague un peu forte. Ce n'est qu'en tudiant ces animaux qu'on peut arriver dcouvrir le moyen d'arrter leurs ravages. Mais, dira-t-on, quelle peut tre l'utilit des animaux nuisibles dans l'ensem- ble de la cration? S'il nous tait toujours permis d'expliquer les mystres qui nous entourent, nous serions bientt convaincus que notre ignorance seule nous prsente comme uniquement nuisibles un grand nombre d'espces dont nous avons nous dfendre, et qu'elles jouent rellement notre insu un rle indispensable l'qui- libre de l'univers. Si nous ne parvenons le dmontrer compltement, nous pensons que le temps et l'tude plus avance des tres que l'on nglige cause de leurs formes repous- santes ou de leur inutilit suppose, finiront par soulever le voile qui couvre les actes de la puissance cratrice. Il fallait des tres crs pour la destruction : le Ver qui fait disparatre un ca- davre infect, auquel des animaux d'un ordre plus lev ne toucheraient pas; l'In- secte qui divise et rduit en poussire une fiente dgotante; le Taret, qui attaque le bois et la pierre placs dans des conditions hors nature, agissent d'aprs la loi qui prside la transformation incessante des corps, et servent hter la complte disparition de toute matire inutile. Sans ces agents de dissolution, comme le dit fort bien un auteur anglais , la terre, couverte de cadavres et de dbris dgotants et infects, serait inhabitable; les rivires seraient encombres par l'amas de tous les corps qui s'y trouvent amens ou qu'on y jette, et la mer, en poussant au rivage tout ce qui s'y perd et tout ce qui succombe l'action du temps et des causes acci- dentelles, forcerait l'homme quitter ses bords et le confinerait l'intrieur des terres, o d'autres dgots et de dangereuses manations l'atteindraient et le d- truiraient lui-mme. Enfin, si l'on s'tonne de voir ces animaux dtruire souvent VIII l'uvre de l'homme et n'tre pas avertis par leur instinct des limites auxquelles de- vrait s'arrter leur destruction, c'est que la nature, toujours sage et prvoyante, tout en leur accordant une l'acuit redoutable, n'a pas voulu nous exposer au mauvais usage qu'ils auraient pu faire de la moindre dose d'intelligence. Nous devons nous fliciter sans doute de cette sage distribution des facults, en songeant l'usage que l'homme fait souvent de celles qui le placent la tte de la cration. Mais laissons ces considrations qui nous entraneraient trop loin, et qui se rat- tachent d'ailleurs l'histoire particulire des animaux dont nous allons nous oc- cuper. Je vous prie, madame, de vouloir bien agrer ce livre, comme un tmoignage de la vive reconnaissance que je dois toute votre famille, et du profond'respect de votre bien humble serviteur. CHENU. INTRODUCTION. L'histoire naturelle est la science qui a pour objet la connaissance des corps qui constituent l'ensemble du globe terrestre. Elle comprend l'tude des caractres extrieurs de ces corps et leur organisation particulire en mme temps que leur distribution mthodique. Tous les corps prsentent deux modifications principales, qui ont servi les diviser en corps organiss et corps inorganiss. Les premiers se composent des animaux et des vgtaux, les seconds comprennent les minraux. S Les corps organiss se distinguent par un principe, appel vie, action ou force vitale, qui anime les uns, entretient les autres, et prside chez tous aux fonctions que remplissent des organes plus ou moins compliqus. Ils ont des for- mes constantes , presque toujours arrondies ; leur dveloppement a des bornes, et la vie s'entretient chez eux par les transformations successives des ^ substances qu'ils ont la facult de s'assimiler. Ces substances, labores et transformes en matires rparatrices des pertes quotidiennes , sont trans- portes dans toutes les parties par un mouvement circulatoire intrieur. Les corps organiss se re- produisent en transmettant un germe les pro- prits de l'individu primitif. Leur existence est limite et se termine par la cessation des fonctions vitales ou la mort. S S Les corps inorganiss ou bruts sont exclusivement sous l'influence des lois chimiques ; ils diffrent des premiers par leur structure et leur mode de dvelop- pement; leurs formes sont anguleuses, leur accroisse- ment est illimit et ne s'opre que par attraction mo- lculaire et juxta-position de parties semblables eux. Ils ne prsentent ni l'intrieur ni l'extrieur aucune trace d'organes , et ne forment qu'une masse homogne qu'on peut diviser sans rien changer FiG. 1. Animal et vgtal. Fig. 2. Minral. leur nature; leurs formes sunt trs-variables, car l'agrgation des molcules qui composent ces corps dpend le plus souvent de circonstances accidentelles, et il en est de mme de la cause qui les produit. Leur dure est indfinie, et ne peut cesser que lorsqu'une attraction suprieure celle qui retenait leurs molcules unies parvient les dsunir. Linn divisait tous les corps en trois rgnes, rgne animal, rgne vgtal, rgne minral, et il a exprim d'une manire aussi heureuse que laconique les caractres principaux qui les distinguent : Les pierres croissent, disait-il ; les vgtaux crois- sent et vivent ; les animaux croissent, vivent et sentent. En substituant la division des corps en organiss et inorganiss celle de Linn, on a runi sous une mme dnomination les vgtaux et les animaux, qui tous sont pourvus d'organes; condition qui les rapproche les uns des autres, pour les loigner essentiellement des minraux. Si d'ailleurs les vgtaux et les animaux ne se con- fondent pas rellement, il est assez difficile, dans l'tat actuel de la science, d'ta- blir la premire vue la limite qui les spare, car on ne sait pas exactement, o cesse, dans la srie des tres organiss, la sensibilit, qui constitue pour Linn la proprit par excellence des animaux. Cependant il existe des diffrences qui permettent de distinguer deux sries d'tres organiss, les animaux et les vgtaux : coRrs organiss animaux. Les animaux ont un tube digestif, ouvert le plus souvent ses deux extrmits et garni dans sa longueur de pores qui absorbent les molcules nutritives. L'essence de l'animal consiste dans la mobilit spontane l'aide d'un systme musculaire, et dans une sensibilit plus ou moins active h l'aide d'un systme nerveux ; ils peuvent le plus souvent distinguer les proprits et les qualits des corps qui les environnent, au moyen d'organes spciaux dont ils sont pourvus. corps organiss vgtaux. Les vgtaux n'ont point de canal intestinal, et leurs pores absorbants sont rpandus sur toute leur surface, ce qui les fit appeler par Aristote des animaux retourns. L'essence des vgtaux consiste dans la nutrition, et ils sont immobiles '. Enfin les vgtaux n'ont qu'un seul lment organique ; il consiste en une sub- stance homogne, transparente, formant des tubes, des cellules ou des mem- branes. Dans les animaux on trouve trois lments organiques, le cellulaire, le musculaire et le nerveux. Telles sont les diffrences d'organisation gnrale qui distinguent les vgtaux des animaux. Nous pourrions insister davantage sur les rapports qui semblent les runir, en examinant les modifications que prsente le tube digestif des animaux d'un ordre infrieur, et en disant qu'on ne retrouve plus gure chez eux qu'un seul l- ment organique; mais ces considrations exigeraient des dveloppements minutieux qui entraneraient trop loin. Il est vrai sans doute que les vgtaux et les animaux 1 M. de Humboldl, en disant que si la nature avait donn la puissance du microscope nos yeux et une transparence parfaite aux tguments des plantes, le rgne vgtal serait loin d'offrir l'aspect de l'immobilit qui semble tre un de ses attributs, n'a voulu parler que des mouvements circulatoires intrieurs des vgtaux, mouvements propres tous les corps organiss, mais bien diffrents des mouvements spontans des animaux, qui peuvent tous, plus ou moins lentement, plus ou moins facilement, se transporter d'un point un autre. (Cosmos, Essai d'une description physique du monde, p. 410, t. i.) XI ont de grands rapports, puisqu'on les runit comme corps organiss dans une mme division ; mais ces rapports sont de ceux qu'on devrait plutt indiquer comme une des mille ressources que la nature a su employer pour passer d'un type d'organi- sation un autre, en procdant du simple au compos et en rappelant dans la srie qu'elle commence quelques-uns des caractres de celle qu'elle termine ; et cette vrit, qui est si palpable pour les animaux, peut trouver aussi son application lors- qu'il s'agit d'tudier les caractres que prsentent les deux sries d'tres organiss. Ces considrations gnrales taient indispensables pour donner une ide des rapports et des diffrences des corps, afin de faciliter l'intelligence de ce que nous avons dire de ceux dont il sera plus particulirement question dans ce volume. Nous croyons aussi qu'il ne sera point inutile de donner une ide de la distribution mthodique des animaux. Cet expos sommaire remplacera avantageusement ce que nous pourrions dire de la place qu'occupent les mollusques dans la srie zoolo- gique, et permettra de mieux saisir les dgradations successives de l'organisation de ces animaux. CORPS ORGANISS ANIMAUX. Les corps organiss animaux ont t diviss en quatre sries ou embranchements, qui reprsentent les quatre plans principaux d'organisation d'aprs lesquels tous les animaux semblent avoir t models. Ce sont: les vertbrs, les mollusques, les ANNELS et les RAYONNES. FlG. 3. Vertbr. Fie. i. Mollusque. Fig. 5. Annele, FlG. 6. Rayonne. XII Le mot embranchement , adopt pour dsigner les grandes divisions dn rgne animal, donne l'ide des points de contact que ces divisions peuvent avoir entre elles l'aide des ramifications nombreuses qu'elles prsentent. Si l'on ne compare que les animaux que nous venons de citer comme exemple, on trouvera certainement peu de rapports entre eux. Mais il n'en sera plus de mme si l'on poursuit la com- paraison sur quelques points et jusqu'aux extrmits de chaque srie. Fig. 7. Mammifre. Fie. 8. Rcplile. Fig. 9- Mammifre. Fig. 10. Oiseau. Fig. 12. Poisson. 1" EMBRANCHEMENT. VERTBRS. (Vertebra, vertbres, os du dos.) Les Vertbrs ont une charpente osseuse intrieure, solide, compose d'un grand nombre de pices lies les unes aux autres, et cependant mobiles, l'aide d'ar- ticulations. L'ensemble de ces pices, connu sous le nom de systme osseux ou squelette, comprend toujours: 1 un crne plus ou moins dvelopp et une co- lonne vertbrale, destins loger et protger le cerveau et la moelle pinire; 2 des os qui constituent la partie solide des membres, ou qui, par leur disposition, pro- tgent les viscres en mme temps qu'ils dterminent la forme du corps. Si Ton compare le squelette de tous les animaux de cette srie, on y remarque toujours XJ II quelque analogie, mme dans ceux qui se trouvent placs aux points extrmes, et Ton suit pas pas les dgradations de ce premier plan ou type, depuis l'Homme, qui prsente la combinaison la plus parfaite et commence la srie, jusqu'au der- nier des Poissons, qui la termine. SQUELETTES DE VERTEBRES. Eig. l. Mammifre. Kig. 14. Oiseau. FlG. 15. Reptile. Eig. lti. Poisson. XIV 2* EMBRANCHEMENT. MOLLUSQUES. (MaXouto, mou.) Les Mollusques n'ont plus de squelette articul; leurs muscles ne sont attachs qu' l 1 enveloppe qui les couvre; vritable peau qui, le plus souvent, produit une coquille calcaire extrieure, ou bien calcaire ou corne et alors intrieure. Le systme nerveux de ces animaux se compose de plusieurs ganglions pais, dont le principal est considr comme le cerveau et semble partager avec les organes re- producteurs la prminence sur toutes les autres parties. Les organes de la digestion paraissent diffrer peu, dans leur complication, de ceux des animaux vertbrs. Fig. 20. Dimyaire Fig. 21. MoHonivdiie. W '"'." mniir^ Fig. 22. Brachiopodt XV 3 e EMBRANCHEMENT. ANNELS. [Annulatus, form d'anneaux.) Le troisime plan d'organisation (annels) est plus simple dans sa composition gnrale, mais plus vari encore dans les formes que les deux premiers. En effet, les animaux qui le reprsentent ont gnralement le corps divis par des plis trans- verses ou anneaux durs, solides ou mous, servant de point d'insertion des muscles souvent trs-nombreux ; ces anneaux, placs la suite les uns des autres, sont arti- culs entre eux, et forment une sorte de gaine ou d'tui contenant tous les organes et les protgeant. On retrouve dans cet tui beaucoup d'analogie avec le squelette intrieur des Vertbrs et les parties calcaires des Mollusques, et l'on voit qu'il est destin aux mmes usages. On a donn aux animaux de cette grande division le nom d' 'Annels, cause des anneaux dont ils sont forms. Le systme nerveux des Annels consiste en deux cordons placs dans la longueur du corps et prsentant plusieurs renflements ou ganglions dont le premier constitue le cerveau. Fig. 23. Crustac. Fig. 24. Orllioptre. V Fig. 25. Parasite Fig. 26. Lpidoptre. Fig, 27. Myrinpode. Fig. 28. Hymnoplrei Fig. 29. Coloptn XVI 4 EMBRANCHEMENT. RAYONNES. (Formant des rayons.) La quatrime forme gnrale des animaux ne prsente plus rien de symtrique (rayonnes) : les organes sont placs comme des rayons autour d'un centre; ces ani- maux n'offrent aucune trace bien distincte d'un systme nerveux et n'ont point d'or- ganes particuliers pour les sens. L'enveloppe dure ou molle qui les couvre parat tre aussi, le plus souvent, le sige de la respiration. Chez presque tous le tube digestif con- siste en un sac sans issue, et quelques-uns mme ne prsentent plus qu'une sorte de pulpe homogne, mobile et pi us ou moins sensible. Ces dernierssemblent par leur mode d'existence se rapprocher des vgtaux: aussi les a-t-on nomms Zoophytes ou animaux- plantes Fia. 36. Polypier- Fia. 37. Mduse. Fia. 38. Eponge. Nous allons maintenant donner quelques explications plus dtailles sur la dis- tribution mthodique de chacune de ces grandes divisions ou embranchements, que nous n'avons fait connatre que d'une manire trs-gnrale. XVII PREMIER EMBRANCHEMENT. VERTBRS. Aux caractres gnraux assigns aux animaux vertbrs, viennent s'ajouter des caractres secondaires, qui permettent de les diviser en quatre classes : les Mam- mifres, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons. Fjg. 39. Mammifre. Fig. 40. Oiseau. Fig. 41. Reptile. Fig. 42. Poisson. Ces divisions sont tablies d'aprs les modifications subies par les systmes cir- culatoire et respiratoire, ainsi que d'aprs la forme de l'appareil locomoteur et la nature de l'enveloppe extrieure. PREMIRE CLASSE. MAMMIFRES. [Mamma, mamelle ; ferre, porter.) Les animaux de cette classe sont ainsi nomms, parce qu'ils sont les seuls qui nourrissent leurs petits de lait scrt par des mamelles. Ils ont des membres organiss pour la marche, et par exception pour le vol et la natation ; car quelques espces (les Chauves-souris) volent comme les oiseaux, et d'autres (les Baleines) ne quittent point les mers et revtent les formes des Poissons. La classe des Mammifres se subdivise trs-naturellement en deux; sous-classes, d'aprs les diffrences que prsente le mode de reproduction de ces animaux. La plupart des Mammifresont, au moment de leur naissance, des formes distinctes quoiqu'imparfaites. La mre les dpose dans le lieu le plus sr pour leur conserva- tion, les allaite, et leur communique, en les couvrant de son corps, la chaleur nces- XVI II Fig. 43. Didelphe saire leur dveloppement ; cependant elle les abandonne chaque jour pendant un certain temps pour pourvoir elle-mme sa subsistance. Mais il y a des Mammi- fres qui se distinguent par une organisation trs-singulire et par l'tat imparfait des petits au moment de leur naissance. En effet, la femelle a un double ventre ou poche forme par un repli de la peau et soutenue par des os particuliers. C'est dans cette poche largement ouverte l'extrieur, et qui devient l'organe d'une seconde gestation, que passent les petits, encore informes, au moment de leur premire naissance, si je puis m'expri- mer ainsi. Ils adhrent des mamelons qui tablissentde nouveaux rapports di- rects entre eux et la mre, pendant le temps ncessaire pour qu'ils arrivent au degr de dveloppement que prsentent en naissant les petits des autres Mam- mifres. Ds lors ils ne sont plus con- liuuellement adhrents aux mamelons, et la mre les allaite et les porte dans sa poche ou bourse jusqu' ce qu'ils soient assez forts pour se conduire eux- mmes. Cette double gestation semble tre une transition entre les Mammifres et les Oiseaux; car il y a tant d'analogie entre les petits informes et presque g- latineux des animaux dont nous parlons et les ufs des Oiseaux, que l'on compare la seconde gestation des premiers l'incubation des seconds. On a dsign ces animaux singuliers sous le nom gnral deDiDELPHES (&*, deux fois; &E. Paiiu'nliii. Fig. 74. Fourmillier. XXXI L'iuTuletL'. SIXIME ORDRE. RUMINANTS. [Rumino, je remche.) Les Ruminants sont ainsi nomms cause de la complication de leur estomac, com- pos de quatre poches qui leur permettent de ramener dans la bouche, afin de les mcher de nouveau, les aliments qui ont dj sjourn dans la premire de ces poches. Ils n'ont le plus souvent de dents incisives qu' la mchoire infrieure, et quelques mles seulement de certaines espces ont deux dents canines la mchoire suprieure. Ils ont six molaires de chaque ct et chaque mchoire. Leurs mem- bres sont termins par un sabot divis, et la tte des mles est presque toujours arme de cornes. Parmi les Ruminants, les uns ont huit dents incisives la m- choire infrieure seulement, ce sont les Ruminants ordinaires ; quelques autres n'ont que six dents incisives la mchoire infrieure, deux la suprieure, et de plus deux dents canines chaque mchoire ; ce sont les Camliens. 1er GllOLIM;. HUMIISAMS okdinaihes. Ce groupe comprend le plus grand nombre des animaux de cet ordre : les uns n'ont jamais de cornes (le Chevrotain), d'autres ont des cornes caduques et qui se renouvellent (le Cerf commun) ; d'autres ont des cornes persistantes et creuses [le Blier) ; quelques-uns enfin ont des cornes persistantes et velues (la Girafe). Ces diffrences ont donn lieu l'tablissement de quatre tribus que les limites de ces gnralits ne nous permettent pas de faire connatre. Fig. 76. Blier. XXXII 2? GROUPE.. CAMLIENS. (Camelus, chameau.) Les Camliens forment un groupe peu nombreux, et, aux caractres que nous avons dj indiqus, il faut ajouter la conformation particulire du pied, qui sem- ble les rapprocher des animaux de Tordre suivant. En effet, les doigts des Cam- liens sont termins par deux sabots, il est vrai ; mais le pied n'est pas fourchu, car les doigts s'appliquent sur le sol dans toute leur longueur, et sont runis en des- sous pour former une semelle corne avec une simple bifurcation antrieure. SEPTIME ORDRE. PACHYDERMES. (riayjj:, pais ; epua, peau.) Les Pacbydermes forment un ordre compos d'animaux onguls couverts d'une peau paisse et ne ruminant pas. Ce caractre est le seul qui puisse tre applicable tous les animaux de cet ordre, car ils diffrent essentiellement entre eux sous d'au- tres rapports. Parmi eux, le nombre des doigts varie de un cinq; les dents sont de deux ou de trois sortes. Cependant il est facile d'en former trois groupes bien distincts, d'aprs la prsence ou l'absence d'une trompe, et d'aprs le nombre des ongles. 1er GKOUPE PKOBOSCIDIENS. (Pruboseis, trompe.) Les animaux de ce groupe ont une trompe cylindrique fort longue, extensible, qui n'est que le prolongement du nez et qui sert d'organe de prhension. A l'aide de cette trompe, ils peuvent saisir les plus petits objets pour les porter leur bou- cbe, ou lancer au loin les corps autour desquels elle s'enroule. Leurs doigts, tou- jours au nombre de cinq, sont garnis en dessous d'une peau calleuse qui permet XXXIII peine de voir des ongles informes. Leur mchoire suprieure est arme d'normes dfenses, et leur systme dentaire se borne de grosses dents molaires. Fie. 78. lphant. 2 GROUPE. PACHYDERMES ORDINAIRES. Les animaux de ce groupe ont des doigts dont le nombre varie de deux quatre. C'est ce groupe qu'appartiennent le Sanglier, l'Hippopotame, le Rhinocros, le Tapir et le Babiroussa. iv* !r Fig. 79. Babirniissa. Fig. 80. Sanglier. 3e GROUPE. SOLIPEDES. ( Pied form d'un seul doigt.) Le nom gnral de Solipdes, donn aux animaux de ce groupe, n'est pas exact, car il veut dire un seul pied, lorsqu'il devrait signifier la prsence d'un seul doigt chaque pied. Aussi celui e Monodactyle, adopt galement, conviendrait-il beaucoup mieux. En effet, les Solipdes ont les extrmits termines par un sabot unique et non divis. Leur systme dentaire comprend six incisives chaque mchoire , deux ca- nines, qui manquent souvent chez les femelles, surtout la mchoire infrieure, et douze molaires ; et c'est l'aide des changements divers que prsentent ces XXXIV (lents qu'on parvient reconnatre l'ge de ces animaux. C'est dans ce groupe que se trouvent le Cheval, le Zbre, l'Ane, etc. FlG. 81. Ane. SLuSctro xAAJieeu. HUITIEME ORDfiE. CTACS. (Kyitq, baleine.) Cesanimaux, longtemps confondus avec les Poissons, parce qu'ils sont exclusivement marins , sont de vritables Mammifres. Le milieu dans lequel ils doivent vivre de- vait ncessiter dans leur organisation des changements de forme qui, en dfinitive, ne prsentent de modifications sensibles que dans les organes du mouvement. Ils n'ont que des bras ou nageoires antrieures trs-dveloppes et soutenues par des os nom- breux. Ils viennent respirer l'air la surface, l'aide d'vents situs sur la tte. Ils donnent naissance un petit vivant, et le nourrissent l'aide d'une mamelle place dans un sillon prs de l'orifice anal. Ces animaux onlle gosier trs-troit relativement a ii volume du corps, et ils se nourrissent de poissons et de petits animaux marins. Fig. 82. Baleine. Les Ctacs sont diviss en deux tribus, d'aprs la prsence ou l'absence des dents. En effet, les uns (Baleines) n'ont point de dents, mais seulement des fanons en forme de fer de faux la mchoire suprieure; les autres (Cachalots) ont des dents dont le nombre, la forme et la position varient suivant les espces. DEUXIME SOUS-CLASSE. MAMMIFERES DIDELPHES. NEUVIME ORDRE. MARSUPIAUX. (Marsupium, bourse.) Cet ordre, dont nous avons dj dit quelques mots, se compose d'animaux pr- XXXV sentant sons le ventre une bourse ou poche forme par un repli de la peau et sou- tenue par des os particuliers auxquels on a donn le nom & os marsupiaux. C'est dans cette poche que les petits, ns pour ainsi dire avant le terme, trouvent des mamelons auxquels ils adhrent continuellement jusqu'au moment o ils sont ar- rivs au dveloppement que prsentent les petits des autres animaux leur nais- sance. Ils cessent alors d'tre constamment attachs aux mamelons et rentrent dans les conditions ordinaires, sauf leur sjour prolong dans la bourse de la mre, qui les porte partout avec elle pendant tout le premier ge. Ds qu'ils commencent marcher, ils montent sur le dos de leur mre en se soutenant l'aide de leur queue qu'ils enroulent autour de la sienne. C'est cet ordre qu'appartien- nent les Sarigues et les Kanguroos. Fie. 85. Sarigue. Fie Si Kanguroo. DIXIME ORDRE. MONOTRMES. (Mcvo;, seul; ~;r, aoc, trou.) Le nom de Monotrmes a t donn aux animaux de cet ordre parce qu'ils n'ont qu'une seule ouverture postrieure, ou cloaque, donnant issue toutes leurs ex- crtions. Leur ouverture buccale est termine par un bec comme celui des canards. Ils n'ont de dents que dans le fond de la bouche. On ne trouve sur eux aucune trace bien distincte de mamelles. Quoique ces animaux n'aient point de poche ven- trale comme les Marsupiaux, ils ont cependant, comme eux, les os anormaux qui devraient la soutenir, et, de plus, ils prsentent une conformation particulire de la clavicule qui a beaucoup d'analogie avec la fourchette des Oiseaux. Leurs pattes ont cinq doigts arms d'ongles, et runis par une membrane qui rend leurs membres propres la natation. Les mles ont leurs pattes postrieures garnies d'un ergot solide, perfor, et communiquant par un canal avec une glande qui doit y faire parvenir une scrtion que quelques auteurs ont signale comme venimeuse. Le mode de reproduction de ces singuliers animaux est encore fort incertain ; on dit de l'Ornilhorhinque particulirement qu'il dpose deux ufs de la grosseur et de la couleur de ceux d'une Poule, dans un nid toujours plac au milieu des roseaux et la surface de l'eau, et que la fe- !*_s2fc melle couve ces ufs pendant fort longtemps. Les seuls animaux de cet ordre sont les Ornithorhin- F,G - 85 - chid,, - pies et les chidns. XXXVI DEUXIME CLASSE. OISEAUX. Parmi les Vertbrs, le second rang appartient videmment aux Oiseaux, dit le professeur Lamarck ; car si l'on ne trouve point dans ces animaux un aussi grand nombre de facults et autant d'intelligence que dans les animaux du premier rang, ils sont les seuls qui aient, comme les Mammifres, un cur deux ventricules et le sang chaud. Ils ont donc avec eux des qualits communes et exclusives, et par consquent des rapports qu'on ne saurait retrouver dans aucun des animaux d'une classe infrieure. Mais ils manquent essentiellement de mamelles, organes dont les animaux de la premire classe sont seuls pourvus, et qui tiennent un systme de gnration qu'on ne retrouve plus ni dans les Oiseaux ni dans aucun des animaux des classes qui vont suivre. Dans les Mammifres, la poitrine est spare de l'abdomen par une cloison mem- braneuse connue sous le nom de diaphragme, et cette cloison ne se retrouve plus dans d'autres animaux. Les Oiseaux prsentent donc dans leur organisation un corps sans mamelles, ayant une tle distincte et quatre membres articuls ; un squelette colonne vertbrale , un cerveau et des nerfs, des poumons sans lobes et adh- rents, un cur deux ventricules, et une circulation complte sang chaud. Ils sont ovipares, organiss pour le vol et recouverts de plumes. Leurs mchoires, sans dents, sont revtues d'une couche corne, et leurs pattes sont garnies d'caills membraneuses. Des cavits ariennes augmentent leur lgret spcifique et per- mettent l'introduction de l'air dans la poitrine, le bas-ventre, les aisselles, et mme dans l'intrieur des os; de sorte que le fluide extrieur est non-seulement en con- tact avec le fluide intrieur, mais encore avec une grande surface vasculaire du reste du corps. Les Oiseaux prsentent des diffrences nombreuses dans la forme du bec et des pattes ; ces diffrences sont toujours en rapport avec le mode d'existence de ces animaux, et elles ont servi de base leur classification. Les uns ont un bec solide, recourb sa pointe, et leurs doigts sont arms d'ongles crochus ou serres, qui an- noncent assez leurs habitudes et leurs moyens d'existence : ce sont les Rapaces. Les autres ont un bec de forme variable, comme leurs habitudes et leur rgime ; ils ont entre eux la plus grande analogie de forme. Leurs pattes sont parfaitement en rapport avec le volume du corps, mais termines par des doigts non palms et des ongles grles; gnralement ils se nourrissent de fruits, de graines, d'insectes, et rarement de chair. Ce sont les Passereaux. D'autres, avec l'organisation des Passereaux, se distinguent par la disposition de leurs doigts, dont deux sont dirigs en avant et deux en arrire. Les Grimpeurs. Un grand nombre ont la partie suprieure du bec vote ; leurs ailes sont courtes, leur corps lourd, et ils ont les doigts antrieurs runis en gnral par de courtes membranes. Les Gallinacs. D'autres encore se distinguent facilement par leurs pattes grles et allonges, qui leur permettent de chercher leur nourriture sur le bord des rivages. Les chassiers. Enfin, les autres ont des pattes fortes, places vers l'extrmit postrieure du corps et termines par des doigts runis par des membranes qui leur permettent de nager. Ce sont les Palmipdes. Nous allons indiquer les caractres les plus importants qui servent tablir des subdivisions dans ces six ordres. XXXVII Fig. 87. Passereau. Fig. 86. Rapace. Fig. 88. Grimpeur-. Fig. 89. Gallinac Fig. 90. chassie Fig. 91. Palmipde. XXXV1I1 PREMIER ORDRE. RAPACES. (Rapax, rapace.) Cet ordre, parmi les Oiseaux, est l'analogue des Carnassiers parmi les Mammi- fres ; les animaux qui en font partie se distinguent facilement leur bec et leurs ongles crochus, au moyen desquels ils s'emparent d'autres Oiseaux et mme de petits Mammifres et de Reptiles. Ils ont des muscles forts et puissants. Us ont tous quatre doigts arms d'ongles acrs. ^ry^ Les uns ont les yeux di- rigs de ct; leur vue perante leur J^^.^W^ permet d'apercevoir leur proie a de grandes distances ; leur JSjf I v "' l ' sl ''''l'"' 1 el assur, et ils ne chassent que le jour. Ce sont Ji les Diurnes. Fig. 92. FlG. 95. Ripaces diurnes. Fig. 'J4. Les autres, avec des formes plus massives, une tte plus grosse, le cou trs-court et les yeux dirigs en avant et entours d'un cercle de plumes slaces dont quelques-unes recouvrent le bec, ont la pupille si grande, que le jour les blouit: aussi ne peuvent-ils chasser qu'aprs le coucher du so'eil. Leur vol est mal assur. Ce sont les Noctcrnes. Fig 95. Kauactss nocturnes 96. XXXIX DEUXIEME ORDRE. PASSEREAUX. (Passer, moineau.) Les Passereaux ont un bec dont la forme est extraordinairement variable, et Ton ne peut gure les distinguer des Oiseaux des autres ordres que par limination, en disant qu'ils ne sont ni rapaees, ni grimpeurs, ni gallinacs, ni ebassiers , ni nageurs ; quelques-uns d'eux cependant se rapprochent des Rapaees par leurs habitudes. On les divise en cinq familles, d'aprs la forme du bec et la disposition des doigts. Cet ordre est trs-nombrux. On le divise en cinq familles : ]esDentirostres, les Fissiros- tres, les Conirostres, les lenuirostres elles Sijndactyles. Fig. 97. Donliroslre. Fig. 9^. Fissirostre. Fig. 100. Tniiirostre. Fig. 99. Conirostre Fig. 101 . Syndactyl TROISIME ORDRE. GRIMPEURS. (Organiss pour grimper.) Cet ordre se compose des Oiseaux dont le doigt externe se dirige en arrire comme le pouce ; d'o rsulte pour eux un ap- pui plus solide, dont ils savent tirer parti pour se cramponner au tronc des arbres et y grimper, les uns parla seule force de leurs pattes, les au- tres en s'aidant d'un bec crochu. Tels sont les ^ Pics et les Perroquets. Fig. 102. Grimpeurs. Fig. 105. XL QUATRIME ORDRE. GALLINACS. [Gallina, poule.) Les Gallinacs ont la partie suprieure du bec vote, convexe et recouvrant l'infrieure, le vol lourd et les ailes courtes. Us vivent particulirement de grains et d'herbes fraches. C'est cet ordre qu'appartiennent la plupart des oiseaux de basse-cour, tels cpie le Coq, le Dindon, le Paon, la Pintade, et beaucoup d'Oiseaux de chasse, le Faisan, la Perdrix, la Caille, etc. PpT Fig. lOi. Caille. Fig. 106. Faisan. Fig. 107. Tlras. XLI CINQUIME ORDRE. CHASSIERS. (A pattes longues comme des chasses.) Les chassiers sont ainsi nommes cause de la longueur de leurs pattes, qui n'est que la consquence ncessaire de leur mode d'existence. Ils vivent gnralement de poissons ou de petits animaux aquatiques, qu'ils peuvent poursuivre sans mouiller leur corps et l'aide d'un cou trs-allong et proportionn le plus souvent la longueur des jambes. Quelques-uns cependant vivent dans les sables, et ils sont plutt organiss pour la marche que pour le vol ; et en cela, comme par leur rgime, ils se rapprochent des Gallinacs. On divise cet ordre en sept familles : les Brvi- pennes, les Pressirostres, les Giaroles, les Longirostres, les Cultrirostres, les Fla- mants et les Macrodactyles. Fig. 10S. Brvipennes. 109. Fig. 110. Pressiroslres. Fig. 1U. XUI Fig. 112. Giarol Fie. 113. Lonjrirostre. Fig. 1 11. Cullrirostre. FlG. Ilb. Macrodactyle. Fig. 1\Ci. Flamants. XLIII SIXIEME ORDRE. PALMIPDES. (A pieds palms.) Les Palmipdes se distinguent facilement leurs pattes courtes, robustes, situes en arrire du corps, et leurs doigts constamment unis par une large membrane qui s'tend jusqu' la racine des ongles et unit entirement les doigts. Ils sont or- ganiss pour vivre sur l'eau, o leur plume huileuse et impermable leur permet un sjour prolong. On les divise en quatre familles : les Plongeurs, les Voiliers, les Tt i palmes et les Lamellirostres. Fie. 118. Voilier. Fie. 1 17. Plongeur. Fit. 1 19. Tulipalme. FiG. 120. Liuncllirostres. F. G, 121. XLIV TROISIME CLASSE. REPTILES. [Reptare, ramper.) Les Reptiles, emblmes de la difformit morale et de la laideur physique, n'in- spirent gnralement qu'un dgot souvent insurmontable ; dgot que partagent tous les animaux, qui semblent en quelque sorte frapps d'immobilit leur aspect. Par un contraste singulier, on a fait aussi du serpent l'emblme de la prudence. Les Reptiles sont des animaux vertbrs dont les uns ont quatre ou seule- ment deux membres articuls, tandis que les autres n'en ont point. Leur sang est froid, et leur respiration est arienne et imparfaite. Le cur n'est compos que d'un seul ventricule. Dans beaucoup d'espces on trouve des branchies au lieu de poumons, dans le premier ge seulement. Par leur forme gnrale, quelques Rep- tiles semblent peu loigns des Mammifres ; mais peu peu l'analogie se perd dans la mme proportion que les membres, qui disparaissent compltement; et alors il se rapprochent des Poissons. La forme de leur charpente osseuse varie beaucoup: leur cerveau est peu dvelopp, et leurs sens semblent tre borns l'oue et la vue. Les uns sont carnivores ou insectivores, quelques-uns seule- ment sont herbivores ; les uns ont des dents tranchantes, les autres des crochets aigus ; d'autres enfin n'ont point de dents, et ces organes sont remplacs par une lame corne qui rappelle le bec des oiseaux. Quelques-uns de ces animaux sont venimeux : ce sont particulirement ceux qui ont la mchoire suprieure des crochets aigus, percs et en communication avec une glande situe de chaque ct de la tte, et qui est facilement comprime par la contraction des mus- cles temporaux. Le venin de ces animaux, lorsqu'il est absorb, peut produire des accidents graves, et mme la mort. 11 faut, lorsqu'on a t mordu par un Serpent venimeux, arrter l'absorption en appliquant une ventouse sur la piqre, l'largir et la cautriser, soit avec un fer rouge, soit en employant un caustique. La nature, toujours prvoyante et bonne mre, a le plus souvent plac le remde la porte de ceux qui sont le plus exposs au mal : c'est ainsi que, dans les pays o se ren- contrent les espces venimeuses, on trouve des plantes, le guaco, par exemple, qui ont la proprit de neutraliser l'effet dltre du venin ; M. de Humboldt pense mme que l'odeur que rpand cette plante suffit pour repousser l'approche des Rep- tiles. Quelques-uns de ces animaux sont soumis, dans leur premier ge, certai- nes mtamorphoses; tous sont ovipares; ils pondent un plus ou moins grand nom- bre d'ufs, que l'influence solaire seule fait clore; dans quelques espces seule- ment les ufs closent avant la ponte, et cette circonstance a fait distinguer ces animaux sous le nom d'ovovivipares. La plupart de ces animaux passent la saison froide dans un tat d'engourdissement analogue celui de quelques Mammifres. Les Reptiles ont t diviss en quatre ordres, d'aprs les caractres qu'ils prsen- tent. XLV PREMIER ORDRE. CHLON1ENS. (XsXwvvi, tortue.) Quelques Reptiles sont couverts d'une double cuirasse forme par le dvelop- ment extraordinaire des vertbres, qui se runissent par ct au sternum, dont le dveloppement est aussi fort remarquable. Cette double cuirasse, forme par un systme osseux en partie extrieur, semble faire de ces animaux un intermdiaire entre les Mollusques et les Vertbrs. Cette cuirasse prsente deux ouvertures, Tune antrieure pour le passage de la tte et des membres antrieurs, l'autre pos- trieure pour le passage de la queue et des membres postrieurs. Les Chloniens, connus vulgairement sous le nom de Tortues, habitent la terre, les marais, les fleuves et la mer. De l, quatre subdivisions. Fig. 122. Chloniens terrestre? Fig. 123. Fig. 12*. Cliplnniens marins. Fig. 125. XLV1 DEUXIME ORDRE. SAURIENS. (Sautpo, lzard.) Cet ordre se compose de Reptiles systme osseux tout fait intrieur, mais dont la peau est revtue d'caills plus ou moins serres et plus ou moins rsistan- tes. Presque tous ont quatre pattes ; quelques uns seulement n'en ont que deux, et laqueue est souvent trs-longue. Leur manire de vivre et leurs murs pr- sentent des diffrences fort remarquables. C'est cet ordre qu'appartiennent les Crocodiles, les Lzards, les Dragons, les Camlons et les espces deux pattes, soit antrieures, soit postrieures. Fig. 126. Crocodile. Fie. 127. l'Idiausaure. Fig. 128. Chirote. Fie. 120. Caiioli r.n. S.u Fie. 130. Dracon. XLVII TROISIME ORDRE. OPHIDIENS (cpi;, serpent.) Cet ordre comprend tous les Reptiles sans pieds, et connus gnralement sous le nom de Serpents; ce sont ceux qui rpondent le mieux au nom de Rep- tiles. Ils ont un corps souvent trs-allong, et leurs mouvements s'excutent au moyen des replis que leur corps fait sur le sol. Les uns sont venimeux et ont la mchoire suprieure des dents longues, mobiles, aigus, en crochet, perces ou sillonnes, et communiquant avec une glande qui scrte le venin ; les autres ont des dents nombreuses qui tapissent mme la vote du palais. C'est dans cet ordre que se rangent les Roas, les Crotales ou Ser- pents sonnettes, les Vipres, les Couleuvres, etc. QUATRIEME ORDRE. RATRACIENS. (Barpouco;, grenouille.) Presque tous les Reptiles de cet ordre sont soumis, pendant leur jeune ge, h certaines mtamorphoses qui changent tout fait la forme de leur corps. Ils ont quatre pattes ; quelques- fig. isi. Crotale, uns seulement ont une queue. Leur corps est couvert d'une peau lisse ou tubercu- leuse, mais jamais squammeuse ; leurs doigts, une seule exception prs, sont sans ongles. Les Grenouilles, les Crapauds, les Salamandres, les Protes et les Sirnes. Fig. 134. Mnobranohe. XLVIII QUATRIME CLASSE. POISSONS. Les Poissons, compares aux autres Vertbrs, prsentent runies toutes les condi- tions qui peuvent convenir des animaux destins vivre dans l'eau. Chez eux , les poumons sont remplacs par des branchies disposes aux deux cts du cou. L'eau qu'ils respirent entre par la bouche, passe par les feuillets pectines des branchies et sort latralement par les oues. Leur forme allonge ou aplatie leur permet de fendre l'eau sans trop de rsistance , et leurs nageoires , extrmement mobiles , sont de puissants moyens de locomotion, parfaitement appropris l'l- ment qu'ils habitent. Presque tous ont une vessie natatoire, place dans l'abdomen, remplie d'air, et qui sert les rendre spcifiquement plus lgers. Leur systme osseux prsente une dgradation sensible , moins par sa complication que par sa forme et sa nature : osseux chez les uns, il n'est plus que cartilagineux chez les autres. La forme des Poissons varie l'infini ; les uns sont allongs, les autres plats, d'autres ventrus , quelques-uns hrisss d'pines, presque tous sont couverts d'- cailles plus ou moins brillantes. Le cerveau des Poissons est petit, relativement leur volume; aussi, gnralement, ne donnent-ils aucune preuve d'instinct. Chez eux la vue, l'odorat et le got sont incontestables ; ce dernier sens est , il est vrai, peu dlicat, et modre peu leur voracit. Les uns ont des dents acres nombreuses, places dans quelques espces mme jusque sur la langue, qui est en grande partie osseuse. On divise les Poissons en deux sections : l'une comprend les Poissons squelette osseux, l'autre ceux squelette cartilagineux. PREMIERE SECTION. SLouvs Oild SeilQC. PREMIER ORDRE. ACANTHOPTRYGIENS. (Aava, pine; TTepu^, nageoire.) Cet ordre comprend un grand nombre de Poissons, caractriss par les pines qui tiennent lieu de premiers rayons leur nageoire dorsale si elle est unique, ou qui soutiennent seules la premire nageoire s'il en existe deux ; et dans ce cas quelques pines libres remplacent la premire. Les nageoires pectorales et anales sont aussi armes d'pines. Fie. 135. XLIX DEUXIME ORDRE. MALACOPTRYGIENS ABDOMINAUX. (MaXootc, mou; Trapu!;, nageoire.) Dans cet ordre se trouvent classs les poissons rayons mous, dont les nageoires abdominales sont suspendues sous le ventre et en arrire des pectorales, sans tre attaches aux os de l'paule. Fig. 157. Barbeau Fig. 138. Carpe. TROISIME ORDRE. MALACOPTRYGIENS SUBRRANCHIENS. Les Malacoptrygienssubbranchiens ont les nageoires ventrales attaches sous les pectorales et immdiatement suspendues aux os de l'paule. Fip. 139. Sol QUATRIEME ORDRE. MLACOPTRYGIENS APODES. (Sans pieds ou nageoires.) Les Poissons de cet ordre n'ont point de nageoires ventrales; leur corps est al- long, couvert d'une peau paisse, molle et sans cailles apparentes. Fig. 140. Anguille. CINQUIME ORDRE. LOPIIORRANCHES. (Accpc;, aigrette ; ppay/^a, branchie.) Poissons qui se distinguent non-seulement par des branchies disposes en houppes et par paires le long des arcs branchiaux, mais encore par leur corps cui- rass et prsentant des formes anguleuses. Ces Poissons ont une tte distincte, prolonge en avant en forme de tte de cheval. Fig. 141. Hippocampe SIXIME ORDRE. PLECTOGNATHES. (nXexw, je noue ; -pac?, mchoire.) Les Plectognathes sont caractriss par la soudure de l'os maxillaire, qui est fortement attach sur le ct de Fin ter maxillaire , qui forme seul la mchoire, tandis que l'arcade palatine est engrene avec le crne et n'a aucune mobilit. Fig 142. Dindon. x oioii ccudi u DEUXIME SECTION. ccauieiiQO on o\?oiid%,opbeKucweiid. (X&vJpo?, cartilage ; tftjuE, nageoire.) SEPTIME ORDRE. STURONIENS. (Sturio, esturgeon.) Ces Poissons n'ont point de vritables os; leurs parties dures sont cartilagi- neuses, et leur corps est garni d'cussons durs, implants sur la peau en ranges longitudinales. Fig. 143. Eslurgeon. HUITIEME ORDRE. SLACIENS. (SsXsow? , sans cailles.) Les Slaciens ont les branchies adhrentes par le bord externe, de sorte qu'elles laissent chapper Peau par autant de trous percs la peau qu'il y a d'intervalles entre elles. Fig. 144. Requin. NEUVIME ORDRE. CYCLOSTOMES. (K'jxXo; , cercle; J. PREMIER ORDRE. - COLOPTRES, (KcXeo, gaine ; imov, aile.) Cet ordre comprend tous les Insectesquiont quatre ailes, &e\\\ suprieures solides, recouvrant pendant le repos deux autres ailes infrieures, membraneuses etfeplies. Leurs pattes, toujours au nombre de six , sont termines par un tarse compos d'un plus ou moins grand nombre de pices ou d' 'articles, et c'est d'aprs le nombre de ces articles que l'on a tabli quatre sous-ordres parmi les Coloptres : le premier (pentamrs) se compose de tous ceux qui ont cinq articles tous les tarses ; le se- cond (htromrs) comprend tous ceux dont les deux premires paires de pattes ont cinq articles, la dernire paire n'en ayant que quatre; la troisime (ttraji- rs) est forme des espces n'ayant que quatre articles tous les tarses; enfin dans la quatrime (trdirs), on ne trouve plus que des Insectes dont les tarses n'ont que trois articles. On ne compte jamais , parmi les articles des pattes , la griffe qui les termine. Fig. 178. Pcntamr. Fie. 179. Htcromr. Fig. 180. Ttiamcr. Fig. 181. Trimr. PREMIER SOUS-ORDRE. PENTAMRS. (livre, cinq; [j.sfo;, partie.) Dans ce sous-ordre se trouvent runis des Insectes dont les babitudes et les murs, bien distinctes, ont permis d'tablir six familles, dont les diffrences portent principalement sur le plus ou moins de longueur des ailes suprieures et sur la forme des antennes. !" FAMILLE. CARNASSIERS. La premire famille (carnassiers) se compose des Insectes qui ne vivent que d'autres Insectes, auxquels ils font la chasse ; aussi leur mchoire est arme de h LVIII deux mandibules qui sonl termines par un crochet trs-aigu. Les uns sont ter- restres, les autres aquatiques. Fig. 182. Fig. 183. Carnassiers terreslres. Fig. 184. Fig. 185. Carnassier aquatique. 2e FAMILLE. BRACHLYTRES. (B:ax_'j;, court ; sX'jtov, lytre ou aile.) La seconde (brachlytres) comprend des espces ailes trs-courtes et ne recou- vrant qu'une partie de l'abdomen. Leur tte est grosse et arme de fortes mandi- bules, et leur corps est le plus souvent troit et allong. Fig. I8fi. Fig. 187. Fig. 188. Fig. 189. 3 e FAMILLE. SERRICOKNES. [Serra, scie ; cornu, corne.) La troisime (serricornes) a t tablie pour les espces dont les antennes, de la mme grosseur dans toute leur tendue, sont dentes et pectines. +*r Fig. 190. Fig. 191. Fig. 192- Fig. 193. Fig. 194. L1X 4 e FAMILLE. CLAVICORNES. (Clava, massue; cornu, corne.) La quatrime (clavicornes) se compose des espces dont les antennes, termines en massue, sont toujours plus grosses leur extrmit suprieure. Fig. 195. Fig. 196. Fig. 197. Fig. 198. Fig. 199. 5 FAMILLE. PALPICORNES. (Palpus, palpe; cornu, corne.) Dans la cinquime (palpicornes), les antennes sont de mme longueur que les palpes. Les uns sont aquatiques, les autres terrestres, et la forme de leurs pattes indique assez leur habitat. Fig. 200. Fig. 201. Fig. 202. LX 6 e FAMILLE. LAMELLICORNES. [Lamella, lamelle ; cornu, corne.) La sixime enfin (lamellicornes) comprend les nombreuses espces dont les antennes sont termines par des feuillets lamelleux disposs en ventail. Fiu. 212. Lmg. 213. i'ig. 'm. LXI DEUXIME SOUS-ORDRE. HTROMRS. (xepc, diffrent; (J-epo;, partie.) Les Insectes de ce sous-ordre n'ont cinq articles qu'aux tarses des pattes antrieu- res, et quatre seulement aux tarses des pattes postrieures. Ils forment aussi plu- sieurs familles. Fie. 215. Fig. -216. Fig. 21 Fig. 218. Fig. 219. Fig. 220. TROISIME SOUS^-ORDRE. TETRA MRS. (TcTpa, quatre ; [po, partie.) Dans ce sous-ordre, les Insectes sont tous conforms pour se nourrir de substances vgtales ; ils ont quatre articles tous les tarses. On les divise en sept familles. Les uns (rhynchophores, pu-yxo, bec; oepw, je porte) ont une trompe plus ou moins longue , forme par le prolongement de la partie antrieure de leur tte. Fig. 221 LXII Les autres (xylophages, |uXov, bois; pa-^w, je mange) diffrent des prcdents par l'absence de trompe et par les antennes, plus grosses vers leur extrmit. Fig. 226. Fig. 227. Fig. 228. Fig. 229. Fig. 250. Quelques-uns (platysomes, rcXaTu, large; awp.a, corps) ont un corps long, dprim, et des antennes filiformes. Fig. 231. Fig. 253. Fig. 234. Un grand nombre (longicornes, longus, long; cornu, corne) se distinguent par la longueur de leurs antennes et l'lgance de leurs formes. Fig. 236. Fig. 258. Kig. 230. Fig. 237 Fie 240. LX1II D'autres (eupodes, e5, bien; tcgu, pied) ont les cuisses des membres postrieurs d'une grosseur souvent extraordinaire. -Jr ? Fig. 241. Fig. 242. Fig. 243. Fig. 244. Fig. 245. Beaucoup d'Insectes ttramrs (cycliques, xuxXc, cercle) ont le corps presque toujours arrondi. \W/ W Fig. 246. Fig. 247 Enfin quelques-uns seulement (clavi- "^ palpes, clava, massue ; palpus, antenne) ont une dent corne au ct interne de la mchoire, et leurs antennes sont termines - en massue et sont toujours pi us courtes que le corps, qui est arrondi et trs-bomb. Fig. 248. Fie. 249. Fig. 250. QUATRIME SOUS-ORDRE. TRIMERS. (Tpei;, trois; p.s?o;, partie.) Les Insectes de ce sous-ordre n'ont que trois articles tous les tarses ; leur corps est hmisphrique ou ovale , et leurs antennes sont en massue. On donne quel- ques-uns de ces petits Insectes le nom de Coccinelles , et vulgairement celui de Btes du bon Dieu. Fig. 251. Fig. 252. Fig. 255 LXIV DEUXIEME ORDRE. DERMAPTERES. (Affta, peau; irrspcv, aile.j F[G. 254. Cet ordre , fort peu nombreux et runi au suivant par quelques auteurs , se compose des Insectes dont les ailes membraneuses, quand elles existent, sontployes transversa- lement d'abord, comme les diverses parties d'un ventail, sous une enveloppe commune qui se replie elle-mme lon- gitudinalement. C'est cet ordre qu'appartiennent les Fol- licules, connues gnralement sous le nom de Perce-Oreilles. Leur corps est termin par une pince qui constitue leur seul moyen de dfense. TROISIEME ORDRE. ORTHOPTERES. (Opo, droit; iTTepcv, aile.) Les Insectes de cet ordre ont le corps moins dur que celui des Coloptres, et leurs ailes de la premire paire sont demi membraneuses et charges de grosses nervures; celles de la seconde paire sont plies en ventail dans leur longueur. Leur tte est grosse et verticale, leurs yeux trs-grands, et leurs mchoires sont recouvertes par une lame corne. Les uns ont quatre ailes, les autres n'en ont que de rudimentaires. La forme de leurs pattes est trs-variable ; les uns les ont toutes peu prs de la mme longueur [Blattes), mais non toujours de la mme grosseur, car quelques-uns les ont disposes de manire pouvoir creuser la terre (Courtil- lires) ; d'autres les ont termines par un crochet rsistant et solide [Mantes) ; d'autres enfin ont les pattes postrieures trs-longues et parfaitement organises pour sauter [Sauterelles). Fia. "255. LXV Fig. 236. Fig. 25T. Fig. 259. Fig. 260. Fig. 262. LXVI QUATRIME ORDRE. NVROPTRES. (Neupov, nerf ; 7rrep&v, aile. Ailes nervures.) Les Insectes de cet ordre ont quatre ailes membraneuses , jamais recouvertes d'caills, imitant un rseau de gaze glace, nervures serres. Leur bouche est arme de mandibules comme celles des Carabiques ; leur corps est allong et mou; leurs yeux sont trs-gros et saillants. Fig. 265. Vin. 266. Fig. 264. Fio. 267. Fig. 268. Fig. 269. Fig. 270. Fig. 271. LXVll CINQUIME ORDRE. HYMNOPTRES. (\'\j.ry, membrane; Tmp&v, aile.) Comme les prcdents, ces Insectes ont quatre ailes membraneuses, mais les suprieures sont toujours plus grandes que les infrieures, et les unes et les autres, au lieu d'tre nervures serres , sont simplement veines. Leur bouche, assez complique, est surtout remarquable par une trompe droite qui sert de conduit aux aliments , et elle est arme de mandibules qui servent les diviser. L'abdomen des femelles est termin le plus souvent par trois appendices plus ou moins longs et grles. I'ig. 27-2. FlG. 274. .V J Fig. 273. Fig. 27b. lie. SIXIME ORDRE. RHIPIPTRES. (Pim;, ventail; ittjcv aile.) Ces Insectes sont trs-petits, car leur larve vit en parasite sur le corps des Hymnoptres. Le bord antrieur des ailes est dur et protge leur partie membraneuse, qui se replie en ventail. Leurs yeux sont comme pdicules. SEPTIME ORDRE. LPIDOPTRES. (Asm;, caille; cocv, aile.) Cet ordre trs-nombreux comprend des Insectes connus sous le nom de Papillons, et qui diffrent essentiellement de tous les autres par une conformation toute particulire et la rgularit de leurs mtamorphoses. Ils sont gnralement velus l'tat parfait; leurs ailes, au nombre de quatre, sont couvertes d'une petite pous- sire qui, vue au microscope, ressemble des cailles vivement colores. Leur bou- che, sans mchoires, est forme par une trompe double roule en spirale, cache sous la tte l'tat de repos, et tendue lorsque le papillon cberche sa nourriture. La tte est munie d'antennes plus ou moins allonges ; leurs yeux sont gros et taills facettes nombreuses ; leurs pattes toujours au nombre de six, mais plus ou LXVIII moins dveloppes. La forme, la lgret et l'clat des couleurs varies de ces charmants Insectes les ont fait remarquer et rechercher. Ils se nourrissent du suc des fleurs, qu'ils pompent facilement l'aide de leur trompe. Avant d'arriver l'tat de Papillons, les Lpidoptres ont subi deux transforma- tions. Leur premier tat est celui de larve ou chenille; leur corps alors est al- long et form d'anneaux, et ils n'ont d'autre moyen de locomotion que six pattes grosses et courtes, qui correspondent aux pattes plus lgantes que prsente le Papillon. On remarque aussi sur un grand nombre de Cbenilles d'autres pattes dont le nombre varie, et auxquelles on a donn le nom de fausses pattes ; mais elles disparaissent la premire transformation. Arrive tout son dveloppement et aprs avoir plusieurs fois chang de peau, la chenille se tisse une coque de soie ou se retire dans un endroit abrit pour y vivre immobile et sans besoins l'tat de nymphe ou de chrysalide. Dans cet tat, qu'on compare une momie, presque tous les organes que doit avoir le Papillon sont assez bien exprims. Enfin le Papillon brise les liens qui le retenaient, et prend bientt aprs son essor. On divise les Lpidoptres en trois grandes familles, les Diurnes, les Crpuscu- laires et les Nocturnes. Pic. 278. Diurne. Fig. "279. Crpusculaire Fig. iSI'i Nocturne. LXIX !' e FAMILLE. DIURNES. Cette famille se compose de Papillons dont les ailes sont toujours leves per- pendiculairement pendant le repos ; leurs antennes sont plus ou moins longues, dlies, et termines par un petit bouton ovale-allong, ou bien elles forment un petit crochet. Ils ne cherchent leur nourriture et ne volent que pendant le jour. Leur chrysalide est presque toujours suspendue par une soie lixe l'extrmit du corps, et quelquefois aussi par un autre lien soyeux retenant le centre du corps. Fig. 281. Fie. 282. Fig. 283. Fig. 284. Fig. 285. Fig.. 286. LXX 2 FAMILLE. CRPUSCULAIRES. Dans cette famille, les Papillons ont le bord extrieur des ailes infrieures muni prs de son origine d'un crin corn, roide, fort, trs-pointu, qui se glisse dans un anneau ou coulisse du dessous des ailes suprieures, et retient les unes et les au- tres dans une situation- horizontale lorsqu'elles sont au repos. Les antennes sont en massue allonge, ordinairement prismatiques ou en fuseau ; dans quelques esp- ces elles sont pectines ou en scie. Ces Papillons ne commencent sortir de leurs retraites que vers le dclin du jour ; leur vol est rapide et saccad. Fie. 9 a Fie. 291. I'ig. 29.'. LXXI 3e FAMILLE. NOCTURNES. Tous les Papillons de celte famille ont les ailes horizontales ou inclines pendant le repos. A l'exception d'un petit nombre, les ailes infrieures sont munies d'un frein tantt form par un crin corn, fort et trs-acr, tantt compos d'un faisceau de soies se glissant dans une coulisse du dessous des ailes suprieures pour les maintenir lorsque l'Insecte n'en fait point usage. Les antennes sont staces ou panaches, et diminuent de grosseur de la base l'extrmit. La chrysalide est presque toujours enferme dans une coque soyeuse. Enfin ces Papillons ne volent que pendant la nuit; la clart du jour les blouit, et ils restent fixs a des troncs d'arbres ou de vieilles murailles. Fig 294. Fig. 29S. Fig. 29fi. Fig. 297. Fig. 29. IAXII HUITIME ORDRE. HEMIPTERES. ([MCj:, demi ; Trrepcv, aile.) Les Hmiptres ont gnralement les ailes suprieures en partie dures et en par- tie membraneuses; leurs ailes infrieures ont des plis longitudinaux ; quelques-uns les ont de mme consistance, partout et demi-membraneuses. Ces Insectes n'ont ni bouche ni mchoire ; leur tte est termine par un bec. ou tube corn, ar- ticul et recourb sous le corselet. La seule mtamorphose qu'ils subissent consiste prendre des ailes. On divise cet ordre en deux sections : les uns (htroptres, irepo, diffrent ; TCTspov, aile) ont les ailes en partie dures et en partie membraneuses; le bec est an- trieur. Les autres (homoptres, ao;, semblable; Trrspcv, aile) ont les ailes demi- membraneuses, mais de mme consistance dans toute leur tendue. Les Hmiptres sont terrestres ou aquatiques. Km. 992. Km. 500. Km. 305. Kig. 301. Kig. 50 i. Kig. 302. Kig. 305. Kig. 306. LXXIII NEUVIME ORDRE. DIPTRES. (Ai;, deux ; Trepov, aile.) Les Diptres ont deux ailes membraneuses, tendues, veines, sans poussire colorante, et gnralement accompagnes d'appendices sous forme de balanciers ou de cuillerons. Leurs yeux sont gros; leur bouche est munie d'une trompe propre seulement la succion, et dont la consistance varie ; jamais ils n'ont de mandibules ni de mchoires. Leur ventre n'est le plus souvent uni au thorax que par un pdi- cule trangl, quelquefois allong. Leurs pattes sont grles, et, dans quelques es- pces, termines par des papilles qui leur permettent d'adhrer aux surlaces les plus lisses ; d'autres les ont trs- longues et organises pour marcher la surface de l'eau ; d'autres enfin sont termines par de vritables griffes qui leur donnent la facult d'adhrer aux poils des animaux aux dpens desquels ils vivent. Leur vol est trs-lger et trs-rapide. L'ordre des Diptres est un des plus nombreux, et il se divise en quatre grandes familles. Fig. 307. Fie. 508. Fig. 309. Fig. 310. Fig. 311. Fie. 312. Fig. 513. Fig. 314. LXXIV 2 division. - iiecke avi ae. DIXIME ORDRE. SUCEURS. Cet ordre est compos d'un petit nombre d'Insectes trs-petits, dont le corps est ovale, comprim ; la tte, petite, est arme d'une sorte de bec bien conform , peu prs semblable celui des Hmiptres. Ils ont six pattes, les postrieures plus longues que les autres, et propres sauter, comme la Puce. ONZIME ORDRE. PARASITES. Fi g. 315. Les Parasites vivent sur le corps d'autres animaux, dont ils sucent le sang. Leur bouche est termine par un suoir rtractile; leur corps est aplati, muni de six pattes termines par des crochets l'aide desquels ces Insectes se fixent sur les corps. Fio. 316. Fig. 317. Fig. 318. DOUZIME ORDRE. THYSANOURES. (0uuavti, frange ; oupot, queue.) Ces Insectes se distinguent facilement par les appendices mobiles dont leur queue est compose. Leur corps est allong et couvert de petites cailles brillantes qui paraissent comme argentes. Ils ont une marche trs-rapide et vivent de prfrence dans les lieux obs- curs et humides. Ils ne subissent aucune mtamorphose. Fig. 319, LXXV DEUXIME CLASSE. MYRIAPODES. (Mupio, nombreux ; ttou;, ttoJo, pied.) Les Insectes de cette classe sont ainsi nomms cause du grand nombre de pattes dont ils ont munis. Leur corps est compos d'anneaux nombreux portant chacun une ou deux paires de pieds termins par un onglet. Leur bouche est arme de deux mandibules puissantes. Ils vivent dans les lieux obscurs ou humides. Fig. 320. Fi g. 521. Fig. 322. Fig. 325. Fig. 324. Fig. 323. LXXVI TROISIME CLASSE. ARACHNIDES. (Apayvvi;, araigne.) Cette classe se compose d'animaux gnralement confondus avec les Insectes , mais dont la forme est trs-distincte. Ces animaux, vous l'antipathie des uns et l'horreur des autres, ne rencontrent que peu d'amis ; leur instinct, leur singu- lire industrie, l'espce d'intelligence dont ils ont quelquefois donn la preuve, in- tresseraient quand mme le naturaliste, si leur organisation ne suffisait pas pour fixer l'attention. Les Arachnides ont huit pattes fixes la partie antrieure du corps; ces pattes sont le plus souvent longues et termines par des crochets; elles se cassent facilement , mais elles se reproduisent en peu de temps. Les Arachnides ont une tte runie au corselet, munie de mandihules cornes et crochets mobi- les. Leurs yeux sont au nombre de six ou huit , et leur ventre, dont la forme est assez variable, est spar du corps par un tranglement. Parmi les animaux de cette classe, les uns respirent l'aide de cavits pulmonaires, les autres l'aide de tra- ches, et presque tous ont un appareil circulatoire complet. Quelques-uns seule- ment sont venimeux. Beaucoup de ces animaux ont autour de l'ouverture anale des glandes qui scrtent la matire soyeuse l'aide de laquelle ils fabriquent des toiles qui leur servent non-seulement prendre les animaux dont ils sucent le sang et qu'ils ne pourraient atteindre, mais encore envelopper promptement leur proie, qui, sans cette prcaution, lutterait quelquefois avantageusement avec eux. Enfin ces glandes leur fournissent des fils qui leur permettent de se suspendre dans l'air et de franchir facilement certains obstacles. Fig. 32H. Fig. 327. LXXVII QUATRIME CLASSE. CRUSTACS. (Crus ta, crote.) Cette classe comprend tous les animaux articuls pattes articules, pourvus d'un cur et de branchies, et dont la circulation est double. Les Crustacs sont couverts d'un test calcaire plus ou moins dur, et qui se renouvelle certaines po- ques pour permettre l'animal de se dvelopper. Leur corps est form d'anneaux, les uns souds ensemble et ne se distinguant que par des sillons, les autres mobiles et simplement articuls. Parmi les Crustacs, les uns ont la tte distincte; chez les autres elle est runie au thorax. Ils ont six mchoires et le plus souvent quatre an- tennes parfois trs-longues; enfin ils n'ont jamais moins de cinq paires de pieds. Leurs yeux, assez dvelopps, sont souvent pdicules. Presque tous vivent dans l'eau; quelques-uns cependant sont terrestres. On les divise en trois groupes prin- cipaux, d'aprs la conformation de la bouche. En effet, les uns ont cet organe muni de mchoires et de mandibules propres la mastication (Crustacs mastica- teurs); les autres n'ont qu'un bec tubuleux arm de suoirs (Crustacs suceurs); d'autres enfin n'ont la bouche ni mandibules ni suoirs, mais seulement des pat- tes dont la base est organise de manire faire l'office des mchoires (Xypeo- sures). lr GROUPE. CRUSTACS M YSTICATEUUS. Ce groupe, qui est le plus nombreux, se compose des Crustacs dont l'organisa- tion est plus complique et plus parfaite : les uns ont une forme allonge, Fig. 529. Fi g. 550. Fig. 531. LXXV11I Les autres sont rtrcis et ont le plus souvent le corps aplati. Fig. 552. Fig. 533. Fig. 534. Fig. 355. *&&&&&. a*K>i: Fig. 55(i. LXXIX 2fi GROUPE. _ CRUSTACES SUCEURS. Les Crustacs suceurs sont peu nombreux; ils vivent en parasites sur d'autres animaux; ils ont la bouche en forme de trompe cylindrique , et munie d'appendices propres percer le corps des Poissons aux dpens desquels ils vivent. Ces animaux, comme les Insectes, subissent certaines mtamorphoses pendant le jeune ge. 3e GROUPE. _ LIMULES. (Limulus, limon, vase.) Ce groupe se compose d'animaux singuliers dont le corps est divis en deux parties et termin par un appendice long, roide et pointu. La premire partie forme un grand bouclier presque circulaire, et porte des yeux carts et les six paires de pieds qui enveloppent la bouche et font l'office de mchoires. La seconde partie reprsente un autre bouclier triangulaire muni de cinq paires de na- geoires, la cinquime paire munie de branchies. Fig. 3 37. Fig. 538. CINQUIME CLASSE. CIRRH1PDES. [Cirrhif frange; pes, pied.) Nous ne parlons en ce moment des Cirrhipdes que pour indiquer leur vrita- ble place dans la classification zoologique, et nous renvoyons pour les dtails la page2Gl de ce volume. LXXX J\Duvie\e6 ow \m % DIVISION. *J\Duviele ow Y &c, Les Vers ont le corps gnralement allong et form d'une srie d'anneaux plus ou moins nombreux ; ils n'ont point de membres articuls, et leur systme ner- veux est peu dvelopp. On les divise en trois classes, les Annelides, les Rotateurs et les Helminthes. SIXIME CLASSE. ANNELIDES. (Annellus, petit anneau.) Les animaux de cette classe ont le corps allong, mou et divis en un plus ou moins grand nombre de segments ou anneaux ; leur tte n'est pas toujours distincte, et souvent on remarque chaque ct de leur corps des faisceaux de soies qui ser- vent la locomotion. Leur respiration est presque toujours branchiale, et parmi tous les invertbrs ce sont les seuls animaux sang rouge ou au moins lgre- ment color ; leur systme nerveux est assez distinct et se compose de ganglions. On divise les Annelides en quatre ordres : les Errants, les Tubicoles, les Terricoles et les Suceurs. PREMIER ORDRE. ANNELIDES ERRANTS. Ces animaux ont une tte presque toujours distincte et munie d'antennes, et souvent d'yeux ; leur bouche est arme d'une trompe, et souvent de mchoires cor- nes. Leurs branchies, gnralement dorsales, ne se prsentent souvent que sous forme de tubercules ou de touffes arborises. Ces animaux vivent dans le sable, sous les pierres, et quelquefois enduisent le trou dans lequel ils se retirent d'un mucus qui forme une sorte de fourreau qu'ils abandonnent volont; ils nagent et marchent avec facilit. Fig. 339. Fig. 340. DEUXIME ORDRE. ANNELIDES URICOLES. Les Annelides Tubicoles n'ont point de tte distincte, ils n'ont pas d'yeux ni d'antennes, et leur bouche n'est plus arme de mchoires ; mais l'extrmit ant- rieure de leur corps est garnie d'appendices plus ou moins nombreux, dont les uns LXXX - servent de branchies, les autres d'organes de locomotion ou de prhension. Les animaux de cet ordre se construisent des tubes membraneux ou calcaires, le plus souvent fixs des corps trangers ; et les seuls mouvements qu'ils puissent faire consistent sortir en partie de ces tubes pour pourvoir leur existence, et y ren- trer rapidement ds qu'ils sont inquits. Us sont remarquables par la vivacit des couleurs de leurs panaches. Fig. 541. Via. 342. Fig. 343. Fig. 314. Fig. 345. Fig, 546. LXXXIV d'un point pris comme centre, mais jamais par paires symtriques. Les uns sont couverts d'une enveloppe plus ou moins dure , les autres sont mous , d'autres enfin membraneux et transparents; leur systme nerveux est rudimentaire ou nul. Quelques-uns ont un tube digestif deux ouvertures ; chez d'autres, cet organe ne reprsente plus qu'un sac une seule ouverture ; enfin , beaucoup de ces animaux n'ont, comme canal intestinal, qu'une cavit intrieure, en rapport avec des pores absorbants, qui, dans quelques espces, semblent mme constituer eux seuls tout l'appareil digestif. Le mode de nutrition de ces derniers les rapproche essentielle- ment des plantes. On divise les Rayonnes en cinq classes : les Echinodermes , les Acalphes, les Polypes, les Ixfusoires et les Spongiaires. PREMIRE CLASSE. ECHINODERMES. (E/jv&, hrisson; Si?[>.y., peau.) Les Echinodermes ont une peau paisse, souvent dure et testace ; leurs moyens de locomotion sont nombreux et trs-simples et leur marche trs-lente. On les divise en trois familles, d'aprs la forme gnrale de leur corps : les Astries, les Oursins et les Holothuries. 4 re FAMILLE. ASTRIES. (Attjov, toile.) Connues vulgairement sous le nom d'Etoiles de mer, les Astries ont un corps form le plus souvent de cinq rayons divergents d'un renflement central , o Ton remarque une seule ouverture, qui donne passage aux aliments et aux excr- ments. Les Astries sont surtout remarquables par la facilit avec laquelle elles peuvent se reproduire par division. En effet, si l'on coupe une des branches d'une Astrie, bientt cette branche est remplace, et la portion coupe prend elle-mme en peu de temps la forme en toile, et devient un individu complet. Fig. 555. Fig. 554. Fig. 553. 2 5 FAMILLE. OURSINS. (Nom vulgaire adopt.) Les Oursins, Chtaignes, ou Hrissons de mer, ont un corps sphrique form d'une crote calcaire recouverte d'pines nombreuses, mobiles, et plus ou moins lon- gues, et de plusieurs ranges rgulires de petites ouvertures qui donnent passage LXXXV des tentacules. Leur bouche est situe la partie suprieure centrale, et est arme de dents. Fig. 356. Fio. 558. Fig. 557. 5- FAMILLE. HOLOTHURIES. ().c;, entier ; uptov, petit trou.) Les Holothuries ont le corps allong, cylindrique , prsentant l'extrmit su- prieure une bouche garnie de pices calcaires et entoure de tentacules, tandis qu' l'extrmit infrieure se trouve une ouverture qui sert la respiration en mme temps qu'aux djections. Fig. 559. DEUXIME CLASSE. ACALPHES. (AxaXicpT), ortie.) Les calphes sont des animaux comme glatineux, qui flottent et nagent dans la mer, en contractant et en dilatant alternativement leur corps, qui est souvent admirablement nuanc de pourpre et d'azur. On les nomme vulgairement Orties de mer, cause de la douleur qu'on prouve lorsqu'on les touche. Fig. 5H(i. Fig. 50 I. Fig. 562. LXXXVI TROISIME CLASSE. POLYPES. (n&).'j;, beaucoup; tcu:, pied.) Dans cotte classe , les animaux ont le corps cylindrique ou ovalaire , et n'ont qu'une seule ouverture, entoure d'une couronne de tentacules plus ou moins al- longs. Ils se reproduisent par bourgeons, par division ou par des ufs ; les uns sont mous, les autres durs et pierreux. Fig. 563. Fig. 560. Fig. 305 Fig. 307. Fig. 303. QUATRIME CLASSE. 1NFUS01RES. Les Infusoires sont des animaux qu'on ne peut distinguer qu' l'aide du mi- croscope, et qui, comme les Rotateurs, dont nous avons dj parl, et avec lesquels on les a longtemps confondus, se dveloppent dans les eaux stagnantes; leur corps, allong ou arrondi , form d'un grand nombre de petits pores absorbants, est arm de cils vibratiles. On n'est pas parfaitement d'accord sur la manire dont ces petits animaux se reproduisent : les uns pensent qu'ils sont forms spontanment par la dsagrgation des corps organiss vgtaux ou animaux ; d'autres, qu'ils naissent d'ufs comme les autres animaux. Quoi qu'il en soit, ils se reproduisent par division , ainsi que beaucoup de Rayonnes. Fig. 309. Fig. 370. Fig. 371. LXXXV1I CINQUIME CLASSE. SPONGIAIRES. (Spongia, ponge.) Les Spongiaires ont une forme trs-irrgulire et trs-variable. Leur corps est divis par un trs-grand nombre de petits anneaux, soutenus par des parties cornes cbez les uns, et calcaires ou siliceuses chez les autres, fixs aux rochers, ils vivent dans un tat d'insensibilit et d'immobilit compltes: telles sont les ponges. FlG. "l GNRALITS SUR L'HISTOIRE DES COQUILLES ET SUR LANATQMIE DES MOLLUSQUES. La science qui a pour objet la connaissance, la description et l'arrangement m- thodique des coquilles, a reu le nom de conchyliologie. Ce mot, consacr par l'usage, ne s'applique pas exclusivement l'tude des coquilles, comme son ty- mologie semblerait l'indiquer ( Kc-puXicv, coquille, /.o-fo, discours), mais encore celle non moins importante des animaux qu'elles contiennent, et qu'on dsigne sous le nom de mollusques, ou animaux mous. Quelques auteurs modernes emploient dans le mme sens le mot malacologie ([j.aXa/.c;, mou, wov, animal, Xo-yo;, discours), qui n'exprime pas plus compltement que le premier l'ide qu'on veut donner de cette division du rgne animal ; mais il a sur lui l'avantage de s'appliquer tous les mollusques, dont quelques-uns n'ont jamais de coquilles. Sous le nom de mollusques, on distingue donc un groupe particulier et trs- nombreux d'animaux aux formes les plus varies et les plus bizarres, dont le corps est mou et d'une substance comme glatineuse ; ils sont couverts d'une peau, dans laquelle ou sur laquelle se dveloppe le plus souvent un test cal- caire ou coquille, dont la solidit leur offre abri et protection. Ce test n'est autre chose qu'une crote dure plus ou moins paisse, produite par le mollusque et se dveloppant dans la mme proportion que lui. On peut le comparer aux os qui soutiennent et protgent les chairs et les viscres des animaux des ordres plus levs. Fig, 1. Harpe venlrue. Tous les mollusques, avons-nous dit, ne sont pas couverts d'une coquille. Chez 1 2 HISTOIRE NATURELLE. quelques-uns cette partie calcaire est intrieure, c'est--dire toujours couverte plus Fig. 2. Aplysie tigrine. Fig. 3. Coquille intrieure de l'Aplysie. ou moins compltement par le manteau (2 et 3), et pas ou peu apparente; chez d'autres, elle est rudimen taire, c'est--dire, si peu dveloppe (4 et 5) ou si imparfaite, Fig. 4. Tcstacelle ormier. Fig. b. Coquille rudimentaire extrieure de la Testacelle. qu'on ne la reconnat que par analogie ; chez d'autres enfin, elle est absolument nulle (6). Fig. 6. Limace rnue. Ces diffrences assez remarquables ont fait dsigner sous le nom de mollusques nus ceux chez lesquels la coquille n'est pas apparente ou manque entirement, poul- ies distinguer des mollusques coquille. Ceux qui sont privs d'un lest protecteur possdent cependant d'autres moyens de dfense ; leur peau scrte une humeur acre, d'une odeur repoussante, qui suffit pour loigner la plupart de leurs ennemis; et chez ceux dont la coquille est interne ou seulement rudimentaire, on reconnat que ce faible abri est plac de manire couvrir les organes les plus importants. On remarque une trs-grande diversit dans la forme du corps des mollusques. Il reprsente cependant toujours, quand l'animal est dvelopp, une masse char- nue, molle et visqueuse, qu'on a compare au corps d'un gros ver ; ce qui fit autre- fois donner ces animaux le nom de vers a coquilles ou vers testacs. Le corps des mollusques, malgr sa mollesse qui ne laisse supposer qu'une bauche d'organisation, se compose cependant d'organes bien reconnaissables et remplissant diverses fonctions. On distingue assez bien leurs muscles souvent nom- breux, leur tube digestif et ses parties accessoires ; ils ont un systme assez com- plet de circulation sanguine et de respiration aquatique ou arienne, des nerfs, etc. Mais il s'en faut que tous les mollusques prsentent le mme degr d'organisation, HISTOIRE NATURELLE. 3 et si les plus favoriss (rentre eux semblent se rapprocher en quelque sorte des poissons, il faut avouer que la distance qui les spare de ces animaux vertbrs est norme, et que les traces d'analogie ne se rencontrent que sur un trs-petit nombre d'espces. Les uns ont une tte distincte (7), et sont dsigns sous le nom de Cphals (>. Porcelaine tigre. gaine ouverte seulement ses extrmits, ou plus ou moins dans toute sa Ion- Fig. 10. Solcurte blanc. Fig. 1 1. Sulen ?aine. gueur (10 et 11). La disposition assez remarquable de cette peau, quelquefois trs-extensible, et dans laquelle, au moindre sujet d'inquitude, l'animal peut s'envelopper par un mouvement de contraction en se retirant dans la coquille, lui a fait donner le nom de manteau. Parfois le manteau ne prsente qu'une ou deux petites ouvertures , ou il offre des prolongements qui s'tendent fort au del de la coquille, et l'on a donn le nom de siphons ces prolongements charnus et contractiles. Ils sont termins leur ouverture par une couronne de papilles d- HISTOIRE NATURELLE. coupes ou franges, plus ou moins distinctes (13), et travers lesquelles passe l'eau ncessaire ranimai; les siphons sont aussi en partie le sige du toucher. Fig. 12. Telline onvx. Fig. 13. Mactre triangulaire. Fig. 14. Scalaire com- mune. L'paisseur du manteau n'est pas toujours la mme ; servant d'enveloppe pro- tectrice unique quelques-uns, il est rude ou pais selon que l'exigent les habi- tudes du mollusque qu'il recouvre. Ses bords sont simples, ou diviss et frangs, et quelquefois garnis d'appendices plus ou moins dvelopps. La couleur du manteau varie autant que sa forme, et c'est la ma- tire colorante qui se trouve sur ses bords qu'est due la colora- tion de la coquille ; car ce sont les bords du manteau qui scrtent la matire calcaire qui constitue le test. Le dpt de cette matire ne se fait pas toujours d'une manire continue ; il est plus abon- dant certaines poques. Aussi forme-t-il des bourrelets successifs (stries d'accroissement) plus ou moins prononcs, qui prouvent l'intermittence del scrtion calcaire. C'est encore la disposition particulire des bords du manteau que sont dus les caractres de la surface extrieure de la coquille. Lorsque ces bords sont simples et unis, la coquille est lisse en dehors ; tandis que lorsqu'ils sont rids, tuberculeux, lamelleux ou frangs, la surface extrieure du test prsente des rides, des tubercules, des lames, des franges. Ainsi l'inspection seule de la coquille fait supposer la forme des bords du manteau. Le systme musculaire des mollusques prsente des diffrences remarquables. En effet, ceux de ces animaux dont la coquille est compose de deux pices ou valves, ont un ou deux muscles prin- cipaux, situs aux extrmits ou au centre de ces pices. Par leur contraction, ces muscles sont en antagonisme constant avec un ligament lastique formant charnire, destin faire carter les bords libres des valves et agissant comme un ressort qui serait tendu pendant le rapprochement de ces pices, et au repos pen- dant leur cartement (l5). Les traces de l'insertion de ces muscles sur les valves sont plus ou moins apparentes, et on les dsigne sous le nom d'impressions musculaires, pour les distinguer des traces que laissent les bords du manteau et qu'on nomme impressions pallales. Fig. 15. Novaculine du Ganjrc. Fig. 16. Mvncliamo anoitiode Fig. 17. CjUire pine 10 bis. Myocliame anomode HISTOIRE NATURELLE. 5 Le manteau prsente aussi de nombreux petits faisceaux de muscles bien distincts cbez les uns, peu apparents cbez les autres ou perdus dans le tissu de cette enve- loppe, qui est contractile dans toute sa surface. Le pied est aussi compos lui-mme de plusieurs paires de muscles souvent trs-gros. Quelques-uns de ces mollusques prsentent une disposition particulire, ou plutt une modification du tissu musculaire : je veux parler de ces libres soyeuses qui ser- vent fixer Tanimal des corps trangers en lui laissant la libert de certains mou- vements autour d'un point fixe. On a donn le nom de byssus ce pied soyeux, form de libres musculaires qui obissent encore, du moins dans une partie de leur ten- due, la volont de ranimai; car, si le byssus devient inerte son extrmit adb- rente au corps tranger, il reste contractile son point de jonction avec ranimai. Fig. 18. Jambonneau el son byssus. Ce que nous venons de dire du systme musculaire des mollusques ne s'applique qu' ceux de ces animaux dont la coquille est compose de deux pices, et qu'on dslingue sous le nom de bivalves, ou deux valves. Les autres dont la coquille est d'une seule pice ou wiivalves, et ceux surtout qui ont des bras, prsentent des muscles pi us nombreux encore; ils taient indispensables pour les mouvements d'organes qui ne se rencontrent pas cbez les premiers; et il fallait un muscle particulier et puis- sant pour faire rentrer l'animal dans sa coquille souvent profonde et en spirale. Ce muscle a son point d'appui au sommet intrieur du test, et rpand ses libres dans le centre de la base du mollusque, qu'il attire en se contractant. Enfin, les espces dont la coquille est forme de plusieurs pices [multi valves) ont des muscles destins imprimer le mouvement chacune de ces pices. La bouche, dont la forme est varie, n'est pas non plus toujours bien visible, quoiqu'elle existe dans les animaux dont la tte n'est pas distincte : elle prsente gnrale- ment un petit sillon longitudinal, ou transversal, plac en avant ou en dessous de la niasse charnue qui porte les ten- tacules. Dans la plupart des mollusques on ne trouve F . 19. Bouche de l'Hlice chagrine, aucune trace de dents ; quelques-uns seulement prsentent des appendices corns qui en tiennent lieu. Fig. -20. Denis de la Seielie vermieule. HISTOIRE NATURELLE. La bouche se compose, dans quelques espces, d'un anneau dont les bords sont frangs; dans d'autres, elle se prsente au centre d'un bourrelet demi-circulaire, qui se termine soit par un appendice auquel on a donn le nom de tentacule labial, soit par une frange ou voile membraneux dont le dveloppement varie beaucoup. Quelques espces ont les lvres trs-dveloppes et en forme de trompes, et ces lvres, quoique contractiles, ne rentrent pas dans la cavit buccale; tandis qu'il y a un grand nombre de mollusques dont l'sophage (partie du tube digestif place entre la bouche et l'estomac) peut au besoin se porter au dehors de la bouche sous la forme d'une trompe dont les mouvements d'extension et de contraction s'ex- pliquent par la prsence de muscles particuliers situs autour de cet organe. Les mollusques Cphals, dont quelques-uns soumettent leurs aliments une sorte de mastication, ont un appareil sahvaire reprsent par une ou deux glandes places sur les cts de l'sophage ou libres dans la masse viscrale. L'estomac, qui fait suite l'sophage, est souvent, dans les mollusques tte, simple ou peu distinct; quelquefois il est compos de plu- sieurs poches, et l'on remarque dans certaines espces que cet organe est envelopp de muscles fort pais qu'on a com- pars ceux du gsier des oiseaux. On remarque aussi que la membrane muqueuse de l'estomac de quelques mollusques est tapisse de petits tubercules corns ou qu'elle contient des petits osselets qui facilitent la division des aliments. Dans les mollusques sans tte, l'estomac n'est, faut-il dire, qu'une cavit creuse dans le tissu du foie qui y verse facilement et abondamment la bile ncessaire la digestion; tandis que le foie des Cphals est toujours distinct et spar de l'esto- mac qu'il enveloppe quelquefois, et avec lequel il communique Fia. 21 Portion d'estomac j^j^g df , canaux assez dvelopps. d une Aplysie. rr Les intestins sont aussi envelopps par le foie ; ils offrent des circonvolutions Fio. 22. Tube digestif de l'Aplysie blanche. Fie. 23. Tube digestif d'une Fie 24. Tube digestif de l'Hlice Patelle. lacte. gnralement peu nombreuses, et se terminent l'orifice anal presque toujours pdicule et postrieur dans les mollusques sans tte, taudis qu'il est le plus souvent HISTOIRE NATURELLE. 7 latral et rapproch de l'extrmit antrieure dans les mollusques ayant une tte. Fig. 25. Tulie digestif do l'Huitrc commune. Fie. 26. Organes de la digestion, de la respiration f l de la circulation du Poulpe commun. D'aprs ce que nous avons dit de l'organisation de la bouche des mollusques, on comprend que leur nourriture doit varier beaucoup. Ceux qui ont une bouche garnie de lvres extensibles multiples ou sous forme dtrompe, peuvent saisir leurs aliments, et ils se nourrissent de petits animaux ou de plantes; ceux qui, mieux partags, ont des bras arms de ventouses puissantes et nombreuses et des dents cornes, s'emparent de vive force d'animaux marins, mme assez gros, qu'ils dvorent. Il n'en est plus de mme de la plupart des mollusques sans tte distincte, et surtout de ceux qui, par leur adhrence aux rochers ou aux corps submergs, ne peuvent aller au-devant de leur nourriture, et seraient condamns attendre qu'elle se prsentt, s'ils n'en trouvaient sans cesse les lments tout prpars dans l'eau qu'ils aspirent, et si les molcules animales ou vgtales que cette eau tient en suspension ne suffisaient pour satisfaire leur modeste apptit. Ces aliments , bien pauvres en apparence, se composent cependant de parties qui, aprs avoir parcouru tout le tube digestif et fourni l'absorption tout ce que l'animal pouvait s'as- similer, sont rejetes au dehors comme les restes d'une alimentation plus substan- tielle. Ainsi les uns se jettent sur leur proie, la saisissent et la dvorent ; les autres, ne jouissant que de moyens de locomotion d'une lenteur extrme, ne doivent vivre que de vgtaux ou d'animaux morts, et ce sont les plus nombreux. Ceux qui n'ont besoin que des principes tenus en suspension dans l'eau, sont tous immobiles et fixs aux roches sous-marines. Presque tous enfin avalent de la terre, des grains de sable, de petites pierres, et paraissent y trouver des parties nutritives ou des moyens de digestion. On est port croire que les mollusques peuvent, en gnral, supporter pendant assez longtemps la privation de nourriture. Les Escargots de nos jardins, qui man- gent beaucoup en t, passent tout l'hiver sans sortir de leurs coquilles. Cette abstinence aurait-elle quelque analogie avec l'engourdissement de certains ani - 8 HISTOIRE NATURELLE. maux d'ordres plus levs? C'est probable, mais on ne sait rien de certain ce sujet. Les organes de la circulation du sang des mollusques sont en rapport avec ceux de la respiration, dont ils dpendent en partie; car ils se trouvent naturellement modifis, suivant la nature du fluide que ces animaux dcomposent. Ceux qui vivent dans l'eau dcomposent l'air que cet lment contient, l'aide de branchies; ceux qui sont terrestres respirent l'air libre au moyen d'une cavit tapisse de vaisseaux sanguins et laquelle on a donn le nom de poumons. Celte cavit plus ou moins grande communique au debors par un trou troit, ouvert g- nralement avec l'anus sur le ct droit antrieur du corps. L'orifice de la cavit pulmonaire des Gastropodes s'ouvre et se ferme au gr de l'animal, et la cavit Fig. 27. Branchies marginales et tube digestif d'une Patelle. Fig. 28. Orizanes de la circulation et de la respiration de la Seiche. admet l'air ou l'expulse en se dilatant et se contractant, sans autre mcanisme que l'action musculaire. Les branchies sont composes de feuillets trs-minces ; elles sont externes chez quelques mollusques, internes ou recouvertes par le manteau, ou situes dans l'in- trieur d'une cavit qui occupe le dernier tour de la coquille chez les autres. Enfin, certaines espces, comme les Patelles, ont des branchies qui forment un cordon frang (27) tout autour du corps, sous le rebord du manteau. Les Acphales coquille ont quatre feuillets branchiaux, deux de chaque ct, enferms entre les deux lobes de leur manteau, et entre lesquels passe le pied, quand cet organe existe. Les Acphales sans coquille ont une branchie reprsentant un ruban troit qui traverse obliquement l'intrieur du corps. L'Hutre respire en faisant passer l'eau sur ses branchies, en entr'ouvrant simplement sa coquille et les bords antrieurs de son manteau ; elle l'expulse en re- fermant cette coquille. Un usage accessoire des branchies, bien -extraordinaire, dit Cuvier, est celui qu'elles ont, dans les Acphales coquille, de servir pendant quelque temps de rceptacle aux ufs, et mme aux petits dj clos. >. l'une Hu'.d , i. ing des mollusques III STOliii: NATURELLE- 8 Les bivalves prsentent sur la ligne mdiane nn renflement travers le plus souvent par l'intestin. Ce renflement musculaire, fiisiforme, symtrique, est appel le cur; il est compos d'un seul ventricule et d'une oreillette simple et non symtrique, ou double et alors symtrique. De ce cur partent deux grosses brandies (aortes); lune antrieure plus large se ramifie dans la masse viscrale et l'extrmit antrieure, l'autre post- rieure et moins dveloppe se distribue aux parties post- rieures. Les veines, suivant un cours oppos celui des artres, se runissent en brandies et se rendent dans un rservoir com- mun plac au-dessous du cur; deux gros vaisseaux, partant de ce rservoir et se distribuant aux branchies, apportent ces organes le sang veineux, et c'est au moyen d'autres vaisseaux que le sang qui a arros les branchies et s'y est reconstitu re- vient dans l'oreillette du cur pour se rpandre de nouveau F,G " 29 - Cie " r d / une 1 l grossi. dans toutes les parties du corps de l'animal. La circulation du h tte diffre seulement par le mode de distribution des vaisseaux. Placs toujours prs des branchies, le cur et ses annexes ne sont symtriques qu'autant que la coquille est elle-mme symtrique ; le plus souvent une seule aorte part du cur, se divise en deux brandies, dont l'une antrieure porte le sang l tte et une partie des organes reproducteurs; l'autre, postrieure, se dis- tribue aux viscres, au manteau et au pied. Les mollusques qui respirent l'air libre ont une circu- lation analogue celle des autres mollusques; la cavit pulmonaire est tapisse de ramifications vasculaires, vei- neuses et artrielles, qui apportent le sang des extrmits et le reportent au cur lorsqu'il s'est reconstitu. La circulation sanguine de certaines espces est p | us Fw- so. Appareiuircuiioircd-an, complique ; c'est ainsi que les mollusques les mieux organiss ont, indpendamment d'un cur central, deux curs latraux destins donner plus d'activit la circula- tion dans les branchies, et des veines garnies de valvules l'entre de ces curs. L'absence relle ou suppose de valvules dans les veines des autres mollusques sem- blerait venir l'appui de l'opinion de quelques naturalistes qui pensent que la circulation de ces animaux a lieu d'une manire beaucoup plus simple. D'aprs eux, il n'y aurait, au moins pour certaines espces sans coquilles, qu'un seul ordre de vaisseaux, et le sang venant des extrmits aux branchies s'y arrterait pen- dant le temps. ncessaire son oxygnation et retiendrait par un mouvement r- trograde se distribuer aux extrmits. Si ce fait est exact, il doit tre born cer- taines espces dont on ne connat pas encore bien toutes les conditions d'existence, et il ne change rien ce que nous avons dit de la circulation du sang des mollusques en gnral. La marche du sang artriel des mollusques ne parat gure plus active que celle du sang veineux, quoiqu'on puisse assurer que le cur prsente des pul- sations rgulires. Le systme nerveux des mollusques, comme il est facile de le prvoir', est en rapport avec, le nombre et la perfection des organes aux fonctions desquels il doit 2 10 HISTOIRE NATURELLE. prsider. Il se compose gnralement: 1 d'une partie centrale place le plus souvent au-dessus de l'sophage, et laquelle on adonn le nom de cerveau ; 2 de gan- glions propres aux divers organes; 5 et de fdets nerveux qu'il est le plus souvent difficile de suivre, mais dont on suppose facilement la distribution, Dans les mol- lusques tte, le cerveau consiste en un ganglion form de deux parties troite- ment runies. Il se trouve plac au-des- sus de l'sophage et en arrire de l'ou- verture buccale. Il communique par des filets nerveux avec les ganglions des or- ganes des sens, et envoie sous l'sophage une branche qui entoure cet organe comme d'un anneau. Deux ganglions latraux, plus petits et plus ou moins loigns du cerveau, avec lequel ils ont une communication directe, envoient de nombreux fdets l'enveloppe commune et au pied. Enfin d'autres ganglions pa- raissent destins aux organes reproduc- teurs et aux viscres. Tous ces ganglions communiquent avec le cerveau l'aide . 3i. Systme nerveux de l'Argonaute. de fdets, qui se rendent l'anneau ner- entoure l'sophage, et qui parat n'tre qu'un prolongement du ganglion Fie veux qui crbral. Fig. 32. Systme nerveux de l'Oscabrinn marbr. Fig. 33. Systme nerveux d'un Planorbe. Fig. 34. Systme nerveux de la Paludine vivipare. Dans les mollusques sans tte le systme nerveux est beaucoup moins dvelopp, et si difficile reconnatre qu'on a longtemps dout de son existence. H consiste HISTOIRE NATURELLE. Il seulement en ganglions doubles qui communiquent entre eux et se distribuent aux divers organes. jjK*"*** FiGi 35. Systme nerveux de l'Hutre commune et sos branchies. Fig. 56. Systme nerveux ilu la Vcnrupe poulette. Nous dirons peu de ebose des organes des sens des mollusques. Le sens du got, quoique trs-born, doit exister cbez eux, si l'on en juge par la prsence au fond de la bouebe, ou de la cavit laquelle on donne ce nom, de petites houppes nerveuses analogues celles que prsente la langue des autres animaux. Il en est de mme du sens olfactif, que certains auteurs disent exister sur toute la surface du manteau, tandis que d'autres le fixent aux tentacules, quand ils ne sont pas termins par des yeux. Ce qu'il y a de certain, c'est que les Escargots, par exemple, savent parfaitement se diriger sur les plantes qui leur conviennent et sur les fruits qui sont mrs. Le sens du toucher est fix sur les bords du man- teau qui souvent se terminent par des franges d'une grande sensibilit, et parti- & y Fig. 37. Slomalelle noire. Fig. 3S. Bulle banderole. Fig. 39. Paludine pesante. culirement sur les tentacules olfactifs ou oculifres, en mme temps qu'il existe sur toute la surface du corps. 12 HISTOIRE NATURELLE, Passant maintenant l'organe de la vue des mollusques, nous remarquerons que, s'ils ne sont pas tous pourvus d'yeux, . et que si quelques-uns en ont .de trs- petits et peine visibles, sous la forme de points noirs, que l'analogie seule nous fait considrer comme des yeux, quelques autres en ont de trs-grands , et dont la forme et la structure seraient envies par beaucoup d'animaux d'un ordre suprieur. Les yeux , quand ils existent, sont constamment au nombre de deux, mais leur situation n'est pas toujours la mme. On en voit qui sont Fie 40 bis. mpullacre fragile. Km. 40. Seiche do iburaiine. ports l'extrmit de tentacules que ranimai dveloppe ou contracte volont FlG. il. Carocolle s cabre. et qu'il dirige dans tous les sens; d'autres sont placs la base ou prs de la base des tentacules. I'ig. 41. Olive ,i houilic Si l'organe de l'oue existe chez quelques mollusques, ce n'est que dans un bien petit nombre ; et encore ce que Ton nomme l'oreille dans ceux-ci n'est autre ebose qu'une petite cavit intrieure, qui ne parait pas mme communiquer avec le dehors, puisqu'on n'en trouve aucune trace l'extrieur. HISTOIRE NATURELLE. 15 La tte d'un grand nombre de mollusques est surmonte d'appendices charnus qui dpendent de la peau, espces de cornes qui rappellent un peu les antennes des insectes. Ces appendices, qui ont reu le nom de tentacules, et qui sont, avons-nous dit, les organes particuliers du toucher, sont dous d'une extrme sensibilit, et se contractent par une sorte d'embotement, comme les diverses parties d'une lunette d'ap- proche (il). Le nom de bras ou de pieds a t donn d'au- tres appendices qui, chez quelques-uns, remplis- sent la t'ois les fonctions de ces membres. Ceux auxquels on donne ordinairement le nom de bras sont des appendices flexibles, mous, plus ou moins al- longs et nombreux (43) ; ils sont garnis de ventouses, au moyen desquelles l'animal se fixe sur les corps, ou saisit et retient d'une manire solide les objets qui sont sa porte. Parmi les mollusques qui n'ont point de bras, les uns rampent sur le ventre, c'est--dire sur nue sorte de disque auquel on a donn le nom de pied (45). Le pied est une masse molle, charnue, for- me de libres entrecroises prsentant des formes diverses. La contraction de Fiff. 13- Seiche liierredda. Via. 44. Telline douuce. Flii. ib. Cne liel)i'.i[ue. ces libres produit une sorte de reptation bien lente, il est vrai, mais qui semble appartenir, dans tous les ordres, aux animaux qui trouvent dans le test qui les couvre une protection suffisante pour les mettre mme d'chapper sans fuir aux attaques des autres animaux. Les coquilles adhrentes n'ont rellement point de pied ; prives de locomotion, cet organe ne leur serait d'aucune utilit. Quelques mollusques, comme les Donaces et les Pei- gnes, ont des mouvements saccads trs-vifs : ils rap- prochent ou cartent rapidement leurs valves et s'avan- cent en tournant rapidement dans l'eau ; d'autres ex- cutent leurs mouvements au moyen d'expansions mem- braneuses symtriques, qui font l'office de vritables nageoires (46). Quelques coquilles sont couvertes d'une matire cor- Fic Mi Hval bordi i ; HISTOIRE NATURELLE. ne ou muqueuse, dessche, laquelle on a donn le nom de drap marin. Celle matire n'est autre chose que l'pidmie, au-dessous duquel s'est form le test. Enfui, l'ouverture de la coquille de certains mollusques est ferme par une pice calcaire ou corne, que Ton considre gnralement comme une scrtion de la peau du pied , et laquelle on donne le nom d'opercule. Dans l'tal actuel de la science , on ne peut expliquer d'une ma- nire satisfaisante la formation de l'opercule, fig. a:. Cyciostome jaune. qui s'enroule souvent en spirale rgulire et se moule sur l'ouverture de la co- quille. Il est adhrent au pied du mollusque et mobile sa volont. Lorsque l'animal veut sortir de sa coquille, l'opercule, pouss par le pied, lui livre passage, et il ferme exactement l'ouverture ds que le mollusque est rentr. Fie 48. Toupie. OPERCULES 11 E DIVERSES COQUILLES. Fig. 40. Buccin Fig. 50. Pourpn FlG. SI . Navicellu. Fil ;>:!. Turbo. Fie. 5!1. Fig. 54. Pliasianello. Fig. 55. Heliiinu. Fig. S6. Rocher. Fig. HT. Nritc Fig. 5S. Malice. Quelques espces terrestres, qui sont comme engourdies pendant la saison froide, et qui n'ont point d'opercule, ferment leur ouverture au commencement de l'hi- ver, l'aide d'un feuillet qu'elles scrtent, et qui tombe ds que les premiers jours du printemps excitent le mollusque sorlirde sou engourdissement. On donne ce feuillet le nom de faux opercule. DU MODE DE REPRODUCTION DES MOLLUSQUES. Le mode de reproduction des mollusques n'est pas encore compltement connu. Les uns sont ovivivipares , c'est--dire qu'ils produisent des petits provenant d'oeufs qui ont t conservs dans un organe particulier jusqu'au moment de l'- HISTOIltE NATURELLE. 15 closiori, comme on le remarque dans certains reptiles ; les autres sont ovipares et pondent des ufs dont la forme et la consistance varient beaucoup. Ces ufs sont sphriques, ovalaires ou cylindriques et souvent pdicules. Il y en a qui ressem- OEUFS DE DIVERS MOLLUSQUES. Fig. 65. Fuseau. Fig. 60. Lymiioe, au 30e jour. Fig. 67. Embryon d'Aplysie. Fig. 6S. Einliryon d'Aplysie moins Fig. 59. Fig. 60. Fig. 61. Fig. 62. Fis. 63. Fig. 64. Lymne. Triton . Pyrule. Natice. Natice. Fasciolaire Fig. 69. OEufs d'Aplysie, grossis. blent au frai de grenouille, et d'autres qui sont envelopps d'un sac membraneux et runis en cbapelets ou en grappes; d'autres enfin sont enduits d'une matire vis- queuse qui les colle aux corps sur lesquels ils doivent clore, et auxquels les petits mollusques s'attacheront plus tard d'une manire plus solide. Au moment de I'clo- sion, le petit sort de l'uf avec sa coquille dj forme, mais trs-mince et comme l'tat de pellicule transparente; ce n'est qu'en grandissant qu'elle devient cal- caire. Ainsi les Hlices ou Escargots pondent au printemps un grand nombre d'oeufs de la grosseur de petits pois; ils les dposent dans les endroits ombrags et humides, au pied des arbres, entre des racines, sous des pierres. Ces ufsclosent vingt ou trente jours aprs, et les petits sortent tout forms. Les plantes des jar- dins ne suffiraient pas leur nourriture , s'ils ne trouvaient de nombreux ennemis dans les oiseaux de passage qui en sont trs-friands. Gnralement les espces ter- restres sont celles qui prsentent les ufs les plus parfaits ou ceux qui se rappro- hzZ& Fig. 70. Ftus de Seiche, Fig. 71. OEul do Seiche ouvert pour laisser voir l'embryon. Fig. 72. OEufs de Fig. 73. OEuf de Poulpe- Poulpe, rduits, laissant vir le petit, IG histoire naturelle; ( lient le plus par lotir forme et leur consistance de ceux des oiseaux, deux des es- pces flnvialiles sont mous, petits et en tours d'une gele transparente. Les ufs des espces marines ont les formes les plus diverses et les plus singulires, ils sont presque tous mous ou comme, corns; quelques-uns sont runis en cha- pelet, tandis que d'autres offrent par leur runion l'aspect d'un gteau d'a- beilles. Ils sont d'abord trs-petits, et, la diffrence des ufs couverts d'une croule calcaire, ils grossissent graduelle- ment et arrivent un volume qui re- fy Fig. ~i. Hlice pondanl ses ufs. prsente sept huit fois leur premire dimension. Le mode de fcondation des mollusques est des plus curieux. Dans quelques- uns les sexes sont distincts, ou reconnat des mles et des femelles; dans les au- tres les deux sexes se rencontrent sur le mme individu. Les mollusques sur les- quels les deux sexes sont runis, et qui peuvent se reproduire seuls, appartiennent particulirement aux espces prives d'yeux et de locomotion, comme l'Hutre, qui forme et fconde elle-mme ses ufs. Pouvait il en tre autrement pour des ani- maux adhrents aux rochers et condamns l'immobilit ! car l'Hutre n'a d'autre mouvement possible que l'entrebillement d'une de ses valves. D'autres mollusques prsentent aussi la runion des deux sexes sur le mme in- dividu, comme l'Hlice si commune dans nos jardins; mais elle ne se suffit plus elle-mme, le concours de deux Hlices est indispensable, cl toutes deux sont mu- tuellement fcondes. Certains mollusques, trs-voisins des Hlices par leur orga- nisation, les Bulimes, offrent encore un autre exemple de cette singulire disposi- tion ; mais la fcondation n'est plus rciproque si la runion n'est que de deux Bulimes, tandis qu'on a observ que cette runion pouvait tre multiple et que plusieurs Bulimes pouvaient se rassembler en formant une chane de quelques individus de mme espce, et, dans ce cas, le premier et le dernier seulement ne sont pas en mme temps fcondants et fconds comme ceux qui se trouvent au centre de la chane. Enfin, pour terminer ce que nous pouvons dire en ce moment du mode de re- production des mollusques, nous ajouterons que, malgr les difficults que sem- hlent prsenter les recherches de ce genre, on est arriv constater que quelques- uns de ces animaux subissent des mtamorphoses comme les insectes, et M. Serres a cru pouvoir dire que les mollusques, par la diversit de leur organisation et les diffrences de leurs formes, reprsentent tous les tats par lesquels passe l'em- bryon des animaux vertbrs. DE L'INSTINCT DES MOLLUSQUES. Nous avons peu de chose dire de l'instinct des mollusques, qui paraissent jus- tifier le proverbe si gnralement appliqu l'Hutre. La dimension, la forme el la consistance du corps de ces animaux sont remarquablement subordonnes aux HISTOIRE NATURELLE. 17 habitudes diverses qu'ils doivent avoir. Ceux qui vivent dans le sable ou la vase ont une coquille allonge qui leur permet de s'enfoncer facilement, tandis que ceux qui rampent lentement sur le sol sont suffisamment protgs par la coquille qui les suit, et dans laquelle ils rentrent au moindre sujet d'alarme, en opposant l'ennemi qui les force la retraite un flot de fluide visqueux d'un aspect dgo- tant et quelquefois d'une odeur repoussante. Les espces qui se trouvent prs des rochers, sur les fonds garnis de madrpores, dans les mers soumises de frquentes tourmentes, ont une coquille paisse et rsistante, tandis que les plus frles habitent les eaux tranquilles des tangs ou ne se plaisent qu' de grandes dislances des rivages. Quelques mollusques s'attachent aux rochers en faisant le vide sous leur coquille, et rsistent ainsi aux vagues les plus furieuses; d'autres creusent, pour se mettre l'abri, le bois et les pierres les plus dures. Les espces qui peuvent s'lever du fond la surface de l'eau sans avoir d'organe locomoteur, se rendent plus lgres en in- troduisantdc l'air dans leur coquille, ou plus lourdes en remplaant l'air par de l'eau. L'instinct chez les animaux se dveloppe en raison des besoins qu'ils prouvent, et dj nous avons pu voir que l'existence de la plupart des mollusques ne fournit gure le moyen de constater chez eux autre chose que l'instinct indispensable la conservation de l'espce. Privs souvent de plusieurs sens , ces animaux se re- tranchent dans leurs coquilles ds qu'ils sont attaqus. Le bon La Fontaine, dans sa fable du Rat et de l'Hutre, met en vidence l'imprvoyance de la victime, mais il se garde bien de prter l'Hutre l'ide de s'emparer du Rat. Les Hutres n'ou- vrent leurs valves que lorsqu'elles sont couvertes par l'eau, et l'on a frquemment remarqu que celles qu'on met dans un endroit frais hors de l'eau pour les conser- ver du jour au lendemain s'ouvrent quelquefois, mais seulement aux heures de la mare montante. Quelques mollusques cependant semblent employer la ruse, soit pour chapper leurs ennemis, soit pour saisir plus facilement leur proie. Ainsi la Seiche a toujours en rserve une certaine quantit d'encre ambre, l'aide de laquelle elle trouble l'eau qui l'entoure pour assurer sa fuite ou entraver celle des petits animaux dont elle se nourrit. Certaines espces qui se plaisent dans les ro- chers, et dont la coquille offre trop peu de solidit pour rsister aux chocs auxquels elles sont frquemment exposes, supplent cette faiblesse en doublant en quel- que sorte la surface extrieure de leur coquille d'une couche de pierres ou de frag- ments d'autres coquilles ou de madrpores, Cette prcaution, qui leur a fait donner FlG. 70. Troque agglutinant (Maonne). 18 HISTOIRE NATURELLE. le nom do Maonne et de Fripire, les met l'abri des chocs et leur sert encore tromper l'il avide des poissons qui les recherchent et qui, n'apercevant que des dbris ou des pierres, passent sans se douter que ces dbris cachent une proie. La Fripire met peu de symtrie et beaucoup d'art dans la construction de sa seconde coquille ; la Maonne, au contraire, arrange ses pierres symtriquement et eu spi- rale rgulire, en commenant par de petits cailloux qui occupent le centre, som- met de la coquille, et en terminant par de plus gros, qui peuvent couvrir et masquer l'ouverture. L'Argonaute, cette coquille, une des merveilles de la nature, suivant Pline, est mince, fragile, et reprsente assez exactement la forme d'un navire; ce qui lit sup- poser que c'est d'elle que l'homme a pris les premiers principes sur la navigation ; mais si la coquille est remarquable, l'animal qui l'habite le serait bien davantage par l'instinct qu'on lui prte. Voici la description qu'on en fait : Cet animal est herbivore. Aprs s'tre repu, au fond de la mer, des plantes qui font sa nourriture ordinaire, veut-il s'lever la surface de l'onde, il tourne sa coquille, y forme un vide par la manire dont il s'y place, et s'lve, ainsi qu'un arostat, par sa propre lgret spcilique. Bien certain de pouvoir conjurer l'orage et braver la tempte si l'un ou l'autre venaient l'assaillir, l'Argonaute repose au fond de sa barque lgre, mollement balanc par la vague. Si le temps est beau et la Fig. 77. Argonaute ar"o. mer calme, il dploie deux lgres membranes teintes de pourpre et d'azur, qui lui servent de voiles; il les prsente au vent, qui les tend par le plus lger souffle, et ce sont deux de ses bras qui les soutiennent; habile navigateur, il sait multi- plier ses ressources ; ses six autres bras lui servent de rames et de gouvernail et le maintiennent dans un parfait quilibre. Plus blanche que l'ivoire, aussi diaphane que lgre, sa coquille lui permet, par sa transparence, d'apercevoir tout ce qui se HISTOIRE NATURELLE. 1!) passe autour de hu ; car, non moins bien partage du cl des organes des sens que les Seiches et les Poulpes, l'Argonaute a la vue. trs-perante, et dans la position qu'il occupe, ses yeux, placs fleur d'eau sur chaque flanc de sa coquille, lui tout aper- cevoir de trs-loin tout ce qui peut menacer son existence et sa sret : il est mme plus ipie probable que ce mollusque aie sens du toucher d'une sensibilit extrme, car il parat qu'une simple compression de l'air suffit pour l'avertir du danger, et il est trs-rare qu'un oiseau de proie puisse s'en emparer; il sait fuir les serres et le bec acr de ces rapaces voleurs, comme il sait viter la tempte et se mettre l'abri de la furie de l'orage : quel que soit le danger qui se prsente, quel que soit celui qu'il pressent, oh voit l'Argonaute, par des mouvements spontans et aussi prompts que la pense, replier ses voiles sur chacun des cts de sa frle embarca- tion, et rentrer l'instant ses rames et son double gouvernail. Dans cette manuvre aussi subite que rapide, la barque chavire et sombre; elle descend au fond de la mer comme dans un port assur, qui ne lui laisse plus rien craindre du ct des vents ou des flots en furie, ou de la part d'ennemis habitants d'un autre lment que le sien. Si tous nos physiciens et nos navigateurs avaient t appels faire l'ducation de ce coquillage, que lui auraient-ils enseign de mieux? Tous les naturalistes ne sont cependant pas d'accord sur les habitudes et l'in- stinct de l'Argonaute. Les uns prtendent que l'animal que nous venons de dcrire n'est pas n dans la coquille : ils veulent que ce soit un parasite qui s'y est log aprs en avoir chass ou mang le vritable matre. Celte opinion est facilement combattue, et, heureusement pour l'intrt qu'on porte l'habile constructeur, il il est reconnu qu'elle est fausse. Les autres veulent que l'instinct du Poulpe de l'Argonaute soit trs-born, et que les organes qu'on prend pour des voiles soient tout simplement destins maintenir l'animal dans sa coquille. Quoi qu'il en soit, cette charmante espce n'en mrite pas moins l'admiration de tous les curieux. DURE DE LA VIE DES MOLLUSQUES. On a peu de donnes exactes sur ladurc de la vie des mollusques et sur les signes auxquels on pourrait reconnatre leur ge; on peut cependant dire d'une manire assez exacte si une coquille est jeune ou adulte. A en juger par certaines espces , leur dveloppement a lieu assez promptement, et l'on a cru pouvoir fixer trois ou quatre ans la dure de la vie de la plupart des espces terrestres. Un grand nombre de coquilles prsentent des stries transversales plus ou moins Fig. 78. Hlice. Fig. 79. Cvthre. Fig. SO. Niilc. apparentes qui indiquent leur accroissement successif, mais on ne peut dire si ces 20 111ST0I KE NATURELLE. stries sont formes des poques rapproches ou loignes. Quelques espces bi- valves sont excories prs des crochets (81), et ces excoriations ne se remarquent que trs- rarement sur de jeunes individus. Le bord de l'ouverture des coquilles est plus ou moins compltement form, et prsente dans quel- ques espces, pendant le jeune ge, une lvre externe mince et fragile qui s'paissit et forme souvent un rebord ou un bourrelet ter- minal (78) lorsqu'elles sont adultes. Il existe encore d'autres caractres suivant les familles: ainsi les Nautiles ont un plus ou moins grand nombre de cloisons; les trous des Haliotides sont plus ou moins nombreux, etc. Le dveloppement considrable de quelques Ammonites laisse supposer (pie ces Fig. 81. Glauconome de Chine. Fin. 82. Ammonite. coquilles fossiles ont eu une existence assez prolonge. On peut en dire autant des Casques et des Tridacncs, qui parviennent des dimensions extraordinaires.' Enfin le nombre des tours de spire sert encore de guide; mais tous ces caractres, isols ou runis, ne peuvent indiquer que l'ge relatif des coquilles, et Ton n'a aucun signe prcis pour reconnatre leur ge rel et la dure de leur existence individuelle. DES DIVERSES COULEURS ET DE LA FORME DES COQUILLES. Si la forme des coquilles varie l'infini, on peut en dire autantde leurs couleurs, souvent si vives et si belles; elles sont nuances de rouge, de noir, de blanc, de jaune, quelques-unes de bleu; les unes sont marbres, les autres tachetes rgulirement sur nu fond pi us ou moins brillant ; d'autres enfin sont richement nacres l'intrieur. Nous ne pouvons rien dire de la cause qui produit ces couleurs ; chaque espce, dans HISTOIRE NATURELLE. 21 (oues les classes d'animaux, prsente une nuance qui lui est propre et qu'on retrouve assez constamment sur les espces analogues, sauf quelques anomalies ou quelque influene locale. II en est donc de la cause des couleurs des coquilles comme de celles des fleurs ; on signale les diffrences, mais on ne peut en expliquer la raison d'une manire bien satisfaisante. Il y a des secrets que nous ne pouvons pntrer ; ce sont autant de limites places par le Crateur entre lui et la plus intelligente de sescra- tures, comme pour lui rappeler sans cesse son infriorit et confondre son orgueil. L'influence d'une temprature leve, celle d'une vive lumire ou d'un soleil brlant, qui peuvent expliquer certains phnomnes propres aux pays chauds, ne suffisent plus lorsqu'il est question d'animaux qui vivent dans la mer et de grandes profondeurs, o la temprature est basse, o les rayons solaires ne pntrent peut- tre plus et o la lumire est bien modifie par le milieu qu'elle traverse. Cependant ce n'est que dans ces mers profondes que vivent et se dveloppent ces belles co- quilles qui talent -nos yeux cette nacre blouissante qu'on ne retrouve sur aucune espce terrestre, tandis qu'on commence la rencontrer sur quelques espces llu- viatiles. Il faut donc croire que la lumire exerce une influence particulire lors- qu'elle traverse l'eau, et que le degr de cette influence est en raison directe de la profondeur et de la densit du liquide. Nous ajouterons que la lumire parait jouer un rle beaucoup plus important que la temprature pour la formation des couleurs; car chez tous les animaux les teintes les plus vives se remarquent uniquement sur la partie du corps qui se trouve constamment expose la lumire directe, tandis que la partie tourne verslaterre et ne recevant qu'une lumire rflchie est gnralement plus ple. Cette observa- tion s'tend aux coquilles: ainsi, pour ne parler que des espces qui restent constam- ment fixes aux rochers ou aux corps solides sur lesquels elles sont nes, on re- marque que la valve suprieure est souvent trs-colore, tandis que l'infrieure est blanche ou plus ou moins pale, comme on le voit pour les Hutres et les Peignes. Cet effet ne peut donc tre attribu la temprature, qui est la mme pour l'une et l'autre valve, mais seulement l'action des rayons lumineux. Quoi qu'il en soit, la coloration le plus souvent superficielle des coquilles est produite par lepigmentum des bords du manteau, qui scrtent en mme temps et la matire calcaire et la matire colorante. Mais cette scrtion, avons-nous dj dit, ne se fait pas toujours d'une manire rgulire: elle produit des bandes ou des rayons lorsqu'elle est limite certaines parties des bords du manteau; elle forme des taches lorsque cette scrtion a lieu alternativement sur diverses par- ties; elle est presque nulle dans certains cas, ou plus colore, suivant l'alimentation et l'habitat. De l cette varit dans la forme, le nombre, la nuance et la dispo- sition des taches qu'on remarque l'extrieur des coquilles. La coloration de leur surface intrieure est plus constante; gnralement elle est d'un blanc laiteux, et quelques-unes prsentent des nuances de rose ou de pourpr, et d'autres en assez grand nombre sont plus ou moins richement nacres. La nacre est, dit-on, le rsultat d'un arrangement molculaire particulier de la matire calcaire intimement unie, dans une proportion constante, avec la matire animale; et l'on explique les reflets nacrs par la dcomposition de la lumire sur une surface parfaitement lisse. On a observ qu'une empreinte prise l'aide d'une forte pression avec de la cire molle sur une surface nacre prsentait elle-mme des reflets nacrs. ->> HISTOIRE NATURELLE. Il est facile de voir que les mollusques ne sont pas galement favoriss sous le rapport des organes qui nous semblent les plus importants; leurs formes, leurs allures s'loignent de celles des animaux qui nous environnent. Nous ne retrouvons pas chez eux ces contours lgants, ce mouvement, celte vivacit qui caractrisent tant d'autres animaux; mais ces diffrentes combinaisons, par lesquelles les formes de tous les tres se trouvent modifies l'infini, rentrent dans le plan gnral de la cration ; elles sont d'ailleurs merveilleusement appropries aux mille circon- stances de besoin et de condition qui varient le mode d'existence impos aux nom- breux groupes d'animaux rpandus sur la terre, et nous devons nous incliner devant cette prvoyance suprieure qui a rgl et harmonis ainsi les lois les plus disparates de la nature. En compensation, htons-nous de reconnatre qu'avec ces formes si tranges, les mollusques se font souvent remarquer par les ornements les plus somptueux. Le manteau de quelques es- pces prsente les couleurs les plus vives et les plus brillantes; et la coquille qui les protge, les nuances les plus varies et les plus riches. Les mollusques, dit M. Virey, sont les pauVres et les affligs parmi les tres de la cration ; ils semblent solliciter la piti des autres animaux; et cependant, par un contraste bizarre, nous ver- rons les rois et les belles se parer de leurs d- pouilles. La forme si varie et souvent si singulire des coquilles se rattache tellement leur histoire que nous ne pourrions en parler dans ces gn- ralits sans nous exposer des rptitions fort inutiles; la vue seule des espces figures dans ce volume remplacera avantageusement ce que nous pourrions en dire. INous ne parlerons en ce moment que de deux anomalies de formes que prsentent certaines espces. La premire consiste dans le renversement des tours de la coquille. Lorsqu'on examine une coquille, on la plac habituellement de manire voir l'ouverture, le sommet de la spire tant en haut. Dans cette position (84), la bouche est la droite de l'observateur, et l'on mm Fig. S3. Volute ondul FlG. M. Bulime mexicain. Fie. 85. Bulime Suit, m, scneslro. FlG. 86. >cul suivre les circonvolutions de la spire qui s'enroule de droite gauche. Quel- HISTOIRE NATURELLE. 2 > quefc coquilles offrent une disposition contraire, et, par un renversement inexpli- cable, la bouche est la gauche de l'observateur (85-86), et l'enroulement de la spire se fait de gauche droite. Cette singularit tient l'in- version des parties du corps de l'animal, et elle est assez fr- quente dans certains genres. Les coquilles ainsi renverses sont dites snestres. La seconde anomalie que nous signa- lerons consiste dans le degr d'lvation de la spire, dont chaque tour laisse un cartement plus ou moins considra- ble entre celui qui le prcde et celui qui le suit; ce qui donne la coquille la forme d'un tire-houchon. Cette dispo- sition tant naturelle pour des coquilles nommes Scalaires, on distingue toutes celles qui la prsentent sons le nom de varit scalariforme. FiG. 87. Hlice chagrin scalariforme. DE LA RECHERCHE DES COQUILLES. Nous ne pouvons nous dispenser ddire quelques mots des localits o l'on peut esprer trouver des coquilles; car le plaisir qu'on prouve rassembler une col- lection quelconque est doubl quand on parvient l'enrichir par les produits de ses recherches personnelles. Chaque espce alors rappelle une promenade, et le souvenir augmente l'intrt bien naturel qui s'attache ce genre d'tude. Les espces terrestres se rencontrent particulirement dans les lieux ombrags et humides, dans les bois, au pied et dans les crevasses des arbres, sous la mousse, au pied des vieilles murailles, dans les champs cultivs, et souvent mme dans les endroits les plus arides. La saison la plus favorable est le printemps et l't. Les espces fluviatiles se rencontrent dans toutes les eaux courantes ou stagnan- tes, les ruisseaux et les fosss bourbeux. Les unes vivent enfonces dans la vase, d'o on les retire l'aide d'un rteau dents longues etserres; les autres profitent des corps trangers, des pierres, des dbris vgtaux accidentellement submergs, pour s'y rfugier. Les plantes aquatiques en sont particulirement couvertes. Le meilleur moment pour se procurer les espces fluviatiles est surtout en automne, pendant les basses eaux, et au commencement du printemps, lorsque le soleil les engage sortir de leurs retraites. En automne, elles sont peu enfonces dans la vase, et le rteau les atteint facilement. Les coquilles marines se trouvent en toutes saisons et sur tous les rivages de la mer, aprs les grands vents qui ont port la cte. Les douaniers, qui, sur un grand nombre de points, se font un petit revenu de ce genre de recherches, ne manquent jamais d'aller explorer les bords de la mer aprs une tourment ou un vent du large. Ils trouvent alors quelques espces plagieunes jetes par les vagues. Les coquilles littorales, qui sont trs-nombreuses et fort belles, doivent tre re- cherches mare basse, dans le sable vaseux, o leur prsence est indique par un petit trou en entonnoir, ou par des bulles d'air qui viennent crever la surface. Il faut une certaine habitude pour s'emparer des mollusques enfoncs dans le sable vaseux, car il est important de leur couper la retraite en plongeant oblique- ment, au-dessous de l'ouverture qui est un signe certain de leur prsence, une bche, dont la lame doit arrter leur fuite rapide. On se procurera ainsi de fort belles espces bien fraches et bien intactes. 24 HISTOIRE NATURELLE. On visitera les rochers laisss sec par la mare; leurs crevasses cachent plu- sieurs espces. D'autres se tiennent dans dos trous qui conservent une petite quantit d'eau. Quelques autres, enfin, restent adhrentes certaines parties du ro- cher, jusqu' la mare suivante : ce sont des Patelles, des llaliolides, des Oscabrions. Les espces adhrentes, soit directement, comme les Hutres, les Spondyles, etc., ou l'aide d'un hyssus, comme les Moules, les Arches, etc., se trouvent sur les rochers que la mare ne laisse pas dcouvert; on les aperoit souvent un pied seulement au-dessous du niveau de la plus basse mare, et, en choisissant le mo- ment favorable, il devient facile de s'en emparer, soit en dtachant avec soin le hyssus qui les retient et qu'il faut aussi mnager, soit en brisant quelques petits fragments de rocher. C'est encore en plongeant au pied des rochers qu'on obtient d'autres espces qui se tiennent une certaine profondeur. On emploie aussi la drague pour se procurer les espces qui vivent loin du ri- vage ; au moyen de cet instrument, dont il est facile de se faire une ide exacte, on pche, en bateau, et le sable qu'on ramne bord contient souvent de fort belles coquilles. Enfin, on ne doit pas ngliger les plantes marines, qui servent toutes de nourriture aux mollusques qui souvent y restent attachs. Un autre moyen, connu sans doute, mais trop peu en usage, parce qu'il prsente quelque rpugnance que l'amour de la science peut seul faire surmonter, consiste ouvrir l'estomac des poissons et des oiseaux qu'on peut se procurer facilement sur le. bord de la mer. Beaucoup de ces animaux se nourrissent de mollusques, et souvent ils ont aval des coquilles que nos moyens ordinaires ne nous permettent pas d'atteindre. On suit les pcheurs, et dans leurs filets ils ramnent le plus souvent beaucoup de coquilles dont ils ne font aucun cas et qu'ils rejettent la mer. Chaque anne, pendant la belle saison, de nombreux baigneurs se rpandent sur toutes les ctes de France et sont tout tonns de ne pas trouver sur le rivage des monceaux de coquilles; ils rapportent, comme souvenir de leur voyage, quelques espces roules parla vague ou dcolores par le soleil, et pensent que la cte qu'ils ont visite n'en produit pas davantage. D'aprs ce que nous venons de dire, il est facile de comprendre leur erreur ; car s'ils avaient cherch les coquilles comme on doit le faire, ils en auraient trouv, et souvent de fort belles et de fort rares. On ne ramasse pas non plus les poissons comme les grains de sable; il faut prendre la peine de les pcher, et cette peine est toujours un sujet de distraction. Les coquilles fraches qu'on peut se procurer sur les bords de la mer contien- nent l'animal qui les habite, et qui ne tarde pas mourir et se corrompre. Pour viter la mauvaise odeur et le dgot qui en rsultent, il faut avoir le soin de plonger pendant quelques minutes la coquille dans de l'eau chaude, mais non bouillante; le mollusque contract par la chaleur se dtache facilement, et la co- quille se conserve indfiniment. On ne doit employer aucun effort pour retirer ranimai des coquilles univalves, si l'on veut tre sur de ne pas les briser; et cette petile opration exige une atten- tion particulire pour les coquilles bivalves, dont il faut mnager le ligament et les dents. La conservation de l'animal n'intresse que le naturaliste, et, dans le cas o l'on voudrait le conserver, il suffirait de plonger la coquille dans un vase contenant de l'alcool 25 degrs. HISTOIRE NATURELLE. '25 Toutes les coquilles ne prsentent pas, au moment o on les pche, ces belles couleurs qu'on admire. Quelques-unes sont couvertes d'une membrane assez paisse, d'un gris verdtrc plus ou moins fonc, laquelle on a donn le nom de drap marin. Cette crote pidermode doit tre conserve avec soin, car il est utile, dans une collection, d'avoir au moins un exemplaire qui en soit revtu. Autrefois, ou ne se contentait pas d'enlever aux coquilles la premire couche calcaire qui les couvre, pour mettre en vidence la nacre qui se trouve sous cette couche dans un assez grand nombre d'espces, on les polissait la meule pour les rendre plus brillantes, et on les dfigurait plaisir. DE LA CLASSIFICATION MTHODIQUE DES MOLLUSQUES. Il serait impossible de bien connatre toutes les productions de la nature, si l'on ne parvenait rapprocher les unes des autres celles qui prsentent quelques rap- ports gnraux, et runir ensuite dans des divisions plus troites celles que des caractres particuliers rassemblent. Cet arrangement mthodique des corps est connu sous le nom de classification. Le but qu'on se propose dans une classification est non-seulement de donner aux objets dont on s'occupe une place distincte dans la srie ou un nom particulier, mais encore d'attacher ce nom une signification propre et caractristique l'aide de laquelle on pourra toujours reconnatre l'objet qu'il dsigne. La multiplicit des corps rend leur dtermination d'autant plus difficile que, pour en bien dfinir un et le distinguer de ceux qui s'en rapprochent le plus, il faudrait, pour ainsi dire, en faire une description complte. La plus heureuse mmoire n'y suffirait pas, beaucoup prs, sans le secours d'une mthode. Le mot mthode vient de deux mots grecs ([r So;) qui veulent dire suivant la route ou bonne route, et il exprime l'ide du meilleur moyen d'arriver au but qu'on se propose et celle de l'ordre qu'on suivra. La mthode consiste donc tablir, parmi les objets que l'on veut tudier, des divisions bases sur des caractres saillants, gnraux, et des subdivisions dont le nombre est toujours en rapport avec les caractres particuliers plus ou moins varis et plus ou moins nombreux de ces objets ; et, comme c'est l'aide de ces caractres qu'on arrive jusqu'au nom de l'in- dividu, il est indispensable de les bien connatre. Il nous reste parler de l'usage, tabli en histoire naturelle, de distinguer par deux noms, l'un de genre et l'autre d'espce, les objets qu'on veut dsigner d'une manire prcise et isoler compltement de tous les autres. Cette distinction, dite binominale, employe par Linn dans son Systme de la nature, remplace avanta- geusement les noms multiplis qu'on tait oblig de donner avant lui aux min- raux, aux vgtaux et aux animaux, noms qui devaient rappeler plusieurs de leurs caractres, et devenaient d'un emploi trs-difficile par la multiplicit et les rapports nombreux des espces. Rien n'tait plus maussade et plus ridicule, dit J. J. Rousseau, lorsqu'on vous demandait le nom d'une herbe ou d'une fleur dans un jardin, que la ncessit de rpondre par une longue enfilade de mots latins qui ressemblaient des vocations magiques; inconvnient suffisant pour dgoter les personnes frivoles d'une tude 20 HISTOIRE NATURELLE. charmante, avec un appareil aussi pdantesque. Aujourd'hui un corps quelconque, organis ou inorganis, est suffisamment dsign par son nom d'espce prcd de son nom de genre. Les noms qu'on donne aux coquilles paraissent souvent hien extraordinaires; ils devraient tre tous caractristiques de l'espce et la distinguer de toutes celles du mme genre. Mais comme beaucoup de coquilles, quoique d'espces diffrentes, ont la mme forme, la mme couleur, et prsentent des caractres dont la gradua- tion ne peut pas tre exprime par un seul mot, on a tourn la difficult, et, par un abus sanctionn par l'usage, on leur a impos quelquefois des noms qui n'in- diquent plus le caractre saillant, dislinctif. Ces noms sont ou celui du voyageur qui a le premier trouv ou rapport l'espce, ou celui du pays qui la fournit, ou enfin celui d'un homme, qui a servi utilement la science, ou auquel on veut rendre hommage. L'analogie de forme et de couleur avec un fruit, un instrument, des objets quelconques gnralement connus, enfin l'usage qu'on peut faire du mollusque ou du test, servent encore distinguer les coquilles. Ainsi on dit : Pyrule Figue, Donace Bec de flte, Turbo Pie, Cne Damier, Porcelaine Caf au lait, Hlice de Pise, Hlice de Humboldt, Cne de Delessert, Cyclostome de Cuvier, Moule Co- mestible, etc., etc. Quelques noms sont aussi emprunts la mythologie, comme nous le verrons par la suite. Nous ne parlerons pas des divers systmes de classification proposs par les au- teurs, car cette question nous entranerait une critique bien motive, mais trop longue pour trouver place dans ce volume; et nous regretterons seulement l'instabilit des principes sur lesquels on a voulu tablir la partie des sciences natu- relles qui nous occupe. Des changements frquents et surtout la multiplicit et le double ou triple emploi des mots techniques qui en sont la consquence invitable, sans servir au progrs de la science, ont rebutet loign les personnes qui, ne pouvant consacrera l'tude que quelques courts loisirs, veulent au moins les occu- per agrablement. L'emploi d'une mthode ncessite sans doute un langage particulier, mais c'est un motif pour chercher simplifier ce langage au lieu de le rendre incom- prhensible par des transformations incessantes et le plus souvent sans impor- tance ; et personne ne nous blmera, je pense, de dsirer plus d'unit de plan et moins de tendance changer sans ncessit ce qui est bien pour ne pas faire mieux. Nous ne nous arrterons donc ici qu' la classification adopte par le professeur Lamarck, tout en profitant des modifications apportes au systme de ce savant par les nombreuses dcouvertes faites jusqu' ce jour. Les principes de la classification des mollusques reposent sur les diffrences qu'ils prsentent dans l'ensemble de leur organisation ; et quoique ces diffrences soient, dans la plupart des cas, annonces par la forme de la coquille, l'inspection de cette seule partie de l'animal ne suffit pas toujours pour les bien dterminer; mais la dif- ficult de se procurer tous les mollusques dans un tat de conservation qui per- mette de les tudier a en quelque sorte tabli l'usage de les classer provisoirement d'aprs les caractres fournis par la coquille. Nous verrons bientt combien il est important de ne pas ngliger les caractres fournis par l'animal pour arriver une classification mthodique des mollusques. De tout temps on a divis les coquilles en trois groupes bien distincts : les HISTOIRE NATURELLE. 27 UiMvalves, les bivalves et les multivalves. Ces divisions se comprennent si facile- ment qu'il ne sera pas ncessaire d'insister beaucoup sur leur signification ; nous rappellerons seulement que le mot valve est en quelque sorte synonyme du mot coquille, et qu'on y ajoute les augmentatifs en usage dans le langage ordinaire pour Fig. 90. Oscabrion cannel. Fie. 88. Volute robe turque. indiquer que la coquille se compose d'une, de deux ou de plusieurs pices distinctes. On a aussi divis les mollusques en marins, fluviatiles et terrestres, d'aprs la diffrence des milieux o se trouvent ces animaux. Cette classification gnrale, combine avec la prcdente, dmontre dj que tous les animaux ont une orga- nisation particulire qui rend chacun d'eux apte vivre et se maintenir dans les conditions o il a t irrvocablement plac, et que la diffrence du milieu nces- site des modifications d'organes dont la connaissance doit faciliter l'tablissement d'une mthode. Aussi, ce premier pas fait, et tout en utilisant l'ordre de cette double classifica- tion, on a d profiter de tous les caractres diffrentiels que prsentent les mol- lusques pour les classer plus mthodiquement. Ainsi nous avons dj dit que, parmi les mollusques, les uns n'avaient point de tte apparente, tandis que cet organe existait d'une manire plus ou moins distincte chez les autres; de l deux grandes divisions : 1 Mollusques acphales ou sans tte, comprenant les bivalves. 2 Mollusques cphals ou avec une tte plus ou moins distincte, comprenant les univalves, les multivalves et quelques mollusques nus. Ces divisions sont trop gnrales, et rassemblent un trop grand nombre d'animaux que des diffrences importantes loignent les uns des autres, pour qu'il n'ait fallu tablir des subdivisions bases sur des caractres gnraux encore, mais cependant d'une moindre valeur. Ainsi le mode d'insertion et le nombre des muscles qui servent fermer les valves des acphales ont facilement fourni des divisions plus circonscrites de ces mollusques. En effet, les uns ont deux muscles destins rap- procher les valves, et ces muscles sont insrs aux extrmits antrieure et post- rieure de la coquille; ce sont des dimyaires (i;, deux; 3?, muscle). Les autres n'ont qu'un muscle plac gnralement au centre des valves; ce sont des MONOMYAiREs (^o'vo;, seul ; ".S?, muscle). 28 HISTOIRE NATURELLE. D'autres enfin, ayant plusieurs muscles par paires, et symtriques, dont le pro- longement travers une ouverture de Tune des valves lixe l'animal aux corps sous-marins, pourraient tre distingus sous le nom d'acphales polymyaires (ttoX,: plusieurs ; p-;, muscle); mais l'incertitude des auteurs sur la place que devaient occuper ces animaux dans la classification, et l'importance d'un ca- ractre particulier consistant dans la prsence de deux bras allongs et cilis et l'absence complte de pied, ont fait donner aux mollusques de cette division le nom de brachiopodes ({Jpax. ltV , bras; icu, pied). Parmi les mollusques cpbals, les uns ont pour unique moyen de locomotion des nageoires en forme d'ailes sur les cts du cou, ce sont les ptropodes (impbv, aile; ftcu;, pied). Les autres rampent sur le ventre, qui forme un disque ou pied; on les dislingue sous le nom de gastropodes (jaarr.p, ventre ; -cj.;, pied). D'autres, enfin, ont la tte entoure de tentacules plus ou moins nombreux et plus ou moins dvelopps, qui constituent leurs organes de locomotion, et leur servent en mme temps saisir leurs aliments; ils sont connus sous le nom de cphalopodes (xecpaXi, tte; rccu^ pied). La mthode l'aide de laquelle on classe les mollusques ne s'arrte pas aux grandes divisions que nous venons de faire connatre, classes et ordres. On a runi encore par groupes ou familles ceux dont l'organisation prsente le plus d'a- nalogie, et l'on a tabli dans ces familles d'autres divisions ou genres pour les mol- lusques qui diffrent entre eux par quelque caractre de moindre valeur, mais cependant encore important. C'est ainsi que, pour les Acpbals, ou a tir parti des diffrences qu'offrent la disposition des branchies, le nombre des ouvertures du manteau, la forme de cette enveloppe et celle du pied, la prsence, l'absence elle dveloppement des sipbons, la forme de la coquille, l'absence, le nombre ou la position desdents de la charnire, la place qu'occupe cette cbarnire au centre ou aux extrmits, la prsence du liga- ment l'intrieur ou l'extrieur, l'existence et la position d'un entrebillement na- turel des valves, la place et la direction des impressions musculaires et pallales, etc.; tandis que pour les Cpbals on a tenu compte de la forme gnrale de la co- quille, de la position qu'elle occupe, l'intrieur ou l'extrieur, de son dvelop- pement plus ou moins avanc et de son absence complte; de la prsence de bran- chies ou de poumons; de la forme et de la direction de l'ouverture ; des dents souvent nombreuses et des plis ou descbancrures que l'on remarque cette ouver- ture, de la disposition particulire des lvres ; de la prsence, de la forme et de la consistance de l'opercule ; de l'allongement, de l'aplatissement et en un mot de la proportion de la partie spirale; du nombre, de la forme et de la position des tenta- cules; de l'absence, de la prsence et de la place qu'occupent les yeux, etc. Entin on s'est servi de tous les caractres particuliers que fournit la surface extrieure del coquille, qui peut tre lisse, rugueuse, pineuse, cailleuse, strie dans une ou plusieurs directions, en tout ou en partie, pour diffrencier les espces qui appartiennent au mme genre. Il serait fastidieux de donner plus d'tendue ces dtails, qui semblent com- pliquer beaucoup l'tude de la conchyliologie, mais auxquels on se familiarise en peu de temps. Le tableau suivant prsente un rsum des grandes divisions des mollusques : p P o / HISTOIRE NATURELLE. Ayant deux muscles adduc- teurs dont les impressions sont spares et latrales sur chaque valve. D1MYA1RES. 29 sans tte. ] N'ayant qu'un muscle ad- ACPHALS /ducteur et une seule impres- sion sur chaque valve. MONOMYA.IRES. l<<- classe. Ayant plusieurs muscles par paires et symtriques, ne ser- vant pas l'cartement des valves. BRACHIOPODES. \ Ayant des nageoires en forme d'ailes sur les cts du cou. PTROPODES. tte plus ou moins distincte. CPHALS. 2 e classe. Rampant sur un disque I ventral ou pied. GASTROPODES. Img. 91. Crassine crassatelle. Fig. 95. Trbratule australe. Fig. 94. Hyale borde. Fig. 95. Buccin couronn Avant des bras locomoteurs autour de la tte. CPHALOPODES. Fie. 'JO. Crunchie transparente. Fig. 97. Polli- cipde r&uge. Ctrrtpde. Fig. 98. Ascidie australe. Tunicier. 30 HISTOIRE NATURELLE, L'on comprend encore parmi les mollusques des animaux qui en prsentent bien quelques caractres, mais dont l'organisation n'est plus la mme. Ce sont : 1 les cirripbdes (cirri, cirres, petits ap- pendices articuls; pes, pied), qui forment le passage des mollusques (97) aux animaux articuls, et qui se trouvent plus naturellement placs la suite des crustacs; 2 les tuniciers, timicata (couverts d'un manteau trs-grand et en forme de sac), que l'on considre comme des mollusques acphales sans coquille (98), et qui tablissent le passage des mollusques aux zoophytes. Nous ne devrions parler ici des Cirri pdes et des Tuni- ciers que pour dmontrer les rapports qu'ils ont avec les animaux qui font le sujet de ce volume; mais comme la plupart des collecteurs les runissent aux mollusques, et que les Cirripdes sont couverts d'une coquille souvent fort belle, nous les ferons connatre la suite des mollusques. Cet exemple d'animaux dont l'organisation mixte embarrasse souvent les natu- ralistes n'est pas le seul qui se prsentera. En n'tablissant qu'une srie zoologi- que simple depuis l'animal le mieux organis jusqu' celui qui l'est le moins bien, on s'loigne de l'ordre suivi par la nature, qui se joue de nos systmes, non-seule- ment par la multiplicit de ses productions et la diversit merveilleuse de leurs formes et de leurs couleurs, mais encore par l'imprvu que nous rencontrons dans la marche qu'elle semble avoir adopte, et qui nous prsente tantt une suite d'a- nimaux dont l'organisation se simplifie d'une manire rgulire, tantt des tres si singulirement organiss et offrant la runion de caractres si isols jusque-l, qu'il est impossible de leur assigner une place. Il existe sans doute un plan d'aprs le- quel tous les tres ont t crs ; mais s'il nous est possible de nous figurer la vaste chane qu'ils doivent former par leur ensemble, nous n'en distinguons pas bien tons les moyens d'union. Il nous est cependant facile de constater des transitions presque imperceptibles; car il n'est pas jusqu'aux rgnes tablis par Linn qui ne prsentent entre eux quelque point de rapprochement. Les grandes divisions se lient au moyen d'un ordre intermdiaire, les genres se confondent par une espce douteuse, et les espces mmes par de nombreuses varits. On voit donc qu'un tableau parfait de tous les tres organiss devrait tre dis- pos, quant la forme, comme un arbre gnalogique. L'animal le mieux organis noire point de vue occuperait la premire place; au-dessous, et sur la mme ligne, se trouveraient tous les tres dont l'organisation offre le mme degr de per- fection ; au-dessous encore, et distances relatives, se placeraient ceux qui s'en loignent le moins; enfin, les intervalles seraient remplis par les animaux qui prsentent des rapports avec plusieurs des types dj classs pour leur servir d'in- termdiaires ou de points de jonction. Aprs avoir parl de la classification gnrale des mollusques, il nous reste les faire connatre plus en dtail, en commenant par les plus simples quanta leur organisation; et si, ds le dbut, nous nous cartons en apparence de la marche que nous nous proposons de suivre, c'est pour moins nous loigner de la distribution mthodique adopte par le professeur Lainarck dans son Histoire des animaux sans vertbres, et gnralement suivie pour le classement des collections. HISTOIRE NATURELLE. TA PREMIRE CLASSE. MOLLUSQUES ACPHALES. Cette classe comprend tous les mollusques ayant une coquille compose de deux valves. Leur corps est envelopp d'un manteau form de deux lames mem- braneuses, le plus souvent divises, quelquefois runies en avant et bords simples ou frangs. Ces animaux sont contractiles, sans tte, sans yeux; leur boucbe est ca- che sous quatre feuillets membraneux qui tiennent sans doute lieu de tentacules, et elle est dpourvue de parties dures. Le sens du toucher est le seul qu'on ne peut leur contester, car il est trs-d velopp et rpandu sur tous les points de la surface du corps. Ils ont un cur form d'un seul ventricule; leur systme nerveux est simple et consiste en quelques ganglions pars, sans cordon mdullaire ganglionn. Tous les Acphales sont aquatiques; on en trouve dans toutes les eaux douces et sales; mais les Acphales nus (Tuniciers) ne se rencontrent que dans la mer. Le mode de re- production est ovivivipare; les branchies de quelques uns contiennent pendant l't un grand nombre de petits, dont la forme et la coquille dj dessines se recon- naissent facilement la loupe. La coquille des Acphales contient l'animal en tota- lit ou en partie ; elle est libre ou adhrente, et dans ce dernier cas elle appartient des espces qui vivent en groupes plus ou moins nombreux. Les valves sont runies d'un ct par une charnire, et le plus souvent par un ligament. Quel- ques-uns des mollusques de cette division prsentent l'extrieur ou l'intrieur des pices calcaires accessoires. Les mollusques acphales sont partags en trois ordres, dont nous avons dj indiqu les principaux caractres. PREMIER ORDRE. ACPHALES DIMYAIRES. Cet ordre comprend un grand nombre de mollusques prsentant un caractre commun : deux muscles distants l'un de l'autre et s' insrant vers les extrmits latrales des values. Les points d'insertion de ces muscles sont en quelque sorte gravs sur la coquille et indiqus par une dpression dont la forme est variable. D'autres caractres, tirs de la forme du pied et des rapports de cet organe avec le manteau, permettent de diviser cet ordre en trois sections dont il est facile de comprendre l'utilit pour simplifier les recherches. Ainsi, parmi les* Di- myairesjes uns ont le manteau ferm par devant en tout ou en partie; ils ont un pied pais, leurs valves ne peuvent pas se fermer hermtiquement et sont plus ou moins billantes par les cts ; on les distingue sous le nom de crassipdes (cras- sus, pais; pes, pied). Les autres n'ont plus ou presque plus les bords du man- teau runis par devant; leur pied est petit, comprim, et le billement des valves est le plus souvent peu sensible : ce sont les tnuipdes (tenuis, petit ou mince, et pes, pied). Enfin les autres ont le pied aplati, lamelliforme, et sont distingus sous le nom de lamellipdes (lamella, lamelle; pes, pied). Nous ajouterons aux 32 HISTOIRE NATURELLE. observations qui se rattachent aux Acphales dimyaires, que si presque tous ont une coquille compose de deux pices symtriques, il s'en trouve aussi qui ne pr- sentent pas la mme symtrie, Tune des valves tant parfois plus petite ou moins rgulire que l'autre. PREMIRE SECTION DIMYAIRES CRASSIPDES. Celte section comprend des mollusques qui n'emploient le pied dont ils sont munis que pour excuter des mouvements trs-borns ; et quoiqu'ils soient presque tous libres, ils ne se dplacent pas dans le sens qu'on accorde ce mot ; ils vivent dansle sable, la vase, et quelques-uns peuvent creuser le bois et mme les rochers les plus durs. Le manteau des Crassipdes est ferm par devant entirement ou en partie; un pied pais, subcylindrique, et dont la forme explique les mouvements borns qu'il peut excuter, se trouve plac l'extrmit postrieure. A l'autre extrmit on remarque deux siphons runis par une expansion du manteau. En examinant maintenant tous les Crassipdes au point de vue de leurs formes et de leurs habitudes, on est naturellement conduit grouper par familles ceux que des analogies de formes ou d'habitudes rapprochent le plus les uns des autres. Les uns ont une coquille enchsse ou contenue dans un fourreau tubuleux qu'ils forment eux-mmes : ce sont les tubicols (tubus, tube; colre habiter). Les autres se creusent une retraite dans le bois ou la pierre, et ils ont gnrale- ment des petites pices accessoires leur coquille ; on les dislingue sous le nom de pholadaires (ctwXa; , habitant un trou). D'autres ont une coquille billante seulement aux extrmits, et n'ont jamais de pices accessoires : ce sont les solnacs (crwXr,v, tuyau). D'autres enfin se distinguent par la place qu'occupe, l'intrieur de la coquille, le ligament qui est extrieur pour ceux qui prcdent. On a dsign ces derniers sous le nom de myaires, emprunt, comme nous le verrons bientt, l'espce type de la famille. PREMIRE FAMILLE. f L y//'frri/oJ. (Tubus, tube ; colre, habiter.) Cette famille a t tablie par Lamarck pour des coquilles contenues dans un tube calcaire, ou incrustes entirement ou en partie dans les parois de ce tube. Les animaux de cette famille, peu favoriss sous le rapport des dimensions et de la solidit du test qui doit les protger, ont l'instinct de suppler l'insuffisance de ce test, en formant eux-mmes un tube qui les couvre entirement et les met l'abri du danger. Toutes les espces sont perforantes et en quelque sorte fixes sur les corps qui les ont vues natre et aux dpens desquels elles se logent. Elles for- ment six genres, dont nous allons prsenter les caractres. On ne comprendrait pas comment des animaux revtus d'une coquille si fragile peuvent arriver percer des pierres, si l'on ne savait qu'ils scrtent un acide qui a la proprit de dtruire les corps avec lesquels il est en contact, et que le simple HISTOIRE NATURELLE. 7^ frottement de la coquille dtermine insensiblement la chute clos parties dsagrges. On supposait autrefois que les stries dont les valves sont couvertes pouvaient petit petit et par un frottement continuel user la pierre; mais, en examinant avec soin les coquilles perforantes, on n'a remarqu aucune trace de frottement; la duret des corps que les mollusques de celte famille et de plusieurs autres attaquent aurait dtruit ou l'pidmie de la coquille ou les asprits qu'elle prsente, et qu'on trouve intacts, (lotte facult de dissoudre les pierres calcaires parat appartenir a un grand nombre de mollusques. GENI. cJv.vacc.teu . Aspergillum, Lamarck, (Aspergere, arroser. ) l'ic. 99. Arrosoir ;i nunclieitcs. Petite coquille bivalve, quivalve, toujours baillante, enchsse dans un tube testac plus ou moins long, se rtrcissant insensiblement vers la partie antrieure, qui est toujours ouverte; l'extrmit oppose, termine en massue, est ferme par un disque perc d'un assez grand nombre de petits trous, comme la pomme d'un arrosoir (100). On remarque une lgre tissure au centre de ce disque, et il est spar du reste du tube par une srie de petits tubes spiniformes rangs en collerette. Le tube est solide dans toute son tendue , et il est quelquefois couvert de grains de sable ou de petites pierres agglutins. L'extrmit antrieure est parfois termine par deux ou trois rangs d'appendices foliacs, auxquels on a donn le nom de man- chettes. L'animal qui habite cette singulire coquille n'est connu que depuis peu, et le voyageur Ruppel, qui le premier l'a dcrit, ne s'est pas assez occup des dtails an atomiques qui pou- A ' vaient expliquer l'utilit des trous du disque, de la J^^l* , 4 lissurc centrale et des tubes spiniformes qu'on y trouve. J On suppose que cette disposition a pu tre ainsi m- nage pour faciliter la respiration, et M. de Blain- ville pense que ces petits tubes sont destins donner passage autant de filets qui servent fixer l'animal au corps sur lequel il doit vivre, et de manire lui permettre des mouvements autour de ce point fixe. L'animal de l'Arrosoir est allong, contractile, et n'occupe gure que la partie suprieure du tube; mais il peut s'tendre assez pour ses besoins et son alimentation. Les coquilles de ce genre sont rares; on en connat cependant un assez grand nombre d'espces, qu'on trouve dans la mer Rouge, h la Nouvelle-Hollande, Java, etc., etc. Les Arrosoirs sont gnralement d'une teinte blanche ou jauntre, quelques-uns ont le tube couvert de sable agglutin ou de petits fragments de coquilles de diverses cou- leurs. On ne sait rien sur les habitudes des Arrosoirs, et leurs formes singulires ont souvent laiss les naturalistes incertains de la place qu'ils devaient leur assigner dans Fie. 100. Disque do l'Arrosoir manchettes. 51 HISTOIRE NATURELLE. la nlhode. Ce n'est qu'aprs avoir reconnu l'existence des deux valves qu'on voit peine au-dessous du disque, et qui font partie du fourreau dans lequel elles sont enchsses, qu'on s'est dcid les ranger parmi les Tubicols et avec les coquilles (jui prsentent une disposition analogue ou aussi singulire. 2 e GENRE. ClaoaqellcL". Clavagella, Lamarek. (Diminutif de elava, massue.) ! IG. 102. Disq ic de Clavajelle couronne. Fie. 10!. Clavagelle bacillaire. Les espces de ce genre tablissent parfaitement le passage entre le prcdent et le suivant; en effet, les Clavagelles ont aussi un fourreau tubulcux qu'elles for- ment comme les Arrosoirs, mais une de leurs valves est libre et mobile dans l'intrieur du tube, tandis que l'autre est compltement enchsse dans le tube. Dans l'Arrosoir, les deux valves sont apparentes l'extrieur; dans la Clava- gelle, on n'en voit qu'une. On retrouve encore ici de petits tubes spiniformes, irrgulirement disposs autour du dis- que, qui prsente aussi une fissure mdiane, mais on ne remarque plus de trous sur le disque. Le fourreau, plus large la partie postrieure, va toujours se rtrcissant , et se termine par une large ouverture pour le passage des deux siphons de l'animal. Les caractres du genre peu- vent donc se rsumer ainsi : coquille inquivalve, ayant une de ses valves enchsse dans un tube calcaire, l'autre valve libre. Tube ouvert antrieurement, plus large, un peu comprim, et en massue postrieurement. Disque entour de petits tubes spiniformes et prsentant au cen- tre une fissure plus ou moins large, qui descend vers le crochet des valves en se bifurquant. Ce genre se compose particulirement d'espces fossiles; depuis peu seulement on en a dcouvert deux espces vi- vantes plus remarquables par la singularit de leur forme que par leur couleur, qui est gnralement d'un blanc jau- ntre. Fig. 103. Clavagelle ouverte. 5 e GENRE. c/'i)lulaiiej>. Fistulana, Lamarek. (Fislula, tuyau.) Petite coquille quivalve, trs-inquilatrale, trs-billante, mince et eflile du ct antrieur, et beaucoup plus large prs de la charnire. Cette coquille est en- ferme dans un fourreau testac, mince, ferm, renfl l'une de ses extrmits, ci HISTOIRE iNATUKELLE. ou Fie. 105. Calamules de Fistulane. termin l'autre , beaucoup plus troite, par une ouverture arrondie. Les doux valves sont libres et sans adhrences dans le tube. L'animal est imparfaitement connu, il prsente deux siphons runis fort allongs et contrac- tiles. On ledit muni de deux calamules (105) qui font saillie en avant de l'orifice du tube. Le manteau est perc d'un petit trou pour le passage du pied. Les Fistulanes perforent le bois, la pierre et mme des co- quilles pour s'y loger. Elles vivent isoles ou en famille , mais on les trouve le plus sou- vent runies en groupes plus ou moins nom- breux dans le sable, le bois et les pierres. On rencontre les espces vivantes de ce genre dans l'ocan des grandes Indes, et les espces fossiles Gri- gnon et Beynes en France , et Sienne eu Italie. 4 e GENRE. C voiouiiccvce, Septaria, Lamarck. (Septum, cloison.) Coquille trs-courte, subglobuleuse, billante de chaque ct. Les valves sont seulement ap- puyes l'une contre l'autre, et non runies par fie. ioi. Fistulane massue. une charnire ou par un ligament. A l'intrieur, les valves prsen- tent des cuillerons allongs, troits et aplatis. Cette coquille est en- ferme dans un tube testac souvent trs-long, droit ou courb, trs- pais, divis intrieurement par des cloisons votes, le plus souvent incompltes; ce tube est insensiblement attnu vers sa partie an- trieure, qui souvent se bifurque et prsente deux tubes plus pe- tits, destins protger les siphons de l'animal. La surface extrieure prsente de nombreuses stries transverses ou d'accroissement, et des renflements. L'orifice postrieur est ferm, dans les individus com- pltement dvelopps, par une calotte convexe en dehors. L'animal est allong, cylindrique ; le manteau forme une gane charnue perce l'extrmit postrieure pour le passage des siphons, qui sont grls et assez allongs. C'est l'extrmit la plus large que se trouve enferme la coquille. Tout porte croire que les Cloison- nages, qu'on ne connat qu'incompltement, ne diffrent pas assez des Fistulanes pour qu'il soit ncessaire d'en faire un genre part. On trouve lesCloisonnaires dans l'ocan des grandes Indes. M. Benjamin Delessert possde un fragment de Cloisonnaire qui a plus d'un mtre de longueur, et qui laisse supposer une longueur relle de prs de deux mtres. Fig. 105. CUtUonnaire des -ailles. 30 HISTOIRE NATURELLE. 5 e GENRE. \y&tediue. Teredina, Lamarck. (Diminutif de Teredo.) Coquille bivalve, quivalve, billante, globuleuse, arrondie, prsentant une charnire simple avec des crochets intrieurs et un cusson extrieur. Elle est tixe l'extrmit postrieure et ferme d'un tube droit, en massue, et laisse voir ses deux valves; l'extrmit antrieure est ouverte. Les espces connues de ce genre sont toutes fossiles ; on les trouve, en France, Courtagnon ; en Angleterre, Madiffort, et Plaisance en Italie. Ce GENRE. L.a'u'1. Teredo, Lamarck. Fie. io7. (Teredo, ver perforant.) Tredine masque. Coquille paisse, solide, trs-courte, formant un anneau par la runion de ses (\cuk valves, par consquent trs billante en avant et en arrire, valves gales, Kir.. 108. Taret commun et ses valves spares du lube et grossies. ilatrales, anguleuses antrieurement ; ayant l'intrieur et sous les crochets un appendice en cuilleron, sans trace de charnire. La co- quille, est place l'extrmit d'un tube cylindrique droit ou flexueux, ferm postrieurement, toujours ouvert et ff quelquefois bifurqu antrieurement pour le passage de deux siphons. Elle termine le tube, comme le ferait une tarire propre percer le bois. L'animal est allong, vermiforme ; le manteau est tubu- leux, ouvert pour la sortie du pied et des siphons. L'extr- mit postrieure du corps est termi- ne par deux palmules operculaires, )\ symtriques, places au bord du manteau et fermant l'orifice du tube F|G |09 Palimilt;slL , IIIMl en s'appliquant l'une sur l'autre. ''" T " cl """""' Les Tarcts percent les pices de bois et les pierres sub- merges. Les longs tuyaux qu'ils forment sont tapisss par une couche calcaire dpose par l'animal; les valves qui constituent rellement la coquille sont extrmement petites en comparaison de la dimension de l'animal, car elles ont peine deux ou trois lignes taudis que les Tarcts ont quel- que fois un pied de longueur. Leur forme trs-arque et' billante ne s'loigne pas de celle des Pholades. Les Pal- : IG. I 10. Animal du TalCt commun. HISTOIRE NATURELLE. 37 mules operculaires qui forment l'entre du tube sont lixes en dehors, et se dta- chent ordinairement aprs la mort de ranimai : aussi les trouve-t-on trs-rarement dans les eollections. Les Tarets se multiplient prodigieusement et vivent en famille ; aussi sont-ils redouts des navigateurs, car il n'est pas sans exemple que des vais- seaux aient t compltement dtruits par ces animaux ; et c'est uniquement pour se dfendre de leurs attaques que les navires sont extrieurement doubls en cuivre. Ce sont les Tarets qui percent les digues de la Hollande. Ils attaquent tous les bois submergs, et causent de grands ravages dans les ports. Le verre parait tre le corps qui leur rsiste le mieux ; aussi a-t-on propos de couvrir les corps qui doi- vent rester plongs dans la mer d'un enduit rsineux contenant beaucoup de verre pil. Les Tarets se trouvent dans toutes les mers, mais on suppose qu'ils ont t ap- ports des mers des tropiques, o ils sont plus communs encore, par des btiments qui n'taient pas doubls de cuivre. Adanson a trouv sur les cotes du Sngal un grand nombre de Tarets qui perforent les racines des immgliers. DEUXIME FAMILLE. c^/iacr/(/a//eJ. (<>6>}.a;, habitant un trou.) Cette famille se compose d'un assez grand nombre d'animaux dont les habitudes sont les mmes. Ils vivent tous dans le bois et les pierres. Les petits, aussitt aprs leur naissance, creusent les corps solides sur lesquels ils ont t apports par la vague, si ces corps sont de nature tre entams par la liqueur dissolvante qu'ils scrtent c volont. Ils agrandissent successivement leur loge dans la proportion de leur dveloppement ; et ils y sont pour toujours enferms, car l'ouverture de cette loge ne s'largit pas. C'est par cette ouverture que les Pholadaires reoivent l'eau ncessaire leur entretien. Parmi les animaux de cette famille, les uns prsentent des pices accessoires dont le nombre et la dimension sont en rapport avec le bille- ment plus ou moins grand des valves, et que quelques auteurs ont considres comme le rudiment du tube de la famille qui prcde, et que d'autres ont cru pou- voir comparer aux pices multiples des Anatifes : ce sont les Pholades. Quelques coquilles trs-billantes, habitant aussi des cavits qu'elles creusent, comme les Pholades, dans les pierres et le bois, ont t comprises dans cette famille, malgr l'absence de pices accessoires : ce sont les Gastrochnes et les Pholadomyes, aux- quels on runit encore les Xylopho.ges et les Galommes. Toutes les coquilles de celte famille sont blanches ou d'un blanc jauntre; quel- ques-unes sont lgamment couvertes de ctes stries, les autres n'ont que des stries simples. 1" GENKL. 5ftol'atV\ Pholas, Linn, Coquille bivalve, quivalve, inquilatrale, baillante de chaque ct, ventrue, mince, d'une couleur lacte, valves stries en tout ou en partie, bords inf- rieurs et postrieurs mousses et replis en dehors; charnire sans dents, sans liga- ment propre, mais prsentant sous les crochets un appendice en cuilleron , et ex- trieurement des pices accessoires ou eusson, supportes par un pli du manteau. 38 HISTOIRE NATURELLE. Fie. 115. Pholade. Fig. III. Pholade dactyle et ses pices accessoires. Fie 112. Pho'ade dactyle. L'anima] est pais, peu allong, subcylindrique; le manteau, par son ouverture antrieure, donne passage deux tubes contractiles, le plus sou- vent runis et entours d'une peau commune. Ces deux tubes rem- plissent les fonctions d'une pompe aspirante et foulante : l'un sert prendre l'eau ncessaire l'animal, l'autre sert la rejeter. L'ouverture postrieure du manteau donne passage au pied, qui est trs-court et trs-pais. Les Pholades vivent dans les trous qu'elles se creusent dans le bois et mme la pierre; leurs mouvements sont trs-limits, ils se bornent lever ou abaisser l'animal dans le trou qu'il habite, et qui gnralement est peu profond. Les Pholades sont phospho- rescentes ; elles se nourrissent d'animalcules et des dbris que le flot leur apporte. Ce sont des Pholades qui ont dtruit les colonnes du temple de Jupiter Srapis Pouzzolcs. Les Pholades sont recherches par les habitants des ctes, qui en sont trs- friands et les dsignent sous le nom de dails. Elles vivent dans toutes les mers, et l'on en connat un assez grand nombre d'espces, la plupart petites ; quelques- unes cependant ont jusqu' cinq pouces de longueur. On en trouve aussi de fossiles aux environs de Paris. Les Pholades sont des coquilles littorales : aussi doit-on consi- drer comme faisant autrefois partie du rivage des anciennes mers les terrains qui en contiennent l'tat fossile. Les Pholades peuvent probablement vivre dans l'eau douce, car Adanson en a trouv dans le Niger une hauteur oit la mer ne monte pas pendant la moiti de l'anne. 2 e GENRE. C/aACcll Chili. Gastrochna, Lamarck. (racT/-,p, ventre; x*ivg>, je bille.) Coquille bivalve, quivalve, cuniforme, trs-biilante antrieurement, o elle prsente une ouverture cordiforme trs-large ; l'ouverture postrieure est presque HISTOIRE NATURELLE. 59 nulle; la charnire est linaire et sans dents ni cuillerons. On aperoit deux cro- chets la partie la plus vase de l'ouverture ; les valves sont blanches ou gristres, et leur surface extrieure est couverte de petites stries fines, irrgulires, tandis que l'intrieure est lisse. L'animal est tronqu antrieure- ment; le manteau est perc, au centre de la grande ou- verture de la coquille, d'un petit trou pour le passage du pied. On remarque aussi deux siphons allongs, runis et contractiles. Fig. ni, fig. 115. 1 /> 1 1 ^ 1 1 t Gastrochne eu- Extrieur d'une Les Gastrocnenes, comme les animaux des genres pre- niiwme, val- valve du mme, cdents, perforent les pierres et se logent dans les trous ves reumes - qu'ils creusent. On n'en connat qu'un petit nombre d'espces vivantes ou fossiles. On trouve les premires dans presque toutes les mers, mais particulirement File de France , aux Antilles et sur les etes de France. 3 e GENRE. Jrhoiaoiwxiej. Pholadomya, Sowerby. (Pholade et Mye.) Coquille trs-mince, trs-transparente, blanche, transverse, ventrue, ovale, in- quilatrale, billante des deux cts, mais surtout postrieurement. Charnire Fig. 116. Pholadomve blanche. Fig. 117. Bord cardinal grossi. Fig. IIS. Pholadomve blanche, valves reunies. Fig. 119. Bord cardinal grossi forme par une petite fossette allonge subtrigone , et une nymphe marginale saillante sur chaque valve. Ligament externe, court et insr sur la face externe des nymphes. Impressions musculaires peu apparentes, runies par l'impression pallale. Animal non dcrit. il) HISTOIRE NATURELLE. Ce genre n'offre, jusqu' prsent, que deux espces vivantes et excessivement rares, l'une dcouverte depuis peu. Les espces fossiles, trs-nombreuses, ne prc- Fig. 120, Pholadomye de Dclessert. Fig. 121. Intrieur de l mme. sentent que le moule de la coquille avec tous ses dtails bien conservs; le test, trop mince, n'a pu rsister la dcomposition de ses parties. Ces coquilles, comme leur nom l'indique, ont de grands rapports avec lesPh- lades et les Myes, dont il sera bientt question. 4 e GENRE. J&Tjfopiaaae. Xylophaga, Sowerbv . (E/acv, bois; cpap>, je mange.) Coquille quivalve, globuleuse, ferme en arrire par le rapprochement des val- ves, largement ouverte en avant. Charnire avec une petite dent courbe et s'avan- ant dans les cavits omboniales dans chaque valve. Les Xylophagcs se creusent un trou tubuleux dans le bois, et diffrent des arets par l'absence d'un tube calcaire et par le rapprochement des valves la partie postrieure. Fig. 122. Xylopliage dorsal, intrieur des valves. Fig. 123. I. 5 e GENRE. Lfceouuue. Galeomma, Turton. Coquille ovale, quivalve, quilatrale, billante au bord ventral ; charnire sans dents et ferme seulement par un petit ligament en partie in- terne et externe. On remarque aussi deux impressions musculaires fig. 124. Gaiomme rapproches l'une de l'autre sur chaque valve, et une impression du Turton. .. , . i palleale interrompue, non sinueuse. Les seules espces connues de ce genre sont fort rares et se trouvent sur les ctes de Sicile. TROISIEME FAMILLE CsanaceJ. Les Solnacs se reconnaissent facilement leur coquille billante aux deux ex- trmits antrieure et postrieure, et l'absence des pices accessoires que prsen- taient les Pholad.es, dont ils se distinguent aussi par leurs habitudes. En effet , ils HISTOIRE NATURELLE. H ne perforent ni les pierres ni le bois pour s'y loger, et ils vivent enfoncs verticale- ment dans le sable, peu de distance du rivage. Leurs mouvements, qu'ils excu- tent avec une grande rapidit, se bornent monter et descendre dans le trou souvent trs-profond qu'ils ont creus, et qu'ils ne quittent gure. Le nom de Solnacs donn aux coquilles de cette famille vient d'un mot grec qui veut dire tuyau. La forme trs-allonge des valves et leur disposition lorsqu'elles sont runies reprsentent, en effet, un tuyau ouvert aux deux extrmits; quelques espces droites et tronques aux deux bouts figurent assez bien un maucbe de couteau, et c'est le nom vulgaire qu'on leur donne. Les Solnacs sont recouverts d'un pidmie d'un vert bruntre masquant souvent les nuances les plus belles. Toutes les co- quilles de cette famille habitent la mer ou l'embouchure des rivires. On les re- cherche pour les manger ou pour servir d'amorces pour la pche du merlan. Lorsque la mer vient de se retirer, l'on reconnat leur prsence un petit trou, d'o s'chap- pent parfois quelques bulles d'air. Pour attirer ces mollusques la surface, les p- cheurs jettent une pince de sel dans les trous, qui sont assez rapprochs les uns des autres; peine ce sel y est-il tomb, qu'on remarque du mouvement dans le sable qui entoure l'ouverture, la coquille s'lve et sort en partie; il faut profiter de ce moment pour s'en emparer, car l'animal se retire de suite au fond du trou et ne se laisse pas tromper par un nouvel essai. Cette famille se compose de coquilles vivement teintes de rose, de bleu, de violet, etc. Ces riches couleurs paraissent plus ou moins travers l'pidmie verdtre et transparent qui couvre les valves. 1" GENRE. C'olcn, Solen, Linn. (wiiv, tuyau.) Coquille bivalve, quivalve, transversalement allonge, droite ou arque, bil- FlG. I l 2(i. Solen subi lante aux cts antrieur et postrieur; crochets peu apparents, non sai Dents cardinales petites, en nombre variable, situes l'extrmit ou au milieu du bord cardinal. Ligament extrieur. L'animal est cylindrique, allong ; le manteau, ferm dans toute sa longueur, est ouvert aux extrmits pour le passage du pied d'un ct, et de l'autre pour le passage d'un tube form de deux sipbons runis (H ). Fie. 127. Charnire du SnU-n guine liants. m HISTOIRE NATEKELI.K. Plusieurs genres ont t forms aux dpens du genre Solen de Lamarek. (le professeur tablissait deux sections parmi les Solens : la premire comprenait les espces dont la charnire est contigu au bord antrieur ; dans la seconde, il pla- ait tous les Solens dont la charnire est plus voisine du milieu que du bord Fie. 128. Solen coutelet. Fig. 129 Charnire du Solen plat. Fig. 130. Charnire du Solen silique. F'ig. 131 . Solen de Antilles. antrieur. Ces sections "n'taient point assez tranches , aussi a-t-on cru nces- saire de former plusieurs genres nouveaux pour faciliter la dtermination des es- pces. Voyez planche l re . Malgr ce dmembrement, le genre Solen est encore assez nombreux en espces qu'on trouve dans toutes les mers. On connat plusieurs Solens fossiles, qu'on ren- contre dans les couches plus nouvelles que la craie. Fig. 132. Charnire du Solen gousse. lie. 133. Solen plat. Fig. 131. Charnire du Solen des Antilles. HISTOIRE NATURELLE. 2 e GENRE. eWcaulc. Solecurtus, Blaiuville. (Soleu ; curtus, court.) Coquille ovale, allonge, equivalve, subquilatrale, bords presque droits el parallles; extrmits galement arrondies et subtronques ; sommets trs-peu marqus, sub- mdiants ; charnire dentule ou forme par quelques petites dents cardinales rudimentaires; ligament saillant, bomb, port sur des callo- sits nymphales paisses ; deux impressions mus- FlG - iy - Soicurie rose. culaires distantes; impression pallale troite, profondment sinueuse en arrire et se prolongeant bien au del de l'origine de la sinuosit. L'animal du Solurte est re- prsent fig. 10. Les Solcurtes sont de fort jolies coquilles roses ou blanches et stries dans plusieurs sens. On en trouve quelques espces fossiles dans les terrains tertiaires. Fie. 156. charnire du Soicurie rose 5 e (iEiNRE. C/Iaiuoitoiiu'. Glauconoma, Gr'ay. (Glaucus, vert.) Coquille oblongue, ovale, transverse, un peu ventrue, quivalve, inquilat- rale, peu billante, arrondie antrieurement, attnue postrieurement. (Voyez fig. 81.) Trois dents dans chaque valve; la dent centrale de Tune et la post- I'ig. IT. Charnire du Glau-onome de Cliine. rieure de l'autre bifides. Ligament oblong , extrieur. piderme mince, verdlre, pliss sur les bords. Les Glauconomes se trouvent l'embouchure des fleuves qui se jettent dans l'Ocan Indien. On n'en connat qu'un petit nombre d'espces. Le GENRE. cltlDaclWta. Machra, Gould, [Machcera, couperet.) Coquille oblongue, ovale, transverse, comprime, inquilatrale, un peu bail- lante; crochets peu prominents; charnire compose, sur une valve, de trois dents cardinales divergentes : la premire simple; la seconde ou mdiane, bifide; la HISTOIRE NATURELL Fig. 1S. Charnire du Machaera radi. Fig. 1 59. Machaera radi. troisime, comprime, mince et place dans la direction du bord. Sur l'autre valve, deux dents seulement s'embotant dans les interstices de la valve oppose. A l'in- trieur, on remarque le plus souvent une forte cte qui part de la charnire et se dirige vers le bord oppos. Impressions musculaires runies par une impression pallale sinueuse. Ligament prominent. Parmi les espces de ce genre, les unes ont une coquille paisse, les autres ont au contraire les valves minces, transparentes et plus richement colores. On y remarque des rayons blancs divergents sur un fond bleu. 5 e GENRE. t)Lcv>acu&iiie. Novaculina, Blainville. (Novacula, rasoir.) Coquille quivalve, inquilatrale, allonge transversalement, billante aux ex- trmits. Ligament externe communiquant avec l'intrieur de la coquille par un canal oblique. Crochets prominents; charnire peu prs droite, avec une dent cardinale courbe, troite dans une valve, s'enclavant dans deux dents semblables de l'autre valve. (Voyez tig. 15.) Les Novaculines ont t trouves dans le Gange ; leur couleur est d'un vert fauve l'extrieur. G e GENRE. C^clVlel't'iuc. Soletellina, Blainville. (Solen et Tellinc.) Coquille ovale-oblongue comprime, bords tranchants et courbes , quivalve, subquilatrale, plus large et plus arrondie l'extrmit antrieure; sommets peu loigns du centre, peu marqus; une ou deux petites dents cardinales ; ligament NISTOII NATURELLE 45 I'ig. 1 40. Soltelline roslre. I'ig. 141. Charnire de la Soltelline roslre. pais, port par de grosses callosits nymphales; deux impressions musculaires ar- rondies, distantes, runies par une impression pallale trs-sinueuse. L'animal n'a point encore t dcrit. M. de Blainville a tabli ce genre pour deux ou trois espces de Lamarck , qui prsentent les caractres des Solens, et dont la forme plus largie rappelle celle des Tellines. Les Soltellines sont gnralement d'une couleur violace ou rose; elles vivent dans l'Ocan des grandes Indes. 7 e GENRE. G/oicu-irt/e. Solemya, Lamarck. (Solen et Mye.) Coquille quivalve, inquilatrale, transverse, allonge, obtuse aux extrmits, pidmie luisant, dbordant, dchir sur les bords. Crochets sans saillie, peine distincts ; sur chaque valve une dent cardinale trs-oblique, comprime, creuse au-dessus d'une cavit pour l'insertion du ligament, qui est en partie intrieur, et en partie ex- trieur. Animal ovale, transverse; lobes du manteau runis dans leur moiti postrieure, termins par deux siphons courts et ingaux ; pied proboscidiforme, tronqu antrieurement par un disque ou une sorte de ventouse dont les bords sont frangs ; une seule branchie de chaque ct, en forme de plumule, dont les barbes sont isoles jusqu' la base ; l'anus terminal non flottant. Les Solmyes sont de petites coquilles gnralement trs-minces, et couvertes d'un pidmie vert olive qui dborde les valves et se fendille en se desschant. F. 142. Solmye australe. F. 145. 8 e GENRE. y>cuvovee. Panopo, Mnard. (Nom mythologique.] Coquille quivalve, transverse, ingalement billante sur les cts. Une dent HISTOIRE NATURELLE. cardinale conique, avec une fossette oppose sur chaque valve. Nymphe calleuse, comprime, ascendante, non saillante en dehors. Li- gament extrieur iix sur les callosits. Impression du manteau large, allonge. Sinus pallal plus ou moins profond. Animal garni de longs tubes runis en un siphon unique (145). Manteau ferm, pais, tronqu antrieu- rement, et ouvert seulement au milieu pour le passage du pied , qui est court et comprim. Ce n 1 est que depuis peu qu'on connat l'animal des Panbpes. Les ofliciers de la frgate franaise l'H- rone, commande par M. le capitaine Ccile, en croisire dans les mers de la pointe australe de l'A- frique, eu descendant au pied de hautes dunesqui bor- dent," sur la cte Natal, la baie des Tigres, virent, enfonc dans le sable, un mollusque dont le tube se montrait prs de la surface , et qu'ils prirent d'a- bord pour un morceau de gouamon ou de fucus. Ils eurent l'envie de faire tirer cet animal par le tube ; mais le mollusque, ds qu'on le touchait, cherchait s'enfoncer sous le sable, et s'y tenait avec tant de force, que les matelots ne purent jamais en tirer un Fig. 144. Charnire del Panope * . , , ,. . d'Aidrovande. seul de son trou, le siphon se dchirant toujours, et venant seul, par les efforts de l'homme qui l'arrachait. Quand on ne saisissait pas proinptement le tube, l'animal s'enfonait si profondment qu'il chappait, et l'on ne pouvait plus l'atteindre. La curiosit des marins, excite par ce fait, les lit se mettre l'uvre pour s'emparer de cet animal , et ils tirent avec des b- ches des trous autour du mollusque, afin de le prendre. Ils russirent en saisir quelques-uns, mais non sans peine, car ils s'enfonaient dans le sable mesure qu'on ap- prochait d'eux. Les Pariopes vivent en famille sur les ctes sablonneuses, et si jus- que-l on n'avait pu s'en procurer, c'est qu'on" ne connaissait pas les loca- lits qu'elles habitent. On en connat maintenant un assez bon nombre d'espces vivantes et fossiles. Les premires ont t trouves la Nouvelle-Zlande, sur les ctes d'Afrique, dans la Mditerrane: les secondes, en France, en Angleterre, en Italie, et, en Amrique, New-York. Fig. 145. Panope australe. HISTOIRE NATURELLE. 17 lie GENRE. Lj[\icii\\cxe . Glycimeris. Latnarek. (D.'j/., doux ; upc;, partie.) Coquille transverse, trs billante de chaque ct ; charnire calleuse, sans dents; nymphes saillantes au dehors ; ligament extrieur ; valves trs-hillantes. Fig. 1 tii. Glycmre silique. FiG. 147. Animal allong, pais, cylindrac, ayant les lobes du manteau trs-pais, ouverts seulement l'extrmit antrieure pour le passage d'un petit pied cylindrique, termins postrieurement en deux siphons runis en une seule masse cylindrique trs-charnue, extrmement lisse et ne pouvant jamais entrer dans la coquille. Bouche mdiocre, ovale, accompagne de chaque ct de deux grandes palpes gales, trian- gulaires, soudes par leur base au muscle adducteur antrieur. Branchies longues et paisses, deux de chaque ct presque gales. (Voyez fig. 9.) On ne connat que deux espces de ce genre, Tune habite les mers du Nord, l'autre la mer Blanche. Elles sont assez paisses et couvertes d'un pidmie noir brillant ou brun; l'intrieur des valves est habituellement calleux, chagrin, et l'impression du manteau est comme frange. 10 e GENRE, kevtot). Lepton, Turton. (Asitc', grle , chtif.) Petite coquille, mince, comprime, suborbieulaire, quivalve. subquilaterale v un peu billante aux extrmits; charnire compose d'une dent unique sur une valve, s'embotant dans une fossette circonscrite par deux dents sur l'autre valve; ligament interne. Animal non dcrit. Ce genre a t tabli par Turton sur une petite co- quille fort rare dont la charnire prsente la plus grande analogie avec celle des Solnacs. M. Sowerby n'hsite pas k la placer dans cette famille ; nous suivrons son exemple jusqu' ce qu'on ait pu tudier l'animal qui T'habite et confirmer les ides du conehyliologiste anglais, fig. 148. Lepton squmioeux. Qu T . econna tl . e ; \ j a coquille des caractres qui ncessi- teraient un changement dans le rang qu'elle doit occuper dans la srie. Cette coquille a t trouve dans une source Torbay, et depuis Tenby, en Angleterre. QUATRIME FAMILLE. Les Myaires s'loignent des Solnacs par la situation du ligament, qui, toujours 48 Il I S TOI R E NATKR-ELLE. intrieur, est insr sur une seule dent largie en cuilleron et saillante en de- dans, ou sur deux dents semblables et intrieures. Le pied est plus comprim que celui des familles prcdentes. Les Myaires ont les mmes habitudes que les Solnacs; ils vivent enfoncs dans le sable. Quelques espces sont bonnes manger et sont recherches pendant la basse mare par les habitants des ctes. Cette famille comprend des coquilles bien diffrentes quant leur forme et leur paisseur ; quelques-unes sont transparentes et un peu nacres ; leur couleur est gnralement blanche ou fauve. GENRE. (Md-uc- Mya, Linnt (M;, muscle.) Coquille transverse, ovale, subquivalvc et inquilatrale, billante aux deux extrmits. Une seule dent la charnire : cette dent tient la valve gauche ; elle est grande, aplatie, obronde, et creuse en cuilleron pour recevoir le ligament, qui Fig. 149. Charnire de la Mye des snliK's. Fig. 150. va s'insrer d'autre part sur une fossette que prsente la xalve droite. Ligament intrieur court et pais, s'insrant sur la dent saillante et dans la fossette de la valve oppose. Animal oblong, couvert d'un manteau ferm par de- vant; ouvert l'extrmit antrieure pour le passage d'un pied court, comprim et pais, et l'extrmit postrieure pour deux grands tubes runis et revtus d'une membrane brune. Fis . 151> Mje tponqne . Les Myes vivent enfonces dans le sable des ctes ou l'embouchure des fleuves, et n'ont que des mouvements trs-borns. Elles sont gnralement assez paisses, et remarqua- bles par la grosseur et la longueur de leurs tubes envelopps par une peau paisse qui se continue avec l'pidmie de la coquille et dans laquelle ces lubes se contractent et se dveloppent libre- ment. Les Myes vivantes se trouvent dans toutes les mers, et les espces fossiles sont trs-nombreuses en Angleterre. Fig. 152. Profil de la charnire de la Mye tronque. 2 e GENRE. cAouatiuej. Anatina, Lamarck. (Anas, canard.) Coquille trs-mince, le plus souvent transparente, transverse, subquivalve, aillante postrieurement. Charnire compose d'une dent largie en cuilleron. HISTOIRE NATURELLE. 4. Osteodesma, Deshayes. , (Ogts'cv, os; Sc.gv.ic, lien.) Coquille oblongue, transverse, trigone, mince, fragile, nacre, inquivalve, un peu billante ses extrmits. Charnire linaire ayant sur chaque valve un cuil- leron trs-troit, accol profondment le long du bord suprieur ou dorsal des FiG. 164. Osleodesme corbulode. Fie. IGo. Charnire de la mme FlG. 1C6. Ostudesme corbulode. valves; un osselet quadrangulaire maintenu entre les cuillerons par le ligament, auquel il adhre par toute sa face suprieure. Impressions musculaires trs-petites, l'antrieure allonge, la postrieure arrondie. Impression pallale chancre post- rieurement. Animal non dcrit. Les espces de ce genre habitent les mers du Nord et la Manche. 7 e GENRE. cJlib \jeccii\ic\ Myochama, Stulchhury. (Mye et Came.) Coquille mince, inquivalve, irrgulire, adhrente par une valve. Deux dents cartes, avec une petite fossette trigone intermdiaire sur chaque valve. Un pe- tit appendice testac maintenu par un ligament. La valve adhrente aplatie, la valve libre convexe et couverte de ctes ou de sillons rayonnants. Deux fg. 167. Myocama anomode. fig. 168. impressions musculaires distantes, arrondies et runies par l'impression pallale. Ligament mince, externe. Animal non dcrit. Ce genre, trs-voisin du prcdent et tabli par M. Stutchbury, est considr comme intermdiaire entre les Myes et les Cames. DEUXIEME SECTION. MMYAIRES TENU1PEDES. Le pied des mollusques de cette section est petit et comprim. Le manteau n'a plus ou presque plus ses lobes runis en avant, et le billement de la coquille, quand il existe, est le plus souvent peu considrable. Parmi les Conchifres tnuipedes, les uns ont le ligament intrieur avec ou sans ligament extrieur. Leur coquille est quivalve (Mactracs) ou inquivalve (Cor- buls). Les autres n'ont qu'un ligament extrieur. La coquille est perforante et plus ou 52 HISTOIRE NATURELLE. moins billante au cl antrieur (Lithophages) ; elle est billante aux extrmits latrales , et prsente deux dents cardinales au plus sur la mme valve, et les n y m plies sont gnralement saillantes au debors (Ntmphacs). PREMIRE FAMILLE. *_yfac/i'acoJ. Cette famille a t tablie par Lamarck pour runir des coquilles bivalves r- gulires, billantes ou non, dont le caractre principal consiste dans la prsence d'un gros ligament interne insr dans une fossette cardinale triangulaire sur chaque valve. Le nom de Mactracs, donn aux coquilles de cette famille, vient du mot latm mactra, qui veut dire ptrin, grande caisse de bois employe par les boulangers pour ptrir la pte. On employait autrefois une valve de celte coquille pour racler le ptrin et ramasser la pte qui y restait adhrente. Ce nom, comme on le voit, n'est pas trs-significatif, puisqu'il ne s'applique pas rigoureusement l'objet qu'il doit rappeler; mais l'usage l'a consacr. C'est Bonanni qui, le premier, l'a employ pour dsigner une coquille trs-loigne du genre Mactre, que Lamarck a eboisie comme le type de la famille qui nous occupe. Toutes les coquilles de cette famille, runies par le mme caractre (un ligament interne insr dans une fossette cardinale tri an gui aire sur chaque valve), prsentent quelques caractres particuliers qui ont ncessit plusieurs divisions. En effet, les unes ont un ligament intrieur unique, les autres ont de plus un ligament externe. Parmi les premires, quelques-unes sont billantes, les autres ont les valves closes. Toutes les coquilles de cette famille sont marines ; on en trouve cependant quel- ques-unes l'embouchure des fleuves, et les ctes de France en fournissent plu- sieurs. \" GENRE. )ji\btctvi. Charnire. trs aplati, quadrangulaire, en partie cach par les branchies : celles-ci comtes, tronques et soudes postrieurement; la paire externe plus petite et suhauri- cule. Ce genre a t tabli par M. Deshayes, aux dpens des genres Amphidesme et Crassatelle de Lamarck. Les Msodesmes se trouvent dans l'Ocan Austral. DEUXIEME FAMILLE. We>We>teJ. Cette famille comprend ceux des Conchifres tnuipdes dont la coquille est in- quivalve, inquilatrale, transverse et ligament intrieur. Ces coquilles ne sont pas sensiblement billantes sur les cts ; l'un de leurs crochets est toujours plus prominent que l'autre. L'une des valves est embote dans l'autre, qui la dborde. 1 er GENRE. Cclmle. Corbula, Rruguires. (Corbula, petite corbeille.) Coquille inquivalve, inquilatrale, peu ou point billante. Une dent cardinale conique, courbe, ascendante; et ct de cette dent, une fossette sur chaque valve. Pas de dents latrales. Ligament intrieur fix dans les fos- / i M J^ \ settes. Les coquilles de ce genre sont \ >T p ^-A f ' SUrtOUt remarquables par l'illgalit Fig. 190. Charnire V Corbule sillonne-. de leurs valves, dont l'une s'embote en quelque sorte dans l'autre. Peu nombreux en espces vi- vantes, presque toutes exotiques, le genre Cor- FU.MI. Corbule noya,,. ITk bule est plus riche en tbssiles, qu'on trouve dans les couches plus nouvelles que la craie. T> 2 e GENRE. StauW. Pandora, Rruguires. (Nom mythologique.) Les Pandores sont inquivalves, inquilatrates, transverses ; la valve suprieure, 8 HISTOIRE NATURELLE. plus petite , est aplatie et dborde par la valve infrieure, qui est convexe. Ces petites coquilles sont toutes marines et remarquables par leur aspect nacr. La charnire des Pandores est forme par deux dents cardinales , oblongues , divergentes et ingales sur la valve suprieure, tan- dis que l'infrieure ne pr- sente que deux fossettes qui correspondent aux dents de la valve oppose. Le liga- Fig. 193. Charnire de la Pandore rostre. Fie 194. Pandore roslre. IUCUt OSt intrieur. Les Pandores se trouvent dans presque toutes les mers; et il y en a de fossiles Grignon. TROISIME FAMILLE. (Aic, pierre ; epa^w, je mange.) Les Lithopbages sont des coquilles perforantes, sans pices accessoires, sans fourreau tubuleux particulier. Elles sont plus ou moins billantes leur ct ant- rieur. Le ligament est extrieur. Elles s'tablissent pour toujours dans une cavit qu'elles creusent dans les rochers; leur extrmit antrieure est place l'orifice du trou qui les contient, de manire recevoir facilement l'eau dont elles ont besoin. La forme des Litbophages n'est pas toujours rgulire; souvent la coquille a t moule en quelque sorte sur les corps que l'animal a perfors, mais dont il n'a pu dissoudre toutes les parties. Dans ce cas les valves sont plus ou moins dformes, et ont pris du dveloppement dans la direction qui prsentait le moins d'obstacle. 1 er GENRE. OJa'Ccwe. Su.ricava, Lamarck. (Saxum, rocher ; cavare, percer.) LesSaxicaves sont des coquilles inquilatralcs, transverses, billantes antrieu- Fig. 195. Saxicave gallicane. Fie. 196. rement. Charnire sans dents ou presque sans dents. Ligament extrieur. Les Saxicaves vivantes habitent les mers d'Europe et les mers australes ; les espces fossiles sont assez communes Grignon. Fig". 190. Saxicave roupie. HISTOIRE NATURELLE. 2e GENRE. rccoi. Petriola, Lamarck. (Petra, pierre ; colre, habiter.) Les Ptricoles sont subtrigones, transverses et inquilatrals. Le ct postrieur est arrondi, tandis que l'antrieur est plus effil et un peu billant. La charnire se compose le plus souvent de deux dents sur chaque valve. Quelques espces n'ont de dents que sur une seule valve. Fie. 200. Ptricole costelle. Fig. 201. Fin. 202. Charnire. Fig. 205. Ptricole lithophags. 5 e GENRE. Q- cncxuoe. Venerupis, Lamarck, (Vnus ; rupis, de roche.) Coquille inquilatrale, transverse, ct postrieur fort court et arrondi ; l'an- trieur est un peu baillant. La charnire est forme de deux dents petites, rappro- ches et peu ou pas divergentes sur une valve, et de trois sur l'autre; rarement on remarque trois dents sur chaque valve; le ligament est extrieur. Les Vnrupes ont beau- coup de rapports avec les Ptri- coles, quant leurs habitudes; mais Fig. 204. vnmpe crnele. fig. 20s. elles se rapprochent plus des Vnus par leur organisation. On les a nommes V- nus de roches parce qu'elles s'enfoncent et vivent dans les roches molles ou la vase durcie. L'animal des Vnrupes est le mme que celui des Vnus. On en connat quelques espces fossiles des environs de Paris. I e GENRE! Q'iakA,. Hiatelle, Qaudin, (Hio, je bille.) Coquille quivalve, trs-inquilatrale, transverse, billante au bord suprieur ; charnire ayant une petite dent sur la valve droite, et deux dents obliques, un peu plus grandes, sur la valve gauche ; ligament extrieur. On ne connat qu'une espce de ce genre, elle n'est pas perforante et se trouve sur des fucus dans les mers du Nord. F o- 2 6- Hiatelle. QUATRIME FAMILLE. ?/i/t/tacc-j. Les Nymphaes se distinguent par la prsence de deux dents cardinales au plus no HISTOIRE NATURELLE. sur la mme valve ; leur coquille est un peu billante aux extrmits latrales. Le ligament est extrieur, et les nymphes sont en gnral saillantes au dehors. Les unes rappellent la forme des Solnacs, ce sont les Nymphacs solnaircs; la plupart des autres ne s'cartent pas de celle des Tellines, ce sont les Nymphacs tel /inaires. t/wt/iAaced Jou??a/j'cd 1 er GENRE. G'aitamiiolcxtvc. Sanguinolaria, Lamarck. (Sangttis , sang : couleur de sang.) Coquille transverse, presque elliptique, un peu billante aux cts antrieur et postrieur. La charnire prsente sur cha- que valve deux dents rapproches. Les Sanguinolaires ont des couleurs assez vives et varies de bleu, de rose et de jaune ; elles viennent des mers de l'Inde et de celles de l'Amrique. Fig. 207. Cliftrnicre de la Siu>giiinolcire ride. FlG. 208. San^uinolaire ride. 2 e GENRE. Svtta/iuiuorue. Psammobie, Lamarck. (Vctfm&, sable ; ftio;, vie.) Coquille transverse, ovale-oblongue, comprime, un peu billante de chaque ct, et crochets un peu saillants. Deux dents sur une valve, une seule dent sur l'autre. FtG. 209. Charnire de Psammuliie. Fig. 211. Psammobie fleurie. Fig. 210. Les Psammo- bies sont de jolies petites coquilles qu'on rencontre dans le sable et dans presque tou- tes les mers, et quelques espces se trouvent assez abondamment dans les lagunes de Venise. HISTOIRE NATURELLE. (il 3 e GENRE. A ttauiuolee. Psmmotea, Lamarck. ('Paf/.u.uTO?, ensabl.) Coquille transverse, ovale-ohlongue, lgrement billante sur les cts ; char- nire compose d'une dent sur chaque valve, et quelquefois d'une dent sur une seule valve. Ligament extrieur. Ce genre a tant de rapports avec le prcdent qu'il serait convenable de les runir. Les espces se trouvent dans les mmes localits, et l'une d'elles a reu le nom de Psammote Tarentine, parce qu'elle est commune dans le golfe de Tare n te. tP Fig. 212. Psamihote pellucide FiG. 213. Intrieur de la mme. Fig. 214. Prolil. So ?/M/inarc e GENRE. LaetieJ>. Egeria, Lea. (Nom mythologique.) Coquille subarrondie ou subtriangulaire, bords in- ternes lgrement crnels ; charnire compose de dents latrales et de deux dents cardinales divergentes, dont une bifide, dans chaque valve. Ligament externe. Ce genre est assez nombreux en espces, toutes fos- siles; on les trouve dans le terrain tertiaire d'Ala- bama. Fig. 225. Egrie triangulaire. 7 e GENRE. (JrJrTiacc. Donax, Lamarck. (AcvaE, roseau.) Une des espces du genre tait depuis longtemps connue sous le nom de Bec-de- flte cause de sa forme. Coquille transverse, quivalve, inquilatrale, ayant un ct trs-court et obtus. La charnire a deux dents cardinales sur chaque valve ou sur une seule, et une ou deux dents latrales plus ou moins distantes. Le liga- ment est extrieur et court. L'animal des Donaces fait sortir de sa coquille deux tubes ou siphons disjoints, grles, fort longs, et un Fig. 226. Donacc rugueuse. . . . ,, , pied lamelleux et large. Le pied a cela de particulier, que l'anima] peut s'en servir pour sauter; le mou- vement subit que ce pied imprime la coquille par son lasticit peut, la lancera une distance de trente et quelques centimtres. Fig. 227. Charnire de Donne Bec-de-llle. FlG. 22S. Les Donaces sont recherches comme aliment; on les mange cuites de prfrence. Elles vivent enfonces une petite profondeur dans le sable des rivages, d'o il est facile de les dgager pendant les mares basses. On les voit alors sauter et chercher regagner l'eau dont elles sont prives. Ces coquilles viennent pour la plupart des mers d'Asie et d'Amrique ; les cotes de France fournissent aussi quelques espces. Les fossiles de ce genre sont peu nombreux. HISTOIRE NATURELLE. 6S 8c GENRE. Capctc. Capsa, Lamarek. (Kai^a, cassette.) Coquille transverse, quivalve, inquilatrale, non billante. La charnire est forme de deux dents sur une valve, et d'une seule dent bifide et intranle sur l'autre. Le ligament est extrieur et plac sur le ct le ^^ plus court. Il n'y a pas de dents latrales. On ne connat qu'un trs-petit nombre d'espces de ce genre; elles sont peu remarquables par leur couleur, et viennent des mers d'Asie et d'Amrique. Fig. 229. Capse du Brsil. Fie. 230. Charnire de la Capse du Brsil. Fig. 231. 9e GENRE. C/UttMiue. Crassina, Lamarek. (Diminutif de crassus, pais.) Coquille suborbicule, quivalve, subinquilatrale, non billante et comprime. La charnire a deux dents fortes sur chaque valve; ces dents sont divergen- tes sur une valve et trs-ingales sur l'autre. Le ligament est extrieur et plac sur le ct le plus long. Les es- pces de ce genre sont assez paisses. Elles ressemblent beaucoup l'ext- F ig. 232. Oassine crassateiie. f.g. 233. rieur aux Crassatelles. Le nom de Crassine, donn ce genre par Lamarek, devra tre remplac par celui 'Astart, propos antrieurement par Sowerby. TROISIEME SECTION. DIMYAIRES LAMELL1PEDES. Les Lamellipdes ont le pied aplati , lamelliforme et plac plus prs de la base de la coquille que du bord postrieur. Ils ont t diviss en six familles. Les uns ont deux ou trois dents cardinales sur une valve, l'autre valve en ayant autant ou moins ; quelquefois des dents latrales (Conques). D'autres ont les dents cardinales irrgulires, soit, dans leur forme, soit dans leur situation, et en gnral accompagnes d'une ou deux dents latrales (Cardiacf's). J 66 HISTOIRE NATURELLE. D'autres ont les dents cardinales petites, nombreuses, intranles, et disposes sur l'une et l'autre valve en ligne, soit droite, soit arque, soit brise (Arc a ces). Quelques-uns ont des dents lamelliformes, stries transversalement (Trigons). Un grand nombre prsentent une charnire tantt munie d'une dent cardinale irrgulire, simple ou divise, et d'une dent longitudinale qui se prolonge sous le corselet ; tantt n'offrant aucune dent , et seulement garnie, dans sa longueur, de tubercules irrguliers, granuleux (Naades). Enfin quelques-uns sont irrguliers, inquivalvcs, n'ont point de dent la char- nire, ou n'en ont qu'une seule grossire (Camacs). PREMIRE FAMILLE. (/Panaceed. (Concha, coquille. Les Conques ont deux ou trois dents cardinales sur une valve, l'autre en ayant iiitant ou moins; quelquefois des dents latrales. Leur coquille n'est jamais bil- lante sur les cts; elle est quivalve orbiculaire ou transverse, et toujours rgu- lire. Les Conques sont fluviatiles ou marines : les premires, indpendamment des dents cardinales, ont des dents latrales et sont recouvertes d'un faux pidmie. L'animal a le pied allong, troit et peu saillant. Les secondes, pour la plupart, n'ont point de dents latrales : rarement leur coquille est couverte d'un drap marin ; l'animal a le pied large et saillant. Les noms donns aux subdivisions de cette famille sont tous emprunts la my- thologie ?enrie(Cd //t< ut'a/t/cj . Les Conques fluviatiles habitent les eaux douces ; elles ont une coquille cou- verte d'un pidmie verdtre qui est souvent excori et comme rong sur les cro- chets. Elles vivent habituellement enfonces dans la vase. 1" GENRE. C-yclacV Cyclas, Lamarck. (Cyclades, nymphes de la mer Ege.) Coquille ovale-bombe, trs-fragile, trs-mince, quelquefois transparente, trans- verse, quivalve ; charnire compose de dents trs- petites et quelquefois presque nulles. Les dents car- dinales sont, sur chaque valve, au nombre de deux, l'une d'elles plie en deux, ou une valve deux dents, et l'autre valve n'a qu'une seule dent plie ou lobe. Les dents latrales sont allonges transversalement et lamelliformes. Le ligament est extrieur. Fie. 234. Cyclas cornea. HISTOIRE NATURELLE. 67 Les Cyclades habitent les eaux douces de tous les pays; elles sont /k. gnralement petites et recouvertes d'un pidmie vert ou brun, ja- mais excori. Elles s'enfoncent dans la vase aux approches de l'hi- ver, comme toutes les coquilles flu- viatiles, et ne reparaissent qu'au printemps. Les Cyclades fossiles se trouvent dans les marnes blanches qui sont entre la craie et les premiers dpts de l'argile plastique. 2 e GENRE. L/Ut'cuc. Cyrena, Lamarck. [Cyrn, tille du Pne.) Coquille arrondie, subtrigone , inquilatrale , ventrue, assez paisse. Trois dents cardinales sur chaque valve, et presque toujours deux dents latrales, dont une est peu distante des dents cardinales. Le ligament est extrieur et plac sur le plus grand ct. Fie. 238. Fig. 239. Cyrne dii Bengale. Fig. 240. Les Cyrnes sont, toujours plus grandes et plus paisses que les Cyclades ; elles habitent les fleuves et les grandes rivires, et sont couvertes d'un pidmie verd- tre, excori sur les crochets. On n'en trouve pas une seule espce vivante en Eu- rope, mais plusieurs espces fossiles. 5 e GENRE. C/alttlbee. Galathea, Bruguires. (Galathe, Nride.) Coquille trs-paisse, quivalve, subtrigone, dont la charnire est compose de dents cardinales sillonnes et de dents latrales distantes : les premires, au nom- bre de deux sur une valve, sont conniventes leur base; l'autre valve en a trois, celle du milieu prominente et calleuse. Le ligament est extrieur, court et bom- b. Les nymphes sont avances. Les Galathes sont fluviatiles et couvertes d'un pidmie verdtre et poli; on en connat deux espces : la Galathe rayons et la Galathe cloisonne, dcrite depuis peu par M. Duvalde Rennes. Toutes les deux sont encore rares, et la dernire surtout. 08 HISTOIRE NATURELLE. L'animal a le corps pais ; le man- teau est ouvert en dessous et en avant, ferm en arrire et prolong en deux tubes gaux et spars jusqu' la base. Le pied est large , oblong et com- prim. On trouve les Galathes en- Kig. 241. Charnire de la Galalhe. Fie. 242. Galalhe rayons. fonces dans les bancs de sable l'embouchure des fleuves de la cte de Ma- laguette en Afrique , o elles sont assez communes. Les Ngres qui vivent sur les bords de ces fleuves connaissent parfaitement la Galatbe, qu'ils nomment Cokr, et se nourrissent de son animal dans les temps de disette. C'est, du reste, un mets de fort mauvais got et qui rpugne par sa fadeur. Les Conques marines n'ont , pour la plupart , point de dents latrales et point d'piderme. Elles se composent de coquilles fort lgantes par leur forme, leur couleur, et les stries ou les pines dont quelques-unes sont ornes. l ei GENRE. C^-i/Lniin'. Cyprina, Lamarck. [Cypris, surnom de Venus.) Coquille quivalve, inquilatrale, cordiforme. Charnire compose, sur chaque valve, de trois dents cardinales, in- gales, rapproches leur base et un peu divergentes suprieurement, et d'une dent latrale plus ou moins d- veloppe et distante. Les callosits sont termines prs des crochets par une fossette ; le ligament est extrieur et s'enfonce en partie sous les crochets, qui sont recourbs. Les Cyprines sont grandes et cou- vertes d'un pidmie d'un brun ver- dtre terne. L'animal a les deux lobes du manteau runis postrieurement, et se terminant de ce ct en deux siphons trs-courts. On les trouve l'embouchure des grands fleuves de l'Ocan Boral. Les espces fossiles viennent d'Italie. rie. l\i. Charnire de la typrine d Islande. HISTOIRE NATURELLE. 69 2 e GENRE. G-uttee. Cythera, Lamarck. [Cythre, surnom de Vnus.) Coquille quivalve, inquilatrale, suborbicuaire, trigone ou transverse. Char- nire compose de quatre dents cardinales, dont trois diver- gentes et rapproches leur hase, et une isole et situe sous la lunule, sur une valve; l'autre valve n'a que trois dents cardinales divergentes et une fossette un peu distante et parallle au bord. Point de dents latrales. (Voyez pi. 3.) Les Cylhres sont toutes marines. 11 y en a un grand nombre d'espces, remarquables par la beaut et la diversit de leurs couleurs. On en trouve dans toutes les mers, et l'on en connat aussi beaucoup de fossiles. Les Cylhres ne sont jamais couvertes d'pidmie. Quelques-unes sont lisses ; les autres ont des stries concentriques plus ou moins prononces, des sillons, des lamelles ou des pines. (Voyez pi. 3.) La Cythre pineuse, dont nous donnons la figure, est F I G Q 41 connue des collecteurs sous le nom de Conque de Vnus; Cjiur,e pineuse. Protii. elle est remarquable par la singulire disposition des pines, le contraste des cou- Fig. 245. Cvllii ee pineuse. Fio. 210. Intrieur de la mme: Fjg. 247. Charnire de la Cylhre Cedo-milli. leurs et l'lgance des lames transversales qui la couvrent. Cette jolie coquille, qu'il est bien difficile d'avoir intacte, vient des Antilles. 3 e GENRE. Q- ctuuJ. Venus, Lamarck. (Vnus.) Coquille quivalve, inquilatrale, suhorbiculaire ou transverse. La charnire est compose de trois dnis cardinales rapproches sur chaque valve ; la mdiane 70 HISTOIRE NATURELLE. est droite, les deux autres divergentes au sommet. Le ligament est antrieur et recouvre Fcusson. Comme les Cythres, les Vnus sont tontes marines et trs- agrablement varies dans leurs couleurs; on en connat un trs-grand nombre d'espces, mais les plus belles viennent des mers des pays chauds. Les habitants des bords de la mer, les Provenaux surtout, sont trs-friands d'une espce de Vnus, la Vnus croise, qu'ils nomment vulgairement Clovisse. Les Vnus ne diffrent des Cythres que par l'absence d'une dent latrale qui se trouve sous la lunule de ces dernires. Les habitudes et l'organisation des animaux de ces deux genres sont les mmes ; et si Lamarck a cru devoir les sparer, c'est parce que leur runion rendrait bien difficile la recherche des espces qui se confondent entre elles, faut-il dire, par des nuan- ces aussi multiplies que gra- dues. Le manteau de l'animal des Cythres et des Vnus consiste en une membrane fort mince, divise, dans toute sa longueur, en deux lobes gaux qui tapis fig. 249. inirieur de la mme. sent les parois intrieures de ses valves et adhrent leurs bords. L'extrmit antrieure du manteau se prolonge en deux siphons cylindriques assez longs, ingaux, runis jusqu'au milieu de Fig. 248. Venus liiantine. Fig. 250. Charniers do !.i Venus de Guide. Fig. 251. leur longueur. L'un de ces tubes sert l'introduction de l'eau ncessaire a l'ali- mentation et la respiration ; l'autre est la dernire partie du tube digestif. Ces siphons sont termins par une couronne de papilles, organes principaux du tou- cher. Le pied est dvelopp, presque aussi large que la coquille, et prend di- verses formes en se contractant ou s'allongeant. Ces mollusques s'enfoncent dans le sable ou dans la vase, les siphons toujours dirigs vers l'ouverture de leur HISTOIRE NATURELLE. 71 retraite pour communiquer avec l'eau. On ditque ces animaux vicnncntquelquefois la surface de l'eau, lorsque la mer est calme. Il y a beaucoup de Venus fossiles. 4 e GENRE. Q euexicates*. Venericardia, Lamarck. (Vnus et Bucarde.) Coquille qnivalve, inquilatralc, suborbiculaire, le plus souvent ctes longi- tudinales rayonnantes. La charnire a deux dents cardinales obliques diriges du mme ct. Fig. 252. Charnire du la Vnricarde de Jou.innet. Fie 255. Les Vnricardes forment le passage de la famille des Conques celle des Cardia- cs ; en effet, elles ont peu prs la charnire des premires et les ctes longitudi- nales des Bucardes. On connat peu de Vnricardes vivantes : presque toutes sont fossiles. DEUXIME FAMILLE. (alc/taced. (Kap&t*, cur.) Les Cardiacs ont les dents cardinales irrgulires, soit dans leur forme, soit dans leur situation, et en gnral accompagnes d'une ou deux dents latrales. 1 er GENRE. c l)ouaxx?e- Cardium, Lamarck. ( KaptS'ta, cur.) Coquille qnivalve, subcordiforme, prsentant la surface externe de ses val- ves des ctes longitudinales plus ou moins prononces, des stries, des cailles ou Fig. 254. Buo.irde tuile.' Fig. 255. Bucarde cur de Jnnon. Fig. 256. 79 HISTOIRE NATURELLE. des pines-; l'intrieur, les valves sont lisses, mais sillonnes ou plisses vers le bord. La charnire a, sur chaque valve, quatre dents, dont deux cardinales rappro- ches et obliques, s'articulant en croix avec celles de l'autre valve, et deux dents Fig. 257. Durante tubercule. Fig. 258. Charnire de Bucinle marbre. latrales cartes et intrantes. Les crochets sont trs-saillants, le ligament est ext- rieur et trs-court, et les impressions musculaires sont peu apparentes. L'animal des Bucardcs a deux siphons ingaux et cilis leur extrmit, et un pied grand, fort et recourb. Les Bucardes vivent enfonces dans le sable prs des ctes, et toutes les mers en fournissent. On les mange dans quelques pays, mais elles sont coriaces et peu estimes. Quelques espces ont la forme d'un cur, et c'est sous ce nom qu'on les dsi- gnait autrefois ; chacune des valves des espces cordiformes reprsente assez un bonnet phrygien. On trouve en Europe des Bucardes fossiles qui ont leurs analogues vivantes dans l'Ocan Asiatique. 5 e GENRE. Cscvcd'de. Cardita, Bruguires. (Diminutif de cardium.) Coquille Fig. 250. quivalve, inquilatrale. Charnire compose, sur chaque valve, de deux dents ingales : l'une courte, droite, situe sous les crochets; l'autre oblique, marginale, se prolongeant sous le corselet. Les Cardites sont toutes marines ; la charnire est presque terminale, cause de la disproportion des cts, dont l'un est trs-court, tandis que l'autre est fort allong. On dit que quelques espces s'attachent aux ro- Cardite raboteuse. Fig. 260. chers par des Soies COUrtCS, analogues HISTOIRE NATUREL LE. 73 au byssus du Jambonneau ; mais ce fait est encore vrifier. Les Cardites vi- FlG. 261. Charnire de la Cardite brune. Fie. 262. vantes viennent particulirement des mers de l'Inde ; les fossiles se rencontrent dans les terrains tertiaires. 3 e GENRE. (L^mm attire- Cypricardia, Lamarck. (Cypris et Bucardc.) Coquille quivalve, inquilatrale, allonge obliquement ou transversalement. La ebarnire a trois dents cardinales sous les croebets, et une dent latrale se pro- longeant sous le corselet. Les Cyprieardes ont , avec la forme des Car- dites, trois dents comme les Vnus : de l le choix du nom qui les distingue, et qui indique qu'elles tiennent des unes et des autres. La plupart des Cyprieardes s'enfoncent dans la Fi g. 263. Cypricarde anguleuse. Fig. 264. Churnire de la mme. vase durcie et les pierres tendres ; on en trouve mme dans les madrpores. Les espces vivantes se trouvent dans les mers des pays chauds, et les fossiles ont t fournies par le calcaire oolitbique de Bayeux, prs Caen, et le bassin de Paris. 4 e GENRE. c'ttcaxtDe. Isocardia, Lamarck. (lac;, semblable; xapta, cur.) Coquille quivalve , cordiforme, trs-ven- true et bombe. Charnire compose de deux dents cardinales aplaties, intrantes, dont l'une se courbe et s'enfonce sous le crochet, et d'une dent cardinale allonge, situe sous le corselet. Le ligament est extrieur et bifurqu d'un ct. Les croebets obliques, carts et rouls en spirale. l r ' G - - r >3- Isocarde des Grandes-Indes. Fin. 26fi. 10 74 HISTOIRE NATURELLE. Les Isocardes se distinguent facilement par leur forme globuleuse ; on en con- nat peu d'espces vivantes; elles viennent des mers d'Europe, de l'Inde et de la Nouvelle- Hollande, mais on en trouve sept on huit espces fossiles. Fig. 267. Charnire de l'isocarde globuleuse. FiG. 268. La coquille la plus commune du genre est souvent dsigne,. par les collecteurs, sous le nom de Cur de buf : c'est l'Isocarde globuleuse. TROISIME FAMILLE. e GENRE. cotcbe. Arca, Lamarck. Irca, arche, bateau.) Coquille transverse, subquivalve, inquilatrale, ventrue. La charnire est linaire et forme par des dents nombreuses sriales et inlrantes; elle n'a pas de il.;. 273 Arche ,i uiculee. tfiG. 2.4. ctes ses extrmits comme les Cuculles. Le ligament est extrieur et insr largement entre les crochets, qu'il spare. Un grand nom- bre d'Arches offrent un bil- lement trs-sensible vers le milieu du bord suprieur. Les Arches ne sont pas toujours rgulires ; leur surface extrieure est garnie de ctes plus ou moins le- ves et (le stries OU de Si!- Fig. 273. Arche bi.-tu ^J- 76 HISTOIRE NATURELLE. Ions; ces coquilles sont recouvertes d'un pidmie cailleux, pais, souvent velu. Le ligament est si mince, qu'il semble destin seulement couvrir la charnire et empcher l'introduction de petits corps trangers entre les dents. Les Arches sont des coquilles assez communes ; les habitants des ctes les mangent par nces- sit plutt que par got. On les trouve dans le sable baign par la mer. Une des coquilles de ce genre est nomme Arche de INo , cause de l'aplatisse- ment de sa base, de sa forme allonge et ventrue, qui lui donne quelque ressem- blance avec un bateau. L'Arche bistourne se distingue facilement par l'obliquit et la torsion de ses valves. Les coquilles de ce genre sont gnralement blanches ou bruntres, et couvertes d'un pidmie d'un brun plus ou moins fonc. Les plus remarquables viennent de l'Ocan Indien. Les espces fossiles sont aussi fort com- munes. 5 e GENRE. Jreiouate. Pectunculus, Lamarck. (Pectunculus, nom latin sous lequel on dsignait ces coquilles.) Coquille orbiculaire assez paisse, comprime, quivahe, subquilatrale, non billante. La charnire est en ligne courbe , garnie d'une srie de petites dents obliques et intrantes; celles du centre presque nulles ou peu marques. Le liga- ment est extrieur, formant facette entre les crochets, qui sont peu carts. Lesbords internesdes Ptoncles sont ton joursernels, et leur surface externe, souvent orne de fort belles cou- leurs, prsente presque toujours des ctes nombreuses. Les Ptoncles n'ont pas de byssus ; leur forme est orbiculaire, plus ou moins aplatie. Les valves sont exactement fermes. Ces coquilles sont couvertes d'un pidmie cailleux et souvent velu. On connat un Fie. 27ij. PdtoiL.ie Qammut. assez grand nombre d'espces vivantes qu'on trouve dans toutes les mers, et presque autant d'espces fossiles de France. V GENRE. OlumlV. Nucula, Lamarck. (Nucula, petite noix.) Coquille transverse, ovale, trigone ou oblongue, quivalve et inquilatrale. La charnire est en ligne brise et interrompue au milieu par une fossette occupe parle ligament, qui est en partie interne et en partie sur le bord des valves. Les Fig. 277 . Nih'iiIc i-oslrce. lie. 278. dents de la charnire sont nombreuses et souvent triangulaires; elles sont trs-pe- HISTOIRE NATURELLE. 77 tites, aigus, et celles d'une valve s'embotent dans les intervalles des dents de l'au- tre valve. Les crochets sont contigus et obliques. Les Nucules sont de fort jolies petites coquilles marines presque toujours nacres l'intrieur, et recouvertes d'un pidmie vert l'extrieur. Leur forme est assez variable ; quelques-unes sont fort allonges. On trouve des Nucules dans toutes les mers, et les espces fossiles de ce genre sont assez communes en France et en Italie. QUATRIME FAMILLE. ^/4 / racuuJ. Les Trigons sont des coquilles rgulires, quivalves, inquilatrales, ornes de ctes et prsentant la charnire des dents lamelleuses et stries transversalement. Cette famille se compose particulirement d'espces fossiles. 1 er GENRE. L^aqome. Trigonia, Bruguires. (Tpr^ovc; , trigone.) Coquille quivalve, inquilatrale, trigone, assez paisse. La charnire est com- pose, sur une valve, de deux dents cardinales oblongues, aplaties sur les cts, di- vergentes et sillonnes transversalement de chaque ct; l'autre valve a quatre dents semblables, mais sillonnes d'un seul ct. Le ligament est extrieur et marginal. L'on ne connat qu'une seule espce vivante de Trigonie, et pendant longtemps elle a t extrmement rare, parce qu'elle ne se trouve que dans des parages peu visits jusqu' ces derniers temps, et de grandes profondeurs; elle est fort agrablement nacre l'intrieur, et la teinte de la nacre varie du jaune au violet et au blanc. Lorsque Vstrolabe arriva sur les ctes australes de la Nou- velle-Hollande , disent MM. Quoy et Caimard, nous n'ou- blimes point que nous avions rechercher l'animal de la Trigonie, dont Prou n'avait rapport que la coquille. Aprs de nombreuses recherches, ce ne fut qu' la sortie du dtroit de Bass, par un calme plat et pendant la nuit, qu'en jetant la Fig. 279. Trigonie pecline. Fie. ISO. Fig. 281. Charnire de la Trijume pectine. drague par quatorze brasses de profondeur, nous amenmes parmi d'autres co quilles une fort petite rigoni vivante. Il fallait toute l'attention que nous y por 78 HISTOIRE NATURELLE. tions pour la reconnatre la lueur d'un fanal. Nous tenions tant rapporter cette coquille avec son animal, que lorsque nous fmes, pendant trois jours, en perdition sur les rcifs de Tonga-Tabou, c'est le seul objet que nous primes de notre collection. Ce fait ne rappelle-t-il pas cet officier, amateur de coquilles, qui porta constamment dans sa poebe, pendant la guerre de sept ans, une Phasianelle, unique alors, et qu'il avait achete vingt-cinq louis! 2 e GENRE. Oid. Opis, Defrance. [Ops, Opis, surnom de la terre.) Coquille cordiforme; charnire longue, ayant sur une valve une grande dent comprime, un peu oblique, pyramidale, et cot une cavit troite et peu profonde; l'autre valve a une grande cavit conique pour recevoir la dent del valve oppose; et cot, une petite dent allonge prs du bord. Le ligament est extrieur; les crochets sont grands, saillants. Le genre Opis est exclusivement compos d'es- pces fossiles. On en trouve en France et en Angleterre. e GENRE. {.sCtiaXic. Castaha, Lamarck. [Castalie. fontaine du mont Parnasse.) Coquille quivalve, inqui- latrale, trigone, ventrue ; la charnire a deux dents lamel- leuses transversalement stries, l'une carte, raccourcie, la- melliforme , l'autre allonge et latrale, Le ligament est extrieur ; les crochets sont recourbs , obliques et exco- ris. Ce genre, trs -voisin du suivant, devra sans doute tre runi aux Mulettes. Les Ca- stalies se trouvent dans les eaux douces, au Prou et au Chili. Fie. 284. Charnire do la Castalie ambigu, lia. 2S5. HISTOIRE NATURELLE. 7!) CINQUIME FAMILLE. Les Naades habitent les eaux douces; elles ont une coquille rgulire, qui- valve, inquilatrale et couverte d'un pidmie verdtre, qui souvent est dtruit et rong sur les crochets; l'impression musculaire postrieure est multiple ou com- pose de deux on trois impressions distinctes et ingales. Le pied lamelliforme est allong. I" GENRE. cltWctte. Unio, Bruguires. (Unio, perle.) Coquille quivalve, inquilatrale ; la charnire a, sur chaque valve, deux dents qui s'articulent entre elles quand la coquille est ferme . Tune cardinale, courte, irrgulire, simple ou divise et strie; l'autre latrale, allonge et lamelleuse. Le ligament est extrieur; les crochets, quelquefois trs-dvelopps, sont le plus sou- vent excoris. Les Mulettes ou Moules de rivire vivent dans les fonds vaseux des eaux douces Fig. 28S. Mulutte variqueus Fig. 286. Charnire de la Mnletle dont paisse. Fig. 287. de tous les pays. On en connat un grand nombre d'espces qu'il est trs-difficile de bien distinguer. Les transitions presque insensibles par lesquelles on passe de l'une l'autre, dit M. Deshayes, feraient presque croire une espce unique, va- riant l'infini, selon les climats et les localits. 80 HISTOIRE NATURELLE. Les Mulettes sont nacres l'intrieur, et cette nacre offre plusieurs nuances de pourpr violet, cuivr et iris. Ces coquilles produisent des perles, mais'elles ont peu de valeur. Linn, ayant remarqu que les perles n'taient autre chose que des excroissances dues une blessure ou une maladie de l'animal , a propos de faire FlG. 289. Mulette des peintre!.. Fig. 290. Mulelle lisse. pcher un grand nombre de Mulettes, de les percer sur un point avec une tarire trs-fine, de les parquer comme on le fait pour les Hutres , et d'attendre le temps ncessaire pour que les perles soient formes. Ce procd, que le gouvernement sudois crut assez important pour en faire un secret, bien russi fournir quel- ques perles ; mais, la dpense l'emportant de beaucoup sur la recette que ces perles mdiocres pouvaient produire, on fut oblig d'y renoncer. Les plus belles espces viennent des grands fleuves de l'Amrique. Les Moules de rivire ne sont pas mangeables ; elles sont coriaces et ont un got extrmement fade. 2 e GENRE. ffy \ #M'^ ' % HP vv Fig. 30S. Hippope macule. FlG. 309. Profil de la mme. souvent couverte d'caills. Cette coquille n'atteint jamais les dimensions des Tri- dacnes ; elle est plus vivement colore et sert aussi de petit bnitier ou d'ornement de chemine. L'Hippope macule, la seule espce du genre, se trouve dans l'ocan des Grandes-Indes. L'animal des Tridacnes et des Hippopes offre de fort belles couleurs. Celui de la Tridacne safrane, dcrit par MM. Quoy et Gaimard, est d'un superbe bleu de roi sur les bords, linol en travers de bleu de ciel; plus en dedans est une range de lunules d'un jaune verdtre ; le centre est d'un violet clair, avec des lignes longi- tudinales ponctues de brun. On a sous les yeux l'un des plus charmants spectacles que l'on puisse voir, lorsque, par une petite profondeur, un grand nombre de ces animaux talent le velout de leurs brillantes couleurs, et varient les nuances de ces parterres sous-marins. Comme on n'aperoit que leur ouverture billante, on ne peut pas se figurer ce que c'est au premier aspect. DEUXIME EA MILLE. ^yf^tcaced. Les mollusques de cette famille ont le manteau adhrent vers les bords, pais et fendu dans toute sa partie infrieure ; un pied linguiforme, canalicul, avec un 88 HISTOIRE NATURELLE. byssus en arrire de sa base. Le ligament est subintrieur, marginal, linaire, et occupe une grande partie du bord. Cette famille se compose de quatre genres. 1 er GENRE. cJHWiclV. Modiola, Lamarck. (Modiolus, mesure.) Coquille subtransverse, quivalve, rgulire, ct postrieur trs-court; cro- chets presque latraux, abaisss sur le ct court. Charnire -latrale, linaire, sans dents. Ligament presque intrieur,' reu dans une gouttire marginale. Une im- pression musculaire sublatrale, allonge et en hache. Fie. 310. Modiole de la Guyane. Fig. 311. Modiol cte blanche. Fig.312. La coquille des Modioles ne diffre de celle des Moules que parce qu'au lieu d'tre longitudinale comme ces dernires, elle est transverse, et que les crochets ne sont pas terminaux. Les Modioles sont aussi bonnes manger que les Moules. On en connat un grand nombre d'espces vivantes dans toutes les mers ; quelques-unes sont fort belles et ornes de brillantes couleurs sous un piderme dont la nuance varie du noir au brun verdtre. Une des plus remarquables est la Modiole tulipe, qui est transpa- rente et prsente des rayons de diverses couleurs, comme les ptales d'une tulipe. On connat une vingtaine d'espces fossiles. 2 e GENRE. cJHWil'e-X Mytilus, Lamarck. (Mytilus, ancien nom de ces coquilles.) Coquille longitudinale, quivalve, rgulire, pointue sa base, se fixant par un byssus. Les crochets presque droits, ter- minaux, pointus. Charnire latrale, plus souvent dente. Ligament marginal, subintrieur. Une impression musculaire allonge en massue et sublatrale. Les Moules sont des coquilles bien con- nues ; moins recherches que les Hutres, | elles no sont pas moins utiles, puis- HISTOIRE NATURELLE. 89 qu'elles servent l'alimentation d'un grand nombre d'individus. La charnire consiste seulement en un sillon grle et allong, qui se termine quelquefois au sommet de chaque valve par une petite protubrance peine sensible, et qu'on ne peut regarder comme une dent. Le ligament est log dans ce sillon et ne fait aucune saillie au dehors; il se pro- longe jusque vers le milieu de la coquille. L'animal de la Moule est ovale allong ; les lobes du manteau sont diviss, chacun sur leurs bords, en deux feuillets dont l'intrieur est trs-court et porte une frange de petits filets cylindriques et mobi- les; l'extrieur est uni la coquille, fort prs de ses bords. L'ouverture par laquelle s'introduisent l'eau et les principes nutritifs qu'elle contient, fournit en mme temps ce fluide aux branchies. L'estomac est form par une membrane blanche, mince, comme opaline, et qui offre des plis longitudinaux. Le foie est comme gra- nuleux ; il est compos de grains d'un vert plus ou moins fonc, contenus dans des mailles d'un tissu blanc; il forme une couche assez peu paisse qui entoure l'esto- mac. Les intestins se dirigent vers la ligne mdiane et dorsale , s'appliquent au- dessous du cur, se recourbent et se terminent par un petit appendice flottant dans la cavit du manteau, prs de la charnire. Le pied est la partie la plus re- marquable de l'organisation des Moules; il est petit, semi-lunaire lorsqu'il n'est pas en mouvement, mais il est susceptible de s'allonger beaucoup. Il ressemble alors une languette conique ayant sur ses cts un sillon longitudinal , et il est mis en mouvement par plusieurs paires de muscles qui tous pntrent dans son tissu et s'y entrelacent. Lorsque l'animal veut s'attacher un corps tranger, la pointe du pied se re- courbe pour saisir une scrtion visqueuse fournie par une glande situe sa base et la tirer comme un fil dans le sillon dont nous avons parl. Il applique ensuite l'extrmit de ce fil la surface des corps environnants sur lesquels il veut se sus- pendre. Cette scrtion, solidifie aussitt, forme, en rptant cette opration plu- sieurs fois, une touffe de soie flexible que nous avons dj fait connatre sous le nom de byssus. Lorsque quelque cause accidentelle dchire ce byssus, l'animal peut le renouveler, mais on ignore si ces animaux ont la facult de dtacher ce faisceau de soie pour se fixer ailleurs. Les Moules paraissent ne pas jouir d'une grande sensibilit, ce qui s'explique assez par l'absence de filaments tentaculaires. La mme Moule pond et fconde ses ufs, qui sont envelopps d'une gele dans laquelle on voit, l'aide du micro- scope, les petites Moules avec leurs coquilles dj formes. Les Moules vivent en groupes nombreux sur les plages couvertes de rochers de presque toutes les ctes d'Europe, o l'on en fait une grande consommation; on les expdie mme l'in- trieur, et ce commerce n'est pas sans importance. Quoique les Moules soient moins bonnes manger que les Hutres et les Clovisses, elles ne manquent cependant pas d'amateurs ; mais souvent , dans certaines loca- lits, ceux qui en mangent prouvent des accidents trs-graves, dont nous croyons devoir parler. Un mdecin de Bruxelles, M. Durondeau, qui a eu souvent l'occasion d'observer ces accidents, en fait la description suivante : Les signes qui annoncent les effets nuisibles des Moules cuites sont un malaise ou un engourdissement gnral qui se dclare ordinairement trois ou quatre heures aprs le repas; ces symptmes sont suivis d'une constriction la gorge, de gonflement dans toute la tte, et surtout 12 90 HISTOIRE NATURELLE. aux yeux, d'une soif inextinguible, de nauses et quelquefois de vomissements. Si le malade n'a pas le bonheur de vomir en tout ou en partie les Moules ingres, la constriction de la gorge, le gonflement du visage, des lvres, des yeux et de la langue augmentent au point de rendre la parole difficile; la couleur de ces parties devient si rouge, qu'elles semblent excories , et elle s'tend extrieurement , d'a- bord au visage, au cou, la poitrine, puis au ventre et enfin toute la surface du corps. Cette ruption est le symptme le plus caractristique de la maladie; elle est constamment accompagne de dlire , d'une dmangeaison insupportable, et quelquefois d'une grande difficult de respirer, ainsi que d'une extrme roideur, comme dans la catalepsie. Cette ruption ne peut tre compare aucune autre ; ainsi la peau, quoique dj trs-rouge, est parseme de petits points d'un rouge plus fonc encore. On a vu des spasmes, des suffocations, des convulsions compli- quer cet tat, lui donner beaucoup de gravit et mme dterminer la mort. Ces symptmes sont effrayants, mais ils ne sont cependant pas aussi redoutables qu'on Je croirait ; et si les soins convenables sont administrs temps, la gurison ne se fait pas longtemps attendre, quoique l'engourdissement persiste quelquefois pen- dant plusieurs jours. Le traitement consiste faire vomir le malade et lui donner, aprs, de l'eau vinaigre comme boisson, quinzeou vingt gouttes d'tber sur un morceau de sucre, et souvent il convient de le saigner. Ce traitement est habituellement suivi de tran- spirations abondantes, et aprs cinq ou six heures tous les symptmes fcheux dispa- raissent; l'engourdissement seul persiste pendant quelque temps. Le vinaigre parat neutraliser l'effet du poison, qui perd de son activit lorsque les Moules sont cuites. La cause de cette qualit malfaisante des Moules a t successivement, mais tort, attribue la matire colorante orange de leur manteau, leur corruption, leur maigreur, aux phases de la lune, une maladie particulire de l'animal, et surtout la prsence d'un petit crabe du genre Pinnothre, qu'on trouve souvent log dans leurs valves. Des observations suivies prouvent que les Moules ne pro- duisent ces fcheux effets que lorsqu'elles ont mang du frai d'un animal trs- commun, l'Etoile de mer, appele Quai par les pcheurs. C'est depuis le commencement de mai jusqu' la fin d'aot que les toiles de mer dposent leur frai ; ce qui explique assez bien l'opinion vulgaire que les Mou- les et beaucoup d'autres coquilles ne sont mauvaises que pendant les mois dans le nom desquels il n'entre pas dV. 5 e GENRE. AilbcuViue.". Lithorfomus, Cuvi (A.i6o; ; pierre ; Lm, chambre.) Mei- Coquille oblongue, presque galement arrondie aux deux bouts; les crochets placs prs de l'extrmit postrieure. Les Lithodomes se suspendent aux pierres, les percent pour s'y introduire, et y creusent des cavits dont ils ne sortent plus. Une fois qu'ils y ont pntr, leur byssus ne prend plus d'accroisse- ment. Fie. 514. Lilhod'ome litliophagc. HISTOIRE NATURELLE. M 4 GKNRE. Ss-iuiux. Pinna, Lamarck. (Pinna, aigrette. Coquille longitudinale, cuniforme, quivalvc, baillante son sommet, pointue sa base, crochets droits; charnire latrale sans dents; ligament marginal li- naire fort long, presque int- rieur. Les coquilles de ce genre ont t nommes ainsi cause de la ressemblance du byssus avec l'ai- grette que les soldats romains portaient leurs casques. On les connat aussi sous le nom de Jam- Fl0i 315. p; nnc ceaiiicuse. bonneaux, cause de la forme triangulaire de la plupart des espces, et de leur teinte brune et enfume. Ces coquilles sont extrmement minces, presque transparentes, et plus ou moins couvertes d'caills tubuleuses et inclines sur les ctes longitudinales. Elles par- viennent souvent de trs-grandes dimensions : on en trouve qui ont plus d'un mtre de longueur. Les Jambonneaux ont les plus grands rapports d'organisation avec les Moules ; ils ont un pied trs-dvelopp et s'attachent aux rochers l'aide de soies qu'ils filent. Le byssus long et soyeux de ces mollusques est employ par les Napolitains et les Maltais pour faire divers tissus qui ne sont plus recherchs aujourd'hui que comme objets de curiosit, mais qui sont trs-moelleux et qu'on dit trs-chauds et trs-solides. La soie du byssus est d'une finesse et d'une galit de grosseur remar- quables ; sa couleur vert-dor brillant est inaltrable. Les Jambonneaux vivent diverses profondeurs, fixs constamment par leur byssus et dans une position verticale, le gros ct de la coquille en haut. Ils re- cberchent les fonds sablonneux et s'y runissent en troupes nombreuses. La prsence assez frquente d'un petitCrabequi se loge entre les valves du Jam- bonneau a donn lieu au prjug gnralement accrdit que ce petit Crabe, connu sous le nom de Pinnothre, est le gardien fidle de la coquille et le pourvoyeur de l'animal. Lorsqu'il revient charg de butin, dit-on, la coquille s'ouvre un signal convenu, le Pinnothre s'y rfugie et fait le partage de ses provisions. Il le prvient aussi du moindre danger qui les menace, pour qu'aussitt la coquille se referme. Il est certain qu'on trouve souvent dans les valves des Jambonneaux, comme dans celles des Moules, un petit Crabe dont l'enveloppe est si molle qu'il est oblig de chercher dans les coquilles un abri contre les attaques de ses ennemis. Mais une association raisonne et des moyens de conservation aussi compliqus ne parais- sent pas pouvoir s'tablir entre des animaux de nature et de murs aussi diffren- tes , surtout lorsque la nourriture qui convient l'un et l'autre n'est pas Ja mme. 9^2 HISTOIRE .NATURELLE. TROISIME FAMILLE. IL a //en cacc-j. La famille des Mallacs, tablie par Lamarck, se compose de coquilles plus ou moins inquivalves, irrgulires, dont le test est feuillet, souvent mince, trs- fragile, et qui paraissent lies entre elles par de grands rapports. Presque tous les Mallacs se fixent aussi aux corps marins par un byssus. I* 1 GENRE, ^xiieuluc. Crenatula, Lamarck. (Crenatus, crnel.) Coquille subquivalve, aplatie, feuillete, un peu irrgulire. Charnire lat- rale, linaire, marginale, crnele : crne- 1 ures srites , creuses en fossettes , et recevant le ligament-. Quoique les Crnatules forment le pas- sage de la famille prcdente celle des Mallacs, leur adhrence aux corps marins n'a pas lieu par un byssus, et le contour des valves n'offre aucune ouverture. Elles i Wm Fig. 31 G. Crnatule modiolaire. Fig. 317. Charnire del mme. vivent en groupes nombreux dans les ponges, dont le tissu les enveloppe en par- tie, et dont la mollesse permet l'cartement des valves. Les Crnatules sont minces, presque membraneuses, fragiles, feuilletes, et plus ou moins irrgulires. Ce sont des coquilles encore rares et qui habitent les mers des pays chauds. 2 e GENRE. ~Ji&ui. Perna, Bruguires. [Perna, nom employ par Pline pour dsigner ces coquilles.) Coquille subquivalve, aplatie, irrgulire, feuillete. Charnire linaire, mar- ginale, compose de dents sulciformes, transverses, parallles, non intrautes, entre lesquelles s'insre le ligament; un sinus situ sous l'extrmit de la charnire poul- ie passage du byssus. H1ST01UK NATlttELLK. 03 Les Pernes se distinguent facilement par la structure de leur charnire, qui est compose, sur chaque valve, d'une srie de dents qui ne s'articulent pas entre elles quand la coquille est ferme, et s'appliquent seulement Tune sur l'autre lorsqu'elle FlG. 318. Perac aviculture. Fie. 310. est ouverte; et c'est extrieurement, et dans les intervalles de chacune de ces dents, que s'insre le ligament. La coquille des Pernes est lamelleuse et mince; l'intrieur, elle est unie et brillante et quelquefois nacre. La plupart des Pernes viennent de l'Ocan Indien et des mers de la Nouvelle-Hollande. 5 e GENRE. (/L'viUu'. Gervillia, Dfiance. (Gerville, nom d'un naturaliste.) On trouve dans les couches du calcaire compacte des communes de Sainte-Co- lombe et d'Amfreville, dpartement de la Manche, les traces d'une espce de co- quille bivalve qui ne se rapporte aucun des genres connus. Malheureusement , Fig. 320. Gervilie aviculode. on ne peut se procurer que les moules de ces coquilles, dont le test n'a pas rsist la dissolution. Mais ces moules intrieurs et extrieurs sont si bien conservs et exprims, que l'on peut aisment en saisir tous les caractres. Coquille inquilatrale, trs-allonge, un peu courbe et aplatie, MiHante trs- probablement l'extrmit antrieure o se trouve situe la charnire, et o cha- que valve est un peu retrousse dans le plan de la courbure del coquille. Trois fossettes obliques, qui ont d contenir autant de ligaments, dont deux vis--vis les 94 HISTOIRE NATURELLE. crochets, et l'autre un peu plus loigne. Cinq six petites dents obliques, au- dessous des deux premires fossettes, deux longues, parallles, et quelques autres plus petites, au del de la troisime fossette. Une impression musculaire vis--vis de la charnire. Les Gervillies ont des rapports, de forme seulement, avec quelques Solens. {De franc e.) 4 e GENRE, (^atillf. Catillus, Brongniart. [Catillus, petite cuelle.) Coquille tantt aplatie, allonge ou suborbieulaire, tantt bombe, cordiforme, suhquivalve, inquilatrale, crochets plus ou moins saillants. Charnire droite, peu oblique ou perpen- diculaire Taxe longi- tudinal ; son bord garni d'une srie de petites ca- vits trs-courtes, graduel- lement croissantes. Test fibreux. Les Catilles ont quel- quefois soixante centim- tres de longueur; mais quelques espces sont beau- coup plus petites. Quel- ques-unes sont cordifor- mes ; on ne les trouve qu' l'tat fossile, dans la craie blanche, en France el en Angleterre. Fie. 321. Calille strie. Fie. 5: 5 e GENRE, yiioc&iauiej. Inoceramus, Sowerby. (1;, ivo, fibre; xisapo, argile.) Coquille gryphode, inquivalve, irrgulire, subquilatrale, crochets forte- ment recourbs et pointus. Charnire courte, droite, troite, formant un angle droit avec l'axe longitu- dinal et prsentant une srie de crnelures graduelle- ment plus petites, pour recevoir un ligament multi- ple. Test lamelleux. Ce genre est confondu avec le prcdent. On n'en trouve que des dbris, dont la contexture lamclleuse est analogue celle des Pentes. Ces coquilles, fossiles de la craie , ont t brises avant ou pendant le dpt de la craie ; car leurs dbris sont presque in;. 323. inocrame sillonn. tous isols, et la craie les enveloppe compltement. HISTOIRE NATURELLE. 9S Ge GENRE. (Mskrftemi. Maliens, Lamarck. (Maliens, marteau.) Coquille irrgulire, un peu billante prs des crochets et se fixant par un bys- sus ; charnire sans dents et forme d'une fosselte allonge, conique, situe oblique- ment sous les crochets au bord de chaque Fig. 321. Marteau commun. valve, et spare de l'ouverture qui donne passage au byssus. Les Marteaux ressemblent l'outil dont ils prennent le nom ; leurs valves sont irrgulires dans leur surface et leur contour. A l'intrieur, ces valves sont souvent bril- lantes et nacres dans la partie qu'oc- cupe l'animal. Quelques espces pr- sentent de chaque ct de la fosselte cardinale un prolongement singulier; fig. 525, Charnire du mme. d'autres n'ont de prolongemen t que d'un ct, et chez d'autres enfin ce prolongement n'est en quelque sorte qu'indiqu. Les Marteaux se trouvent dans l'Ocan des Grandes-Indes, les mers de la Nou- velle-Hollande ; quelques espces sont rares encore. 7 e GENRE. c/lDoiaile. Avicula, Lamarck. (Avicula, petit oiseau.) Coquille inquivalve, fragile ; charnire droite uni- dente; bord cardinal droit et for- mant un prolongement caudiforme ; facette du ligament longue, troite, en canal et non traverse par le bys- M sus. Si la forme gnrale des Marteaux est singulire, dit Lamarck, celle des Avicules ne l'est pas moins, quoique celle-ci soit dessine sur un autre, modle. En effet, sur une base trans- verse, longue et droite, la principale partie de la coquille s'lve oblique- Fig. 326. Charnire de l'Avicule. Fig. 327. A vieille htroplre. 96 HISTOIRE NATURELLE. ment, sous une forme qui approche de celle d'une aile d'oiseau, et les deux extrmits de cette base se trouvent souvent prolonges, mais ingales, de manire que Tune d'elles semble reprsenter une queue. Il en rsulte qu'en ouvrant les valves sans les carter, la coquille offre une ressemblance grossire avec un oiseau volant, et c'est celle considration qui a fait donner le nom d'Avicule ce genre. Le byssus des Avicules sort par une ehancrure qu'on ne trouve que sur la valve gauche. Les Avicules sont de fort jolies marines; elles sont minces, trs-fragiles et agra- blement nacres l'intrieur. On les trouve dans toutes les mers, mais principa- lement dans l'Ocan Indien. On en connat quelques espces fossiles des environs de Paris, d'Angleterre et d'Allemagne. Se GENRE. AiiitaDiue. Meleagrina, Lamarck. (Meleagris, Pintade.) Coquille subquivalve, arrondie, cailleuse en dehors, surtout pendant le jeune ge, nacre l'intrieur, bord cardinal droit, prsentant son extrmit sur chaque valve une ehancrure calleuse pour le passage du byssus; charnire sans dents; facette du ligament Fig. 32S. Pintadinc Mre-Perle. Fig. 329. La mme jeune. Fig. 330. Charnire de la mme. marginale, allonge, presque extrieure et dilate dans sa partie moyenne. Le genre Pinladinc est peu nombreux en espces ; la plus remarquable est connue sous le nom d'Hutre perlire ou de Mre-Perle. Cette coquille, dit M. de Roissy, produit les vritables perles fines, aussi estimes que les diamants chez presque tous les peuples, et que le- luxe met au rang des ornements les plus prcieux. Ces perles sont des excroissances nacres, accidentelles, qui se trouvent quelque- fois dans l'intrieur des valves, o elles sont rarement libres et o le plus souvent mme elles adhrent la substance mme de la coquille. La cause de ces protu- brances n'a pas t bien dtermine jusqu' prsent ; on croit qu'elles sont dues une maladie particulire de l'animal, qui, en occasionnant une grande surabon- HISTOIRE NATURELLE. 97 ilance de la matire nacre, ne lui permet plus do. s'appliquer par couches au fond des vahes, mais la fait couler en gouttes qui se coagulent plus ou moins rgulire- ment. Quelques naturalistes prtendent que l'animal accumule cette substance pour donner plus de force et plus d'paisseur sa coquille lorsqu'elle a t perce extrieurement par des vers marins, ou qu'elle a t fracture par un accident quelconque. Les qualits essentielles qui constituent une belle perle sont d'tre grosse, par- faitement rgulire dans sa forme, soit ronde, ovale ou en poire, d'tre vivante et d'avoir une belle eau, c'est--dire d'tre extraite de l'animal et d'avoir une teinte blanche reflets brillants, -semblables ceux de l'opale. S'il est rare de rencontrer toutes ces conditions runies, il l'est encore plus de rassembler un assez grand nombre de perles toutes du mme volume, galement belles et bien assorties. Le plus souvent on ne trouve que des perles imparfaites, irrgulires, appeles perles baroques, ou de petits grains de diffrentes tailles, appels semences de perles, ou mme des concrtions irrgulires et trop fortement attaches au test pour en tre spares. Ce sont la forme particulire, la grosseur et la raret, plutt que la substance et l'clat mme des perles, qui leur donnent une grande valeur; car les valves larges et paisses de la coquille Mre-Perle sont infiniment moins recherches, quoiqu'elles soient absolument formes de la mme matire et qu'elles prsentent intrieurement les mmes reflets chatoyants. On en retire la nacre de perle du commerce, dont on fait des bijoux, des garnitures, et qu'on em- ploie dans divers ornements. Il y a plusieurs autres genres de coquilles marines dont l'intrieur nacr peut produire, dans certains cas, des excroissances semblables aux perles; telles sont les Moules, les Hutres, les Pernes, etc., etc. Quelques coquilles fluviatiles du genre Molette fournissent aussi des perles, mais ces perles sont d'une teinte laiteuse, sans clat et peu recherches. La Pintadine Mre-Perle, celle qui renferme les v- ritables perles orientales, habite dans diffrents pays; on en trouve dans le golfe Persique, sur les ctes de l'Arabie Heureuse, sur celles du Japon ; mais c'est surtout dans le golfe de Manaar, le de Ceylan, qu'est tablie la pche des perles la plus clbre et la plus productive. Nous entrerons dans quelques dtails ce sujet, d'aprs les relations authentiques de plusieurs voyageurs modernes. Le rendez- vous le plus considrable des barques occupes la pche des perles est la baie de Condatchy, environ douze milles de Manaar. Les bancs forms par les Pinta- dines sont au fond de la mer, une certaine distance du rivage, sur des rochers, o elles se tiennent attaches par leur byssus. Le plus considrable de ces bancs occupe en mer un espace de vingt milles vis--vis de Condatchy. Avant de com- mencer la pche, on reconnat la richesse des bancs, et, s'ils sont en tat d'tre exploits, on les met l'enchre; quelquefois aussi le gouvernement trouve plus avantageux de faire la pche ses frais et d'en vendre ensuite les produits aux marchands. Pour ne pas dpouiller tous les bancs la fois, on lsa diviss en plu- sieurs portions trs-distinctes qu'on exploite successivement, ce qui laisse aux co- quilles le temps de grossir et permet d'en faire une rcolte peu prs tous les ans. Elles atteignent en sept ans la taille convenable, et on assure que si on les laisse plus longtemps, les perles non adhrentes augmentent de volume et deviennent incommodes l'animal, qui les rejette alors de sa coquille. La pche commence au mois de fvrier et doit tre finie au commencement d'a- 15 98 HISTOIRE NATURELLE. vril. Les pcheurs qui passent pour les meilleurs de tous sont ceux de Colang sur la cte de Malabar. Au signal donn par un coup de canon, toutes les barques par- tent ensemble dix heures du soir; elles approchent des bancs la pointe du jour et commencent la pche, qui se continue jusqu' midi. Un second coup de ca- non leur indique alors de revenir la baie, o les propritaires les attendent; on travaille aussitt les dcharger, car il faut qu'elles soient entirement vides avant la nuit. Il y a vingt hommes sur chaque barque et un patron ; dix d'entre eux ra- ment et remontent les plongeurs, les dix autres descendent la mer, cinq la fois, ce qui fait que, se reposant et plongeant ainsi alternativement, ils conser- vent des forces jusqu' la tin. Il y a dans la barque plusieurs cordes lies des pierres, dont les plongeurs se servent pour descendre plus rapidement au fond de l'eau. Quand l'un d'eux s'apprte plonger, il prend dans les doigts du pied droit une corde pierre, et l'autre pied est attach un filet en forme de sac; il tient une seconde corde de la main droite, se bouche les narines avec la main gauche et arrive rapidement au fond. L il remplit son filet avec une grande adresse, car il ne peut employer ce travail qu'environ deux minutes, seul temps qu'il puisse passer sous l'eau. Il avertit qu'on le retire en tirant la corde qu'il tient de la main droite. Comme ces plongeurs sont accoutums ce travail depuis leur enfance, ils ne craignent point de descendre jusqu' la profondeur de cinq dix brasses et de rpter plusieurs fois ce pnible exercice. Cependant ils font quelquefois des ef- forts si douloureux que, revenus dans la barque, ils rendent souvent le sang par la bouche, le nez et les oreilles. Us plongent jusqu' cinquante fois dans la matine et rapportent chaque fois une centaine de coquilles. Quoiqu'ils ne restent ordinaire- ment que deux minutes sous l'eau, il y en a quelques-uns qui y demeurent quatre et cinq minutes. Au moment de la pche, il se trouve toujours sur le rivage des devins et des prtres de chaque caste, qui emploient diffrents exorcismes pour prserver les plongeurs de la voracit des requins. Ces animaux inspirent une ^grande frayeur aux pcheurs, mais leur confiance dans les talismans et les prires des devins est telle qu'ils ngligent de prendre des prcautions plus sres; autrement aucun Indien ne consentirait descendre; souvent mme la pche est entirement interrompue lorsqu'il arrive quelque accident. On fait diffrents marchs avec les plongeurs et avec ceux qui louent les bar- ques ^quelquefois on les paye en argent, ou bien on leur accorde un certain nom- bre de Pintadines encore fermes, en proportion de la quantit qui a t pche. Il faut surveiller de trs-prs ceux qu'on emploie ce travail, car ils se permettent tous un grand nombre d'infidlits; souvent ils avalent les perles qu'ils ont pu saisir, mme au fond de la mer, en visitant les coquilles entr'ouvertes ; mais elles n'chappent pas pour cela aux recherches trs-minutieuses des marchands. Arrives terre, les Pintadines sont emportes par les propritaires et d- poses sur des nattes, dans des espaces carrs, entours de palissades, chaque marchand ayant une enceinte particulire. Elles y restent jusqu' ce que les ani- maux soient morts ; on peut alors ouvrir aisment les coquilles, ce qu'on ne pour- rait faire sans de grandes difficults pendant la vie de l'animal. Le mollusque tant spar, on l'examine attentivement; souvent mme on le fait bouillir, parce que les perles non adhrentes se trouvent quelquefois dans l'intrieur du corps et sous les lobes du manteau. Lorsque la recherche des perles libres et adhrentes est acheve, on choisit les valves qui, par leur dimension, leur paisseur et leur HISTOIRE NATURELLE. 99 clat sont destines fournir la nacre du commerce. Le reste est entirement abandonn, et ces amoncellements considrables de mollusques rpandent pendant quelque temps des exhalaisons funestes pour les environs. Malgr cette odeur infecte et dangereuse, beaucoup d'Indiens viennent, plusieurs mois aprs la pche, exa- miner les lieux o elle s'est faite, avec l'espoir d'y trouver encore quelques perles oublies. Les perles sont toujours perfores et enfiles dans le pays mme, et les ouvriers noirs qui sont chargs de ce travail l'excutent avec une adresse et une prompti- tude remarquables. Ce sont eux aussi qui dtachent les perles adhrentes; ils se servent, pour les nettoyer, les arrondir et leur donner le poli, d'une poudre obtenue en crasant des perles. La pche des perles de Ceylan n'est plus aussi productive qu'autrefois, parce que le gouvernement hollandais a puis les bancs en les faisant pcher trop frquemment. Cependant le revenu qu'en retirent actuellement les Anglais est encore trs-considrable, et ce commerce avec celui de la cannelle sont les plus importants de l'le. Les mers de l'Inde ne sont cependant pas les seules qui fournissent des perles; on en pche dans plusieurs autres parties du monde, particulirement en Amri- que. Celles qui viennent de la Californie et de l'le d'Otahiti sont jusqu' prsent assez rares dans le commerce, et n'ont ni la rgularit ni l'clat des perles d'Orient. On raconte que Cloptre, pour surpasser Antoine en magnificence, prit une des grosses perles qu'elle avait aux oreilles, la mit dans du vinaigre pour la dissoudre, et l'avala. Cette anecdote, raconte par les historiens du temps, ne peut tre vraie; car si les perles sont dcomposes par les acides, ce n'est qu'aprs un temps encore assez long, et le vinaigre n'est pas assez fort pour les dissoudre. Les perles cepen- dant s'altrent avec le temps; elles perdent de leur clat lorsqu'elles sont portes par des personnes dont la transpiration est acre , et l'on a remarqu qu'elles se ter- nissaient aussi la longue lorsqu'elles n'taient pas souvent portes. Il y a des perles de diverses nuances : le plus gnralement elles sont blanches et nacres ; on en a vu de jaunes, de verdtres et de noires. La diffrence de ces couleurs tient sans doute la nature du sol sur lequel vivait la coquille, ou ce que ces perles n'ont t enleves que longtemps aprs la mort du mollusque, dont la dcomposition a nuanc la perle. DEUXIME SECTION. Cette section comprend toutes les espces dont le ligament, non marginal, est resserr dans un court espace sous les crochets, et ne forme point de cordon tendi- neux sous la coquille. QUATRIME FAMILLE. Celte famille a t tablie par Lamarck pour des mollusques voisins des Hutres, mais dont la coquille gnralement rgulire, d'un tissu compacte non feuil- let dans son paisseur, est garnie de stries ou ctes rayonnantes, et prsente le plus souvent une ou deux oreillettes au bord cardinal. 100 HISTOIRE NATURELLE. 1" GENRE. ,/vOufetlej. Pedum, Lamarck. (Nom tir de la forme de la coquille.) Coquille inquivalve, un peu auricule el baillante par sa valve infrieure. Crochets ingaux, carts. Charnire sans dents. Ligament en partie extrieur, insr dans une fossette allon- ge et canaliforme, creuse sur la face interne des crochets. Valve infrieure chancre prs de sa hase postrieure. Le nom de Houlette a t donn ces coquilles cause de leur forme, qui rappelle celle du fer d'une houlette. Elles sont trs-rares , et vivent en- fonces dans les madrpores, auxquels elles s'attachent l'ai- de d'un hyssus assez gros et Fio. 331. Houlelle spondylode. Fig. 332. Sa charnire. SOVCUX Ol tl'OUVe leS HoU- leltes dans la mer Rouge, l'Ocan Indien et les mers de la Nouvelle-Hollande. L'a- nimal des Houlettes est orn de couleurs assez vives ; les bords du manteau sont d'un vert bleutre avec un lisr jautictre l'extrieur; en dedans, ils sont d'un beau vert clatant bord de noir. Les cirres sont jaunes, avec une ligne brune sur la longueur. "2 e GENRE, lune. Lima, Bruguieres. (Nom tir des asprits de ces coquilles.) Coquille subqui valve, auricule, un peu billante d'un ct entre les vulves, crochets carts. Charnire sans dents. Fossette cardinale en partie extrieure, re- cevant le ligament. Les Limes sonl blanches, leurs valves ont des ctes rayonnantes ou des cailles petites et rapproches qui rendent leur surface trs-rugueuse. Fie 353. Sa charnire. Fie. 334. Lime subquilatralc. Fig. 53?. Lime enfle. L'animal n'est pas entirement contenu dans sa coquille, qui, toujours billante, HISTOIRE NATURELLE. IU1 lui permet de faire sortir les appendices de son manteau, dont le pourtour est garni de cirres tenlaculaires dlis, roses et blancs. Les Limes volent, pour ainsi dire, dans Peau par les battements brusques et ritrs de leurs valves. MM. Quoy et Gaimard, qui firent partie de l'expdition autour du inonde commande par M. Dumont d'Urville, racontent qu'ils furent oblig de courir aprs des Limes pour s'en emparer. Les Limes viennent des mers d'Amrique, de l'Ocan Indien et de la Nouvelle- Hollande ; on en connat un assez grand nombre d'espces fossiles de France et d'Angleterre. JO 5 e GENRE. AlaqiCcdoiue-". Plagiostoma, Sowerby. (TlXa-j'io, oblique ; arcu.a, boucbe.) Coquille mince, oblique, subauricule, inquilalrale; charnire sans dents; une fossette cardinale conique situe au-dessous des crochets, souvent en dehors, et recevant le ligament. Fig. 336. Sa charnire. FiG. 537. Plagiostome sillonn. Les Plagiostomes sont des coquilles qu'on ne connat qu' l'tal fossile et qui ont les plus grands rapports avec les Limes, dont elles diffrent par l'absence d'un billement des valves pour le passage d'un byssus. 'T> 4 e GENRE. J, eique. Pecten, Bruguires. (Nom tir de la forme.) Coquille inquivalve, auricule, bord infrieur transverse droit et crochets contigus. Charnire sans dents. Ligament intrieur reu dans une fossette trigone. 4j W/fflM if: ."''. Fig. 338. Charnire du Peigne cles rondes. Fig. 539. Peigne opercu'aire. II y a peu de genres, parmi les Acphales, qui soient plus nombreux que celui des Peignes et qui renferment autant d'espces remarquables par l'clat, la varit 102 HISTOIRE NATURELLE. dos couleurs, l'lgance des formes, la rgularit des ctes et la finesse des stries dont les valves sont ornes. La forme des Peignes est circulaire, plus ou moins al- Fic. 540. Peigne Manteau blanc Fie. 342. Peigne Mantelel. longe, et se termine vers le sommet par une ligne droite dont les extrmits se prolongent, de chaque ct de la charnire, en deux appendices triangulaires, appe- ls les oreillettes. Ces deux pices, tantt gales ou ingales entre elles, fournissent deux divisions bien tranches et utiles dans un genre aussi nombreux. Les valves sont rgulires quoique dissemblables entre elles ; dans quelques espces, l'inf- rieure est plus ou moins convexe, et la suprieure plate : ces espces ferment exactement. Dans d'autres, elles sont toutes deux.convexcs ; mais on aperoit une chancrure particulire sous l'une des deux oreillettes, ce qui tablit une diffrence entre chaque valve et les rend un peu billantes dans cette partie. La surface de presque tous les Peignes est garnie de ctes et de sillons longitudinaux qui partent du sommet et divergent en rayons vers la circonfrence; ces ctes sont rarement lisses ; on y remarque le plus souvent une multitude de ciselures, de stries, d'cail- ls varies l'infini. 11 n'y a point de dents la charnire, et chaque valve ne prsente qu'une fossette triangulaire dans laquelle se loge un ligament trs-fort qu'on n'aperoit point en dehors : quelques espces ont cet endroit deux ou trois petits tubercules obliques, assez sensibles, mais peu saillants. Les Peignes ne sont jamais adhrents ni par une de leurs valves, ni par un byssus; ils sont entirement libres et ont la facult de changer de place sans qu'ils aient un organe saillant bien prononc qui puisse leur servir de pied. Ils peuvent se mouvoir avec agi- lit dans l'eau, et mme, lorsqu'ils sont sec, regagner le rivage ; la prompte agitation de leurs valves est le moyen qu'ils emploient. Les pcheurs attestent qu'ils s'chappent ainsi facilement de leurs mains et qu'ils s'lancent dans la mer. On prtend mme que les Peignes viennent quelquefois la surface, qu'ils entr' ou- vrent alors leur coquille de manire ce que la valve suprieure serve de voile tandis que l'autre fait l'office de nacelle. (De Roissy.) Les Peignes sont trs-dlicats et on les mange comme les Hutres. Leur coquille figure parmi les plus belles de nos collections. On donne aux Peignes le nom de P- lerines, parce que les plerins qui visitent les lieux de dvotion dans le voisinage de la mer ont l'usage d'orner leurs habits et leurs chapeaux avec les valves de ces coquilles. On trouve des Peignes dans toutes les mers, et les ctes de France en fournissent de fort beaux. On en connat aussi un grand nombre de fossiles. HISTOIRE NATURELLE. 103 5 e GENRE. Annule,". Hinnites, Defrance. (Hinna, mule.) Coquille ovale, irrgulire, adhrente par la valve droite, inquivalve, subqui- latrale, exactement ferme. Bord cardinal droit, sans dents, termin de chaque Fie. 345. Hinnite irrgulire. Fig. 344. ct par des oreillettes; ligament pais, contenu dans une gouttire troite et trs- profonde. Le genre Hinnite a t tabli par M. Defrance pour quelques coquilles dont les caractres ne s'accordent pas parfaitement avec ceux des Peignes , puisqu'elles sont adhrentes, mais qui ont avec eux les plus grands rapports. 6 e GENRE. J$locl$Ii?. Plicatula, Lamarck. [PUcatus, pliss.) Coquille paisse, adhrente, irrgulire, sans oreillettes, rtrcie au sommet , arrondie et plisse en arrire. Valve infrieure sans talon, mais avec une facette externe; charnire forme de deux fortes dents formant une fossette intermdiaire pour le ligament. Une seule impression musculaire centrale. Les Plicatules sont de petites coquilles dont les valves sont comme plisses; elles sont toutes marines et viennent des mers d'Amrique. Les espces fossiles se trou- vent dans les couches antrieures ta la craie, dans. la craie et dans les couches plus nouvelles. Fig. 346. S.t charnire Fig. 3iS. Plicatule en crlc. mi HISTOIRE NATURELLE. 7 e GENRE. C'poiicV-wlej. Spondylus, Linn. (2-rccv^uXo, jeton de scrutin.) Coquille inquivalve, adhrente, aurieule, pineuse ou rude, crochets in- gaux , la valve infrieure offrant une facette cardinale externe ou talon aplati et divis par un sillon et grandissant avec l'ge. Charnire ayant deux fortes dents sur chaque valve et une fossette inter- mdiaire pour le ligament, commu- niquant par sa base avec le sillon externe. Ligament intrieur, dont les restes anciens se montrent au dehors, dans le sillon. Les Spondyles, aussi connus sous le nom " Hutres pineuses, sont des co- quilles trs-recherches dans les col- lections cause des longues pines qui les couvrent et de la varit de leurs couleurs. Les Spondyles vivent , comme les Hutres et les Cames, fixs sur les ro- ^^ chers et les corps sous-marins ; sou- vent ils sont groups les uns sur les Fig. 547. Charnire du Spondvie ..rang. autres. Leur chair est moins bonne que celle des Hutres, cependant on les mange. Les Spondyles sont des coquilles marines qui ne se trouvent que dans les mers des pays chauds. La Mditerrane en fournit une fort belle espce. Les Spondyles fossiles appartiennent aux couches plus nouvelles que la craie. Fig. ~i4S. Spondyle royal. 11 est difficile d'en trouver une collection plus complte que celle de M. Ben- jamin Delessert ; aucun muse n'en prsente un aussi grand nombre d'espces, HISTOIRE NATURELLE. l'B ni d'aussi riches varits. L'espce la plus remarquable de ce genre est nomme Spondyle royal : M. Delessert possde les deux plus beaux chantillons qu'on connaisse de cette coquille trs-rare, car on en compte trois peine dans les col- lections ou muses royaux franais et trangers. L'acquisition du Spondyle royal a donn lieu un acte peu commun de dvoue- ment la science, et qui prouve le fol enthousiasme des collecteurs. M. R***, pro- fesseur de botanique d'une facult de Paris, et plus savant que riche, voulut, sur la proposition d'un marchand tranger, acheter cette coquille un prix trs-lev, qu'on dit tre de 5,000 0,000 fr. Le march dbattu et le prix convenu, il fallait payer. Les conomies en rserve ne faisaient qu'une faible partie de la somme, et le marchand ne voulait pas abandonner sa coquille sans en recevoir la valeur. M. R***, consultant alors plus son dsir de possder une espce unique encore, que ses faibles ressources et l'tendue du sacrifice, fit secrtement un paquet de sa modeste argenterie, et alla la vendre pour complter la valeur de son acquisition; et, sans oser en parler sa femme, il remplaa de suite son argenterie par des cou- verts d'tain, et courut chercher le malheureux Spondyle, qu'il nomma fastueuse- ment Spondyle royal. Mais l'heure du dner arriva ; on comprend aisment la stupfaction de ma- dame R***, qui ne put expliquer de suite une telle mtamorphose, et se livra mille conjectures pnibles. M. R***, de son ct, revenait heureux chez lui, et sa coquille bien emballe dans une boite place dans la poche de sa capote; mais, en approchant, il ralentit le pas, devint soucieux, songeant pour la premire fois la rception qui allait lui tre faite. Les reproches qu'il attendait taient bien un peu compenss par la jouissance du trsor qu'il rapportait. Enfin il arrive , et ma- dame R*** fut d'une svrit laquelle le pauvre savant ne s'attendait peut-tre pas; aussi son courage l'abandonna : tout pntr du chagrin qu'il causait sa femme, il oublia sa coquille, et, se plaant sans prcaution sur une chaise, il eut la douleur d'tre rappel son trsor en entendant le craquement de la bote qui le protgeait. Heureusement le mal ne fut pas grand : deux pines seulement de la coquille fu- rent casses, et la peine qu'il en prouva fit son tour tant d'impression sur ma- dame R***, qu'elle n'osa plus se plaindre, et ce fut encore M. R*** qui eut besoin de ses consolations. Nous runissons aux Spondyles trois genres tablis par divers auteurs, sur des coquilles dont les caractres ont t mieux observs par M. Deshayes. Ce savant conchyliologiste a reconnu que les Pachytes de Cuvier, les Podopsides de Lamarck, et les Dianchores de Sowerby, avaient une charnire en tout semblable celle des Spondyles, et que l'absence du talon s'expliquait par la dissolution de cette partie de la coquille; fait qui, s'il n'est pas encore expliqu d'une manire satisfaisante, n'est pas sans exemple dans les fossiles rpandus dans les couches crayeuses. L'es- pace triangulaire qu'on remarque au crochet de la grande valve de ces coquilles, tant rempli par la couche interne, formait ce talon singulier que l'on ne voit que dans les Spondyles. On ne peut supposer aux mollusques deux moyens de se fixer aux corps sous-marins. Il est certain, dit M. Deshayes, que dans les animaux mol- lusques actuellement connus, l'un de ces moyens d'attache exclut l'autre; les animaux qui se fixent par la coquille n'ont point de byssus ou de tendon, et ceux qui se fixent par un tendon ou un byssus n'ont point d'adhrence immdiate. Les ligures qui suivent reprsentent les types de ces genres rforms; il conviendra 106 HISTOIRE NATURELLE. de changer le nom gnrique de chacune de ces espces en celui de Spondylc. Fig. 5 49. P.n'hvte pineux. Fig. 550. Podopsidc tronqu. Fig. 551. Diunclinrc strie. CINQUIME FAMILLE. J/tacc-j. Toutes les coquilles de celle famille ont le lest feuillet ou papyrac; elles sont presque toutes irrgulires et n'ont jamais d'oreillettes. Les unes sont adhrentes . aux corps sous-marins par leur valve infrieure, les autres sont libres. L'animal des Ostracs n'a point de pied, point de siphon saillant ni de bras. iwiyhcc . Grypha, I (Gryphite, nom ancien de ces coquilles imarcK. Coquille non adhrente, inquivalve; valve infrieure grande, concave, termine par un crochet saillant, recourb; la valve suprieure petite, presque aplatie et oper- Fig. 352. Gryphe arque. Fig. 355. Gryphe anguleuse. culaire. Charnire sans dents; une fossette cardinale oblongue, arque. Une impres- sion musculaire sur chaque valve. HISTOIRE NATURELLE. 10" Les Gryphes ont t pendant longtemps confondues avec les Hutres, dont elles se distinguent facilement par le grand crochet recourb de la valve infrieure. L'on Fig. 554. Charniers de Gryphe anguleuse. Fig. 355. ne connaissait que des espces fossiles trs- communes d'ancienne formation, jus- qu'au moment o M. Hwass, savant collecteur, communiqua Lamarck la seule espce vivante trouve jusqu' ce jour. Cette coquille reut le nom de Gryplie anguleuse; et Ton ignora pendant longtemps ce qu'elle tait devenue, et quel tait l'heureux collecteur qui la possdait. Cette mme coquille est aujourd'hui dans la collection de M. Delessert (fig. 555). O 2e GENRE. Aubi0. Ostrea, Lamarck. (OoTpscVj hutre.) Coquille adhrente, inquivalve, irrgulire. Charnire sans dents; une fossette cardinale oblongue, sillonne en travers et donnant attache au ligament. Fig. 550. Charnire Je l'Hutre commune* Fie. 557. Hutre commune. Il n'y a point de coquilles bivalves plus irrgulires et plus sujettes varier de forme et de taille que les Hutres. Tantt elles sont parfaitement arrondies, tantt 108 HISTOIRE NATURELLE. ovales ou trs-allonges, ou anguleuses dans leurs contours; leurs valves, d'une paisseur plus ou moins considrable, sont aplaties ou bombes, souvent mme contournes, et leur surface, quelquefois unie, est ordinairement rugueuse et comme compose de feuillets briss. 11 est rare de trouver deux individus parfaite- ment semblables, ce qui rend la dtermination des espces extrmement difficile. La structure du test est lamelleuse; les lames, faiblement adhrentes les unes aux autres, se recouvrent et se dbordent successivement, et prsentent l'extrieur des feuillets plus ou moins frangs : ce sont ces lames, dont les accroissements sont trs- ingaux, qui modifient leur forme l'infini. Cependant, en choisissant des individus qui n'aient t gns dans leur dveloppement par aucun obstacle ni par aucun accident, on peut en gnral reconnatre des types assez caractriss pour tablir des distinctions spcifiques, relles et constantes. Dans toutes les espces, la valve infrieure est large, paisse, et sa concavit est plus ou moins remarquable; la valve suprieure plus petite, plus mince, est ordinairement plate et quelquefois comme operculaire. Il n'y a aucune dent la charnire, mais seulement au sommet de chaque valve, une cavit dans laquelle se loge le ligament. Cette partie, appele le talon est quelquefois trs-allonge dans la valve infrieure; elle doit son accrois- sement des dplacements successifs du ligament, qui se recule ainsi que la valve suprieure dans le dveloppement gnral, observation dont on trouve dj un exemple dans le genre Spondyle. Ce ligament qu'on ne voit point au dehors, mais qui n'est cependant pas tout fait intrieur, est coriace, noirtre et aplati ; il a de l'lasticit tant qu'il conserve sa fracheur, et il devient fragile en se desschant. Parmi les diverses espces d'Hutres, on distingue deux formes principales que La- marck a propos de prendre pour base de deux divisions faire dans ce genre: les unes sont droites ou peu prs , et bords simples et unis; telle est l'Hutre commune; d'autres sont plus ou moins arques, et ont leurs bords plisss ou en forme de crte : ce sont celles qu'on nomme dans les collections Hutres plisses. Les couleurs des Hu- tres n'ont rien de remarquable; elles sont en gnral blanchtres ou gristres, quelquefois laves de roux ou prsentant quelques lignes irrgulires d'une teinte plus fonce. Ces coquillages sont toujours adhrents et se fixent ds leur naissance, non point par un byssus, mais par leur test mme qui se soude sur les rochers et les corps submergs. Le point d'attache est en gnral prs du sommet de la valve infrieure, sous le talon. La plupart des espces s'tablissent sur les rochers et dans les fonds pierreux ; quelques-unes semblent s'attacher de prfrence aux racines et aux branches des arbres qui garnissent le rivage et que la mare peut atteindre. A l'embouchure de plusieurs fleuves d'Amrique et des Grandes-Indes on voit des groupes d'Hutres suspendus et agits par le vent lorsque la mer se retire; on les dsigne gnralement sous le nom " Hutres de Mangliers. Les Hutres se. runissent frquemment sur d'autres coquilles, sur des madr- pores; souvent mme, lorsqu'elles manquent d'une base solide pour se fixer, elles s'entassent les unes sur les autres et forment des bancs d'une longueur et d'une paisseur considrable. On voit sur certaines cotes sablonneuses de semblables Fie 358. Hutre crte de co(|. HISTOIRE NATURELLE. 109 niasses qui ont une tendue de plusieurs lieues, et dont l'aspect, la confusion et la solidit peuvent donner l'ide des bancs eoquilliers qui se trouvent dans l'intrieur de nos continents. Les Hutres, ainsi fixes par le talon de leur valve infrieure, passent toute leur vie sans se dplacer et sans pouvoir excuter d'autre mouvement que celui de fermer et d'ouvrir leur coquille; encore ce dernier n'exige-t-il aucun effort, puis- qu'il leur suffit de relcher le muscle intrieur qui les unit aux deux valves, pour que l'lasticit du ligament les fasse s' entrouvrir. Dans cet tat, l'eau de la mer, charge de molcules nutritives, animales ou vgtales, s'introduit dans la coquille et apporte l'animal les aliments qu'il ne pourrait atteindre autrement. Des fa- cults aussi bornes, semblent placer ces animaux au dernier degr de l'chelle des tres, et feraient croire qu'ils sont entirement privs d'intelligence. On prtend cependant qu'ils n'en sont pas tout fait dpourvus : un fait assez curieux, observ sur les Hutres du rivage, pourrait, s'il est bien constat, en fournir la preuve. Ces Hutres, exposes l'alternative journalire des hautes et basses mares, semblent avoir appris qu'elles seront sec pendant un certain temps, et conservent, dit-on, de l'eau dans leur coquille; cette particularit les rend plus transportables ado grandes distances que les Hutres pches loin du rivage, et qui, manquant de cette exprience, rejettent toute l'eau qu'ellescontcnaient. Plusieurs observateurs assurent aussi que les Hutres ont dans certains cas la facult de changer de place, et que, si elles se trouvent dtaches par une cause quelconque, elles peuvent avancer en frappant l'eau vivement avec leurs valves, et plusieurs fois de suite. Lorsque les valves sont entr'ouverles, on aperoit le manteau qui s'tend sur leurs bords sans pouvoir saillir en dehors; il est fort mince, divis en deux lobes distincts dont chacun tapisse les parois intrieures de chaque valve. Le tour de ces deux lobes est garni d'un rang de cils ou filets simples, assez longs et distribus galement. Outre cette frange, on trouve une petite distance, et paralllement au contour du manteau, une sorte de bourrelet sillonn et relev de petits tubercules arrondis. Pour sparer les deux valves, il faut rompre le muscle qui les attache au corps de l'animal, et qui laisse une seule impression sur chaque valve, vers le mi- lieu de la longueur. En cartant les lobes du manteau on dcouvre quatre feuillets membraneux, demi-circulaires, qui sont les branchies, composes chacune d'un grand nombre de tubes trs-dlis, joints paralllement les uns aux autres; elles s'tendent depuis la bouche jusque vers le tiers de la partie postrieure du corps; tous ces tubes aboutissent un canal commun qui entoure les branchies postrieu- rement, et ce canal sert de communication entre l'organe respiratoire et le cur : ce dernier, garni de deux oreillettes, est entour d'une membrane contigu au grand muscle qui retient les valves. Les pulsations sont trs-sensibles la vue simple; elles ne sont point isochrones, et il y a mme des moments d'interruption totale, surtout lorsque l'animal est hors de son lment naturel. La bouche, situe vers le sommet des valves, est une simple ouverture assez grande et entoure de quatre feuillets charnus qui sont probablement des organes particuliers du tact. Une petite valvule dentele, place dans l'sophage, fait l'office de langue et doit servir retenir les aliments. Viennent ensuite, une trs-petite distance, un pre- mier estomac, dont la surface interne est ride irrgulirement, et un second esto- mac plus allong, en forme de sac, d'o part un intestin qui, aprs avoir contourn le premier estomac et la masse du foie, vient se terminer par un rectum qui flotte JIO HISTOIRE NATURELLE. sous le manteau la partie postrieure du corps. Ce rectum ne traverse pas le cur, comme dans le plus grand nombre des Acphales. L'extrmit du corps prs de la charnire renferme le foie, cpii enveloppe le premier estomac. La couleur gnrale du manteau est le blanc sale ; ses hords frangs sont noirtres. Le corps ne peut faire saillir au dehors aucune de ses parties, et n'est point muni de cet organe lin- guiforme servant de pied dans un grand nombre de Bivalves libres; la constante immobilit des Hutres rendait inutile ce moyen de locomotion. Toutes les coquilles adhrentes par une de leurs valves, comme les Spondyles, les Cames et d'autres, et non par un byssus, comme les Moules et les Jambonneaux, paraissent avoir dans les principaux points de leur systme une organisation semblable celle des Hutres. Les Hutres pondent au commencement du printemps le frai qu'elles ont elles- mmes fcond, et qui s'attache tous les corps environnants. Ce frai ressemble une gele blanche dans laquelle on aperoit, l'aide d'une loupe, une multitude de petites Hutres dj toutes formes et munies de leurs valves ; et l'on prtend, tort je crois, que, quatre mois aprs leur naissance, elles sont en tat de se reproduire. Les Hutres fournissent, sur un grand nombre de ctes, une nourriture extr- mement abondante, trs-saine et gnralement recherche ; cet aliment est d'une facile digestion, peu nourrissant, et semble plutt exciter l'apptit que le satisfaire. Ces coquillages s'expdient l'intrieur, souvent des distances considrables; pour satisfaire l'norme consommation qu'on en fait dans tous les pays, et ajouter encore leur saveur, on est parvenu les rassembler, les faire multiplier dans des parcs et les soumettre certaines dispositions qui les rendent plus dlicates. Cet art n'tait pas inconnu aux anciens; on sait qu'Apieius avait un moyen pour les engraisser et les conserver pendant fort longtemps; il en envoya d'Italie Tra- jan, jusque dans le pays des Parlhes. On trouve dans les anciens auteurs plusieurs passages qui prouvent jusqu' quel point elles taient estimes et combien on pre- nait de soin pour les lever. Les Hutres d'Abydos dans le dtroit des Dardanelles, celles du lac Lucrin chant par Horace, et celles de la cte de Brindes, taient les plus renommes. De nos jours, ce sont les Hutres d'Angleterre et de Hollande qui passent pour les meilleures de l'Europe; on en pche aussi d'excellentes et en trs-grande abondance sur les ctes de France, particulirement dans les dpartements de l'Ouest. Celles qu'on mange Paris viennent pour la plupart des rochers de Cancale, dans le golfe de Saint-Malo et des environs. On distingue dans le commerce, relativement la qualit, trois sortes d'Hutres, fournies par l'espce commune : 1 les Hutres de drague, ainsi nommes de l'instrument avec lequel on les arrache. Elles vivent une certaine distance de la cte, et ont pris un plus grand accroissement que celles des rivages. Elles ne sont gnralement pas expdies au loin et sont peu estimes. 2 Les Hutres commmes, qui sont celles dont nous avons parl plus haut ; elles supportent plus facilement le transport, parce que, forces de rester souvent sec sur les rochers de la cte, elles sont habitues, dit-on, conserver de l'eau dans leurs valves pendant l'intervalle d'une mare l'autre, ce que ne font pas celles qui habitent la pleine mer. Leur grosseur est moyenne. On prfre avec raison celles qui ont t pches dans les fonds non vaseux et l'embouchure des rivires. 3 Les Hutres parques ou Hutres vertes; c'est principalement Marennes, petite ville maritime du dpartement de la Charente-Infrieure, tretat, l'le d'Oleron , Coursenlles, prs Caen , au HISTOIRE NATURELLE. 111 Havre, Dieppe, au Trport, etc., qu'on leur donne cette couleur par un procd particulier. Ces Hutres sont pches sur les ctes voisines et sont jetes ensuite dans des parcs inonds, appels claires ; ce sont des tangs que la mer remplit pen- dant les fortes mares. On a soin de sparer toutes celles qui sont runies en grou- pes, et on les dispose de manire qu'elles ne se nuisent pas mutuellement. La stagnation de l'eau permet un grand nombre de plantes marines d'y crotre, de s'y multiplier et de lui donner une teinte verdlre. Les Hutres qui sjournent dans ces parcs y trouvent une plus grande abondance de particules nutritives en suspen- sion dans l'eau, acquirent un got plus agrable, et prennent aussi la longue une teinte verdlre ; elles sont dans cet tal beaucoup plus recberebes que les Hutres communes. C'est surtout en automne et en hiver qu'on mange les Hutres ; les rgle- ments dfendent, dit-on, de les pcher au printemps, lorsqu'elles frayent, poque pendant laquelle on prtend mme qu'elles sont malsaines, ainsi que pendant les cbaleurs de l't. Les Hutres, ne prsentant ni formes ni couleurs agrables, sont peu recberebes dans les collections ordinaires; mais elles sont d'un grand intrt pour les vrais naturalistes, parce qu'elles fournissent une branche importante de commerce, et que ce sont les mollusques les plus utiles. On devrait s'occuper d'en garnir cer- taines plages, qui en sont totalement dpourvues : plusieurs faits prouvent dj qu'on peut transporter et naturaliser les Hutres sur des rivages qui n'en poss- daient pas auparavant. Il y a plus de cent ans qu'un propritaire en Angleterre en fit jeter une certaine quantit l'embouchure de la Mne; elles s'y sont multiplies, dit-on, en si grande abondance, que le lit de cette rivire est maintenant couvert d'excellentes Hutres, et qu'elles sont devenues une source de revenu (de Roissy). Les journaux ont parl, il y a quelque temps, d'un procd nouveau pour ob- tenir l'tablissement de bancs d'Hutres; nous reproduisons ici ce qu'en dit l'au- teur, M. Carbonnel : Quelques journaux ont bien voulu parler de moi et de ma dcouverte en termes trs-obligeants, et annoncer que j'avais cd, pour la somme de cent mille francs, une compagnie de parqueurs, mon brevet d'invention pour la reproduc- tion des Hutres, par la formation de bancs artificiels dans la Manche et dans l'Ocan. Voici en quoi consiste mon systme, aussi simple que rationnel. On appelle Hutres nourrices celles qui, parvenues l'ge de trois ans, cessent d'tre convenables la consommation interrompue pendant les mois dans lesquels les gastronomes ont re- marqu l'absence de la lettre R. De ces Hutres s'chappe une humeur blanchtre, qui contient des germes reproducteurs dont le nombre est incalculable. Quand la viscosit dans laquelle ces myriades de corpuscules sont tenus en suspension fixe ceux-ci sur la coquille maternelle, ou bien la surface de quelque rocher, ils ne tardent pas s'y dvelopper, mais ne deviennent des Hutres mangeables qu' l'ge de trois ans environ. En considrant combien il se perdait de germes reproducteurs par suite de mille accidents divers, j'ai eu la pense de l'tablissement de bancs ar- tificiels, o rien ne s'gart, et dans lesquels la reproduction, en quelque sorte r- gularise dans une captivit salutaire, me permt (si je puis m'exprimer ainsi) de la mettre en coupe rgle. Je n'ai pas la prtention, comme on voit, de crer arti- ficiellement des Hutres, selon l'expression de certaines personnes qui ont accueilli tout d'abord ma dcouverte avec une prvention irrdchie ; mais j'tablis des bancs l o il n'y en a pas, et, par mes procds, je remdie aux imperfections de m HISTOIRE NATURELLE. la nature. Le problme rsoudre tait celui-ci : l'Hutre se reproduit partout o elle peut vivre; elle vit l o la nature ou des travaux d'art sagement entendus la mettent l'abri de tout accident. Ce problme, je l'ai victorieusement rsolu par des expriences dont l'Institut a pu apprcier l'exactitude, et qui ont paru si con- cluantes des gens du mtier, qu'ils n'ont pas bsit faire l'acquisition de mon brevet. La nature de la coquille des Hutres, dit M. Desbayes, est telle qu'elle a pu, en devenant fossile, rsister presque toutes les causes de destruction et de dissolu- tion. On trouve en effet ces coquilles entires l o tous les autres tests de mollus- ques ont t dissous. Dans la craie, o ce pbnomne se prsente si frquemment, les Hutres ont rsist toute action de destruction. On ne connat d'autre excep- tion que dans certaines couebes de la craie des Pyrnes. Lorsque, dans les couebes de la terre, ou vient rencontrer une masse consid- rable d'Hutres dont la plupart sont encore fixes soit entre elles, soit aux corps sur lesquels elles ont vcu , on peut tre assur qu'elles sont encore en place, et que le fond de mer o elles taient, naturellement dessch, n'a pas subi de trs-grands changements. H est peu de mollusques dont les dpouilles soient plus gnralement rpandues dans les couebes de la terre que celles des Hutres; aussi leurs espces sont-elles trs-nombreuses : on les rencontre dans presque toutes les couebes de sdiment, et elles y sont distribues d'une manire fort rgulire. Elles devien- dront, lorsqu'elles seront mieux connues, d'un trs-grand secours la gologie pour caractriser les formations. Les terrains tertiaires de l'Europe contiennent un nombre considrable d'espces d'Hutres. 5 GENRE. VuMlV. Vulsella, Lamarck. (Nom employ par Linn.) Coquille longitudinale, subquivalve, assez irrgulire, un peu nacre intrieu- rement. Charnire ayant sur chaque valve une callosit saillante, dpri- me, et une fossette conique oblique- ment arque pour le ligament. Les Vulselles se rapprochent des Marteaux par leur charnire et leur forme constamment longitudinale; il est probable qu'elles ont un bys- sus , au moins pendant le jeune ge. On les trouve comme les Crntules dans les ponges de l'Ocan Indien et des mers de la Nouvelle-Hollande. On en connat de fossiles dans le calcaire grossier. Fig, 559. Charnire de la VuUelle ItjtL'iile. Fig. 360. Vulsele linarule. HISTOIRE NATURELLE. m 'TV l* GENRE. Jiiixcuiic Placuna, Lamark. (nXaxou;, plat.) Coquille mince, trs-irrgulire, trs-aplatie. Charnire offrant sur une valve deux dents tranchantes, divergentes du sommet comme un V renvers, et sur l'au- tre valve deux dpressions correspondantes servant l'insertion du ligament. Fig. 361. Charnire de la Placune vilre. Fig. 562. Les Placunes sont des coquilles trs-distinctes et trs-remarquahles par leur aspect gnral, leur forme, leur apla- tissement et leur transparence. Les Chinois emploient les valves de Placunes pour vitrer leurs fentres, comme on se sert dans quelques pays de lames de talc. L'espce la plus singulire par sa forme est connue sous le nom de Placune selle ou Selle po- lonaise. Ces coquilles viennent de l'Ocan Indien ; on en trouve une espce fossile en Egypte. Fig. 363. Placune selle polonaise. 5 e GENRE. cAdiioiuic'. Anomia, Linn. (A privatif, vo'm.io:, normal.) Coquille mince, inquivalve, trs-irrgulire, adhrente. Valve infrieure per- ce son crochet d'un trou ou d'une chancrure qui se ferme par un petit opercule osseux fix sur des corps tran- gers, et auquel s'attache le muscle intrieur de l'animal. Valve suprieure concave et non perce. Charnire sans dents et , maintenue par un ligament in- trieur. La valve perce se ter- mine par deux branches qui se rapprochent au crochet. L'une de ces branches est mince, l'autre s'paissit et forme- ls FiG. 564. Anomie pelure d'oignon. Fig. 305. Anomie ambre. 1H HISTOIRE NATURELLE. une callosit qui pntre dans la fossette cardinale de la valve suprieure et s'y trouve fixe par le ligament. Fig. 366. Charnire d'Anomie. Fig. 367. Le moyen particulier qu'emploient les Anomies pour se fixer sur les corps tran- gers prsente une modification singulire. Elles vivent et prissent l'endroit o leur uf est clos. La valve infrieure est adhrente aux corps sous-marins, dont elle prend le plus souvent la forme. Ainsi, on en voit qui sont exactement moules sur des peignes dont elles prennent parfaitement l'empreinte, que reproduit aussi la valve suprieure non adhrente. On comprend que l'animal, contenu dans une coquille aussi mince, doit se mouler lui-mme sur les ingalits de sa valve infrieure, et qu'il n'est pas assez pais pour que la forme d'un lobe du manteau n'influe pas sur celle de l'autre lobe en contact immdiat avec la valve suprieure. On inange les Anomies comme les hutres sur plusieurs ctes de France, et on les dit fort dlicates. Ces coquilles sont trs-communes dans la Mditerrane et dans la Manche. La valve suprieure se dtache facilement, et c'est elle qu'on trouve en grand nombre sur les rivages; la forme trs-irrgulire, la couleur et la transpa- rence de l'espce la plus commune lui ont fait donner le nom d'Anomie pelure d'oi- gnon. On trouve des Anomies dans toutes les mers, et on en connat de fossiles en France, en Angleterre et en Belgique. TROISIME SECTION. Ligament, charnire et animal inconnus; coquille trs-inquivalve. Une seule famille. FAMILLE. ^lac/t'j/ej. La famille des Rudistes de Lamarck se compose de coquilles fossiles qui parais- sent appartenir aux Ostracs sous certains rapports, et qui cependant s'en distin- guent. On ne connat bien ni la charnire, ni le ligament des valves, ni le muscle qui pourrait les ouvrir, parce qu'on ne trouve aucune trace qui indique la place exacte de ces diverses parties. D'aprs M. Deshayes , la famille des Rudistes de Lamarck doit tre modifie et former un groupe particulier dans le voisinage de la famille des Camacs, les animaux des genres qui la composent tant pourvus de deux muscles rtracteurs placs sur les parties latrales, comme dans les Cames. 4 er GENRE. C'plk'ul'i/tc Sphrulites, Lamarck. (Scpapa, sphre ; X'.Og;, pierre.) Coquille inquivalve, orbiculaire-globuleuse, un peu dprime en dessus, h- HISTOIRE NATURELLE. 115 lisse l'extrieur d'caills grandes, subangulaires, horizontales. Valve suprieure plus petite, planule, operculaire, munie sa face interne de deux tubrosits ingales, subconiques , courbes et en saillie ; valve infrieure plus grande, un peu ventrue, cailles rayonnantes hors de son bord, ayant sa cavit obliquement conique, et formant d'un ct, par un repli de son bord interne, une crte ou une carne saillante. Paroi interne de la cavit strie transversalement ; charnire peu connue. Lamarck. Les Sphrulites sont des coquilles fos- siles de la craie ; elles sont assez grandes FlG ' 568, Sp hruUtc de Jonannet. et rares. Ces coquilles, d'aprs M. Deshayes, qui en a fait une tude particulire, n'appartiennent pas cette section, ni mme l'ordre des Monomyaires, et de- vraient, d'aprs leur organisation, tre classes la fin de l'ordre des Dimyaires. 2 e GENRE. . Birostrites. [Bis, deux fois; rostrum, bec.) Coquille inquivalve, bicorne, valves leves en cne par leur disque, ingales, obliquement divergentes, pres- que droites, en forme de cornes, l'une enveloppant l'autre par sa base. Ce genre a t tabli par Lamarck sur le moule int- rieur d'une Sphrulite , et doit par consquent tre sup- prim; c'est M. Deshayes qu'on doit cette observa- tion. Fig. 369. Biroslrile inquilobe. 5* GENRE. o'Vcwhofilc Radiolites, Lamarck. (Pierre rayons.) Coquille inquivalve, prsentant l'extrieur des stries longitudinales rayon- nantes. Valve infrieure turbine , plus grande; la suprieure convexe ou conique, operculiforme. Charnire inconnue. Les Radiolites sont des coquilles fossiles qui ne se trouvent que dans les couches d'an- cienne formation ; leur test est presque tou- jours rempli d'une vase schisteuse ou cal- caire trs-dure, soudant les deux valves, qui reprsentent deux cnes ingaux opposs base base, et fortement stris en dehors. On les trouve particulirement dans les Pyrnes. Ce genre devra sans doute tre runi aux Sphrulites. Fig. 370. Radiolile turbine. Fig. 571. HISTOIRE NATURELLE. te GENRE. Ai|unmL\ Hippurites, Lamarck. (Hippuris, queue de cheval.) Coquille cylindrace, plus on moins allonge, tubuleuse, compose d'une grande valve infrieure et d'une petite valve suprieure operculiforme. Test pais, poreux, quelquefois lisse, le plus souvent orn de ctes longitu- dinales. La grande valve, portant la trace de l'adhrence, remplie, dans la partie qui avoisine le sommet, de cloisons plus ou moins nombreuses, et irrgulirement espaces , sans communication entre elles; deux artes longitudi- nales parcourant cette valve dans toute sa longueur; quel- quefois une troisime fausse arte produite par un pli du test. Valve suprieure operculiforme, plate, concave ou convexe, bords taills en biseau, rayonne ou couverte de pores, ayant toujours deux ocelles ovalaires enfonces. Charnire fort incompltement connue. Deux impressions musculaires. Ces coquilles se trouvent dans les Pyrnes. Le genre Hippurte tait class par Lamarck dans l'ordre des Cphalopodes, famille des Orthocrs, parce qu'on n'a- vait pas reconnu l'organisation des espces qui le composent. Fio. 372. Hippurte paisse. (] e sa vant professeur avait aussi compris dans la famille des Rudistes les genres Calcole, Discine et Crante, qui font partie de l'ordre des Brachiopodes, et dont nous allons parler. TROISIME ORDRE. ACPHALES RRACHIOPODES. Cet ordre se compose de mollusques ayant deux bras opposs, allongs, cilis, et rouls en spirale dans le repos. Leur manteau a deux lobes spars par devant, et il enveloppe ou recouvre le corps. Leur coquille est adhrente, soit immdiate- ment, soit l'aide d'un cordon tendineux. L'organisation des Brachiopodes est in- frieure celle des Acphales dimyaires; aussi l'ordre qui nous occupe en ce mo- ment devrait-il tre le premier et non le troisime de la classe. Nous avons dit, page 50, le motif qui nous engageait changer le moins possible la classification propose par Lamarck. Cet ordre comprend quelques espces vivantes, et un grand nombre d'espces fos- siles fort curieuses et fort intressantes pour les gologues, parce qu'on trouve ces dernires jusque dans les terrains les plus anciens. On a propos dans cet ordre l'tablissement de genres peut-tre trop multiplis, et dont nous n'indiquerons que les principaux. HISTOIRE NATURELLE. 117 PREMIERE FAMILLE. Cette famille est des plus intressantes pour l'tude de la gologie ; elle est trs- riche en espces qu'on trouve rpandues dans toutes les couches, mme les plus anciennes. C'est surtout dans cette famille que les genres sont trop nombreux et devraient pour la plupart n'tre considrs que comme des divisions hases seule- ment sur la forme des coquilles. 1 er GENRE. Pu>c)iicte. Productifs, Sowerby. (Productus, prolong.) Coquille inquivalve, symtrique; valve suprieure operculi forme, plane ou con- cave ; valve infrieure grande, crochet plus ou moins saillant, non perfor; char- nire linaire transverse, simple ou subar- ticule dans le milieu ; des appendices lamel- leux, branchus dans l'intrieur des valves. Le genre Producte est compos de co- Fig. 375. Produele d'Ecosse. Fig. 371. Producte chevelu. quilles fossiles qui ont les plus grands rapports avec les Trbratulcs, et qu'on ren- contre dans les terrains de sdiment les plus infrieurs. M. Defrance ajoute aux caractres assigns aux espces de ce genre par Sowerby, que la charnire est garnie dans toute sa longueur de trs-petites dents sriales et intrantes comme les Arches. 2 GENRE. C^n-ap'c. Spirifer, Sowerby. (Spira, spire; fero, je porte.) Coquille transverse, quilatrale ; charnire linaire, droite, tendue de chaque Fig. 375. Spirifre ondul. Fig. 370. us HISTOIRE NATURELLE. ct des crochets, qui sont spars par une surface plate ayant au centre une ouver- ture triangulaire pour le passage du ligament. Deux masses spirales occupant une grande partie de l'intrieur des valves. M. Deshayes fait observer que la prsence de ces masses spirales, qui ne sont que les bras ptrifis de ranimai, ne suffit pas pour distinguer ces coquilles des Trbratules. On fig. 377. spirifre stri. fig. 578 , Spirifcre trigone. trouve parmi les Spirifres de Sowerby des coquilles qui ont le crochet perc comme les Trbratules , d'autres qui n'ont aucune ouverture cette partie, d'autres enfin qui ont une fente trian- gulaire au-dessus du crochet. Le Spirifre ondul dont nous donnons la figure est connu vulgairement sous le nom de Chapeau de l'empereur; on le trouve dans le dpartement du Pas-de-Calais. 5 e GENRE. K^&wvackwie. Terebratulu, Bruguires. (Terebratus, perfor.) Coquille inquivalve, rgulire, suhlrigone, attache aux corps marins par un pdicule|court et tendineux. La valve la plus grande a un crochet avanc, souvent courb, perc son sommet par un trou rond ou par une chancrure. Charnire Fig. 379. Fig. 580. Charnire de Trbratule. compose de deux dents sur une valve , et de deux fossettes correspondantes sur Fig. 3S1. Fig. 382. Trbratule australe. Fig. 583. Trbratule borale. Fig. 384. Trbratule aile. l'autre. A l'intrieur, deux branches grles, leves, fourchues et diversement HISTOIRE NATURELLE. 119 rameuses, naissent du disque de la petite valve, et servent de soutien l'animal . On a propos rtablissement de plusieurs genres aux dpens des Trbratules, et ces dmembrements successifs, qui sembleraient devoir faciliter la dtermination Fig. 3Sc Trbratule peigne. Fig. 386. Fig. 387. Trbratule lyre. des espces, n'ont fait qu'augmenter les difficults que prsente un genre aussi riche et aussi important pour l'lude de la gologie ; et, comme le fait judicieuse- ment observer M. Deshayes, les auteurs ont port leur attention sur la forme ext- rieure de ces coquilles plutt que sur l'ensemble des caractres qu'elles prsentent : aussi est-on toujours dans l'attente d'une bonne classification. 4 e GENRE, cJlfoaijac. Mogas, Sowerby. (Ma-|-a:, chevalet d'un instrument cordes.) Coquille quilatrale, inquivalve; une valve convexe avec une surface triangu- laire divise au centre par un sinus anguleux; l'autre valve plate, avec une char- nire droite et deux lvations au centre. La plus grande valve, dont le sommet est chancr , a deux dents en crochet; l'autre valve porte int- rieurement son milieu une sorte de cloison longitudinale qui s'a- vance jusqu'aux deux tiers de la longueur de la coquille, et qui parait avoir partag jusqu' cet endroit l'animal en deux parties. Ce- pendant la cloison laisse vide, du ct de la charnire, un espace occup par deux petites attaches calcaires rubanes qui partent de cette dernire, et, en s'cartant un peu de la ligne de la cloison, vont s'y runir au centre de la co- quille. Fig. 388. Magas concave. Se GENRE. ^OucLte. (Incites, Defr (Uncus, crochu.) ance. Coquille libre, inquivalve, rgulire, la plus grande valve ayant un crochet avanc, courb, non perc son sommet ; celui de la plus petite valve se courbant et s" enfonant dans le talon de la plus grande. Charnire peu connue, mais de laquelle dpendent deux pices os- seuses, minces, en forme de faux, et qui s'avancent dans la plus petite valve. Fin. 589. (Incite gryphoide. 120 HISTOIRE NATURELLE. 6 e GENRE. OccDce. Thecidea, Defr {Theca, petite bote.) ancc. Fig. 390. Thcide rayonnante. FiG. 591. Coquille adhrente, symtrique, quilatrale, rgu- lire, trs-inquivalve. Une valve creuse crochet re- courb et entire; l'autre, plate et operculiforme. Charnire ovale, forme sur la valve plate par une grosse dent mdiane s'embotant entre deux dents cartes ou condylodiennes de l'autre valve. Doux impressions semi-lunaires cilies l'intrieur. C o I e GENRE. G'btoptaciume. Strophomena, Defrance. (2-pocpup.a, charnire; p.vw, je rsiste.) Coquille rgulire , symtrique, quilatrale, valves presque gales, dont l'une est plate et l'autre un peu con- cave ; charnire transverse, droite, offrant droite et gauche d'une subchancrure mdiane un bourrelet peu considrable, crnel ou dent transversalement. Aucun Fig. 392. Slrophomne rugueux. UldlCe de SUppOl't. 8 e GENRE. Svcurcuuee. Pentamerus, Sowerby. (livre, cinq ; u.ejo, partie.) Coquille quilatrale, inquivalve. Une valve divise en deux parties par une cloison centrale, l'autre valve ayant deux cloisons qui la divisent en trois parties. Crochets recourbs, non perfors. Ce genre a t tabli d'aprs le moule seulement. Ce moule est compos de cinq parties solides, deux pour une valve et trois pour l'autre, et dont l'assemblage constitue une masse assez considrable, subglobuleuse, ayant l'as- pect de certaines espces de Trbratules bien symtriques, Fig. 395. Pentamre de Knight. avec un SOllimet reCOUl'b SU1" UUC Valve. 9 e GENRE. o)kiaocepbalej>. Strigocephalus, Defrance. (Srpt^, cannelure ; eaXn, tte.) On a trouv dans les couches anciennes des environs de Chimai une espce de coquille bivalve qui a quelques rapports avec les Trbratules, mais dont la char- nire porte des caractres diffrents de tous les genres connus. Cette coquille est globuleuse, inquivalve, inquilatrale, et presque de la grosseur du poing. La valve la plus grande ou infrieure se prolonge et se redresse au sommet. Entre elle HISTOIRE NATURELLE. 121 et la valve suprieure, il se trouve, comme dans certaines espces de Spirifres et de Trbratules qui ne sont pas perces au sommet, un espace assez grand. L'ap- pareil de la charnire est trs-remarquable. La valve infrieure porte deux dents releves en crochet, qui laissent entre elles un espace de sept huit ligne ; c'est dans cet espace que se trouve l'ap- pareil en question, qui tient la valve suprieure par une carne leve de deux lignes environ, et qui se termine d'a- bord par deux appendices qui vont s'appuyer de chaque ct contre les dents, et au milieu desquels il se trouve une sorte de colonne de neuf lignes de longueur, et de la grosseur d'une plume crire. Cette colonne devient plate, et se bifurque c son extr- mit pour laisser entrer dans la bifurcation une autre carne aigu qui a quatre lignes d'lvation, et qui se trouve place longitudinalement dans la valve inf- rieure ; en sorte que les valves, en s'ouvrant, ne peuvent se dranger ni droite ni gauche, tant maintenues par la base de la colonne. Fie 394. Strygocphale de Burliii. DEUXIEME FAMILLE. Les espces peu nombreuses que renferme cette famille sont adhrentes h l'aide d'un long pdicule tendineux. GENRE l.uujule- Lingula, Lamarck. (Lingula, diminutif de lingua, langue.)- Coquille subquivalve, symtrique, aplatie, ovale, oblongue, tronque son som- met, termine en pointe sa base ; fixe aux corps marins l'aide d'un pdicule tendineux. Charnire sans dents. Impressions musculaires multiples. Fie. 595 Fig. 396. \m\ m Fig. 397. Lingnle analine. 16 122 HISTOIRE NATURELLE. L'animal les Lingules est ovale-oblong, aplati, symtrique; les lobes du man- teau sont dsunis dans la moiti antrieure de leur circonfrence, et contiennent Fig. 398. Lingule anatine. dans leur paisseur des branchies subpectines. La bouche, petite, est situe la partie mdiane et antrieure du corps, entre deux bras cilis, assez grands, et tourns en spirale pendant le repos. TROISIME FAMILLE Dans cette famille les espces ont un pdicule court, traversant une chancrure de la valve infrieure. \* GENRE. Od'icuL. Orbiula, Cuvier. (Orbis, rond.) Coquille orbiculaire, inquiyalve, sans charnire apparente. Valve infrieure trs-mince, aplatie, adhrente aux corps marins; valve suprieure subconique, sommet plus ou moins lev. L'animal est compos de deux masses rougetres, et de deux bras allongs, bleus, garnis de franges jaunes, paisses et un peu crpues. Les organes de la respiration consistent en un rseau vasculaire occupant toute la surface du manteau. La valve infrieure est fen- due pour le passage du faisceau fibreux Fig. 399. Orbicule de Norwge. Fig. 400. qui la fixe aUX COI'pS SOUS-mai'inS. Les Of- bicules sont des coquilles qui paraissent plutt cornes que calcaires. On n'en con- nut d'abord que la valve suprieure, que Ton considra comme une Patelle. C'est une Orbicule non compltement dveloppe, qui est pour Lamarck le type du genre Discine. Les Orbicules se trouvent dans les mers du Nord et celles de l'Amrique. Les espces fossiles appartiennent aux terrains anciens. 2 e GENRE. (jr)u\ciue. Discina, Lamarck. (Discus, disque.) Coquille inquivalve, ovale-arrondie, un peu dprime, valves ayantehacune HISTOIRE NATURELLE. 125 un disque orbiculaire central trs-distinct : le disque de la valve suprieure, non perc, ayant au milieu une protubrance en mamelon ; celui de la valve infrieure trs-blanc, divis par une t'ente transversale. Ce genre a t tabli, avons-nous dit, pour une coquille non encore dveloppe, et qui n'est que le jeune ge de l'Orbicule de Norwge. QUATRIME FAMILLE. Les espces de cette petite famille sont adhrentes par leur coquille et sans l'aide d'un ligament. I er GENRE. L'idct'oU- Calceola, Lamarck. [Calceolus, petit soulier.) Coquille inquivalve, triangulaire, turbine, aplatie en dessous. La grande valve creuse en capuchon, tronque obliquement l'ouverture, .-sas ayant son bord cardinal droit transversal, un peu ebancr w et subdent au milieu, et son bord suprieur arqu. La petite valve aplatie, semi-orbieulaire, en forme de couvercle, ayant son bord cardinal un tubercule de chaque ct, et au milieu une fossette avec une petite lame. Tels sont les caractres que Lamarck assigne une coquille ne. 401. Caicoie sandaime. fossile d'Allemagne. On n'est point encore lix sur la place dfinitive que les Cal- coles devront occuper dans la mthode. 2 e GENRE, ^-taille. Crania, Bruguires. (Cranium, crne, tte.) Coquille inquivalve, suborbiculaire. Valve infrieure presque plane, perce sa face interne de trois trous ingaux et obliques. Valve su- ^^gfiliisi, pricure trs-convexe , munie intrieurement de deux callo- sits saillantes. Lamarck ne connaissait ce genre que par la coquille, et il le plaa tort parmi les Rudistes; l'animal tudi par Poli est un Brachiopode ; ce genre doit donc faire partie de ce der- nier ordre. Les trois trous dont est perce la valve infrieure F|G - 402 - C ranieen masque. desCraniesdonnent cette valve quelque ressemblance avec un crne humain aplati. Bruguires suppose que ces trous sont les points d'attache par lesquels la coquille adhre aux corps marins. On trouve des Cranies vivantes dans l'ocan Indien et dans la Mditerrane. Les espces fossiles appartiennent aux couches les plus an- ciennes et celles de la craie. 124 HISTOIRE NATURELLE. DEUXIME CLASSE. MOLLUSQUES CPHALS. Celte classe comprend tous les Mollusques ayant une tte plus ou moins dis- tincte ; quelques-uns sont nus, quelques autres mullivalves ; tous les autres, en nombre considrable, sont univalves. Presque tous ont des yeux et des tentacules, et parmi ces derniers il en est dont la bouche est entoure de bras disposs par paires et en couronne. Le manteau varie beaucoup : tantt ses bords sont libres sur les cts du corps, tantt ses lobes sont runis, et il forme un sae qui enveloppe en partie l'animal. La respiration a lieu l'aide de poumons ou de branchies le plus souvent non symtriques. La circulation est double ; le cur est uniloculaire, quelquefois oreillettes divises et cartes. Le systme nerveux consiste en gan- glions pars, desquels partent les ramifications qui se distribuent tout le corps. Quelques Cpbals ont leur coquille l'intrieur; d'autres, coquille extrieure, ont des osselets destins diviser les aliments. Les animaux de cette classe sont ceux dont l'organisation est le plus avance, car elle prsente le plus haut degr de composition qu'elle pouvait atteindre dans les animaux invertbrs. Cependant , chose tonnante, dit Lamarck, les Mollusques, suprieurs en composition d'organisation tous les autres animaux sans vertbres, sont rellement fort infrieurs eu facults beaucoup de ces derniers : en effet, quelle diffrence ne trouve-t-on pas entre la "vivacit, la facilit des mouvements de la plupart des insectes, et la nature de ceux des animaux qui nous occupent eu ce moment! Quelle supriorit ne trouve-t-on pas encore dans ces produits d'ha- bitudes compliques, qui ressemblent tant des actes d'industrie, lorsque l'on com- pare les manuvres diverses d'un grand nombre d'insectes aux actions de presque tous les mollusques ! Les Acphales sont diviss en trois ordres : les Plropodes, les Gastropodes et les Cphalopodes, dont nous avons dj fait connatre les caractres les plus sail- lants, page 28. PREMIER ORDRE. PTROPODES. Cet ordre comprend un petit nombre de mollusques libres, nus ou coquilles, ayant des expansions membraneuses propres la natation; ils n'ont point de pieds pour ramper, ni de bras pour saisir leur proie. Ces expansions membraneuses ou nageoires ne sont que des prolongements du manteau, modifis et transforms en organes du mouvement. Tous les Ptropodes sont plagiens; ils ne se trouvent sur les rivages que rarement, et seulement lorsque les temptes ou les courants les y portent. Ils nagent librement au milieu des eaux, et viennent la surface dans les instants de calme, et surtout au coucher du soleil. Ils sont trs-vifs dans leurs mouvements et se fixent quelquefois aux corps flottants, tels que les fucus, en les embrassant avec leurs nageoires. (Rang.) HISTOIRE NATURELLE. 125 Tous les Plropodes sont trs-petits; mais, en compensation, ils se multiplient tellement, qu'ils semblent faire, en grande partie , les frais de l'alimentation des Baleines. Ces gants des mers les recherchent et les avalent par milliers ; l'espce la plus commune est connue des matelots sous le nom de Pture de la Baleine. Les Ptropodes, dit M. d'Orbigny, ont un mode particulier de natation, en rap- port avec leur forme ; leurs nageoires ne peuvent faire avancer et soutenir l'animal auquel elles appartiennent que par des mouvements continuels comparables ceux des ailes des papillons. Ces nageoires remuent continuellement avec une aisance et une promptitude remarquables; et suivant la direction qu'elles affectent, l'animal s'avance horizontalement, monte ou descend, le corps restant, pendant tout ce temps , vertical ou lgrement inclin. D'autres fois, il tournoie sans changer de place ou mme se soutient une hauteur constante sans mouvements apparents ; mais cette immobilit ne se remarque que chez un petit nombre d'espces, et tou- tes au contraire prsentent le plus souvent le mouvement papillonnant. Il est pro- bable que lorsque l'animal inquit a descendu assez profondment pour se croire en sret, il dploie de nouveau ses ailes et nage pour se soutenir, au lieu d'aller gagner le fond. PREMIRE FAMILLE. 1 er GENRE. J-yaej. ffyala, Lamarck. (Hyalus, verre.) Petite coquille corne, trs-mince, transparente, globuleuse ou allonge, ou- verte antrieurement , fendue sur les cts; l'extrmit postrieure tricuspide. Le mollusque a deux grandes nageoires (pied), places de chaque ct de la bouche ; la tte est peu distincte et les branchies correspondent aux fentes latrales de la coquille. Les bords du manteau s'pauouissant par ces mmes fentes , donnent naissance un piderme mince qui recouvre extrieure- ment la coquille. Ces petits mollusques Fig. 403. Hyale i trois pointes. FlG. 404. Fig. 405. Hyale globuleuse. Fie. 406. sont gnralement d'un jaune bleutre ou violet. Les Hyales ne se trouvent gnralement qu' de grandes distances des rivages ; elles sillonnent la surface de la mer, avec une grande vitesse, l'aide de leurs ha- 126 HISTOIRE NATUKELLE. geoires, qu'elles agitent sans cesse. Au moindre danger, l'animal retire ses nageoi- res sous la lame antrieure de la coquille, et coule promptement au fond de la mer. Les Hyales vivent dans l'ocan Atlantique, les mers de la Nouvelle-Hollande, et une espce, dont nous donnons la ligure (-400), est assez commune dans la Mdi- terrane. On trouve peu d'Hyales l'tat fossile. 2e GENRE. GeoiW>. Cleodora, Pr on. [Clodure, une des Danades. Coquille trs-mince, presque cartilagineuse, transparente, ayant la forme d'un demi-fer de lance. L'animal est glatineux, sa tte est distincte, et il a deux nageoi- res contractiles cliancres en cur et attaches la hase du cou. Ce charmant petit animal, dit Brown dans son Histoire natu- relle del Jamaque, a rarement plus d'un pouce de longueur, y compris sa coquille. Son corps supporte une petite tte ronde, munie d'une espce de petit hec pointu et de deux petits yeux d'un trs-beau vert. Ses paules sont garnies de deux expansions membraneuses, transparentes, au moyen desquelles l'animal se meut avec beaucoup de clrit dans l'eau et sa surface. Fie. 407. l ciodore bourse. Les Clodores sont trs-voisines des Hyales, et ces deux genres devront sans doute tre confondus en un seul. On les trouve dans toutes les mers; on en connat peu de fossiles. 5e GENRE. iSxe^ci. Creseis, Rang. (Nom mythologique.) Coquille trs-eflile , extrmement mince, fragile et diaphane, en forme de cornet droit ou recourb ; l'animal a la mme forme que la coquille, et il prsente deux expansions membraneuses, ou nageoires. Ces mollusques sont trs-petits ; leurs mou- vements sont vifs et saccads; ils ont la fa- cult de se fixer aux corps flottants l'aide de leurs nageoires , qui embrassent l'objet auquel ils veulent s'attacher. Lorsqu'ils sont inquits par l'approche de quelque danger, ils rentrent spontanment leurs nageoires, et leur poids seul les fait descendre vers le fond de la mer. FlG. ios. Crsis subulcc. HISTOIRE NATURELLE. 127 4 e GENRE. C/uoiofcic. Cuvieria, Rang. (Cuvier.) Trs-petite coquille en forme d'tui cylindrique, un peu aplatie [trs de son ou- verture, qui est cordiforme, et dont les bords sont tranchants; le ct oppos l'ouverture est ferm par un diaphragme convexe l'extrieur, non terminal et dbord par l'extrmit du cy- lindre. L'animal est allong ; il est muni de deux nageoires assez grandes, et d'un lobe intermdiaire demi-circulaire. Les branchies sont extrieures, et places la base de ce lobe. Les Cuviries sont trs-communes dans la mer des Indes, l'Ocan et les mers du Sud; on en con- nat une espce fossile des sables coquilliers du Pi- mont. Ces petites coquilles n'ont que quelques lignes de longueur ; la figure que nous en donnons est forte- ment grossie. Fig. 409. Cuvirie colonneite oe GENRE, timbic, turibia, Rang. (Euribie, fille do l'Ocan.) Coquille membraneuse mince, transparente, rgulire, et en forme de calotte renverse. L'animal est blanc; il a deux nageoires hori- zontales la base desquelles est la bouche; le lobe intermdiaire est trs-petit, et de forme triangulaire. Les Euribies habitent l'ocan Atlantique. Fig. 410. Euribie de Gaudicliand. e GENRE. G^pimtelW. Spiratella, Deblainville. (Spira, spire, telum, arme.) Coquille papyrace, trs-fragile, planorbique, subcarne , enroule un peu obliquement, de manire tre largement et profondment ombilique d'un ct, et pour- vue de l'autre d'une spire un peu saillante et pointue ; ouverture grande, largie de chaque M ct. L'animal est allong, muni de deux na- geoires subtriangulaires, et il a sa partie post- . , Fig. 411. Spiratelle roslrale. Fig. 412. neure contourne en spirale. Le nom de Limacine avait t donn ce genre par Lamarck et Cuvier ; mai 128 HISTOIRE NATURELLE. comme ces mollusques ne rappellent point l'ide d'une Limace par leur aspect, et pour viter la confusion que pourrait occasionner l'analogie de nom, JM. de Blain- ville a propos celui de Spiratelle. Les Limacines sont trs-communes dans les mers du Nord. 4 e GENRE. (Cyulml'ie, Cymbulia, Prou. (Cymbula, gondole.) Coquille cartilagineuse, trs-transparente, oblongue, en forme de sabot, tron- que au sommet; ouverture latrale et antrieure. L'animal est transparent, termin en avant par une tte peu distincte, pourvue de deux tentacules, de deux yeux et d'une trompe; en arrire, par un appendice natatoire filiforme et pourvu de chaque ct d'une nageoire fort large, sur laquelle les bran- chies sont disposes en rseau. On ne connut pendant longtemps qu'une seule espce de ce genre ; elle avait t trouve prs de Nice par MM. Prou et Lesueur ; depuis, MM. Quoy et Gaymard en ont dcouvert plusieurs espces Amboyne et la Nouvelle-Hollande. Fie 413. Cymbulie de Prou. DEUXIEME FAMILLE. P' GENRE. CCio. Clio, Bruguires (Nom mythologique.) Les Clios sont des mollusques sans coquille; leur corps est glatineux, de forme flk oblongue; l'extrmit postrieure se termine en pointe; l'ant- ili i R- r ^v r i eure prsente un tranglement ou cou qui supporte une tte gar- feS Wm^ nie de plusieurs tentacules rtractilcs. La bouche est terminale. Deux nageoires triangulaires, places sur les cts du cou, sont en mme temps les organes du mouvement et de la respiration, car eur surface prsente un rseau branchial qui communique avec le cur. Les Clios ont le corps d'un beau bleu ou violet fonc , ml de rouge vif. Ces petits mollusques sont trs-nombreux dans les mers du Nord; par les temps chauds et calmes, ils s'lvent en grand nombre la surface de l'eau , comme s'ils venaient y respi- rer, et replongent aussitt. Les Baleines en sont trs-friandes, et la grande consommation qu'elles en font a valu particulirement ces petits mollusques le nom de Pture do Baleine. Fie. 41i. Clio longue queu HISTOIRE NATURELLE. 12!) 2 e GENRE. Jtueuiiiciexme. Pneumodermon, Cuvier (llveatv, poumon; Jpwa, peau.) Mollusque nu , tte distincte. Bouche terminale, deux lvres. Deux faisceaux de tentacules rtractiles placs aux cts de la bouche. Point d'yeux. Deux ailes opposes, petites, ovales, insres sur les cts du cou. Deux lignes branchiales situes extrieurement sur la partie postrieure du corps. Anus latral , s'ouvrant au-dessous de l'aile droite. Les Pneumodermes, comme les autres Ptropodes, ont des mouvements rapides. On les trouve dans la Mditerrane et Amboyne. Fin, 415. Pneumodermc de Prou. DEUXIME ORDRE. GASTROPODES. L'ordre des Gastropodes a t tabli pour tous les mollusques qui rampent sur un disque abdominal, ou pied. Les Gastropodes ont une tte assez distincte, sur- monte d'une ou de plusieurs paires de tentacules; presque toujours des yeux pla- cs soit l'extrmit, soit la hase des tentacules ou prs de ces organes. Leur corps est droit ou spiral. Us ont des poumons ou des branchies, suivant le milieu dans lequel ils vivent. Les uns, et c'est le plus grand nombre, ont une coquille d'une seule pice, spirale ou conique, avec ou sans opercule ; les autres sont nus, avec une coquille intrieure ou sans coquille ; d'autres enfin ont un test compos de plusieurs pices ou valves. L'apprciation plus exacte de l'organisation des mollusques a amen la suppres- sion de deux ordres tablis par Lamarck, celui des Trachlipodes, et celui des Ht- ropod.es, qui sont runis maintenant aux Gastropodes. Nous avons dj fait observer que la nature ne procde jamais par des transitions brusques, et qu'elle ne passe d'un type d'organisation un autre qu'en apportant dans celui qu'elle commence quelques-uns des traits de celui qu'elle abandonne. Les mollusques qui commencent cet ordre nous en fourniront une nouvelle preuve par leurs rapports avec les Ptropodes. L'ordre des Gastropodes est le plus nombreux en espces, et il renferme des mollusques marins, fluviatiles et terrestres ; il se partage en un grand nombre de familles, dont nous allons donner successivement les caractres. PREMIERE EA MILLE. L'organisation des Firolids rappelle celle des Ptropodes ; le pied dont ils sont munis prsente encore la forme d'une nageoire, et il a une ventouse son bord 130 HISTOIRE NATURELLE suprieur; mais ce n'est qu'une modification du pied des Gastropodes; les bran- chies sont externes, pectines ou en forme de panaches. Parmi les mollusques de celte famille, les uns sont nus, les autres ont une coquille rudimentaire, beaucoup trop petite pour contenir l'animal, dont elle ne reoit que les organes principaux. 1 er GENRE, trfec&e. Sagitta, Quoy et Gaimard. (Nom tir de la forme.) Mollusque nu, allong, glatineux, transparent, cylindrique, tte seulement indique par l'appareil buccal. Queue horizontale, aplatie; quelquefois des nageoi- res latrales paires, ou suprieures impaires. Fig. 416. Flche exaptre. Les Flches vivent dans presque toutes les mers, et se montrent plus particuli- rement aprs le coucher du soleil. Elles se fixent momentanment aux corps flot- tants ta l'aide de leur bouche. Ces petits animaux sont si transparents, qu'on les perd facilement de vue ; leurs mouvements ressemblent ceux des poissons. 2 e GENRE. Uvcoe. Firoa, Prou et Lesucur. (tymologie inconnue.) Mollusque nu, allong, glatineux, transparent, termin en arrire par une queue plus ou moins longue et pointue; muni d'une ou plusieurs nageoires. La Fig. 417. Firole de Kraudr bouche situe l'extrmit d'une trompe. Point de tentacules, ou seulement deux rudiments tentaculaires portant les yeux leur base extrieure. Branchies en forme de panache, groupes avec le cur sous le ventre. Les Firolcs sont trs-transparentes, quoique teintes de couleurs irises. Leurs rapports avec les espces du genre suivant sont trs-vidents. Les mouvements de ces animaux s'excutent l'aide de la nageoire place vers le milieu de leur face abdominale, lorsqu'elle est unique. On trouve ces mollusques dans la Mditerra- ne et l'Ocan Atlantique. Il est difficile de les bien observer, parce que leur corps glatineux et hyalin passe en quelque sorte inaperu dans l'eau de la mer, et que leur dcomposition est trs-prompte. IIISTOIUE NATURELLE. r,i .V GENRE. sLsaxma.vtc. Carinaria, Lamarck. (Carina, carne.) Coquille univalve, trs-mince, trs-lgre,* transparente, conique, aplatie sur les cts, sommet rflchi, contourn en spirale. Ouverture oblongue. Le bord dorsal quelquefois carn. L'animal est allong, glatineux, transparent et un peu comprim sur les cts. La tte est rtractile, se ter- mine en trompe tronque ; elle est munie de deux tenta- cules la base desquels se trouvent les yeux. Vers le mi- lieu de la face ventrale est at- tache une large nageoire dont le bord postrieur se ddouble pour former un petit disque en forme de ventouse. Tous Fig. 418.' Carinaire gondole, les viscres, formant une masse pdoncule, dorsale, sont contenus dans la co- quille. On connat un petit nombre de Carinaires ; la plus belle, et aussi la plus rare, vient des mers de l'Inde; on la nomme Carinaire vitre ; elle a encore une valeur de mille douze cents francs. Les autres espces sont plus communes ; elles viennent des mers australes. On en trouve aussi assez frquemment une espce dans la Mditerrane : cette dernire a le corps blanc, transparent comme le cristal, l'exception de sa nageoire, qui est d'un rose ple. Les Carinaires vivent loin des rivages; elles nagent presque continuellement , et se fixent quelquefois aux corps flottants l'aide de la ventouse de leur pied-na- geoire. DEUXIME EA MILLE. iSttawi/ecte. Cette famille ne se compose que d'un seul genre, dont les caractres sont I e '- GENRE. cJWlautc. Atlanta, Lesueur. (Atlantides.) Coquille transparente, trs-fragile, discode, comprime, fortement carne, ouverture chancre ou fendue antrieurement, bord tranchant. Spire termine par un bouton au fond de l'ombilic du ct droit. Opercule vitr, mince, fragile, portant l'impression musculaire dans son centr. 152 HISTOIRE NATURELLE. L'animal a le corps comprim latralement, spiral, portant une nageoire assez grande, foliace, et munie d'une ventouse son bord postrieur; tte en forme de longue trompe; deux ten- tacules cylindriques en avant d'yeux fort gros, comme pdicules leur base; bouebe l'extrmit de la trompe ; les branchies, en forme de peigne, dans la cavit pulmo- naire. Fig. 419. Atlante de Kcraudren. Les Atlantes sont communes dans les mers chaudes, o elles vivent en troupes nombreuses; elles nagent avec rapidit. TROISIME FAMILLE. c^fii/cfate ta d. Cette famille ne comprend qu'un seul genre, dont les caractres sont GENRE. Jro-\Mitoe. Phylliroe, Prou et Lesueur, (Fille de l'Ocan.) Mollusque glatineux, transparent, trs-aplati sur les cts. La tte est surmonte de deux tentacules qui ressemblent des cornes. Cet animal nage vague- ment dans les eaux, et il a une trans- parence si grande qu'on n'aperoit gure que sa tte et ses branchies, Fig. 420. Phyiiiroe piquete. qui paraissent au travers de son corps. Sa nageoire caudale parat coupe comme celle de beaucoup de poissons. Ces mol- lusques se trouvent dans la Mditerrane et l'Ocan. QUATRIME FAMILLE 'te/an te ;?J . Celte famille comprend tous les mollusques gastropodes dont les branchies sont symtriques, extrieures, et places au-dessus du manteau, soit sur le dos, soit sur les cts, sans cavit particulire. Tous les Tritoniens habitent la mer et ne respi- rent que l'eau ; ils n'ont point de coquille; leur corps est allong, et leur tte est munie d'une ou deux paires de tentacules. Quelques-uns de ces animaux habitent les rivages et rampent au moyen d'un pied assez dvelopp; d'autres habitent la haute mer et s'attachent aux fucus par un pied troit ou allong, ou bien ils nagent le corps renvers et le pied la surface de la mer; dans ce cas, les bords de leur manteau et de leurs branchies leur servent de rames. Il (SI 01 HE NATURELLE. ] .",") 1" GENRE. CVcuuiue. Glaucus, Lamarck. (Dion marin.) Mollusque allong, glatineux, termin postrieurement par une queue grle Tte distincte, munie de quatre tentacules coniques et sym- triques. Branchies palmes, disposes par paires sur les cts et servant aussi de nageoires. Les Glauques sont remarquables par l'lgance de leur forme et par les riches couleurs dont ils sont orns. L'espce dont nous donnons la figure est d'un gris perle, avec deux bandes longitudinales d'un beau bleu. Ces animaux vivent en troupes nombreuses dans l'Ocan et la Mditerrane ; ils nagent avec assez de vitesse. lG 421i Glauque de Forster. 2 e GENRE. "Vbxv. Tthys frange. 5e GENRE. cV-yliVe. Sci/lla, Cuvier. (Nom mythologique.) Mollusque glatineux, oblong, dos lev en une crte bicar- ne, trs-comprim sur les cts, o l'on remarque quatre ailes symtriques. Tte peu distincte et munie de deux tentacules en massue. Branchies en forme de pinceau, parses sur les ailes. Pied long, trs-troit, formant un sillon. Les Scylles se trouvent en trs-grand nombre dans toutes les mers chaudes ; elles rampent sur les plantes marines errantes. Leur couleur n'offre rien de remarquable. G* GENRE. 'Cc'HWyo. Tthys, Linn. (Nom mythologique.) Mollusque charnu, quoique glatineux, semi-transpa- rent, oblong, termin antrieurement par un manteau large, demi-circulaire, en forme de voile, recouvrant et dbordant la tte, et postrieurement rtrci en pointe. Bouche en forme de trompe et situe sous le voile. Deux tentacules en saillie au-dessus de la base du manteau. Branchies dorsales, saillantes, nues, en houppes rameuses, disposes en deux ranges longitu- dinales. Ces mollusques rampent au fond de la mer, mais ils peuvent nager et s'lever la surface en se servant de leur voile. On les trouve dans la Mditerrane et dans la mer Adriatique, HISTOIRE NATURELLE. I :,: 7e GENRE. CWotw. Boris, Lamarck. (Fille do l'Ocan. Mollusque charnu, oblong, planul, convexe ou prismatique, recouvert d'un large manteau dpassant trs-souvent le pied et la tte. Quatre tentacules : deux suprieurs en massue, et rentrant chacun dans une fossette en calice; deux infrieurs, coniques, sous le rebord antrieur du manteau. Branchies dorsales saillantes, en forme d'arbuscules rguliers, entourant l'orifice anal. Les Doris sont trs-communes sur tous les rivages ; leur forme n'est pas lgante, mais leurs couleurs sont trs-varies et trs-vives. On en connat un trs-grand nombre d'espces. Fie. 4-27. Doris tachete. CINQUIME FAMILLE. o y//sfAf/?j. Les mollusques de cette famille ont les branchies places sous le rebord du manteau, et disposes en srie longitudinale autour du corps; ils ne respirent que l'eau. Presque tous ont une coquille, multivalve chez les uns, univalve chez les autres. 1" GENRE. Efe'yff-ie. Phyllidia, Cuvier. Nom mythologique.) Mollusque ovale-allong, peau dorsale coriace, variqueuse ou tuberculeuse, formant un bord saillant autour du corps. Branchies disposes sous le rebord de la peau en une srie de feuillets transverses, occupant la circonfrence du corps. Quatre tentacules : deux suprieurs, sortant chacun d'une cavit particulire, et deux infrieurs et coniques, situs prs de la bouche. Le disque charnu sur lequel rampe l'animal est plus troit la partie o il s'insre qu' celle par laquelle il pose sur le sol. Les Phyljidies se trouvent dans la mer des Indes et dans celle de la Nouvelle-Hollande. Fis. 428. Phjllidie noire et lilanclie. 156 HISTOIRE NATURELLE. Fio. 129. Oscabrelle lisse 2 GENRE. \Jcame\ie. Chitonellus, Lamarck. (Diminutif do Chilon, manteau de pierre.) Mollusque allonge, troit, ayant le milieu du dos garni dans sa longueur d'une coquille compose de huit pices ou valves longitudinales, jamais transverses, distantes Tune de l'autre ; ces pices ne sont que l'bauche d'une coquille et paraissent adhrentes les unes aux autres lorsque l'animal est dessch. Ce genre est trs-voisin du genre qui le suit, et se confond mme avec lui par des nuances insensibles. Ces mollusques sont rares et recherchs dans les collections, quoiqu'ils ne prsentent rien de remarquable dans leurs formes ou leurs couleurs. On n'en connat qu'un petit nombre d'espces des mers de la Nouvelle-Hollande. 5e GENRE. QccS'Oii. Chiton, Linn. ( Oscctbio7-n, nom islandais. Xitcv, manteau de pierre. ) Mollusque ovale-oblong, arrondi aux extrmits, dbord tout autour par une peau coriace souvent couverte d'pines ou de petits tubercules. Au centre, le corps est recouvert par une srie rgulire de pices testaces, imbriques, transverses, mobiles, enchsses dans les bords du manteau. Les branchies sont dispo- ses tout autour du corps, sous le rebord de la peau. Les Oscabrions s'allongent et se contractent comme les Limaces, ou se roulent en boule comme les Cloportes. Fig. 430. Oscabrion cannel. Fie 43 L Oscal non pirogue. Fig. i'i. Oscal. non cnniL'iix. Le nom d'Oscabrion, donn aux espces de ce genre, vientde deux mots islandais : hiorn, qui veut dire Oursin, et oosk, qui signifie vu ou souhait. Il a t choisi pour ces animaux, dit M. de Blainville, d'aprs un auteur ancien, parce qu'un pr- jug accorde, l'homme qui peut avaler une pierre cache dans le corps de ces mollusques, l'accomplissement certain de tous ses dsirs. Les Oscabrions vivent dans la mer, prs des rivages; ils adhrent aux corps submergs. Souvent, dit encore M. de Blainville, ils restent dcouvert pendant toute une mare basse, et alors ils ne changent en aucune manire de place. Leur adhrence est tellement forte, qu'il HISTOIRE NATURELLE. 137 est difiicile de les dtacher sans les dchirer. (le mode d'adhrence est videmment form, non-seulement par le pied lui-mme, mais surtout par les bords du man- teau, qui forment une espce de ventouse. En effet, dans le moment o ces animaux cherchent s'attacher aux corps, on voit sortir de toutes parts l'eau ou l'air com- prim entre le corps et le pied ou le manteau. Les Oscabrions se trouvent dans toutes les mers, mme les plus froides ; mais les grandes espces appartiennent aux mers du Sud. On en trouve aussi une espce fossile Grignon. GENRE. Sfareftc. Patelle, Lamarck. (Patella, petit plat.) Goquille univalve, ovale ou circulaire, symtrique, non spirale, recouvrante, en cne surbaiss, concave et simple en dessous, sans tissure son bord, et sommet entier, inclin antrieurement. L'animal a deux tentacules oculifres leur base extrieure ; ses branchies sont disposes en srie tout autour du corps, sous le rebord du manteau : fig. 27. Les Patelles sont les premiers animaux de la srie Fig. 433. Palell il du rubis Fig. 434. des Gastropodes qui soient couverts d'une, vritable coquille calcaire et entire- ment visible l'extrieur. Cette coquille est lisse ou orne de ctes rayonnantes et souvent couvertes d'caills; ses bords sont fr- quemment garnis de dentelures, qui ne sont (pie le prolongement des rayons. Elles prsentent des cou- leurs vives et varies. L'intrieur est trs- lisse, trs-brillant., et remarquable par la vigueur des Fig. 455. l'.ilol e crpue teintes. Une Patelle renverse reprsente une coupe trs-vase, et il y en a de fort grandes qui pourraient, au besoin, servir de plat ou d'assietle. Les Patelles vivent sur les rochers des bords de la mer; elles adhrent si for- tement qu'on ne peut les dtacher qu'en passant, entre le rocher et l'animal, une lame de couteau qui, le plus souvent, divise le pied du mollusque. Elles sont quelquefois en grand nombre sur le mme point, et un ancien auteur les compa- rait des ttes de clous enfoncs dans la pierre. Ge genre est trs-nombreux en espces qu'on trouve dans toutes les mers. IN 138 HISTOIRE NATURELLE. H est tonnant, dit M. Defrance, qu'on ne rencontre l'tat fossile qu'un petit nombre d'espces de Patelles, quand celui des coquilles de ce genre l'tat vivant est si considrable. Elles se prsentent dans les couches antrieures la craie, dans la craie et dans les couches plus nouvelles. S GENRE. STaU4VuV Patelloda, Quoy et Gaymard. (Diminutif de patelle.) Coquille patelliforme, le plus souvent mince et dprime, symtrique, rgulire, et dont le sommet, mdian , est gnralement inclin en avant. L'animal est assez semblable celui des Patelles ; une des diffrences consiste dans la prsence d'une petite branchie pectine, insre au ct droit de la tte et saillant en dehors du sac cervical. Les coquilles de ce genre ressemblent telle- ment aux Patelles, qu'on ne peut les distinguer rellement qu'en examinant les animaux. Les Patellodes connues viennent toutes des mers de 10- teiuire. canie. e GENRE. 'idkoxicvte,. Siphonaria, Sowerby. (2icp cv , siphon.) Coquille patellode, non symtrique, elliptique ou suhorbiculaire, sommet bien marqu, un peu snestre et postrieur ; une espce de canal ou de gouttire sur le ct droit, rendu sensible en dessus par une cte plus leve et le bord plus saillant ; l'impression musculaire divise comme le muscle qu'elle reprsente. L'animal est suborbiculaire, conique, plus ou moins dprim; tte subdivise en deux lobes gaux, sans tentacules ni yeux vidents; bords du manteau crnels et dpassant un pied subcirculaire, comme dans les Patelles. Cavit branchiale transverse , contenant une branchie pectine ga- lement transverse, ouverte un peu en avant du centre du ct droit, et pourvue son ouverture d'un lobe charnu de forme carie, situ dans le sinus entre le manteau et le pied ; muscle rtracteur du pied en fer cheval , et partag ingalement en deux parties spares par une espce de siphon. Les Siphonaires vivent dans les mers des pays chauds : on en trouve de fossiles aux environs de Dax. Fig. 438. SIXIME EA MILLE. Cette famille a t tablie pour les mollusques ne respirant que l'eau, et dont les branchies places, comme chez les Phyllidiens, sous le rebord du manteau, sont encore disposes en srie longitudinale, mais seulement sur le ct droit du corps. HISTOIRE NATURELLE. 150 1 er GENRE. ovleiittOiuaucbe. Pleurobranchus, Lamarck. (lIXEUpa, ct ; pa-yx.ia, branchies.) Mollusque charnu, ovale, elliptique, couvert par un manteau qui dborde de toutes parts, et distin- gu par un pied large, le dbordant galement ; d'o rsulte un canal qui rgne autour de lui , entre le manteau et le pied. Branchies sur le ct droit, in- sres dans le canal , et disposes en srie sur les deux faces d'une lame longitudi- nale. Bouche antrieure ayant la forme d'une trompe ; deux ten- tacules cylindriques, creux, fen- dus longitudinalement au ct externe, et attachs sur le voile qui couvre la bouche. La coquille est interne, dorsale, mince, apla- tie et rudimentaire, fort analogue celle des Aplvsies. fis - . 3. 1 J D Fig. 439. Ce genre est peu nombreux en Pleurobranche mamelonn. Plcnrobranche de Meckel. espces; on en trouve quelques-unes dans la Mditerrane et la mer des Indes. Fig. 440. Pleurobranche de 2" GENRE. (Lmluec. Umbella, Lamarck. (Umbella, parasol.) Coquille petite, relativement l'animal qu'elle couvre en partie seulemen peu irrgulire, presque plane, lgrement convexe en dessus, blanche, avec une petite pointe apicale vers son milieu , bords tran- chants; sa face interne un peu concave et offrant un disque calleux, color, enfonc au centre et entour d'un limbe lisse. L'a- nimal est fort pais, ovalairc, pied trs-am- ple, lisse et plat en dessous , dbordant de toutes parts et chancr antrieurement et en avant de la bouche. Branchies foliaces, disposes en cordon entre le pied et le lger rebord du manteau, sur le ct droit ant- rieur. On trouve une Ombrelle dans la Mdi- terrane et une dans les mers de l'Inde : cette dernire, dont nous donnons la figure, est connue vulgairement sous le nom de Pa- rasol chinois. Fig. 441. Ombrelle du l'Inde t, un 140 HISTOIRE NATURELLE. SEPTIME FAMILLE. Les Calyptraciens ont les branchies places dans une cavit particulire sur le clos, dans le voisinage du cou, et saillantes, soit seulement dans cette cavit, soit mme au dehors. Us ne respirent que l'eau, et leur coquille est toujours recou- vrante et extrieure. 1 er GENRE. Svtx/uuopoie. Parmophorus, de Blainville. [Parma, bouclier; fero, je porte.) Mollusque pais, ovale, allong, peu bomb en dessus et couvert dans une plus ou moins grande partie du dos par une coquille extrieure, bords retenus dans un repli de la peau; manteau dbordant tout le corps; tentacules pais, coniques, avec des yeux saillants leur base externe. Coquille allonge, trs-dprime, clypiforme ; le sommet recul et inclin en arrire. Ouverture aussi grande que la FiG. 442. Parmopliore austral Fie. \ 15. La coquille mil' Je face el de prol. Fie. 444. coquille ; bords latraux droits et parallles ; le postrieur arrondi ; l'antrieur tranchant, plus ou moins chaner, ou au moins sinueux. Les Parmophores sont apathiques et fuient la lumire en se cachant sous les pierres des rivages. Ils vivent de Polypiers flexibles, dont leur vaste estomac et leurs longs intestins sont toujours remplis. On les trouve la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Irlande et dans la mer Rouge. Les espces fossiles, que Ton ne ren- contre que dans les couches plus nouvelles que. la craie, sont beaucoup plus petites et plus minces que celles que Ton connat l'tat vivant. P 2 e GENRE. CAiuxx.cu.MiXe . Emarginula, Lamarck. (Emargino, je rogne; bord chaner.) Coquille ovale, conique, plus ou moins leve, sommet inclin en arrire; ouverture grande, avec une chancrure son bord antrieur. L'animal est ovale , bomb ; il a des yeux gros, placs sur des tubercules la base extrieure des tenta- HISTOIRE NATURELLE. 141 cules, qui sont courts et coniques. Le pied est large, et muni dans sa circonfrence d'appendices lentaculiformes. Le manteau est trs-ample, et recouvre en partie la coquille par ses bords replis. On trouve des marginules dans presque toutes les fis. 445. marginuie triiiisse. Fis. 446. mers. Les espces fossiles sont peu nombreuses : elles viennent de Oignon et de Parnes. e GENRE. (JcA'itlale. Dentalium, Linn. ( Dens, dent.) Coquille tubuleuse, solide, lisse ou strie, que Ton a compare une dent d'l- phant. Ce tube est plus ou moins arqu, rgulier, se terminant en pointe son extrmit postrieure ; ouvert aux deux bouts, et prsentant souvent son extr- mit la plus petite une lgre fissure longitudinale. L'animal a une tte distincte pdicule ; bouche munie de tentacules; point d'yeux; branchies composes de cirrhes symtriques. On ne sait rien des habitudes des Dentales; elles se ren- contrent sur les ctes sablonneuses de presque toutes les mers, mais surtout dans les pays chauds. Ce genre est assez nombreux en espces; nous citerons parmi les plus belle la Dentale lphantine, dcrite par Linn, et la Dentale de Delessert, ([ne nous avons dcrite depuis peu. />; 1 Fis. 447. Dentale striol Fis. ils. Dentale de Delessert - . Fis. 449. Dentale lphantine. Fis. 450. Animal de la Dentale lisse. U"2 HISTOIRE NATURELLE. 4 e GENRE. tKaivce-e. Fissurella, Bruguircs. (Diminutif de fissura, fissure.) Coquille patelliforme ou eu cne surbaiss, oblongue, largement ouverte en dessous et perfore son sommet pour le passage de l'eau sur les branchies. L'animal est allong, sa tte est tronque en avant, les yeux sont situs la base extrieure de deux tentacules coniques. Les branchies, pectines dans leur partie suprieure, s'lvent de la cavit bran- chiale, forment une saillie de chaque ct du cou, et correspon- dent l'ouverture suprieure de la coquille, qui donne aussi pas- sage l'eau rejete des branchies. Le manteau est trs-ample et dborde la coquille ; le pied est large et pais. Les Fissu relies ont les mmes habitudes que les Patelles et habi Fig. 451. Fig. 452. Fissurelle de Magellan. tent les mmes localits. Ce sont en gnral de jolies coquilles, ornes de rayons de diverses couleurs. On n'en connat qu'un petit nombre de fossiles. 5 e GENRE. C/O/Goc&oh. Pileopsis, Lainarck. (nic, chapeau ; i^t;, aspect.) Coquille irrgulire, en cne oblique, plus ou moins lev, sommet inclin et un peu spiral en arrire ; ouverture large, irrgulirement arrondie. L'animal a la mme forme que la coquille , sa tte est distincte et munie d'une trompe qui Fig. 455. Cabochon bonnet hongrois. Fig. 454. Fig.455. Cabochon trois cStes. Fig. 456. termine la bouche. Les tentacules sont gros et portent les yeux sur de petits renfle- ments placs a leur base extrieure. Le pied est grand et mince. Les branchies sont disposes en une range sous le bord antrieur de leur cavit, prs du cou. Ce genre n'est pas trs-nombreux en espces; on trouve ces mollusques dans presque toutes les mers ; les espces fossiles sont communes aux environs de Paris, Parnes, Grignon et lloudan. Le Cabochon trois ctes , dont nous donnons la ligure, a t pendant long- temps considr comme une Patelle. HISTOIRE NATURELLE. 14 G e GENRE. A'irpouice. Hipponix, Defrance. (mrs, cheval; cvui-, sabot.) Coquille univalve, conique, non spirale, concave et simple en dessous, sommet port en arrire ; support adhrent ; impression musculaire en fer cheval , tant dans la coquille que dans le support. L'animal est ovale ou suhorhiculaire, conique Fie. 457. Fig. 458. Hippon.'ce corne d'abondance. Fig. 459. nu dprim ; le pied, fort mince, un peu paissi vers ses bords ; tte globuleuse, porte l'extrmit d'une espce de cou, de chaque ct duquel est un tentacule renfl la base et termin par une petite pointe conique ; yeux sur les renflements tentaeu- laires; le muscle d'attache en fer cheval, et aussi marqu en dessus qu'en dessous. A la premire vue, les Hipponices semblent tre des coquilles ieux valves; mais un examen plus approfondi dmontre que la partie infrieure de cette coquille, qui n'a d'ailleurs pas de charnire, n'est autre chose qu'un support scrt par le pied de l'animal. Dans ce cas, le pied anticipe sur les proprits du manteau, et produit une surface calcaire adhrente, qu'on peut considrer comme une bauche de l'opercule qui ferme l'ouverture d'un assez grand nombre de coquilles. L'ani- mal des Hipponices, dit AI. Deshayes , reste donc de toute ncessit attach aux corps sous-marins, comme les Hutres et les Cranies. Cette manire de vivre d'un mollusque cphal, et la proprit qu'il a de scrter un support, lui donnent de la ressemblance avec une coquille bivalve sans charnire. Le support de ces mollus- ques, trs-pais dans certaines espces, diminue insensiblement dans d'autres, et devient quelquefois trs-mince. Nous connaissons certaines espces qui, au lieu de scrter un support, s'attachent d'autres coquilles et y creusent assez profond- ment la place sur laquelle elles vivent. Cette impression offre exactement la mme forme et les mmes accidents que le support. De ces espces celles qui vivent s- dentaires et ne laissent point de traces sur les corps qui leur ont servi de point d'appui, il n'existe que bien peu de diffrence, et il est prsumer que dans l'or- ganisation de ces animaux cette diffrence n'est pas considrable. 'C'est ainsi que s'tablirait le passage des Cabochons aux Hipponices, et que se trouverait justifie l'opinion de Lamarck, qui runit ces deux genres en un seul, qu'il divise en deux sections. AIAL Quoy et Gaymard ont dcouvert des Hipponices l'tat vivant, et, d'aprs leurs observations, quelques espces du genre Patelle de Lamarck devront tre classes dans le genre qui nous occupe lorsqu'on parviendra trouver ces coquilles runies leur support. Jusqu'ici on ne connat que quelques espces vivantes d'Hipponices, elles vien- nent de la Nouvelle- Hollande ; les espces fossiles ne sont pas rares dans les envi- rons de Paris, de Bordeaux, et dans les faluns de la Touraine. 14-i HISTOIRE NATURELLE. 7e GENRE, Uala/pfaec. Calyptra, Lamarck. (Calyptra, voile.) Coquille irrgulire, conode, quelquefois spirale, sommet vertical et un peu postrieur, base subcirculaire ou oblongne; int- rieur lisse, contenant vers le sommet une lame de forme trs-variable, en languette ou en cornet, sur laquelle se trouve l'impression musculaire. L'animal est ovale ou suborbiculire , plus ou Fig. iOO. Calyplrc rayonnante-. Fig. 461. moins dprim; sa tte est large, bifurque en avant; les tentacules sont minces et portent les yeux sur un renflement du milieu de leur bord extrieur. Le pied est mince, surtout en avant. La cavit branchiale est trs-grande, elle s'ouvre largement en avant et con- tient une branebie forme de longs filaments roides et exserliles. Un seul muscle d'insertion subcentral. Ml Un Fig. 462. Fig. 463. Calyptr cpace. Les Calyptres n'ont point de couleurs remarquables. Elles sont gnralement d'un blanc gristre ou bruntre ; mais elles se distinguent par la prsence del lame fixe au fond de leur, cavit, lame dont la forme et le mode d'insertion ont fourni le moyen d tablir quatre groupes principaux. Le premier comprend les espces troebiformes, avec une lame intrieure en spirale plus ou moins tendue : fig. -i:>0, 460. Le second renferme les espces dont la lame adhrente au fond de la cavit est ploye en gout- tire ou en demi-cornet : fig. 461 , 462. Dans Je troisime, on place toutes les Calyp- tres dont la lame intrieure, infiindihuliforme et en cornet, est adhrente par son sommet au fond de la cavit : (ig. 465. Enfin les espces dont la lame en cornet esj adhrente par un des cts forment le quatrime groupe : fig. 464. On trouve des Caly- ptres dans presque toutes les mers, et l'on en connat un assez hou nombre d'espces fos- siles dos environs de Paris et de Bordeaux. 64. Calyptr hispidci. Fig. 46S. Calyptr mince. HISTOIRE NATURELLE. Mi 8 e GENRE. CtemDufe. Crepidula, Lamarck. (Crepidula , petite pnntouile.) Coquille irrgulire, ovale ou oblongue, presque toujours convexe en dessus, ayant une spire peu forme et trs-incline sur le bord postrieur. La cavit est grande, bords tranchants, et elle est eu partie ferme par une lame ou cloison horizontale qui part du ct postrieur. L'animal est ovale, un peu spiral au sommet; il a deux ten- tacules coniques portant les yeux leur base extrieure; la tte est bifurque, le pied peu pais et le manteau mince. Une branchie en panache-, saillante hors de la cavit branchiale, et flottant sur le ct droit du cou. Les Crpidules habitent les bords de la mer, et se trouvent ordinairement sur les rochers, o elles se fixent pour ne plus changer de place, et sur lesquels elles se moulent souvent. On les trouve dans toutes les mers, mais elles sont plus com- munes au cap de Bonne-Esprance et sur les ctes d'Amrique; on en connat quelques espces fossiles. Fig. 466. Crpidule porcelaine. 9 e GENRE. Qj\QucXe. Ancilus, Lamarck. (Ancile, bouclier.) Petite coquille mince, en cne oblique, sommet pointu et inclin en arrire; l'ouverture est large et a les bords trs-simples. L'animal est petit , entirement recouvert par la coquille ; il a deux tentacules courts, tron- qus, et portant les yeux leur base externe. Le pied est court, elliptique, et moins large que le corps. Les Anciles sont de petites coquilles fJuviatiles, trs- fig. 46". Ancile concentrique. transparentes, flexibles, qui ont de grands rapports avec les Patelles. On les trouve dans les eaux douces, particulirement en France; elles rampent sur les pierres et les plantes aquatiques; le genre est peu nombreux en espces vivantes, et l'on n'en cite qu'une ou deux de fossiles. lu GENRE. e>cule(Te. Scutella, Broderip. [Scutella, cuelle.) Ce genre a t tabli pour une petite co- quille nacre et irise intrieurement, qui a beaucoup de rapports avec les Anciles, et dont la forme se rapproche de celle des Patelles et plus encore de celle des Navicelles. Les Scutelles ont le sommet non spiral, peu lev et inclin en arrire. Fig. 468. Scutelle de Broderip. Fig. 469. 19 14(3 HISTOIRE N ATI" HE LLE. HUITIME FAMILLE. SufeewJ. La famille des Bullens se compose des mollusques dont les branchies , places dans une cavit particulire vers le ct postrieur du dos, sont recouvertes par le manteau. La tte de ces animaux est peine distincte et sans tentacules. Les uns n'ont point de coquille, les autres en ont une qui se trouve cache par le manteau ; d'autres enfin ont une coquille apparente spirale , mais l'enroulement est si lclte qu'on ne trouve point de columelle. 1 er GENRE. cAfx-te. Acera, Cuvier. (A privatif, neja, corne, tentacule.) Mollusque nu, sans coquille, divis en lobes distincts, dont les latraux sont comme ails infrieurement par les dilatations du pied. La tte est peu distincte et indique par un disque tentaculaire antrieur. Les branchies sont places sur le dos, un peu en arrire et droite, et recouvertes par le manteau. Les trois espces connues viennent de la Fig. 470. Acre aplysiforme. Mditerrane. -2 L GENRE. Buiiee piancienne. lees, soit vivantes, soit tossiles : les premires sont des mers u Eu- rope et de l'Ocan Indien; les secondes se rencontrent Grignon, Mouchy et dans les terrains tertiaires du Plaisantin. 3 e GENRE. VovJS. Bulla, Bruguires. [Bulla, houle.) Coquille ovale, globuleuse, gnralement mince et fragile plus ou moins coin HISTOIRE NATURELLE. 147 pltement enroule, spire ombilique ou peu saillante ; ouverte dans toute sa lon- gueur ; bord droit, vas et tranchant. Fig. 472. Bulle oublie. Fig. 475. L'animal a le corps ovale oblong, obtus aux deux extrmits. La tte est peu distincte, et le plus souvent sans tentacules apparents. Les branchies sont situes Fig. 474. Bulle ampoule. Fig. 475. sur le dos, un peu droite et en arrire, sous la coquille, qui se trouve en partie cache par le manteau. Fig. i7ti. Huile banderole, Fiu. 477. Bulle fascicc. 148 HISTOIRE NATURELLE. Les Bulles sont de fort jolies coquilles marines, ornes souvent des plus riches couleurs et de bandes rouges, noires ou blanches, spares par des fascies de cou- leurs diverses. L'une de celles dont nous donnons la ligure est connue vulgaire- ment sous le nom de Bouton de rose. On ne connaissait qif un petit nombre de Bulles, mais les voyages autour du monde excuts dans ces derniers temps ont enrichi les collections des plus belles espces. On trouve les Bulles dans toutes les mers, mais principalement dans l'Ocan In- dien et sur les ctes de l'Ocanie. Les espces fossiles sont assez nombreuses et communes, surtout en France. NEUVIME FAMILLE. Les mollusques de cette famille ont les branchies places dans une cavit parti- culire, vers la partie postrieure du dos, et recouvertes par un cusson opercu- laire et une coquille rudimentaire. Ils ont des tentacules. 1 er GENRE. cJXDoiii'ie. Aplysia, Linn. [Aplysia, ponge.) Mollusque oblong, convex^en dessus, aplati en dessous, ayant l'apparence d'une grosse Limace; bord de chaque ct d'un manteau large dont les expansions se Fie. 478. Fie. 479. Aplysie tigride. replient sur le dos et servent parfois la natation. La tte est distincte et surmonte de quatre tentacules auriformes au centre desquels se trouvent les yeux. Le pied est grand et calleux; les branchies, renfermes dans une cavit dorsale, sont pro- tges par une coquille rudimentaire situe sur le dos et recouverte par le man- teau. Cette coquille est trs-mince, corne , transparente , jauntre comme une pelure d'oignon; sa forme est ovale, et elle est lgrement recourbe vers l'extr- mit. Les Aplysies se trouvent dans toutes les mers. Elles habitent les rochers des rivages et rampent sur les plantes marines; quelques espces ont la facult de na- ger. On les connat vulgairement sous le nom de Livre marin. Autrefois on don- nait aces animaux des qualits malfaisantes, et l'on croyait que le fluide visqueux HISTOIRE NATURELLE. 14i) qu'ils rpandent assez abondamment lorsqu'on les touche pouvait brler la peau : ce qui a fait donner une espce des ctes de France le nom de Dpliante. Ce prjug lient ce qu'on a gnralement l'habitude de regarder comme dangereux les animaux dont les formes sont extraordinaires ou dsagrables. Ce qu'il y a de vrai, c'est que les Aplysies peuvent, lorsqu'on les touche, rejeter un fluide acre et d'une odeur repoussante. 2 e GENRE. (DolalUlV. Dolabella, Lamarck. [Dolabclla, petite doloire.) Mollusque oblong, rtrci en avant, largi sa partie postrieure et ayant les bords du manteau replis et serrs sur le dos, et impropres la natation. Tte assez distincte et surmonte de quatre tentacules. Branchies dorsales, recouvertes par Fig. 480. Dolabelle de Hassclt. FiG. 481. Coquille du DuUbclle. un cusson renfermant nne coquille triangulaire, paisse, calleuse, et presque en spirale d'un ct. Cette coquille rudimen taire a quelque ressemblance avec l'instru- ment nomm doloire, l'usage des tonneliers. Les Dolabelles ont les mmes habitudes que les Aplysies; la forme de leur corps est aussi la mme , elles ne s'en distinguent que par la nature calcaire et la forme de la coquille. On les trouve dans les mmes localits. DIXIME FAMILLE. <=>Zt t-macienJ. Cette famille a t tablie pour les mollusques dont les branchies, sous la forme d'un rseau vasculeux, tapissent la paroi d'une cavit particulire dont l'ouverture se contracte ou se dilate la volont de l'animal. Ils ne respirent que l'air libre. Ces mollusques sont nus ou presque entirement nus, dit Lamarck. Leur corps est allong, et bord sur les cts d'un manteau le plus souvent fort troit; ils ram- pent sur un disque ventral , qui n'est pas spar du corps. Originaires des eaux, ils vivent habituellement dans leur voisinage; quelques-uns, cependant, habitent dans des endroits qui en sont loigns , mais presque toujours dans des lieux frais et humides. 150 HISTOIRE NATURELLE. P r GENRE. L/iiobw)c. Onclridium, Buchannan. (Par corruption de orehis, grosse olive.) Mollusque nu, sans coquille, elliptique, convexe en dessus, plat en dessous, bord de tous cts par le manteau. Tte aplatie, ayant deux tentacules cylindracs et rtracttes. Yeux non obser- vs ; cavit pulmonaire occupant la partie postrieure de l'animal sous le manteau, et s'ouvrant en arrire sous le rebord du manteau, par un orifice arrondi. Le genre Onchide est peu nombreux en espces vivant toutes dans l'Ocan Indien et sur les ctes de POeanie. lie. i$~l. Om-liiile noirtre. 2 e GENRE. J> a-cmacAic . Parmacellu, Cuvier. (Parma, petit bouclier; celo. je cache.) Mollusque allong, blong, renfl dans son milieu, ou il est recouvert d'une cuirasse arrondie, charnue, adhrente seulement sa partie postrieure, chancre au bord droit et contenant une petite coquille aplatie, calcaire, lgre- ment courbe dans sa largeur. Tte assez distincte, por- tant deux paires de tentacules rtractiles , les uns sup- rieurs, longs et oculifres, les autres antrieurs et courts. Pied trs- dvelopp et large; cavit pulmonaire sous la partie postrieure de la cuirasse , et s'ouvrant sous l'- chancrure du bord droit. Les Parmacelles sont terrestres ; elles habitent les forts du Brsil. Ou en trouve Bourbon et Madagascar, au bord des courants d'eau douce. Fig. 483. Fig. 484. Paruiacelle petit manteau. Coquille de Parmacelle. 3 GENRE. HUIICC&, Limax, Linn. (Nom anciennement employ.) Mollusque nu, charnu, contractile, allong , cylindrique en dessus et aplati en dessous pour former le pied ; couvert d'une peau plus ou moins coriace, unie ou Fig. 48j. Limace rouge. HISTOIRE NATURELLE. 151 sillonne, ou tuberculeuse, suivant les espces ; muni antrieurement d'une cui- rasse ou bouclier coriace. Tte distincte ; quatre tentacules, les postrieurs grands et oculifres au sommet. Cavit branchiale situe sous la cuirasse, la partie ant- rieure du corps, et ouverte au ct droit. Lorsque l'animal se contracte, la tte et les autres parties du corps se retirent incompltement sous l'cusson, qui contient ou une petite coquille rudimentaire, ou quelques corpuscules arnacs qui repr- sentent les lments dsunis d'une coquille. Les Limaces, dit Lamarck, s'allongent et se tranent avec lenteur. Leur tte est garnie de quatre tentacules ingaux , qu'elles font sortir ou rentrer volont, et qui paraissent leur servir h palper les corps. On remarque que l'animal les fait sortir ou rentrer volont , de la mme manire qu'on dveloppe les doigts d'un gant. Le corps de ces animaux exprime, la moindre contraction, une humeur glutineuse qui sert les faire adhrer aux surfaces sur lesquelles ils rampent ; cette bave , devenue friable et luisante en se schant, indique la trace qu'ils ont suivie. La poussire, le sable, les brins de paille et tous les corps qui sont accidentellement agglutins par les Limaces deviennent un irritant qui augmente la scrtion visqueuse, les puise promptement et les fait mourir. L'exposition prolonge au soleil produit aussi le mme effet. Les Li- maces sont assez communes dans tous les pays, mais particulirement dans les r- gions tempres. Elles se plaisent dans les prs, dans les bois, sous les pierres, dans les fentes des rochers et dans tous les lieux sombres et humides. Les Limaces sont herbivores ; elles mangent les jeunes pousses des plantes, et font, de grands ravages dans les plantations et les jardins. Le meilleur moyen pour les loigner ou les d- truire consiste rpandre, autour des jeunes plants, des cendres, du sable fin, des cailles d'Hutres piles ou de la paille hache ; ces corps les tuent en puisant la scrtion visqueuse. On conseille aussi de placer dans le voisinage des semis, des espaliers ou des jeunes plantations qui souffrent beaucoup de leur prsence, des planches ou des pierres un peu cartes du sol , et qui puissent leur offrir un abri sous lequel elles se retireront invitablement pendant la grande chaleur du jour, ce qui permettra de les dtruire facilement. Les Limaces se rencontrent particulirement le matin ou le soir, lorsque l'at- mosphre est charge d'humidit : aussi les trouve-t-on en grand nombre aprs une pluie d't. Pendant l'hiver, elles se retirent dans la terre et y supportent facile- ment une abstinence prolonge. Longtemps on a cru que les Limaces reproduisaient les parties de leur corps qui se trouvaient accidentellement dtruites ou coupes. Ce prjug s'explique par la prompte contraction de l'animal au moment de l'op- ration : ce qui ne permet gure l'exprimentateur que de couper les tguments. Des Limaces qui n'ont point de coquilles, on passe, par des gradations insensi- bles, aux Hlices, qui en ont une trs-dveloppe et dans laquelle elles se retirent compltement et s'abritent. Dans plusieurs espces on ne remarque aucune trace de coquille ; d'autres prsentent quelques corpuscules granuleux et calcaires envelop- ps dans l'cusson ; dans quelques espces la runion de ces grains forme une lame aplatie, ou coquille intrieure rudimentaire ; chez d'autres, cette lame se montre l'extrieur et commence se contourner en spirale. Elle se dveloppe graduelle- ment, et, comme le fait observer M. Deshayes, elle change dplace lorsque l'organe de la respiration en change lui-mme, et elle finit par prendre insensiblement, et en passant d'une espce l'autre, un dveloppement assez considrable pour pou- voir contenir l'animal tout entier. De ces divers degrs qui existent entre ces deux 1 52 HISTOIRE NATURELLE. extrmes de la srie, de ces modifications diverses, on a fait autant de genres par- ticuliers. 4 e GKNRE. ^Ce^t ace lie. Testacella, Lamarck. (Testa, coquille ; cela, je cache.) Mollusque semblable une Limace, tte distincte, ayant quatre tentacules, les deux plus grands oculifres. Ouverture branchiale situe l'extrmit postrieure et couverte par une petite coquille rudinientaire, blanche, aplatie, ovale, anri forme Fig. 486. Teslaeolle ormer. Fie. 487. Sa coquille. et lgrement spirale son sommet. L'ouverture de cette coquille est trs-vase. Les Testacelles diffrent essentiellement des Limaces par la place qu'occupe l'ou- verture de la cavit branchiale. Elles se tiennent presque constamment enfouies dans la terre, o elles s'enfoncent plus ou moins, suivant les degrs de chaud ou de froid, d'humidit et de scheresse, suivant en quelque sorte la marche des Lom- brics ou Vers de terre, dont elles se nourrissent et qu'elles avalent par succion. i/ espce dont nous donnons la figure se trouve dans le midi de la France-. >e GENRE. Q^jr-miej. Vitrina, Draparnaud. (Vitreus, transparent.) Mollusque allong, limaciforme, contourn postrieurement en spirale, en grande partie droit et ne pouvant entrer entirement dans sa coquille, qui se trouve plus Fie. 488. Vitrine verte. ou moins recouverte par les appendices postrieurs du manteau. Quatre tentacules, les deux antrieurs fort courts. La coquille petite, trs-mince, dprime et termi- ne suprieurement par une spire assez courte. Ouverture grande, arrondie-ovale; bord gauche arqu, lgrement flchi en dedans. Les Vitrines forment un des points de transition des Limaces aux Hlices; leur manteau semble reprsenter l'cusson des premires, et la coquille ne les conte- nant pas encore entirement se trouve elle-mme recouverte, en partie, par une portion du manteau. L'orifice branchial est situ fort en arrire. HISTOIRE NATURELLE. 153 Les Vitrines sont des coquilles terrestres qui habitent les lieux frais et humides; on en trouve en France, Tnriffe, la Nouvelle-Hollande, etc. L'espce dont nous donnons la figure est d'un beau vert; son dernier tour est carn dans le mi- lieu. L'animal est aussi d'un vert meraude, avec des reflets bleus, dette espce vient des les Clbes. ONZIME FAMILLE. fa/tartace. Les mollusques de cette famille ont une coquille spirale dont le bord droit de Pou vert tire est souvent recourb ou rflchi en dehors. Quelques-uns ont un oper- cule; les autres n'en ont pas. Le nombre des tentacules varie aussi de deux qua- tre. Ces animaux sont tous terrestres; ils recherchent les lieux frais et couverts. Parmi les Colimacs qui n'ont point d'opercule persistant, quelques-uns s'enfer- ment pendant l'hiver dans leur coquille, et scrtent une membrane qui en bou- che l'ouverture, n'est jamais adhrente au pied de l'animal , et tombe au retour de la belle saison. La forme des Colimacs varie beaucoup : les uns sont subsphri- ques, les autres aplatis, d'autres trs-allongs ; quelques-uns enfin prsentent des formes trs-irrgulires, mais ils ont toujours des airs de famille qui ne permettent pas de les mconnatre. I" GENRE. Pt. Hlix, Linn. (RXiE, circuit.) Depuis Linn, le genre Hlice a subi de nombreuses modifications, et il a t en d- finitive rduit aux coquilles terrestres, dj fort nombreuses, qui sont orbiculaires, convexes ou conodes, quelquefois globuleuses et spire peu leve. L'ouverture est entire, plus large que longue, fort oblique, contigu l'axe de la coquille, et a ses bords dsunis par la saillie de Pavant-dernier tour. L'animal des Hlices res- Fig. 489. Hlice chagrine. SJ5 Fin. 490. Hlice chagrine, varit. 20 J 54 HISTOIRE NATURELLE. semble beaucoup celui des Limaces; il a quatre tentacules : les postrieurs, plus grands, portent les yeux leur extrmit; mais la masse des organes les plus im- :^w Fig. 491. Hlice magique. Fig. 492. Hlice empereur. portants, quoique envelopps par la peau, fait saillie vers le tiers moyen de la face dorsale, se contourne en spirale, et est contenue dans la coquille. L'orifice de la ca- \il pulmonaire se trouve au bord droit du cou. Les Hlices possdent, dit-un, comme les Li- maces, Ptonnante facult de rgnrer plusieurs parties de leur corps, mme les yeux et la bou- Fig. 493. Hlice polygyre. Fig. 494. Hlice mamelon. Fig. 495. Hlice lamelle. Fig. 496. Hlice pyramidelle. Fig. 497. Hlice ongle. che, lorsqu'elles ont t coupes. Ce que nous avons dit ce sujet des Limaces s'applique aussi aux Hlices; et nous croyons devoir conserver des doutes sur ce mode de rgnration, qui, sans tre impos- sible , ne nous parat pas suffisamment ob- serv et expliqu. Au commencement du printemps, les Hlices pondent des ufs en assez grand nombre ; ils sont blancs, de la grosseur d'un petit pois, et couverts d'une enveloppe membraneuse qui durcit en se dessebant. Au moment de l'closion , les petits sortent munis d'une coquille trs-mince, et sur laquelle on dcouvre dj un commencement de spire. Les Hlices sont herbivores et frugivores, et font de grands dgts dans les jardins. Elles voyagent particulirement pendant la nuit, et lorsque l'atmosphre est charge d'humidit . ; dans le milieu du jour elles s'abri- tent sous des pierres ou dans des lieux couverts. Ds les premiers froids, les Hlices se retirent dans les excavations des vieux murs, des rochers, sous l'corce des ar- bres, et mme dans la terre, o elles s'enfoncent assez profondment pour y passer l'hiver dans un tat d'engourdissement et d'inaction complte. Elles ferment alors HISTOIRE NATURELLE. 155 l'ouverture de leur coquille l'aide d'une cloison calcaire ou faux opercule qu'el- les scrtent, qui n'est point adhrent leur pied, et qui tombeau commencement du printemps. C'est pendant ce temps d'engourdissement qu'on cherche se pro- curer les espces qu'on mange dans certains pays. C'est en gnral , dit M. de Blainville, pour aller la recherche de leur nourri- ture, ou d'un individu de leur espce, que les Limaons sortent de leur retraite. Ils sont avertis de la prsence des corps extrieurs seulement par la finesse de leur toucher : en effet, au moindre contact d'une partie quelconque de leur corps, mais surtout de leurs tentacules, ils se retirent plus ou moins compltement dans l'in- trieur de leur coquille, et n'en ressortent que peu peu et avec la plus grande prcaution. Le choix qu'ils font de certaines plantes ne permet pas de douter qu'ils soient pourvus du sens du got. Il parait qu'ils sentent distance plutt qu'ils ne voient les corps, et que le sige de l'odorat est dans la premire paire de tentacules, et cela d'une manire assez complte, puisque l'on sait que ces animaux sont atti- rs d'assez loin par l'odeur des plantes qu'ils prfrent. Il n'est pas probable que l'organe de la "vision, qui se trouve l'extrmit des grands tentacules, leur soit d'un grand usage. D'abord, c'est pendant la nuit qu'ils agissent le plus; ensuite il est bien vident que la structure de l'organe est bien incomplte : et l'exprience montre, en outre, qu'en approchant un corps de ces tentacules, le Limaon ne l'aperoit pas plus tt que lorsqu'on l'approche de mme de la premire paire. D'ailleurs, leur extrme timidit, les prcautions qu'ils prennent, en marchant, d'tendre autant que possible les deux paires de tentacules en avant de leur corps pour explorer tous les obstacles, indiquent videmment un animal peu prs aveugle. Le genre Hlice, tabli par Linn, a subi de nombreuses transformations, et Bru- guires et Lamarck l'ont rduit aux espces globuleuses et plus ou moins aplaties, et non turricules, dont l'ouverture, plus large que longue, est rlrcie intrieure- ment par la saillie convexe de l'avant- dernier tour. La base, comme le fait obser- ver M. de Roissy, est toujours perfore dans le jeune ge, mme dans les espces qui ne sont point ombiliques tant adultes. Le bord droit forme un bourrelet plus ou moins considrable lorsque l'animal est parvenu . son accroissement complet; avant celte poque, ce bord droit est mince et tranchant. Le genre Hlice est trs-nombreux en espces dont la forme varie beaucoup, et passe par des nuances insensibles des Hlices globuleuses, ou spire aplatie, cel- les dont la spire est turricule et tend se confondre avec les genres qui suivent, et particulirement avec les Bulimes. Pour faciliter les recherches on a tabli trois groupes dans le genre : le premier comprend les espces globuleuses et celles qui se rapprochent de cette forme; dans le second, on runit toutes les espces spire aplatie; dans le troisime, enfin, on rassemble les espces spire un peu leve, dont l'ouverture est plus large que longue. Quelques espces d'Hlices ont les tours de spire renverss de droite gauche : on les dit alors snestres ; cette anomalie parat accidentelle. Quelques Hlices ont les tours dsunis, souvent fort carts, et prsentent la forme d'un tire-bouchon : ce sont des varits scalariformes(fig. 490). Les Hlices se rencontrent sur tous les points du globe; elles sont souventornes des plus belles couleurs, et si les espces communes de France n'ont rien de remar- quable, il n'en est pas de mme de celles de certains pays, qui ne le cdent en rien aux plus brillantes coquilles. La science doit au zle infatigable de M. Cuming , 150 HISTOIRE NATURELLE. naturaliste anglais', la dcouverte d'un bon nombre d'espces admirables qu'il rap- porta, il y a quelques annes, des les Philippines, et qui peuvent tre considres comme les plus belles du genre. Les Romains faisaient une grande consommation d'Hlices ; ils recherchaient ces animaux et les parquaient, pour les engraisser, dans des enclos nomms cochlea- ria. Pline dit que ce fut Fulvius Harpinus qui , le premier, mit les Escargots en vogue, et fit de grands frais pour trouver le moyen de leur donner certaines qua- lits auxquelles il attachait beaucoup d'importance. On dit qu'il ne les nourrissait qu'avec du son et de la lie de vin. Depuis, en Angleterre, Charles Howard , de la famille d'Arundel , donna un nouvel exemple d'un got prononc pour une frian- dise gnralement peu apprcie de nos jours. Dans le but de propager ces ani- maux, il en lit venir un grand nombre d'Italie et de France pour les rpandre dans ses proprits , o ils russirent si bien qu'ils mangrent les rcoltes et qu'on eut beaucoup de peine les dtruire. En France, les Escargots n'ont qu'une rputation de caprice ; on en mange, il est vrai, dans quelques-uns de nos dpartements m- ridionaux, et c'est une des ressources des malheureux. S'il existe quelques ama- teurs qui les recherchent, il faut dire leur justification, et pour me servir d'une expression vulgaire, que la sauce leur fait manger le poisson. On vantait autrefois les proprits mdicales des Limaons, et ils faisaient partie de quelques prparations pharmaceutiques ; leur coquille mme tait en rputation. De nos jours, il ne res- terait que le souvenir des proprits des Limaons , si l'on ne se servait encore, ne ft-ce que du nom , pour faire une pommade qui adoucit la peau, et prparer un bouillon qui gurit certaines affections de poitrine. Pour complter ce que nous pouvons dire de l'histoire des Escargots, nous ajouterons que si nous avons peu de confiance dans leur mrite culinaire ou pharmaceutique , nous savons qu'ils sont trs-redouts des jardiniers. On connat quelques espces fossiles des terrains d'eau douce ; on rencontre aussi ces mmes espces dans les dpts marins, mais il est facile de comprendre qu'elles ont t transportes dans ces derniers par les courants ou la suite des irruptions de la mer. 2e GENRE. CofcocA. Carocolla, Lamarck. (tymologie inconnue- Ce genre a t propos par Lamarck pour des coquilles qui ne diffrent de celle Fig. 498. Carocolle sur. Fig. 500. Carocolle labyrinthe. Fig. 499. Carocolle de Lister. des Hlices que parleur forme carne ou anguleuse ; et, comme il le dit lui-mme, HISTOIRE NATURELLE. 157 les caractres des deux genres se confondent tellement, qu'il serait plus naturel de ne considrer les Carocolles que comme une division dans le genre Hlice. Les Carocolles sont toujours orbiculaires, plus ou moins convexes ou conodes en dessus, et pourtour anguleux et tranchant. L'ouverture est plus large que lon- gue, et bord droit subanguleux. Le nombre des Carocolles connues est peu considrable ; ce sont des espces ter- restres qu'on trouve peu prs dans les mmes localits que les Hlices. 5 e GENRE. g/IducmIom/C'. Anostoma, Fischer. (Ava, en haut ; TTo'u.a, bouche.) Coquille orbiculaire, spire convexe ou obtuse. Ouverture arrondie, dente, grimaante, dirige vers la partie suprieure et dans le plan de la spire. Les Anostomes sont de vritables Hlices, et devraient faire partie de ce genre au mme litre que les Carocolles. On a attach beaucoup FlG. 501. Anostome dprim. Fie. 502. Anotome globuleux. Fig. 503. trop d'importance la direction de l'ouverture et la dviation du dernier tour. On n'en connat encore que deux espces, dont nous donnons la ligure. L'Anostome d- prim vient des grandes Indes : il est connu vulgairement sous le nom de Lampe antique. A* GENRE. G'hopbcvdoiuc. Strophostoma, Desbayes. (2-rpscpw, je tords; ardu*, bouche.) Coquille ayant beaucoup de rapports avec les Ano- stomes, par la dviation de l'ouverture dirige vers la partie suprieure. Les Stropbostomes sont ombiliqus et ont un opercule assez semblable celui des Cyclo- slomes. Fig. 504. Slrophoslome de Gratloup. 5e GENRE. QJtxevkaxvd. Streptaxis, Gray. (SrpE^w, je tords ; '^wv, axe.) Coquille ovale ou oblongue, subhmisphriquc, pro- fondment ombilique, surtout pendant le jeune ge , remarquable par la dviation oblique des tours. On en connat plusieurs espces, ou plutt varits, dcrites par M. d'Orbigny, qui les dit de la province de Rolivia. Fig. 505. Streptaxis combode. .138 HISTOIRE NATURELLE. (i c GENRE. A cl ta tic. /lelieiua, Lamarck. \ A i (Diminutif d'Hlice. Fig. 500. Hclicine nritelle. Coquille subglobuleuse, non ombilique ; ouverture entire, demi-ovule; eolu- melle calleuse, formant un angle la base infrieure du bord droit. L'animal a nue tte proboscidiforme, munie dedeux tentacules filiformes et portant les yeux leur base externe sur des tubercules peu saillants; le pied est court, et la cavit pulmonaire s'ouvre, en avant du man- teau, par une grande fente transversale. Les Hlicines ont un opercule corn, calcaire l'extrieur, et accroisse- ments concentriques. La prsence d'un opercule loigne les Hlicines des Hlices et les rapproche des Cyclostomes ; ce caractre il faut ajouter (pie les Hlicines n'ont que deux tentacules, comme les Cyclostomes. Ce genre se compose de petites espces vivantes, toutes exotiques, et de deux ou trois espces fossiles du calcaire coquillier. 7 GENRE. dlWil't'of ;. Pupina, Vignard. (Diminutif de maillot et de pupa.) Coquille subcylindrique, pupiforme, turbine, ovale, mince, transparente, lisse, luisante ; spire rtuse, sommet papillaire, cinq tours un peu convexes. Ouver- ture ronde, margine, avec une chancrure au bord gauche et vase extrieurement ; une lamelle denti- forme au ct droit. Columelle tronque, recourbe, trs-faiblement calleuse sa base. Fig. 507. Maiiioiin jniu.u. Fig. 508. Ce genre est , jusqu'ici , peu nombreux en espces qu'on suppose venir de la Nouvelle-Guine. 8 e GENRE. olboiffioL.. Pupa, Lamarck. [Pupi, poupe.) Petite coquille cylind race, en gnral paisse, tours de spire nombreux, pres- ss, troits. Ouverture irrgulire, demi-ovale, arrondie et subanguleuse infrieu- reinent, bords presque gaux et rflchis en dehors. L'animal a quelques rapports avec celui des Hlices; sa tte est munie de quatre tentacules, les plus grands postrieurs, et oculs leur sommet. On trouve un assez grand nombre d'espces de Maillots en France ; Fig. 500. M.iiHol momie. Fig. 510. Maillot gristre. Fig. 511. M.iilmt baril. Fig. 512. Maillot quatre dents. Fig. 513. .Maillot unicarni HISTOIRE NATURELLE. 159 les plus grandes viennent des Antilles, et Ton en connat de presque toutes les pailies du monde. Les espces fossiles sont peu nombreuses. M. de Blainville, pour faciliter les recherches, a divis ce genre en cinq sections : dans la premire il comprend toutes les espces sans plis ni dents ; dans la seconde il range les espces qui n'ont que le pli columellaire plus ou moins marqu; la troisime se compose des Maillots qui n'ont que la dent columellaire postrieure; dans la quatrime, il place les Maillots qui ont deux dents ou plis columellaires seulement; la cinquime section comprend toutes les espces qui , indpendam- ment des dents ou plis columellaires, simples ou non , ont un plus ou moins grand nombre de dents au bord droit. Les Maillots vivent, comme les Hlices, dans les lieux frais et ombrags ; ils ne sortent de. leurs retraites qu'aprs les pluies du printemps; on les trouve au pied des arbres et des vieilles murailles. 9e GENRE. G'ibeq aspire- Magaspira, Le.' (Me-fa;, grand; rs~v.oy., spire.) Coquille trs-allonge, cylindrique, trs-obtuse au sommet, forme d'un trs-grand nombre de tours troits, peu convexes, stris obliquement. Le dernier tour court et perc d'une fente ombilicale, en partie cache par le bord gauche. Ouverture semi- ovalaire, garnie de deux petites dents blanches et ingales. La seule espce connue vient des provinces orientales du Brsil. 10e GENRE. C,latuMlu'. Clausilia, Draparnaud. fig.514. Mgaspire allong. (Clausus, couvert.) Coquille le plus souvent fusiforme, grle, sommet un peu ob- tus. Ouverture irrgulire, arrondie ovale, bords libres et rflchis en dehors. Le nom de Clausilie, dit Lamarck, fut d'abord significa- tif, car, dans l'origine, on l'appliqua des coquilles dont l'entre de l'ouverture, une certaine profondeur, est ferme par une pice mobile et particulire. Cette pice, en effet, est ovalaire, testace, soutenue par un pdicule mince et lastique, qui s'insre sur la columclle; elle fait les fonctions d'opercule, et cde la moindre pression du corps de l'animal, lorsqu'il veut sortir de la coquille; mais, ds qu'il y est rentr, elle reprend sa place par le ressort de son pdicule ; on ne l'aperoit pas au dehors, parce qu'elle est situe dans l'avant-dernier tour. Les Clausilies sont assez communes en Europe; les plus grandes espces vien- nent du Brsil et des Antilles. [Voyez pi. 5, fig. f> et G a.) On en connat quelques espces fossiles. Fig. 515. Clausilie troncatuK'. ItiO HISTOIRE NATURELLE. II e GENRE, tfduftiup. Bulimus, Lamarck. (Rulimus, insatiable.) Coquille ovale, oblongue ou turricule. Ouverture entire, plus longue que large, bords fort ingaux-, dsunis suprieurement ; le bord droit rflchi en dehors et formant un bourrelet ; columelle droite, lisse, sans troncature et sans vasement sa base. L'animal des Bulimes a de trs-grands rapports avec celui des Hlices, dont il ne diffre souvent que par de plus grandes dimen- sions. Le bord droit de l'ouverture des Bulimes n'est r- llcbi et ne forme de bourrelet que lorsque ranimai est adulte : aussi peut-on confondre les jeunes indi- vidus avec ceux du genre suivant. Les Bulimes ha- Fig. 516. Bulime snestre. Fig. 517. Bulime huiastome dans son uf. Fig. 51S. Bulime sultan. Fig. 519. Bulime bossr bitent les lieux frais et ombrags des climats chauds; on en trouve de grandes espces au Brsil. M. Benjamin Deles- sert possde une srie remarquable de tous les ges du Bulime b- mastome etde plusieurs autres espces. La fi- gure 517 reprsente un jeune Bulime huiastome encore dans son uf, dont on a bris une partie. Le genre Bulime est trs-nombreux en espces vivantes et fossiles, et comprend de fort jolies coquilles. iKHaaavuiaEnSIHISS G El Cil > -< < Fig. 520. Bulime snestre. B 1-2" GENRE. ^"a-dulV. Partula, Frussac. (Partus : les Partules sont ovovivipares.) Coquille ovale, pointue, h spire conique ; le dernier tour renfl et plus long que HISTOIRE NATURELLE, ICI les autres runis. Ouverture droite dans la direction de Taxe, quelquefois dente ou munie de lames leves; bord rflchi. L'animal est allong; il a deux tentacules cylindriques, rtrac- tiles et oculs leur sommet. Ce genre a t tabli par Frussac, aux dpens des Bulimes; il comprend des espces peu nombreuses et qu'on trouve sou- \ent avec la bouche gauche. Fig. 521. Partiale australe. Fig. 522. B miel lie en tarire. 13e GENRE. L ?/ioi.elfic. Bond lia, Deshayes. (Bonelli, nom propre.) Coquille turricnle, lisse, polie, h sommet trs-pointu et inclin latralement; axe perfor dans toute sa longueur. Ouverture petite, entire, anguleuse ses extrmits ; columelle simple et sans pli ; bord droit mince, simple, presque parallle Taxe longitudinal. Ani- mal inconnu. Ce genre, peu nombreux, a t tabli par M. Deshayes, aux dpens des Bulimes de Lamarck. L'axe des Bonellies est perfor dans toute sa longueur, et la base du dernier tour offre, par con- squent, un ombilic rgulier dont la circonfrence extrieure est indique par un angle peu saillant. l-i ft GENRE. co^all.uiie. Achatina, Lamarck. Arhates, agate.) Coquille ovale ou oblongue. Ouverture entire, [tins longue que large, bord droit tranchant , jamais r- flchi. Columelle lisse, tron- que sa base. L'animal des Agathines parait ne diffrer en rien de celui des Bulimes. La coquille diffre de celle des animaux de ce dernier genre , en ce que le bord droit n'est jamais rflchi, mme dans les individus gs, et qu'elle manque de bord gauche, la base de la columelle tant tronque obliquement, de manire former un commencement de canal , sans que l'ouver- ture cesse d'tre entire. L'espce dont nous donnons la ligure rduite est une des plus belles el des plus uran- I'ic. 52i. Agalh'me. 21 Fig. 53. Aalliine zi bre 1C2 HISTOIRE NATURELLE. des du genre; elle est blanchtre, marque de bandes brunes, violaces, longitu- dinales ou ondules; l'ouverture est toute blanche. On la trouve Madagascar. Ce genre est aussi assez nombreux en espces dont les couleurs sont trs-varies et fort belles ; on en cite une espce fossile de France. * crn * l - opercule calcaire ou corn, rentrant assez profondment. Ce genre se compose de trs-petites coquilles marines, reeonnaissables surtout aux ctes longitudinales dont elles sont ornes. Les figures 551 et 555 reprsentent des individus fortement grossis. On connat un bon nombre de Rissoaires vivantes et fossiles; la Mditerrane fournit presque toutes les premires. 2 e GENRE. gHIIdc'I \xu olvuiV. Melannpsis, Frussae. (M'Xa, noir; o<|>i, aspect.) Coquille allonge, turricule, sommet aigu; forme de tours plus ou moins nombreux, le dernier reprsentant souvent les deux tiers de la coquille. Ouverture ovale- oblougue. Columelle calleuse suprieurement, tronque sa base et spare du bord droit par un sinus. Animal spi- ral ; tte munie de deux gros tentacules coniques, oculs leur base externe. Pied court, arrondi , avec un opercule corn. Les Mlanopsides sont fluviatiles ; on les trouve parti- culirement dans les provinces mridionales de l'Europe. Elles sont communes l'tat fossile dans la plupart des ter- rains tertiaires. Fie. 'M'id. Mlanop9ide deMartini. qq 70 HISTOIRE NATURELLE. O GENRE. Ximu'. Pirena, Lmarck. (Pirne, fontaine ddie aux Muses.) Coquille turrieule, sommet souvent excori. Ouver- ture trs-petite, plus longue que large; bord droit tran- chant, ayant un sinus sa base et un autre au sommet. Base de la columelle courbe vers le bord droit. Un opercule corn. Les Pirnes sont fluviatiles ; elles ont de grands rapports avec les Mlanies et les Mlanopsides, mais elles se distin- guent des premires par les deux sinus du bord droit, et des secondes, par l'absence de callosit la columelle. On connat un petit nombre d'espces de Pirnes : elles sont toutes exotiques. QUATORZIME FAMILLE. Les Pristomiens de Lamarck sont des mollusques fluviatiles tous operculs, et dont la coquille est recouverte d'un pidmie mince, verdtre, ou d'un brun plus ou moins fonc. Les bords de l'ouverture sont runis , et ils ne respirent que l'eau. Fig. 557. Pirne torbrale. 1 er GENRE. 9^alccc\ Valvata, Muller. (Nom anciennement employ.) Coquille discode ou conode, tours de spire cylindracs; ouverture ronde, ou presque ronde, bords runis, tranchants. Animal tte distincte, proboscidiforme , munie de deux tentacules longs, trs-rapprochs , incompltement \. vaive piscinaie. contractiles, et oculsau ct postrieur de leur base. Pied bilob en avant, avec un opercule corn et rond. Les Valves sont des coquilles d'eau douce ; on n'en connat qu'un petit nombre d'espces vivantes ou fossiles. 2 e GENRE. SvafuDiue. Paludina, Lamarck. (Diminutif de palus, marais.) Coquille mince, ovale, globuleuse, conode, tours arrondis ou convexes, sommet mamelonn ; ouverture ovale" arrondie, plus longue que large, anguleuse HISTOIRE NATURELLE. i7i au sommet, bords runis, tranchants, jamais recourbes en dehors. L'animal a deux tentacules contractiles, oculs leur base externe. Le pied est large et muni d'un sillon marginal antrieur ; oper- cule orbiculaire, corn, non spiral. Les Paludines vivent presque gnralement dans les eaux douces; quelques espces seulement se rencontrent dans les Fig. 559. Paludine pesante. Fig. 560. eaux saumlres ou sales. Elles ne respirent que Peau. Ce genre est assez nom- breux en espces vivantes et fossiles. 5 e GENRE. cADiuinil laite. Ampullaria, Lamarck. (Ampulla, vase ventru.) Coquille globuleuse, ventrue, gnralement assez mince, ombilique sa base. Spire trs- courte, le dernier tour beaucoup plus grand que tous les autres runis. Ouverture ovale, plus longue que large, bords runis, le droit non rflchi. Ani- Fig. 561. Ampullaire idole. Fig. 562. Ampullaire corne de blier. Fig. 565. Ampnllaire canaliciilce. mal spiral, globuleux ou planorbiforme, h tte large, aplatie, portant quatre ten- tacules, dont deux suprieurs, grands, coniques, pdoncules leur base externe pour supporter les yeux. Pied ovale, avec un sillon transverse en avant et muni d'un opercule corn, rarement calcaire, mince, non spiral. Les Ampullaires sont des coquilles d'eau douce qui vivent dans les climats chauds : il y en a de fort grandes; quelques-unes sont aplaties comme les Planor- bes. Les espces fossiles sont assez nombreuses, et communes aux environs de Paris. 172 HISTOIRE NATURELLE. 4 e GENRE. oJXQuwuU'ac&te. Ampullacera, Quoy et Gaimard. (Ampulla et cera, jaune de cire.) Coquille assez paisse, globuleuse, ventrue, profondment ombilique, ouver- ture ronde ou oblique, bords' runis ; spire courte, mais saillante. Animal glo- buleux, tte large, chancre en deux lobes arrondis ayant deux yeux assez gros, sans tentacules. Pied court, quadrilatre, avec un opercule membraneux, mince et lgrement spire. FiG. 564. Ainpullacre aveline. Fig. 565. Aiupullacrc fragile; Les Ampullacres n'ont t trouvs jusqu'ici qu' la Nouvelle-Zlande, o ils sont trs-communs sur les herbes des eauxsaumtres. QUINZIME FAMILLE. La famille des Nritacs a t tablie par Lamarck pour des coquilles remar- quables par leur forme particulire; elles ont toutes le bord gauebe tranchant, transverse, et imitant une demi-cloison, sans prsenter la moindre apparence de columelle. Les unes n'ont aucune trace d'ombilic, les autres en ont un plus ou moins ouvert et recouvert d'une callosit quelquefois trs-prononce. Elles sont toutes opercules. Les unes sont fluviatiles, les autres marines; elles sont pour la plupart couvertes d'un pidmie. 1" GENRE. OTaoiot'llV. NaviccUa, Lamarck. (Diminutif de navis, vaisseau.) Coquille patellode, elliptique ou oblongue, convexe en dessus, sommet non spire et abaiss sur le bord postrieur; concave en des- sous et prsentant, sous forme de demi-cloison, son bord gauebe aplati, tranchant, troit et sans dents. L'animal est ovale oblong , droit, tte semilunaire et dprime, munie de deux tentacules contractiles, allongs, portant les yeux leur base externe sur de petits appendices tentacu- liformes. Le pied est large et muni d'un opercule calcaire cach sous la masse viscrale ; cet opercule est quadran- gulaire, mince, subrayonn, et prsente une pine latrale Fio. 566.NavicelledeCuming. e t postrieure. Ce genre est peu nombreux* en espces qui habitent exclusivement les eaux HISTOIRE NATURELLE. 175 douces et courantes des Grandes-Indes; on les dit trs-communes l'le Bourbon; elles s'appliquent sur les rochers couverts d'eau, et les ngres les recherchent poul- ies manger. On voit souvent, sur la partie convexe de la coquille, de petits corps ovales et aplatis qui ne se dtachent que difficilement; ce sont des ufs ou de jeunes coquilles qui ne quittent leur mre que lorsqu'elles sont assez avances en ge pour vivre seules. 2 e (iENRE, uLxilinv. Neritina, Lamarck. (Diminutif de Nrite.) Coquille mince, subglobuleuse ou ovale, souvent aplatie en dessous. L'ouverture semi-lunaire ; le bord gauche aigu et saillant, le bord droit lisse et arrondi. L'ani- mal est spiral, tte peu avance et munie d'une paire de tentacules coni- ques, lins et allongs, ayant leur base externe un appendice tentaculiforme ocul. Le pied est oxale allong, et porte un opercule calcaire mince, sub- spiral , garni d'une pine latrale. Le genre Nritineesl assez nombreux ; il est compos de fort jolies coquilles, re- marquables par leur forme gracieuse, la beaut de leurs couleurs et l'lgance des bandes ou taches diverses qui les dcorent. Les Nritines habitent les eaux douces' et courantes de tous les pays. ( Voyez pi. VI, lig. 2 9.) Fie. 507. Nritine slrieille. Fig. 508. Nritine commune. Fio. 569. Ftc. 570. Nritine slrigille. Fig. 571. Les Nritincs sont pour la plupart fluviatiles, surtout celles d'Europe ; mais M. De- france a reconnu que quelques espces taient marines. Ce conchyliologiste, au- quel la science doit de nombreuses observations du plus grand intrt, a reu de la Martinique une Nritine pul- Ugre dans un tat de conservation parfaite, munie en- core de son opercule, qui n'a pas permis l'animal d'en sortir, et qui porte une Balane adhrente au sommet de sa spire. Jusqu' prsent on n'a point trouv de Ba- lane dans l'eau douce ; on pense donc, avec quelque raison, que cette Nritine est marine. M. Defrance suppose, et Fig. 572. Nritine granuleuse, probablement il est dans le vrai, que plusieurs espces autrefois marines, car on ne les rencontre l'tat fossile que dans des dpts marins, ont pu s'acclimater dans l'eau douce, o on les trouve exclusivement de nos jours. On ne cite que quelques espces fossiles. HISTOIRE NATURELLE. 5 e GEiNRE. JLcalej. Nerita, Linn (NipiTYit, , nom grec ancien de ces coquilles.) Fig. 573. Nrite polie. Coquille paisse, subglobuleuse, apla- tie en dessous, spire peu ou point sail- lante. L'ouverture est semi-lunaire, bord gauche, aplati, sepliforme, droit, uni, dent ou crnel; le bord droit quelque- fois crnel l'intrieur. L'animal est le mme peu prs que celui des Nritines. Le pied est muni d'un opercule garni d'un ou deux appendices spiniformes. Le genre Nrite , aussi beau et aussi vari que le prcdent, se compose d'es- pces coquilles plus pais- ses et toutes marines; leur forme hmisphrique et leur ouverture semi-lunaire per- mettent de les distinguer facilement. La spire ne se compose que d'un petit nom- bre de tours, le dernier si grand qu'il constitue en quelque sorte lui seul toute la coquille. On trouve les Nrites dans les mers des pays chauds, o elles sont assez communes sur les ro- chers des rivages. ( Voyez Fia. 576. Nrite albicille. F. 577. pl.VI, flg. 10 et t I . ) Le nombre des espces fossiles est assez considrable dans les couches plus nouvelles que la craie. irrite saignante. Ig. 575. 4 e GENRE. uZ xilenide. Neritopsis, Sowerby. (NvipiTT,;, nrite; '.y;;, aspect.) Coquille subglobuleuse, paisse, cancelle, spire courte et compose d'un petit nombre de tours. Ouverture transverse, suborbiculaire ; bord columellaire pais, aplati, avec une chancrure son centre; l'autre bord pais intrieurement. Ces coquilles ne diffrent des Nrites que par l'absence de dents au bord columellaire; elles sont encore rares; on en trouve de fossiles dans les terrains tertiaires. Kig. 578. Nritopside de Robineau. IIISTOIUE NATURELLE. 175 5 e GENRE. SfilVcCc Piteolus, Cookson. (Diminutif de pilcits, chapeau.) Coquille patelliforrae, rgulire, elliptique ou circulaire, conique , sommet droit ou lgrement spire, inclin en ar- rire ; face infrieure concave, tranchante sur ses bords. Ouverture entire, petite, peine du tiers de la face in- frieure; bord columellaire dent ou stri; bord droit lisse. Ce genre se compose exclusivement d'espces fossiles. FiG. 579. Pilole pliss. Ce GENRE. OCctlice. Notice, Adanson. (Nato, je nage.) Coquille subglobuleuse ou orbiculaire, lisse en dehors, spire surbaisse. L'ou- verture entire, demi-ronde, bord gauche oblique, sans dents, mais couvert d'une callosit souvent trs-prononce, modifiant la forme de l'ombilic ou le masquant totalement ; le bord droit tranchant et lisse l'intrieur. L'animal est ovalaire ; le manteau est trs- ffi large et enveloppe une grande partie de la co- quille; la tte est large, aplatie, forme de deux lvres ingales, et munie de deux tenta- cules oculs leur ct externe, saillants Fis. 580. Natice fioche n HISTOIRE NATURELLE. 2* GENRE, ifh'ihonlie. Bifronti, Deshayes. [Bifrons, deux faces.) Coquille discode, planorbulaire, tours de spire quelquefois disjoints; ombilic profond, carn sur le bord; ouverture sublriangulaire un peu dilate, le bord droit mince et tranchant, profondment dtach du reste du pristome par une chancrure dans le bord infrieur et dans le bord suprieur. Animal inconnu. Ce genre a t tabli par M. Desbayes aux dpens des Cadrans fossiles de Lamarck. Les espces qui lui appartiennent sont Fig. 6(3. Bifrontie de Laon. gnralement petites; elles sont discodes, trs^aplaties de chaque ct, et ressemblent en cela des Planorbes dont la surface serait presque plane. M. Deshayes dcrit trois espces des environs de Paris, et une des terrains infrieurs de l'Allemagne. 1 ' GENRE. G^Voulelle. Rotella, Lamarck. (Rotula, petite roue.) Coquille orbiculaire, luisante, sans pidmie, spire trs-basse, subconode ; face infrieure convexe, avec une large callosit sur la colu- melle et l'ombilic; ouverture demi-ronde. Animal inconnu; opercule mince, orbiculaire, corn, multispir et sommet central. A premire vue, les Roulettes ressemblent beaucoup aux fig. 6U. Rouieiie unoie. Hlicines , dont elles diffrent par la callosit qui s'tend presque toute la surface infrieure, et par la nature de leur habitat. Elles sont toutes marines. Les Roulettes sont d'un brillant remarquable et offrent les plus jolies couleurs; elles viennent des mers de l'Inde, et l'on en connat une espce des ctes de France. V GENRE. X^xoaue. Trochus, Linn. (Trocluis, toupie.) Coquille conique, paisse, spire plus ou moins leve , largie et anguleuse la base ; ouverture entire, dprime transversalement ; bords dsunis dans sa partie suprieure. Columelle arque, plus ou moins saillante sa base. Animal en spirale, tte munie de deux tentacules coniques, portant des yeux subpdonculs leur base; pied court, arrondi ses extrmits, bord ou frang dans son con- tour, et muni d'un opercule corn, circulaire et rgulirement spire. Les Troques sont des coquilles marines, nacres pour la plupart l'intrieur ; leur ouverture dprime coupe de biais la direction du dernier tour, et laisse voir la portion infrieure de la columelle. qui est constamment torse ou arque. La co- quille des Troques est paisse et remarquable par la beaut et la diversit de ses HISTOIRE NATURELLE. 187 couleurs. Ou trouve des espces de ce genre dans toutes les mers, peu de distance des rivages, dans les anfractuosits des rochers et dans les lieux o croissent beau- coup de plantes marines. Quelques Troques ont le grand tour bord d'une srie Fig. 615. Troque noir. Fig. 616. Troque (lie. Fig. 617. Troque nodulifre. d'pines rgulires : on les distingue par les noms d'peron royal, d'peron soleil, etc., etc. D'autres se couvrent de pierres ou de dbris de coquilles. Nous avons dj dit (voyez page 17) qu'ils taient connus sous les noms de Maonne et de Fripire. Presque tous les Troques, dpouills de la couche calcaire colore qui les couvre, laissent voir une fort belle nacre, souvent irise comme dans le Troque iris, vul- gairement appel la Cantharide. Les espces fossiles se trouvent, mais rarement, dans les couches plus anciennes que la craie ; elles sont assez communes dans les couches plus nouvelles. 5 e GENRE. 9>&&&. Margarita, Lamarck. [Margarita, perle.) Coquille nacre l'intrieur, lurbine, spire courte, compose de tours arrondis et formant un ombilic souvent trs-dvelopp ; ouverture orbiculaire, bords interrompus ; le droit simple, mince et tranchant. L'animal, comme celui des Troques, est muni d'un opercule corn et spiral. Les coquilles de ce genre ont beaucoup de rapports avec les Tro- ques, les Toupies et les Monodontes. Elles viennent des mers du Sud. Fig. 61tf. Perle Landes. 6 e GENRE. cJllDoiio^oiiU'. Monodonta, Lamarck. (Mmo, seul ; oft&u;, o^cvto;, dent.) Coquille ovale ou conode, subglobuleuse, ouverture entire et arrondie, bords dsunis suprieurement. Columelle arque, tronque sa base, qui souvent forme une saillie ou dent. L'animal est semblable celui des Troques : son pied est court, muni de quelques tilets allongs , et d'un opercule corn et spiral en dehors. Les Monodontes sont de jolies coquilles marines qui diff- f. fiig.Monodome de Pharaon. rent des Troques par leur ouverture plus arrondie, et des espces du genre suivant 188 HISTOIRE NATURELLE. par la forme de leur columelle. Une des espces de ce genre est reprsente, dans la collection de M. Benjamin Delessert, par deux individus qui ont servi de pendants d'oreilles la reine d'Otahiti, qui les donna au capitaine Cook pendant son troi- sime voyage. Le nom de cette espce est Monodonte semi-noire. Les Monodontes se trouvent dans toutes les mers : on en connat peu d'espces fossiles. T GENRE. Cu*6o'. Turbo, Linn. (Turbo, sabot.) Coquille eonode ou subturricule, paisse, nacre l'intrieur, pourtour ja- mais comprim. Ouverture entire, arrondie, bords dsunis dans leur partie su- Fig. 620. Turbo marbr. Fig. 621. Turbo de Jourdain. prieure ; columelle arque, aplatie, sans troncature sa base. L'animal est sem- blable celui des Troques et des Monodontes : son pied, court et obtus aux deux extrmits, est muni d'un opercule calcaire paucispir. Les coquilles de ce genre se rapprochent beaucoup de celles des deux genres qui prcdent; mais elles se distinguent des unes par la forme arrondie de l'ouverture, et des autres par l'absence d'une dent la base del columelle. Les Turbos vivent dans toutes les mers, sur les rochers battus par la vague ; les habitants des ctes les connaissent sous le nom de Vignots. On les mange, mais ils sont gnralement peu recherchs. Les grandes espces fournissent une fort belle nacre, employe pour les ouvrages de marqueterie. Quelques espces ont reu desnoms sous lesquels les marchands les distinguent : il y a le Burgau ou Nacr; la Veuve perle, dont les tubercules extrieurs uss ressemblent des perles ; la Bouche-d'Or, dont la nacre est d'un beau jaune dor; la Bouche-d' Argent ; le Perroquet ou Turbo im- prial, etc., etc. Les espces fossiles sont assez nombreuses; on les trouve dans les mmes terrains que les Troques. 8" GENRE. ki\\cu\e>. Litorina, Frussac. (Diminutif de littus, rivage.) Coquille turbine, non nacre, paisse, solide, ovale ou globuleuse; ouverture ar- HIST0IR1E NATURELLE. 189 rondie et un peu vase en avant ; columelle large, arque dans sa longueur. L'a- nimal est spiral, tte proboseiditbrine, munie de deux tentacules oculs leur base .externe ; pied aminci et portant un opercule corn. Fia. 622. Liltorine anguiifre. I'ig. 6i. Liltorine carne. Les Liltorines, comme leur nom l'indique, ne s'loignent pas des rivages, et se plaisent mme sur les rochers bors de la mer. On n'en connat qu'un petit nombre d'espces fossiles. 75,i !)* GENRE. 9rtcuux,0. Planaxis. (Planus, uni ; axis, axe.) Coquille ovale conique, solide, sillonne transversalement; ouverture oblongue; columelle aplatie et tronque sa base, spare du bord droit par un sinus troit; bord droit sillonn ou ray en dedans, et paissi par une callosit courante sur son sommet. L'animal des Planaxes a les plus grands rapports avec celui des Lilto- rines : son pied est court, pais, et porte l'extrmit post- rieure un opercule corn, mince et paucispir. Les Planaxes sont des coquilles marines gnralement pe- tites, et qui prsentent des caractres communs aux Liltorines, llG - ti - b - Elan" sillonne, qui les prcdent, et aux Phasianelles, qui les suivent. On les trouve dans l'Ocan des grandes Indes et sur les ctes de l'Ocanie. 10 e GENRE. jb'uxueui&. Phasianella, Lamarck. (Phasianus, faisan, nom vulgaire de ces coquilles.) Coquille trs-lisse, solide, ovale ou conique, aspire pointue; ouverture entire, plus longue que large, bords dsunis suprieurement ; bord droit, tranchant ; columelle lisse, comprime, attnue sa base. Animal oblong, spiral, tte mu- nie de tentacules longs et coniques, avec deux pdoncules de mme forme situs leur base externe et portant les yeux ; pied oblong, muni d'un opercule calcaire subspir. Les Phasianelles sont de l'orl jolies coquilles, remarquables par le poli et la ri- 190 111STOIKE NATURELLE. chesse des couleurs de leur surface externe. Les grands individus sont encore trs- rares dans les collections ; autrefois on les payait jus- qu' cinq cents francs. Ces mollusques habitent les mers de la Nouvelle-Hol- lande, l'Ocan Indien, et Ton en trouve une petite espce sur les ctes de France. Les Phasianelles fossiles sont peu nombreu- ses : on en trouve Gri- gnon. FiG- ti^tj. Phasianelle bicarre. Fig. 0-7. Phasianelle hulimolde* II e GENRE. < Cu.ttltefl'. Turritella, Lamarck. (Diminutif de turritus, garni de tours, tourelles.) Coquille turricule, pointue, un peu mince, gnralement strie dans le sens de la longueur des tours de spire, qui sont peu nombreux. Ou- verture arrondie, entire, ayant les bords dsunis suprieure- ment; bord droit avec un sinus. Animal tte munie d'une trompe et de tentacules allongs et oculs sur un ren- flement externe de leur base. Pied court, ovalaire, dcoup sa circonfrence et portant un opercule corn et multispir. Les Turritelles se trouvent dans toutes les mers. Une des espces les plus remarquables est vulgairement connue sous le nom de Vis-de-Pressoir, cause de sa forme. Des Tur- ritelles fossiles, les unes appartiennent aux terrains tertiaires, F 1 6. 6 2> . ' * Tuniteiie de Californie. quelques-unes aux terrains crtacs infrieurs ; il y en a mme de cites dans des terrains plus anciens. VINCI ET UNIME FAMILLE. ^ /.A (anau/cicJ. Toutes les coquilles de cette famille, fort nombreuse et trs-varie, ont un canal droit ou recourb et plus ou moins dvelopp la base de l'ouverture, dont le bord droit ne change point de forme ave