MEMOIRES _POUR SERVIR A L'HISTOIRE ET A L'ANATOMIE DES MOLLUSQUES, Conseiller d'Etat ordinaire, Secrtaire perptuel de l'Acadmie des Sciences de l'Institut royal ; Membre de la Socit royale de Londi'es , de l'Acadmie royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse , de l'Acadmie impriale des Sciences de Ptersbourg , des Acadmies royales des Sciences de Sude, de Turin, de Bavire, des Socits royales de Goettingue, de Copenhague, d'Edimbourg, de l'Institut royal des Pays-Bas, etc., etc. ^yveo Su /uotcaeJ en acue"= douce. A PARIS, CHEZ DETERVILLE, LIBRAIRE, RUE HAUTEPEUILLE, N." 8. DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC. 1817. AVERTISSEMENT. UJt J-JA plupart de ces Mmoires ont t publis spa- rment dans les annales du Musum d'Histoire naturelle. L'Auteur , en les rassemblant et en les compltant par quelques Mmoires nouveaux , se proposait d'abord de faire prcder cette collec- tion d'un Discours prliminaire sur les rapports des animaux sans vertbres , et sur leur vritable classification; mais il a pens que les principes qu'il aurait pu dvelopper dans ce Discours , sont devenus tellement vulgaires depuis quinze ans , soit par ses propres travaux, soit par ceux des naturalistes qui ont adopt ses ides, qu'il est presque superflu de les reproduire sparment. 11 se borne donc offrir aux Amateurs de la science des descriptions et des figures propres leur rendre trs-sensible l'orga- nisation complique de ces animaux. On y verra quel point plusieurs d'entr'eux se rapprocbent des animaux vertbrs, et l'on se convaincra qu'il n'est plus possible de les laisser, comme l'avait fait Lin- nus, dans la dernire classe du rgne animal, con- Tj AVERTISSEMENT. fondus avec les polypes bras et d'autres zoopliytes aussi simples. Au reste l'oii trouvera l'expos de leur vritable distribution mthodique dans l'ouvrage que l'auteur publie, en mme temps que celui-ci, sous le titre de Rgne animal. TABLE DES MEMOIRES. Pag. PI. .' Sur les Ccphaopofles et leur anatomie. : 54 4 I. -Sur ic- Glix) BoreaKs lO l III. Sur Z^Hj'^le, sur un nouveau genre de Mollusques nuds {.leVnenmoevmeyetsur l'tablissement (l'un nouvel ordre de Mollusques ( les Plropodes). . . 12 1 tV. Sur le genre Tritonia , ai^ec une espce nouvelle ( Tiilonia Honilierj^ii ) 16 3 V. Sur le genre Doris 28 2 VI. Sur la Scylle, /^Eolkle, le Glaucus, avec des additions au Mmoire sur la Tritonie 3o i \II. Sur h gejire ^hns, et sur son anatomie i4 1 VIII. Sur la Pliyllidie et le Plcurobranche 12 1 IX. Sur le genre Aplysia , vulgairement nomm Livre marin 24 4 X. Sur les Acres, ou Gastropodes sans tentacules apparents 18 2 XI. Sur la \mnce et le CoWmacon 46 2 XII. Sur la Dolabelle, la Tcslacelle et la Parniacelle. ... 10 l XIII. Sur Z'Oncliidie et sur une espce nouvelle ( Onchidlum Peroiiii) l4 1 XIV. Sur le Limne et le Planorbe l4 l XV. Sur la Janlbine et la Pliasianelle 16 1 XVI. iSr/a Vivipare d'eau douce, les Turbo, les Trochus, etc. 20 1 39751 jj- -viij TABLE DES MMOIKES. XVII. Sur le Bucinum undalum 12 l XVIII. Sur Z'Haliotido, /^ Sigaret, Za Patelle, /a Fissurelle, /^Emarginule, la Crpldule, la Na-vicelle, le Cabo- chon, Z'Oscabrion et la Plrolrache 4o 3 XIX Sur les Thalides et les Biphores 24 l XX. Sur les Ascidies et leur anatomie . . . 5o 3 XXI. Sur la Llngide 12 XXII. Dissertation sur les espces d'Ecrevisses connues des anciens 20 1 MMOIRE SUR LES CPHALOPODES ET SUR LEUR ANATOMIE. J^URPASSANT en grandeur tous les autres mollusques de nos mers , frappant les yeux par des formes bizarres , compli- ques , et qui n'ont point leurs pareilles dans le reste du r- gne animal, fournissant un aliment, sinon agrable, du moins abondant^ se fesant l'emarquer enfin par Ctte liqueur noire que la nature leur a donne , comme principal moyen de dfense , les seiches , les calmars , et les poulpes ont d de ' bonne heure tre observs par les pcheurs et attirer l'attention des physiciens : aussi Aristote parat-il avoir connu leur histoire * et mme leur anatomie , un degr vraiment tonnant; les modei^nes n'ont presque rien ajout ce qu'il a dit de la premire , et l'ont peu trouv en dfaixt sur la seconde. Pendant prs de deux sicles aprs la renaissance des let- tres, on se borna -peu-prs copier Aristote, etSwammer- dam fut un des premiers qui s'occuprent de complter ce qu'il avait dit. On trouve vers la fin du Fiiblia JSatnr^ une lettre de ce grand anatomistesur la seiche, adresse au c- lbre Redi, o il en dcrit, avec beaucoup de soin, les parties * Du Hist. An. L. IV, c. I el c. 8 ; 1. V, c. 6 et i8 ; 1. vi, c. i3 ; 1. viii , c. 2 et 3o ; 1. IX, c. 56. De Pari. An. L. iv, c. 9. ' I 2 MEMOIRE extrieures et la langue , un peu moins exactement les viscres et les nerfs , et d'une manire tout--fait fausse les oi'ganes de la circulation. Plusieurs annes aprs , Alexandre Monro , dans sa Phy- siologie des Poissons, donna l'anatomie du calmar, oii il rec- tifia ce que Swammerdam avait dit d'erron sur les curs , et o il ajouta encore plusieurs faits mportans ceux qu'avait fait connatre l'observateur hollandais ; nomm- ment l'absence de chambre antrieure dansl'il, celle del veine porte, la prsence des pierres de l'oreille, etc. 11 y proposa cependant aussi quelques hypothses hasardes. Plus rcemment encore, M. Scarpa^ dans son Trait des Organes de Vouie et de V odorat, publia, sur l'oreille et sur les nerfs de la seiche, des dtails prcieux et dignes de cet excel- lent anatomiste, sauf de lgres erreui^s sur le cours des nerfs. M. Tilesius , enfin, a donn depuis peu , dans le Magasin anatomiqiie d' Isenjlamm , deux longs Mmoires , l'un sur les cphalopodes eu gnral , et sur leurs parties dures, notamment sur la structure de l'os de la seiche ; l'autre sur le systme nerveux de la seiche en particulier, o il s'est aussi gliss plus d'une erreur. Mais personne que je sache n'a dissqu le poulpe, ou du moins personne n'en a fait l'objet d'un trait spcial ; c'est pourquoi je le prends pour type de cette classe de mollusques , et pour objet principal de mon travail. Chacun sait que Linnaeus avait runi tous les cphalo- podes nus , en un seul genre , nomm scpia , et que Scopoli et M. de Lamark ont rtabli la division , anciennement in- dique par Aristote, en poulpes , seiches et calmars. Ces mollusques forment, en efTet , trois groupes, auxquels le poulpe commun {sep. octopodia L.), la seiche [s. offici- SUR LES CPHALOPODES. 3 naisL.) , et le calmar ( s. loligo L. ) , servent de types. Les deux derniers ont , outre leurs huit pieds, deux organes de mouvemens beaucoup plus longs , munis de ventouses leur extrmit seulement , qui paraissent leur servir d'an- cres pour se maintenir pendant les temptes , et d'instru- iiiens pour accrocher au loin leur proie. Leur corps est bord de nageoires , et dans la chair de son dos est enchs- se une partie dure, calcaire dans les seiches et corne dans les calmars. Le premier groupe, celui des poulpes, n'a point les longs tentacules , ni les nageoires , et son dos ne contient que deux petites pices cartilagineuses, qui sont loin d'en garnir toute la longueur. Ces diffrences dans l'organisation, en ncessitent dans le genre de vie. Les poulpes , qui ont de longs pieds et le corps rond et petit , marchent aisment. 11 viennent souvent sec , cherchent les endroits rocailleux et ingaux 5 cependant ils sont aussi d'excellens nageurs , et en redressant et rapprochant su- bitement leurs pieds , ils se meuvent dans Teau avec ra- pidit , portant toujours leur sac en avant et leur tte en arrire. Les seiches et calmars , dont le corps est long et pesant cause de l'os, et les pieds trs-courts, prfrent le fond de la mer , et ne vont gure qu' la nage , pour laquelle ils n'ont mme que des organes mdiocrement appropris ; ils pei^dent terre la force et le mouvement. C'est la brivet des pieds qui leur a rendu un autre organe ncessaire , et qui a exig ces longs tentacules , nomms bras , dont les poulpes n'avaient pas besoin , cause de la longueur de leurs pieds. Tous les cphalopodes se nourrissent de coquillages , d'crevisses , de crabes , etc. ; ils les enveloppent de leurs longs bras, semblables des serpents j les serrent avec leurs \ 4 MEMOIRE ventouses; leur lent tout mouvement et se rendent ainsi matres d'individus souvent plus grands qu'eux; les cui- rasses si dures, et souvent pineuses des crustacs, ne r- sistent point leur bec tranchant, et ils ne s'eflPrayent gure des serres si fortes , et si bien garnies de dents , de ces ani- maux, he poulpe , sur-tout, est en horreur sur nos ctes de la Manche, cause del destruction qu'il fait, pendant l't, des crustacs les plus recherchs.; peine les pcheurs peu- vent-ils alors trouver des homards ou des crevettes dans les heux rocailleux; et presque tout ce qui chappe au poulpe, reste plus ou moins mutil. Ce cphalopode n'est pas sans danger pour les nageurs j il est trs-vrai qu'il entortille quelquefois leurs jambes , et les fait prir en empchant leurs mouvemens ; mais nous croyons devoir ranger parmi les fables tout ce que l'on a dit de poulpes, assez grands pour dvorer les hommes; plus forte raison les rcits extravagans renouvels des auteurs du moyen ge , o il est question de poulpes grands comme des les ou des montagnes. Une particularit remarquable des cphalopodes , est cette encre dont ils obscurcissent l'eau qui les entoure, la moindre apparence de danger, ou mme simplement pour se cacher aux yeux des animaux dont ils veulent faire leur proie. Cette liqueur, dont je dcrii-ai les organes., est du mme genre que la vritable encre de la Chine, et peut en tenir lieu. Sw^ammerdam l'avait dj souponne pour l'encre de la seiche; et, en effet, chacun sait qu'on la prpare aujourd'hui en Italie , de sorte qu'elle ne diffre de celle de la Chine , qiie parce qu'elle est un peu moins noire. M. Bosc assure avoir ou dire que les Chinois font la leur avec l'encre du sepia rugosa ; j'ai vrifi, par l'ex- SUT\ LES ePHALO rODES. 5 prience, que celle du poulpe et du calmar en approche plus que celle de la seiche. Ou l'exprime du tissu cellulaire qui la contient dans un tat de bouillie un peu paisse ; mais elle se dlaie dans l'eau, et en teint, en un instant, un volume trs-considrable. Reue dans un vase, elle s'y des- sche en peu d'heures, et s'en dtache en cailles , sem- blables celles de l'encre de la Chine ; je m'en suis servi pour dessiner les planches de ce Mmoire. Il sei^ait facile d'en faire une petite branche d'industrie, sur-tout sur les ctes oii ces animaux sont trs- abondans. Comme la bonne encre de la Chine est assez chre , et que son usage augmenterait si le prix venait en baisser, on pour- rait esprer quelque profit de ce genre de travail. Les cphalopodes ont tous les sexes spars , mais on ne leur a point reconnu d'organes propres l'intromission j et si , comme quelques-uns l'ont avanc, la ponte est pr-' cde d'embrassemens , etd'approches entre les ml^s et les femelles , ce ne sont , coup sr, que des moyens irritans , comme l'accouplement des grenouilles; d'autant qu'on sait que le mle asperge de sa laite les ufs dj pondus. Ces ufs ont des formes singulires , et diffrentes selon les espces; ils sont ordinairement runis en grappes, par un enduit commun, glatineux et transparent dans les cal- mars; opaque et corn dans les seiches, oles grains, ronds et spars, resseiaiblent tellement ceux du raisin, que les pcheurs leur ont presque par-tout donn le nom de raisin' de mer. Quant aux tres singuliers qui se trouvent, certaines poques, dans la laite, et que les observations deNeedham ont rendus si clbres , nous y reviendrons en traitant des organes de la g.aration. 6 MMOIRE BU Poulpe. . I. Des parties extrieures ^ et de leurs diffrences selon les espces. Le corps du poulpe a la forme d'une bourse ovale , ou arrondie , ouverte par devant , comme une gibecire , et continue par la partie postrieure ou dorsale, au cou et la tte ; en sorte que, par derrire , la tte n'a pas l'air de sortir du sac , comme dans la seiche et le calmar. Celte tte n'est pas plus grosse que le cou, et de sub- stance assez molle. Les yeux sont sa partie postrieure; leur iris est dor ; l'ouverture de la pupille parat en rec- tangle longitudinal. Le sommet de la t^te s'vase en cne renvers , obtus , et se divise en huit pieds presque gaux et fort longs j dans l'individu que j'ai dcrit, ils avaient un pied et demi de longueur, et dix-huit lignes de diamtre leur base. Ces bases sont runies par une membrane quis'tendquelquespouces, et fait le mme effet que celle d'entre les doigts des canards. Les pieds se terminent en pointe trs-dlie, et sont sus- ceptibles de toutes sortes de mouvemens et d'inflexions. Leur face suprieure est garnie de deux rangs de suoirs, qui vont en diminuant et se rapprochant toujours de la base la pointe. Auprs de la bouche , il n'y en a qu'un seul rang de trois ou quatre sur chaque pied. On compte en tout environ deux cent quarante suoirs sur chacun. Ce sont des disques orbiculaires , plats , sillonns en rayons , surface grenue et rude au toucher , percs dans SURLEPOULPE. H leur milieu d'une petite ouverture ^ les disques sont imm- diatement appliques sur la peau, et non ports sur des minences ou des pdicules, comme dans le calmar et la seiche. Nous verrons plus bas leur organisation interne. Au centre des pieds est la bouche , ouverture circulaire de quelques lignes de diamtre , entoure d'une lvre char- nue, sous laquelle on aperoit le bec. A l'orifice de la bourse , en avant du cou , et sous la paire antrieure des bras est l'entonnoir ; organe charnu ,' conique, et ouvert aux deux bouts ; il sert de bassin ou de cloaque ; et comme l'animal marche toujours le corps en haut , l'encre , les excrmens , et la laite , sont transmis au-dehors par l'entonnoir, sans salir aucune partie ext- rieure. Toutes ces parties sont reytues d'une peau trs-lche , paisse, pointille de brun. Un lacis de vaisseaux y forme par-tout des aroles de diverses grandeurs; une liqueur rousse panche dessous , y produit des taches de mme couleur , qui changent de situation chaque instant ; le dos , et la face externe des pieds sont plus constamment roux que les parties opposes. Tel est le poulpe le plus commun le long de nos ctes; mais il en existe quelques autres qui ont t bien distingus par M. de Lamark : le premier, le poulpe granuleux , a le corps plus grenu ; les bras moins longs proportion , et garnis seulement de quatre-vingt-dix paires de suoirs. Les deux autres n'ont qu'une seule range de suoirs sur cha- que pied; caractre qu'Aristote avait dj parfaitement saisi , distinguant , par le nom 'ldons , les espces qui en taient pourvues. 8 MMOIRE . II. Intrieur de la bourse. Si l'on fend longitudinalemenl la bourse par un ct , on voit que la peau se rflchit en s'amincissant , pour en tapisser l'intrieur, jusque vers son milieu , o elle revient sur la niasse des viscres , et jusqu' l'entonnoir; on aper- oit , des deux cts de la hase de l'entonnoir, une calotte ( kk. fg. 1 , pi. I. ) qui ferme cette partie de la hourse , et empche que rien ne puisse sortir ni entrer que par l'entonnoir. On observe que la masse des viscres, ainsi enveloppe de la peau, adhre la bourse, i*'. par le fond; 2. son bord postrieur derrire le cou; 3. par une bride longitudinale charnue h. ih. , sous le bord ant- rieur; 4- par deux brides latrales galement charnues /./. ih. On est frapp par les deux branchies m. m. ib. , en forme d'arbres pyramidaux , situes de chaque ct entre la bourse et les viscres, adhrentes par les troncs de leurs gros vaisseaux la masse des viscres , et par un de leurs cts une bande charnue n.n. ib.^ qui, elle-mme, est sus- pendue la bourse parsonbord postrieur. Unpetit faisceau charnu part de la base du gros vaisseau antrieur, et s'pa- nouit sur l'enveloppe des viscres o. o. On distingue deux pilliers charnus et saillans e. e. , qui partent des cts de la base de l'entonnoir, et vont se terminer dans l'angle entre chaque branchie et la masse des viscres. L'enveloppe gnrale de la masse des viscres est perce dans la femelle de cinq, etdanslemle de quatre ouvertures, qui donnent dans la cavit de la bourse. La plus leve donne mmedans l'entonnoir; c'est l'anus /;.Lesdeuxsuivantes , Jig. 3 ; pi. I , qui reoit des brandies ww des intervalles de tous les pieds, sous la SUR LE POULPE. xj couche musculaire externe de la membrane qui les unit. Les deux cts du cercle se runissent sur le devant de la tte, derrire l'entonnoir, en un tronc commun z,fjg. i, pi. II, qui descend au-devant de la tunique charnue du foie, et au ct gauche du rectum, et se loge dans la bride antrieure de la bourse , et dans la cloison qui spare les deux cavits veineuses jusqu'aux deux tiers de la profon- deur de la bourse o il se bifurque en (5, pi. Il, /. i . Les deux branches du cercle veineux de la tte entrent dans le tronc commun d'une manire oblique, et leur ori- fice y est accompagn d'une forte valvule semi -lunaire. (M, Jg. 2; pi. II. Derrire l'entonnoir le tronc reoit les veines de l'en- tonnoir mme, i, i , fig. i, pi. II; un peu plus bas il lui en vient de la face antrieure du foie , 2 , 3 , 7(^. ; plus bas encore il en reoit une de la bourse au travers de la bride musculaire antrieure , 4 j i^- Immdiatement aprs la bifurcation, chaque branche en reoit une presque de mme force qu'elle, qui a cela de remarquable qu'elle s'y rend sous un angle entirement contraire la direction du sang. Labi'anche accessoire du ct droit, 5, ilf. , qui s'enfonce promptement en arrire, tire ses rameaux du bas du foie de ce ct, et des circonvolutions voisines de l'intestin-, il lui en vient aussi un du testicule ou de l'ovaire 5 celle du ct gauche, 6, i^., Gtjg. 3, pi. 11^ qui monte un peu plus, et reste plus en avant, tire ses rameaux du ct gauche du foie , de l'estomac , et des parties voisines de l'so- phage. La branche principale, de chaque ct, descend encore un peu, se recourbe eu dehors, et remonte pour se ter- 3 l8 MMOIRE miner dans le cur latral , ou branchial de chaque cot. Outre cette grosse branche , l'oreillette de chaque cur latral reoit une autre veine, '], '])Jg' i, pi- III, etjig. 3, pi. II, qui a deuxbranches, et qui amne le sang des parties latrales de la bourse, et du ligament charnu qui porte la branchie. Cette oreillette est mme plutt le sinus de ces deux veiues , qu'une oreillette vritable ; il faut dire , ce- pendant, que sa partie, qui reoit les veines de la bourse et du ligament , est bien garnie de petites colonnes char- nues. Ainsi , tout le sang veineux des diverses parties du corps aboutit ces deux curs latraux , qui le transmet- tent aux blanchies. 2. Des Corps spongieux adhrens aux' quatre grosses veines. Les deux branches principales dans lesquelles le tronc veineux se divise, et les deux branches accessoires qui aboutissent celles-l, traversent les deux cavits que nous avons appeles veineuses , ou plutt font saillies dans leur intrieur, en restant cependant couvertes par leur tunique muqueuse. Dans tout cet intervalle , elles sont garnies de corps de l'espce la plus singulire, marqus xx ,Jig. i et 3, pi. II, et/ig. I , /;/. III, d'apparence spongieuse, de couleur jaune , rpandant , quand on les presse , une mucosit opaque et jauntre ; et , ce qu'il y a de plus ex- trordinaire et peut-tre d'unique , communiquant par des trous fort ouverts dans l'intrieur des veines auxquelles ils adhrent. Voyez u,u , u .^Jg. 3 , pi. II. Les canaux courts o ces trous donnent, sont eux-mmes percs d'autres SURLEPOTJLPE. ig trous fort nombi^eux , et ainsi de suite ; en sorte que cha- que corps spongieux est creus intrieurement d'une in- finit de vaisseaux courts, donnant tous les uns dans les autres, et dfinitivement dans la veine. Comme il est im- possible que ces vaisseaux ne soient pas aussi remplis de sang, on peut , si on le juge propos , les considrer comiiie des veines ; mais leur tendue, compai'e aux trs -petites artres des corps spongieux, ne permet pas de croire qu'ils n'ayent autre chose faire que de rapporter dans le tor- rent veineux le sang fourni par ces artres. Il est donc beau- coup plus probable que ce sont ou des diverticules dans lesquels le sang veineux aurait se subdiviser, pour prou- ver, au travers des parois du corps spongieux, 1 influence de l'lment ambiant; ou, ce qui reviendrait au fond -peu- prs au mme, des canaux excrteurs, par lesquels le corps spongieux verserait dans la veine quelque substance qu'il n'aurait gure pu lui-mme extraire que de cet l- ment ambiant; ou, enfin, des monctoires, par le moyen desquels le sang se dbarrasserait de quelque principe qu'il verserait au-dehors par les pores et les replis extrieurs des corps spongieux. Cette dernire ide prend assez de vraisemblance , par cette abondante mucosit jauntre que les corps spongieux rpandent si tt qu'on les presse. Quoi qu'il en soit , il est certain que la communication , entre l'intrieur de ces corps et le dehors, est trs-ouverte; car, en soufHant ou en injectant la veine, l'air ou l'injection passe trs-aisment dans la cavit veineuse que cette veine traverse ; et, rciproquement, en soufflant dans la cavit, par son orifice extrieur, il arrive assez souvent que la veine se remplit d'air. ao JHE MOIRE 3. Des Curs latrauar. Chaque cur latral 9 , Qijig- i et 2 , pi. I , Jg. i et 3 , pi. il , et fig. 1 , pi. III, est situ la base de la bran- cliie de son ct ; sa forme est -peu-prs celle d'une poii'e arrondie vers l'entre de la veine , rlrcie la sortie de l'artre 5 sa substance est assez paisse et d'une couleur noirtre , qui lui est particulire 5 sa solidit est mdiocre; et son tissu semble plutt cellulaire que charnu. Sa surface interne estci'eusede beaucoup de petites cavits rentrant les unes dans les autres, lO; 10, Jig. 3, pi. II. L'orifice par oii il reoit le sang veineux est garni de deuxlarges valvules 12, 7., qui leur fonction et leur figure peuvent valoir, juste titre, le nom de mitrales ; mais il n'y a aucune valvule ni rien qui puisse en tenir lieu l'origine de l'artre branchiale 13, ib. 4. Des Branchies. Elles se voient en place m ,fg. i , pi. I , etfg. i , ;;/. Il ; dtaches rn, fg. 1 , pi. i , eifig. i , pi. III; les dtails en sont exprims dans cette dernire /g^/^re; et sur- tout dans la troisime de la ;?Z. II. Chaque branchie est suspen- due un large et pais ruban charnu A, qui lui-mme tient la bourse , par la peau qui les revt l'un et l'autre , et par de la cellulosit. Elle se compose de deux rangs de feuillets branchiaux, tenant d'une part au ruban charnu par des p- dicules a, a, et s'unissantde l'autreavec les feuillets du rang oppos-, et comme les feuillets d'un rang ne sont pas opposs, mais alternes avec ceux de l'autre rang , chacun d'eux s'unit SUR LE POULPE. 2f toujours deux feuillets de l'autre rang, et ils sont par con- squent tous unis ensemble par le Lord de la brancliie op- pos au ruhan charnu , et le long duquel marche la veine branchiale hb. Chaque i'euillet est lui-mme garni trans- versalement de feuillets plus petits ce , et ceux-ci le sont encore , en sorte que la branchie totale est ce que les bo- tanistes appellent tripimiatijide ; mais les feuillets particu- liers ne laissent pas entre eux les mmes vides que les feuil- lets gnraux qui les portent. Je n'ai pas besoin de dire que tout cet appareil compliqu est recouvert par la peau gnrale qui pntre dans les plus petites subdivi- sions. Entre le ruban et les pdicules charnus, qui portent ls feuillets, marchent l'artre branchiale, qui porte le sang qui doit respirer, i3,f/.5 l'artre qu'on peut appeler bronchique, et qui fournit le sang qui doit nourrir, i45 la veine bronchique, qui rapporte ce sang dans la veine cave, 7; enfin, le nerf bran- chial 8 , qui drive lui-mme du grand nerf des viscres. Uartre branchiale donne une branche chaque feuillet qui marche le long du bord par lequel les feuillets re- gardent ceux de la face oppose , et qui se subdivise aux feuillets du deuxime et du troisime ordre. Il en est de mme du nerf branchial , mais la veine et l'artre bronchiques, outre les ramuscules qu'elles donnent aux feuillets , en fournissent aussi au ruban charnu qui les supporte tous. Les veines branchiales naissent et se runissent dans l'ordre inverse des artres; mais la veine de chaque feuillet en sort par l'extrmit oppose ; et toutes ces veines par- ticulires donnent dans la veine branchiale gnrale, i5, qui rampe entre les lobes extrmes de tous les feuillets, le long du bord de la branchie oppos au ruban charnu, et 52 MEMOIRE aprs avoir travers la cavit, aboutit au cur du milieu.' A celte veine branchiale adhre un ruban musculaire mince, i6, qui s'panouit sous la peau qui recouvre l'en- semble des viscres. Nous l'avons dj vu en O; o ,Ji. i , pi. I. S*'. Du Cur du milieu. On le voit en place, pi. U^Jig. i , pi. il .,Jig. i , pi. IV, Jjg. I , toujours marqu i8 ; il est ouvert , Jig. 4 , pi. II. Sa substance est charnue et blanche, et non pas noirtre et molle comme celle des curs latraux. Sa forme est en demi-cer- cle, et sa convexit regarde le fond de la bourse. Il reoit le sang des veines branchiales, i6, i5, ses angles suprieurs , par deux ouvertures garnies chacune de deux valvules, dont le ct libre est tourn vers l'intrieur du cur. Ses parois sont revtues de cordons charnus, plus nombreux et plus minces 5 mais plus robustes que dans les curs latraux, et qui laissent entr'eux de lgres cannelures plutt que de vraies cavits. 6". IDes artres. Le sang sort du cur mitoyen pour se rendre toutes les parties, par une grande artre que j'appellerai l'aorte, ig, et par deux petites. L'une de celles-ci , 20 , part de sa face infrieure , et se rend au testicule ou l'ovaire, qui en sont trs-voisins. L'autre, 21, part de la face antrieure; elle donne de chaque ct de sa base un rameau mince et long , qui suit la grande veine branchiale du mme ct ; ensuite elle se sur. LE POULPE. 23 partage en deux branches, clontl'une, 23, monte au-devant de la grande veine cave , et passe au travers de la bride antrieure , pour se distribuer la substance de la bourse ; l'autre, 23, aboutit l'un des replis de l'intestin , 'y donne l'une des principales artres intestinales , et fournit aussi quelques rameaux aux parties voisines du pritoine. La grande aorte sort du cur par la face postrieure l'extrmit de son ct droit. Il y a son origine deux valvules senii -lunaires. Elle se glisse d'abord en arrire et droite dans la paroi pi-itonale qui spare la poche des intestins de celle de l'estomac spiral et de celle du g- zier , monte le long du gzier , pntre droite du cardia , et par un trou particulier du diaphragme , dans la cavit qui est derrire le foie, et dans sa tunique charnue, et y monte le long du ct droit du jabot et de l'sophage, jusque sous l'anneau cartilagineux de la tte. Ds sa base , elle donne un rameau pritonal j un peu- plus haut , elle en donne un autre qui se partage en deux branches, 24, ^4 , pour les deux cts de la bourse , les- quelles s'y insrent derrire les brides latrales infrieures. Elle fournit ensuite au gzier quelques rameaux , puis vers le cardia, une branche, aS, pour le haut de l'intestin et les estomacs , et deux pour le foie , 26 ; elle en donne ensuite plusieurs petites au renflement ilu haut du jabot ^ enlin , tant sortie tout en haut de la poche de derrire le foie , elle se partage en deux branches , 27, jg-. 2 , 3 et 4 , pi- il, qui forment un cercle entier autour de l'sophage , d'oii les parties environnantes reoivent leurs artres , savoir, partir de la bifurcation, deux petites , 28 , 28 , qui traver- sent l'anneau cartilagineux , et se rendent la masse de la bouche et aux glandes salivaires suprieures ; puis deux 24 MEMOIRE grandes, 29, 29, qui, aprs tre rentres clans la poche de derrire le foie, aboutissent aux glandes salivaires in- frieures , et aprs leur avoir donn des branches , s'unis- sent entr'elles par un rameau transverse qui fournit encore quelques ramuscules au jabot. Les deux principales branches qui ont form le cercle, s'tant rapproches en avant , traversent ensemble uq canal particulier de l'anneau cartilagineux de la tte , et tant arrives entre les bases des pieds, pi. I, Jig. 4, 3o , et montes quelque hauteur, chacune de son ct , prennent une direction transverse et rtrograde , 3i , 3i , d'oii elles donnent chacune quatre branches pour les quatre pieds du mme ct : ces artres des pieds pntrent avec leurs nerfs dans le canal dont l'axe de chaque pied est perc , et arrivent ainsi jusqu' l'extrmit, donnant sur toute leur longueur une induite de petits ramuscules qui pntrent transversalement dans la chair du pied. Ainsi , chaque pied a une artre et deux veines princi- pales. L'artre marche dans son intrieur; les veines sont la surface. La veine d'un ct d'un pied s'unit la veine du ct contigu du pied voisin , et les huit troncs abou- tissent dans un cercle qui entoure la tte et se termine dans l grande veine du devant du corps *, les quatre ar- tres de chaque ct viennent au contraire d'un tronc in- trieur , qui lui-mme est une branche de la grande artre aorte , situ dans la cavit la plus centrale du corps. Le tissu des artres et des veines est analogue ce qu'on voit dans les animaux vertbrs. Les premires sont fortes , musculeuses , opaques j les autres minces et transparentes. sunr.EPOiTLPE. af) . VI. Des Organas de la digestion. 1^. De la BoiicJie. Au centre des pieds est un petit trou circulaire, entour d'un repli lgrement dentel de la peau , qui tient lieu de lvres , pi. 111 , Jig. 3,4 et 5 , . Sous ce repli est le bec , forna de deux robustes mandibules cornes et d'un bruu noir, dont la forme ue ressemble pas mal celle d'un bec de perroquet, b, Jig. 4; mais ici la position est invei'sej c'est--dire que la mandibule la plus crochue , celle qui dborde et enveloppe l'autre , est Tinfrieure , ou , en d'au- tres termes, qu'elle est situe du ct du ventre. Eu fen- dant le cercle que les pieds forment par leur runion , l'on trouve entr'eux une masse charnue , d, Jig. 3 et 4 > -peu- prs globuleuse , dans laquelle les mandibules sout en- chsses. Cet organe , que j'appellerai dornavant la masse charnue de la boiidie , existe plus ou moins volumineux dans presque tous les mollusques cphalopodes et gast- ropodes, et se compose de fibres diversement entrelaces, dont l'objet est de produire les mouvemens des mchoires et de la langue. Les mchoires doivent simplement s'car- ter et se rapprocher ; mais la langue a besoin d'excuter un lger mouvement pristaltique , au moyen duquel les pines dont elle est arme poussent successivement les ali- mens dans l'sophage. Une couche rayonne de fibres , partant des bords des lvres , et se fixant aux parois internes de la cavit que les bases des pieds laissent entr' elles, ce , Jig. 3 , 4 et 5 , peut faire enfoncer cette masse de la bouche j mais pour res- 4 26 MEMOIRE soiiir et saillir elle a besoin que les bases des pieds so contractent. Ses fibres intrinsques sont difficiles suivre. Les man- dibules ayant chacune une double lame corne , prouvent un double sertissement , parce qu'une portion de la sub- stance charnue s'introduit entre les lames. [Yojez fig. 6, pour les mandibules, Gtfig. 5, pour les chairs dans les- quelles elles taient enchsses.) On voit la partie inf- rieure, des libres , / , fg 5, dont l'objet est ncessairement d'carter un peu la mandibule externe ou antrieure, de l'autre. Quant la langue , elle se meut par le propre tissu de sa partie charnue, comme la langue humaine. Sa surface, hrisse d'pines , regarde , k ,Jig. 5, la mandi- bule antrieure. De la partie la plus leve de cette sur- face , les alimens tombent dans l'ouverture de l'sophage,, qui est immdiatement derrire , et de l ils traversent la partie de ce canal qui est enferme dans la masse charnue, et qui rampe le long de la face interne de la mandibule postrieure, h, fg. 5. Les pines de la langue sont disposes en quinconce , et attaches sur des lames cartilagineuses , transverses , qui revtent cet organe. Elles forment, parleur ensemble, une plaque triangulaire trs-flexible dans le sens longitu- dinal , dont les bords latraux s'unissent en arrire , et donnent naissance un long cornet , qui semble tre la plaque ce que le manche est une pelle. Lorsque ce cornet est allong et tir en arrire, la plaque devient plane et presque concave ; si le cornet , au contraire , se raccourcit , la plaque est pousse en avant , devient convexe , et saille contre la mandibule antrieure. Cette alternative de mou- Yemens ondulatoires se communiquant aux pines , leurs SUR LE POULPE. S'y pointes saisissent successivement le bol alimentaire, elle poussent vers l'sophage. a**. Glandes salivaires. Aux deux cte's de la masse charnue de la bouche , tou- jours dans cette cavit entre les bases des pieds, sont situes les glandes salivaires suprieures, pi. III 5^g-. 3, e, petites, diversement lobes , et donnant chacune un canal excrteur e , fig. 5 , qui pntre dans la masse charnue , et va verser sa liqueur dans le haut de l'sophage h. Les glandes salivaires infrieures, beaucoup plus grandes et moins divises [pi. III, fig. i et 2 , a; fig. ^ , ff. et pi. IV, Jig. I, rt) , sont situes au-dessous de l'anneau cartilagineux de la lte , dans la poche de derrire le foie , et aux deux cts du haut du jabot. Elles donnent chacune im canal excrteur , et les deux canaux s'unissent en un tuyau commun m, fig. 3,455, dans le trajet de l'anneau cartilagineux-, ce conduit pntre sous la partie antrieure de la masse charnue , la traverse en dedans de la mandibule antrieure , et va s'ouvrir vers le bas de la face pineuse de la langue , de faon humecter les aUmens au moment o ils viennent d'tre diviss par les mandibules, et oii ils vont ti'e saisis par les pines. 3. sophage et Jabot. L'sophage h , pl., fi'g. 4, pi- HI ,/%. 2 , 3,4 et j , est assez mince. N derrire la langue , traversant la masse charnue de la bouche en dedans de la mchoire postrieure, il descend par l'anneau cartilagineux de la tte , et par l'an- aS MMOIRE neau artriel qui termine l'aorte dans la chambre ou poche de derrire le foie , et aprs quelque trajet , il s'y dilate subitement pour former le jabot, pi. I ,^'g". 4 5 ^^5 V^- IHi Jig. I et 2 , ^)fig- 3, g^; pi.., IV fig. I et 2 , bb. Celui-ci parcourt toute la longueur de cette chambre paralllement l'aorte, dont il reoit beaucoup de petits vaisseaux, et en sort en b,fig. i , pi. IV, par un trou du diaphragme pour donner dans le gzier. Nous repre'seutons l'intrieur de ce long jabot enfig. 2, pi. IV, bb. Sa veloute est ride longitudinalement. Dans plusieurs individus, j'ai trouv le haut du jabot di- lat en une grande poche comparable celle du jabot des gallinacs 5 ses parois sont parsemes, cet endroit, de grains glanduleux assez sensibles. 4. Le Gzier et l'Estomac spiral. Immdiatement aprs avoir travers le diaphragme , le ca- nal aliinentaire se transforme en un gzier encore pais par- tout, dforme ovale, renforc encore dans son milieu d'une couche musculaire, aussi forte que dans aucun oiseau; il est profondment sillonn dans sonintrieur, et revtu, encore comme le gzier des oiseaux , d'une membrane cartila- gineuse d , fig. 3 , qui se dtache sans nul effort de la veloute. Ce gzier est contenu dans une poche particulire du p- ritoine, dans le fond de laquelle il reoit quelques rameaux de l'aorte qui marche dans la paroi de cette poche du ct droit; le pyloree , fig. 3, estprs du cardia, pi. IV, /. i, II et 3, CC) et immdiatement de lui, presque dans la continua- lion du jabot, naissent le ccum ou estomac/fspiral, pi. IV, SUR LE POULPE. o.f) /. 1, sel 3,el/>/. m,/. 1. et le duodnum ou giand iiitesliu,. i( o, ib. , en sorte que le jabot conduit presque aussi ais- ment dans Tune que dans l'autre de ces trois parties du ca- nal alimentaire. Le ccecum ou estomac spiral est log dans une poche particulire du pritoine, gauche et un peu plus bas que celle qui contient le gzier. Sa spirale fait un tour et demi. En dedans, il est garni d'une lame saillante , aussi en spi- rale, comme celle de l'intestin des raies et des squales , mais dont les tours sont infiniment plus nombreux. C'est dans la columelle de cet intestin que rampent les canaux hpa- tiques /?/i, pour s'ouvrir enfin vers sa pointe , en sorte que c'est parmi les replis infinis de sa valvule spirale intrieure que le magma alimentaire prouve l'action de la bile. Le premier tour de ce ccum a en outre beaucoup de folli- cules reconnoissables de petits points blancs qui sparent une humeur paisse et jauntre. 5. L'Intestin, gg)Jjg- i et 2, pi. IV, Ptfig- i , pi- II. En quittant le pylore , il traverse sous le foie , et va se loger dans une poche pritonale situe adroite , et vers le fond de la bourse , derrire la cavit veineuse de ce ct j il y fait deux replis , retenus par un repli du pritoine, qui peut tre appel msentre , puis il se reporte en haut sous, le foie , se dirige alors en avant , et monte au-devant de la tunique charnue du foie , ct de la principale veine cave descendante entre les deux lames de la bride muscu- laire antrieure, pour se terminera l'anus (\ j fig- i , />/ H , qui s'ouvre clans la base de rentonnolr, sa face postrieure interne. Le diamtre de l'intestin varie peu. Ses parois sont 3o MMOIRE assez minces, peu musciileuses , mais sensiblement glandu- leuses , sur-tout dans le voisinage du pylore. Les matires alin>entaires y sont sous forme de bouillie trs-liquide, de couleur orange et d'odeur ftide. 6. Le Foie ; t ,Jig. I , pi. Il, est une masse consid- rable , de couleur orange , de forme ovale , applatie an- trieurement ^ 11 est contenu avec l'sophage , les glandes salivaires infrieures, et la grande artre ascendante, dans la tunique charnue, que nous avons dcrite au paragraphe II; mais il a en outre une tunique membi^aneuse , qui ne lui est commune qu'avec la bourse du noir, tt, fig. 4 , pi- IV; elle se dtache aisment, et m'a paru driver du pritoine. La membrane propre de la glande iiu, est si tnue, qu'on peut la regarder seulement comme la fin du tissu cellulaire qui runit les lobules de son parenchyme, rjK- On y remarque une lgre fissure longitudinale , et en son milieu une cavit, TV, exactement remplie par la bourse du noir. La substance propre du foie est trs-molle , et d'ap- parence spongieuse. Deux canaux biliaires, remplis d'une humeur orange, partent du bas de cet organe, nn, em- brassent le duodnum son origine , se collent l'un l'autre au-dessous, et se dchargent dans le ccum par une ou- verture commune trs-apparente , situe vers le bout du canal de la paroi interne. En ouvrant les canaux, et en les suivant dans l'intrieur de la glande, x, on voit leurs parois perces par-tout, des orifices de canaux plus petits, qui, en se subdivisant ainsi jusqu'aux derniers lobules , donnent au foie l'apparence spongieuse qu'il prsente , quand la liqueur qu'il contient a t bien exprime. SURLEPOULPE. 3l g. VII. Bourse du noir. Le corps qui produit et contient l'encre, est comme enchss clans le foie. Les membranes propres de ces deux viscres sont colles l'une l'autre par une cellulosit rare et courte. L'intrieur de la bourse du noir n'est pas une simple cavit , mais un tissu cellulaire ou spongieux assez rare, rempli par-tout d'une sorte de bouillie noire. Son canal excrteur v , pi. III, /. i , aprs tre sorti du foie, aboutit la mme ouverture que l'anus. On voit en FF, f. 4 , pi- IV, la cavit creuse la surface du foie, et dans laquelle cette bourse du noir tait enchsse. On sait que ce rapprochement de la bourse du noir et du foie avait fait croire Monro que le noir n'tait que la bile; il a suiB, pour dtruire cette ide, de savoir que dans la seiche, l'organe du noir est une toute autre place. . VII I. Les Organes de la gnration. Ils occupent , dans les deux sexes, le mme lieu , c'est-- dire tout le fond de la bourse , dans une poche prito- nale qui leur est rsei've. On voit ceux de la femelle en place, y^/. \i.,fig. i, elpl. III, j/?g-. i , savoir l'ovaire RR,, et les oviductus rr. ha fig. 6, pi. IV, les reprsente dta- chs , l'ovaire et un oviductus ouverts. L'ovaire a est un sac assez considrable parois paisses. Les grappes d'ufs bb y tiennent toutes par des pdicules un seul point , le mme par o les vaisseaux y pntrent.. Quand elles se dtachent , elles sortent par un large ori- fice d, qui donne d'abord dans un canal commun assez s?. MKMOir. E court/; celui-ci se partage bientt eu deux oviductus. Dans l'tat ordinaire, ce sont de simples canaux membraneux, qui n'ont d'ingalit qu'un renflement glanduleux g ,fi^. 6 , jyl. IV, au tiers -peu-prs de leur longueur; mais lorsque l'animal se dispose pondre , ils se renflent beaucoup , prennent de l'paisseur et de la consistance*, leur membrane propre est toute ride intrieurement , et la membrane muqueuse qui double leur intrieur suit les ingalits de ces rides. Voyez celui qui est reprsent ouvert en hh,Jig. 6, pi. IV. Les renflemens glanduleux ont l'intrieur une structure lamelleuse; fort petits dans le poulpe, nous verrons qu'ils deviennent normes dans les seiclies et les calmars. Il ne nous parat pas douteux qu'ils ne servent , comme les or- ganes analogues de l'oviductus des raies et des squales , fournir la matire qui doit envelopper les ufs et leur servir de coquille. Il faut que les poulpes mles soient moins nombreux que les femelles*, car dans le grand nombre de ceux que j'ai dis- squs, peine un cinquime s'est-il trouv du premier sexe. Leurs organes sont reprsents dvelopps^g". 5, pi. IV. Ils consistent dans le testicule a, le canal dfrent b, Une sorte de vsicule sminale c , une sorte de prostate d , la bourse qui contient les fameuses anguilles de Needham e , enfin la verge/. Le testicule a de singuliers rapports de structure avec l'ovaire : c'est de mme un grand sac , l'un des points in- trieurs duquel adhrent des rubans branchus, on des es- pces de grappes de glandulesg', qui ont probablement pour usage de scrter la semence. Ce fluide s'panche entre cet SUR LE POULPE. 33 amas de glandes , et le sac qui le renferme et sort de celui-ci par un orilce //, qui donne naissance au canal dfrent bl; canal mince, infiniment repli et entortill sur lui-mme-, il aboutit un autre canal plus gros ce, que j'ai appel v- sicule sminale, dont l'intrieur est divis par des rides et des demi-cloisons saillantes , et dont k texture parat mus- culaire-, en sorte qu'il pourrait , par ses contractions, faire jaillir l'humeur qu'y aurait amene le canal dfrent. En /Q^>i sortant de la vsicule sminale, le sperme traverse l'extr- l^/cP^ mit d'une glande d oblongue, de structure compacte, r j'"|_,g5 grenue, laquelle je donne le nom de prostate, parce que ' -^ je ne lui vois d'auti'c usage que de scrter quelque liqueur accessoire aux fonctions gnratives. Vient enfin la bourse musculaire ee, qui contient les fa- meux filamens, machines ou animalcules dcouverts par Needham , et que les uns regardent comme des tres pa- rasites , les autres comme des organes appartenant essen- tiellement l'conomie naturelle des cphalopodes. Leur premire apparence est celle de filamens blancs , longs de six huit lignes , serrs paralllement les uns aux autres , et fort rgulirement. 11 y en a trois ou quatre rangs les uns sur les autres , depuis le fond de la bourse jusqu' son entre , et ils sont maintenus dans cette disposition par un repli spiral de la membrane de la bourse, mais sans au- cunement adhrer ses parois. Long-temps aprs la mort ils jouissent encore de la facult d'clater et de se mouvoir en diffrens sens , sitt qn'on les humecte. Chacun sait que les ufs des cphalopodes sont disposs en grappes de diffrentes formes , selon les espces. Je n'ai malheureusement pu me procurer ceux du poulpe ; 5 34 MEMOIRE ainsi je renvoie ce que je dirai plus bas de ceux de la seiclie et du calmar. . IX. Systme nerveux. 1. Du Crne. L'anneau cartilagineux qui sert de base la couronne forme par les pieds, est d'une forme peu rgulire. Dans son milieu est le canal que traverse l'sophage , accompagn de la grande artre et du canal excrteur commun des glandes salivaires infrieures. La partie postrieure de l'anneau contient le cerveau ; sa face externe est presque membraneuse; les parties lat- rales renferment les deux grands ganglions en forme de pattes d'oie \ la partie antrieure, qui est la plus paisse et la plus dure, contient les deux ca^ its des oreilles et la por- tion mdullaire qui achve de former le collier commun tous les animaux mollusques et articuls. De chaque ct de cet anneau cartilagineux nat une lame galement carti- lagineuse qui soutient l'il, et s'amincissant et se ramol- lissant de plus en plus , lui fournit une enveloppe mem- braneuse sur laquelle nous reviendrons. 2**. Cerveau et Nerfs principaux . Le cerveau , Jg. 4, pi. I, est divis en deux parties; une postrieure, plus grise, -peu-prs globuleuse, et une antrieure , plus blanche , plus plate , plus carre. On peut comparer la premire au cervelet; l'autre au cerveau. SUR LE POULPE. 35 Des Lords antrieurs et latraux du cerveau naissent i des nerfs trs-fins /3 ^ , qui vont en dedans de la Lase des pieds, aux muscles du tour de la houclie et aux lvres. 2. Un nerf de chaque ct qui va former le ganglion latral de la bouche. 3. Un faisceau large et court qui va se joindre au gan- glion en patte d'oie. De chaque ct du cervelet nat le large faisceau qui , en s'unissant son analogue , forme le collier. De son bord antrieur , prs de sa naissance , sort un faisceau galement large , qui , en s'panouissant, produit le ganglion en patte d'oie y , sorte d'expansion mdullaire large et aplattie , qui occupe le ct entier de l'anneau car- tilagineux, et donne de son bord suprieur les quatre nerfs des pieds de ce ct, cTcT; sonbord postrieur reoit le faisceau crbral dont nous avons parl ci-dessus. De l'origine de ce mme collier , et sa face externe , au point mme o il sort du cervelet , sort le nerf optique , qui demeure trs-court , et immdiatement aprs avoir p- ntr dans l'orbite , se renfle en un trs-gros ganglion ^ dont nous reparlerons. Du boid postrieur du collier, vis--vis du nerf optique , nait le nerf a?v , qui se rend , en suivant le pilier postrieur suprieur de la bourse , la base de ce pilier , oii il se renfle subitement pour produire le ganglion toile. Plus en avant, ce mme bord postrieur donne de chaque ct le grand nerf des viscres, /j.: Plus en avant encore , et plus haut , le collier donne le nerf de l'entonnoir, ^j et entre ces deux-l, il fournit le petit nerf acoustique, cp. Les nerfs des pieds , comme les pieds eux-mmes , sont 36 M M 1 rs E au nombre de huit; ils se glissent le long de la face interne de la cavit qui contient la niasse de la bouche , pntrent chacun dans le pied situ vis--vis de lui , et parcourent toute sa longueur dans le mme canal o marche aussi l'ar- tre. Dans ce trajet , ce nerf se renfle lgrement des dis- tances trs-rapproches , et donne de chaque renflement une infinit de petits nerfs qui pntrent dans la substance charnue du pied. Immdiatement aprs avoir pntr dans l'paisseur du pied, et avant de produire des renflemens ; chaque nerf donne deux gros cordons, un de chaque ct , qui vont, au travers de la substance charnue des bases des pieds , s'unir aux deux nerfs des pieds voisins , en sorte que les huit nerfs sont joints ensemble par une ceinture nerveuse ^^; et cette ceinture se ddouble vis--vis de chaque nerf, et y forme une petite anse. Le nerf qui produit le ganglion toile de chaque ct on, /. 2 , /j/. I , /. I , pi. II , /. 1 , pi. IV, marche tout droit et sans division le long du pilier charnu latral suprieur, et, arriv sa base externe; ilforme son ganglion, d'o sortent, ce qu'il parat , les nerfs qui se distribuent la bourse. Un nerf important est celui des viscres f^y-, pl.I, f. 4? pi. II , /. I et 3 , pi. m ,/. I . Aprs avoir donn des filets aux muscles du cou, il descend paralllement son cong- nre , le long de la grande veine cave ; dtache de son bord interne quelques rameaux, qui forment une sorte de plexus derrire cette veine, le rectum, et le conduit du noir , s'- carte un peu pour marcher paralllement l'oviductus , jusque vers le cur latral , o il se renfle en un petit gan- glion , et se divise en trois principales branches. L'une se dirige vers, le ruban charnu qui supporte la bran- SURLEPOULPE. Sj cliie , s'y renfle encore en un gauglion oblong , puis marche paralllement l'artre branchiale , pour de l donner des lilets tous les feuillets de cet orgaue. La seconde descend vers le fond du sac, en suivant le ruban musculaire qui tient au pdicule veineux de la bran- chie. La troisime se dirige en dedans et vers le cur du milieu. 3. DeVmi. L'il des cphalopodes est une des parties les plus re- marquables de leur orgatiisalion , par la beaut de sa struc- ture , par sa complication, qui gale pour le moins celle des animaux vertbrs les plus levs dans l'chelle, et par les diflprences fort notables qui le distinguent cependant de cet il des vertbrs. L'ouverture extrieure a,f. 2 et 3, pl., est fort petite dans le poulpe ^ perce dans une peau paisse et dans une couche de muscles allant de la bourse aux pieds, et qui peuvent encore contracter cette ouverture. Le bord postrieur et infrieur se glisse sous le bord oppos , et en s'amincissant il se change en une sorte de troisime paupire b,fig. 3, ou de valvule semi-circulaire, qui forme un rideau demi-transparent derrire l'ouverture extrieure. La peau, pre, sche, replie soit sur le bord de l'ou- vei-ture circulaire , soit sur celui de la valvule , double en- suite ces sortes de paupires , et tant arrive une certaine profondeur, elle revient sur le globe de Til, auquel elle forme ainsi une vritable conjonctive jusqu'au bord de la pupille j et probablement cette conjonctive se recourbe en- core derrire la pupille, et revient ensuite tapisser le cris- 38 MEMOIRE tallin par devant : car il faut savoir que cet il n'a aucune chambre antrieure, que le cristallin donne dans la pupille, et que si on enlevait les paupires , ce cristallin serait ab- solument nu, sauf le voile que cette conjonctive peut lui fournir. Outre la couche des muscles extrieurs qui en- tourent immdiatement l'ouverture circulaire , il se glisse dans l'paisseur des paupires deux tuniques qui viennent des bords de l'orbite ; l'une purement cellulaire , l'autre manifestement musculaire : celte dernire doit ouvrir les paupires. On en voit une partie en fi, J^g- 7 ? P^- HI. La conjonctive y est marque bb. Sous la conjonctive de l'ceil se glisse une autre membrane, ib. ce , venant galement des bords de l'orbite, et allant comme la conjonctive mme jusqu' ceux de la pupille. Elle renferme le globe mme de l'il f/, et une poche situe derrire lui e, et contenant le ganglion optique/, et les glandes qui l'entourent gg. Cette poche e, est une membrane transparente qui nat des bords mmes du trou optique. Elle occupe tout l'espace entre le globe proprement dit et les tuniques qui se rendent aux paupires: en sorte que le globe vritable ne remplit qu'- peu-prs le tiers de cet autre globe plus gnral qui pa- raissait d'abord tre l'il lui-mme. On donne Jig. 5 , pi. II , une coupe de toutes ces parties ," o celles que nous venons de dsigner sont marques des mmes lettres a g. Le globe a trois tuniques propres, une externe hh, fig. 5, pi. II, de couleur argente, de consistance un peu cartila- gineuse, que l'on pourrait comparer la sclrotique. Elle est crible en arrire d'une inlinit de petits trous, pour le passage des fdets qui viennent du ganglion optique , et elle va former au-devant des bords du cristallin le cercle SUR LE POULPE. 3g (le la pupille , qui , par sa nature , doit tre sans mobi- lit. Une seconde, /?, blanche opaque, qui parat sensi- blement rsulter de l'panouissement et de la coalition de tous les fdets nerveux qui ont travers la membrane pr- cdente, et que l'on devrait par consquent regarder comme une rtine. Cependant elle se termine par un cercle pliss en rayons trs-iins de la plus grande beaut , que l'on peut comparer au procs ciliairc. Le bord de ce cercle va s'in- srer dans la rainure circulaire qui spare les deux hmi- sphres, qu'il sertit ainsi de la manire la plus solide. La troisime membx'ane, d'un brun-violet trs-fonc, qui a peu de consistance, et que l'on pourrait plutt con- sidrer comme une couche de vernis analogue celui qui recouvre la chorode dans l'homme , que comme une vri- table membrane. On ne conoit pas comment elle n'est pas un obstacle insurmontable la vision. Il y a de plus la membrane propre du vitr, toute fine et transparente ; mais elle ne se rend pas la pupille ni la rainure du cristallin : elle se rflchit derrire celui-ci , en sorte qu'elle forme un sac conaplet, convexe en arrire, et creus en avant d'une petite concavit. La conjonctive de l'il, comme nous l'avons dit, aprs avoir recouvert la sclrotique jusqu'au bord de la pupille, se rflchit sous elle pour la doubler, jusqu' la base du procs ciliaire-, elle revient sur le procs ciliaire mme , et passe sur le cristallin dont elle couvre la face antrieure , en y adhrant intimement , en sorte que l'on peut dire que le cristallin est immdiatement sous la peau , sans corne transparente , sans chambre antrieure et sans humeur aqueuse. La face postrieure du cercle de la pupille est teinte du 4o MMOIRE mme brun fonce que l'intrieur de l'ceil. On y remarque , un peu en arrire du bord , un cordon circulaire saillant , Le cristallin m. ib. est peu bomb en avant , mais il l'est beaucoup en arrire. Ses deux parties, distingues par un sillon profond , oii s'insre le procs ciliaire , se sparent aisment. Elles se composent de calottes concentriques , formes elles-mmes de fibres rayonnantes , et durcissant de plus en plus, mesure qu'elles approchent du centre. La poche situe derrire le globe contient, comme nous l'avons dit , le ganglion optique et les corps glanduleux. Le ganglion, /y^ est de la forme d'un rein , et d'une gros- seur norme \ il gale presque le cerveau, auquel il tient par un filet nerveux, gros et court, qui sort du crne par un trou particulier, perc au fond de l'orbite. Une portion oblongue du fond de la sclrotique , occupant toute sa lar- geur, mais non toute sa hauteur, rpond au ganglion , et est perce d'un nombre de trous proportionn celui des filets qui sortent du ganglion , pour aller former la rtine par leur runion. Tout le pourtour du ganglion est rempli d'un corps sin- gulier, de consistance peu prs semblable la laite des poissons , divis en lobes irrguliers et arrondis , entre lesquels pntrent des productions de la poche membra- neuse qui les enveloppe. Je n'ai pu voir de canal excrteur ce corps , toute glanduleuse qu'est son apparence , et je ne lui peux supposer d'autre usage que de soutenir le globe proprement dit , et de l'empcher de trop comprimer le ganglion situ derrire lui , quand les muscles externes le compriment lui-mme. On ne peut se dissimuler que cet il , en rappelant , par SURLEPOULPE. 4^ sa grandeur et par une partie des tuniques qui entrent dans sa composition, l'il des vertbrs, ne s'en loigne en des points bien essentiels. L'absence totale de corne transpa- rente, de chambre antrieure et d'humeur acqueuse pour- rait la vrit s'expliquer par l'inutilit de ces parties dans des animaux qui vivent dans l'eau , et o le cristallin est immobile. Les poissons ont dj la corne trs-applatie et la chambre antrieure presque nulle. Mais ce qui est plus tonnant, c'est, entr'autres choses, l'absence d'une vri- table chorode. 40. L Oreille, Dans la partie antrieure, et la plus large de l'anneau cartilagineux de la tte , celle dont les parois sont aussi les plus paisses et les plus dures, sont creuses deux cavits -peu-prs sphriques , parois lisses, qui reprsentent elles seules tout le labyrinthe des deux oreilles. LTne vsi- cule ou bulle -peu-prs sphrique aussi , membranes trs-transparentes , un peu moins large que la cavit , est suspendue au milieu de son vide par un grand nombre de filets, probablement vasculaires. Le nerf acoustique qui pntre dans la cavit par un trou particulier, se divise eu deux ou trois rameaux sur la membrane de la bulle ; et dans son intrieur, sa paroi postrieure, est attache une petite pierre de la forme d'une demi-sphre, ou d'un cne trs-vas , teinte en jaune du ct o elle regarde l'intrieur de la bulle, blanche du ct par o elle adhre samembrane. La bulle est remplie d'un fluide glatineux, parfaitement transparent. C'est l tout ce qu'on peut observer dans l'oreille du 6 /l-Z MMOIRE poulpe, qui n'a d'ailleurs ni ouverture extrieure, ni rien qui s'y rapporte. On n'a pu reconnatre encore aucune partie spcialement consacre l'exercice de l'odorat, quoique ces animaux paraissent jouir de ce sens , puisqu'ils sont attirs par l'odeur de diverses substances. Tels sont les principaux traits de l'organisation du poulpe, par lequel nous commenons celle histoire anato- mique des animaux mollusques. Il n'est sans doute per- sonne qui, la lecture de cette courte description, et la vue des ligures qui l'accompagnent, ne soit frapp de cet appareil de parties organiques lout aussi dveloppes et de mme nature que dans les vertbrs; employes la com- jiosition d'un tre entirement diffrent, quant au plan et l'arrangement gnral , tant intrieur qu'extrieur. Ces fibres, celle matire mdullaire, ces artres, ces veines , ces valvules, ce parenchyme, ces intestins, cet il, tout est semblable au fond, et tout est autrement entrelac, autrement combin. Si l'on .excepte les organes de l'odorat, le systme de la veine porte, les vaisseaux absorbans, le sque- lette et les organes relatifs l'urine , qui mme sont peut- lre remplacs par la bourse du noir, nous retrouvons -peu- prs ici toutes les fonctions qui s'exercent dans les poissons, et cependant il n'y a nulle ressemblance , nulle analogie de disposition. Mme pour les imaginations les plus prve- nues, les bras qui couronnent la tte ne deviendront point des nageoires; les cartilages qui renforcent le dos ne se chan- geront point en vertbres; ces trois curs au fond de l'abdo- men ne remonteront point vers la gorge pour se runir en un seul. En vain chercherait-on rapprocher ces mollusques de SUR LE POULPE. 4^^ quelques poissons, dont le squelette a presque disparu; ceux-ci n'en sont pas moins des poissons par tous leurs autres organes , par la forme de ces organes , par leur po- sition mutuelle , par l'ensemble de la configuration, et rien de tout cela n'existe de mme clans nos cphalopodes. En un mot, nous voyons ici, quoi qu'en aient dit Bonnet et ses sectateurs , la nature passer d'un plan un autre , faire un saut , laisser enlre ses productions un hiatus ma- nifeste ; les cphalopodes ne sont sur le passage de rien ; ils ne sont pas rsults du dveloppement d'autres animaux, et leur propre dveloppement n'a rien produit de sup- rieur eux; considrations qui leur donnent en histoire naturelle une importance capitale, attendu qu'elles ren- versent un grand nombre de vains systmes. C'est ce qui nous a engag depuis long-temps donner leur tude une attention particulire. De la Seiche. La seiche diffre du poulpe, principalement par les points suivans : La bourse est de forme oblongue, et un peu applatie d'avant en arrire; sa forme est maintenue par un grand bouclier d'une substance pierreuse, particulire, enchss dans son dos. Le bord de la bourse est distinct du col dans tout son pourtour , et ne lui est point continu en arrire. Chaque ct est bord d'une nageoire longue et troite, qui rgne depuis le bord jusqu' la pointe. Les huit pieds sont beaucoup plus courts proportion; 44 MMOIRE leurs suoirs sont beaucoup plus petits, plus nombreux , sems sans ordre , et autrement construits. Outre les huit pieds, elle a deux trs-longs bras ou tentacules, qui pren- nent naissance chacun dans un creux situ entre le pied antrieur de son cot et le pied suivant. Il parat qu'ils peuvent se retirer en partie dans ce creux, ou mme s'y cacher en se repliant. La bouche est entoure d'une triple lvre circulaire , l'extrieure large et lche , la suivante serre et mince , la troisime , charnue, et hrisse de petites papilles rondes. Un fort repli longitudinal de la peau produit en avant de l'il une paupire paisse. L'entonnoir a, chaque angle externe de sa base, un disque creux, dans lequel entre une prominence de la partie correspondante de la bourse j ce qui doit servir mieux clore celle-ci. A l'ouverture de la bourse on observe qu'il n'y a point de bride charnue en avant , mais seulement des piliers la- traux. I/anus a de chaque ct une sorte de tentacule en forme de feuille. A ses cts, un peu plus bas, sont les orifices des deux cavits pulmonaires ; et un peu plus bas encore , dans la femelle , ceux des deux oviductus , qui se marquent d'ailleurs par les normes corps glanduleux qui les garnissent, et que Swammerdam a compars des mamelles. La verge du mle est du ct gauche , comme dans le poulpe , mais beaucoup plus grande. Les branchies ont une autre apparence , parce que leurs feuillets sont beaucoup plus nombreux et plus dlis. On en compte jusqu trente-six chaque face, tous en triangle scalne, dont le petit ct est prs du muscle suspenseur. SURL A. SEICHE. [{'S Cliacun djeux est garni d'un nombre de feuillets particu- liers beaucoup plus considrable. Les corps qui garnissent les branches de la veine cave sont aussi beaucoup plus nombreux et plus dlis que ceux du poulpe \ ramifis coinme des arbuscules , ils pr- sentent l'apparence d'une petite foret. La circulation et la distribution des vaisseaux sont -peu- prs les mmes que dans le poulpe \ mais il y a de petites valvules pointues l'entre des artres bi'ancliiales. Le cur intermdiaire est divis en trois lobes , et les veines pulmonaires qui s'y rendent sont renfles dans leur mi- lieu; ce qui les a fait considrer comme des oreillettes par Swammerdam. Au-dessous de chaque cur latral , est suspendue une partie ronde , spongieuse et concave en dessous , dont je n'ai pu deviner l'usage; son pdicule est trs-mince , et se divise en fibrilles , qui se rpandent sa surface ; mais il n'existe aucune communication entre sa concavit et celle du cur , auquel cette partie est attache. Le systme musculaire de la seiche diffre en plusieurs points importans de celui du poulpe. La bourse n'est charnue que par-devant et sur les cts. En arrire , le muscle qui la forme laisse une norme solution de con- tinuit , occupe par la capsule membraneuse qui contient l'os , laquelle n'est recouverte extrieurement que par la peau. Des bords de cette solution , vers le fond de la bourse, partent deux grands piliers charnus, qui, aprs avoir donn un lambeau la branchie de leur ct, se bifurquent. Leur partie antrieure forme le pilier de l'en- tonnoir; l'autre est le pilier de la tte , et donne des ex- pansions sur la tunique du foie. De la face postrieure de ce pilier de la tte nat transversalement la calotte charnue 46 MMOIRE qui va joindre l'entonnoir, et ferme le ct de l'ouverture de la bourse , comme dans le poulpe. Les deux ailes de la bourse ne font point corps avec elle, mais ne lui sont unies que par la peau , la cellulosit et les vaisseaux. Chacune d'ellesa sa partie cbarnue, com- pose de fibres transverses trs-distinctes , et attache in- timement au long cartilage mince et plat , au travers duquel passent les nerfs et les vaisseaux qui s'y rendent. L'os de la seiche est une production trs-connue , et cependant trs-singulire, par une structure dont il n'existe pas d'autre exemple. La forme gnrale est une ellijise alonge : sa face pos- trieure est convexe et grenue^ sa face antrieure est aussi convexe , en grande partie ; mais les bords tranchants y saillent au-del de la convexit , et celle-ci devenant pointue vers le bout oppos la tte, elle s'enfonce dans une partie concave, sur laquelle les rebords font saillie. Tout cette extrmit est, en arrire du rebord, une pointe ou crochet conique, en partie enchsse dans le vivant par des couches de matire corne. La substance , qui est en gnral calcaire , dgnre la face externe des bords, et sur-tout vers l'extrmit oppose la tte , en une corne fibreuse et lamelleuse assez molle. La face interne de ces mmes bords est calcaire et strie eu rayons, dont les latraux monteot obliquement vers la tte. La partie paisse et convexe des deux cts de l'os de seiche , est foi-me de lames minces , parallles , et suivant la courbure transversale de la Aice antrieure , allant toutes se couper la face postrieure par leurs deux extrmits, en sorte que c'est lalame la plus interne qui est la plus grande dans ce sens transversal. SURLA.SEICHK. l^'J Dans le sens longitudinal , elles sont disposes oLlique- ment , de manire qu'elles se coupent aussi toutes la face externe ou dorsale , mais par l'extrmit seulement qui est du ct de la tte. L'extrmit oppose vient se terminer la face interne ou ventrale , de sorte que la lame la plus ex- terne dpasse celle qui est immdiatement au-devant d'elle , et ainsi de suite , et que la plus interne ou la plus ventrale de toutes , dont l'extrmit suprieure est le plus prs de la tte , est celle dont l'extrmit infrieure va le moins vers le fond du sac. Les bords par lesquels ces lames se ter- minent , forment la face interne des stries transverses , sinueuses , assez irrgulires, qui , pour le dire en passant , rpondent aux lames si joliment dcoupes des cornes d'ammon. La lame la plus interne, et en mme temps la plus leve vers la tte , y est la dernire forme; la portion de l'os qu'elle occupe n'a plus de stries , et sa surface est entirement lisse. Les stries elliptiques qui se voient la lace externe de l'os , correspondent aux bords externes et suprieurs de ces mmes lames. Ainsi, le bord le plus voi- sin de la tte y est aussi celui de la lame la plus nouvelle ; mais cette face, c'est la lame la plus profonde, tandis qu' la face oppose elle est la plus superficielle. Ou sait, depuis long-temps, que les intervalles des lames sont occups par de petites colonnes creuses , semes en quinconce, et allantperpendiculairement d'une lame l'autre, La surface de la lame la plus interne , vue la loupe, pr- sente une multitude de petits points saillans qui paraissent tre les bases des colonnes qui doivent unir un jour celle lame celle qui lui succdera. Dans la petite seiche qui vient de sortir d l'uf, il n'y a que des lamelles cartilagineuses comme dans les calmars. 48 MEMOIRE Ce n'est qu'avec le temps qu'elles deviennent calcaires dans la partie du disque, mais les bords i-esteut toujours cartila- gineux , ou plutt corns. La pointe aigu qui termine l'os vers la queue est calcaire , mais presque toute encrote dans les lames cornes des bords. Cet os est contenu dans une capsule membraneuse du dos delaseiclie, pour ainsi dire comme un corps tranger qui s'y serait introduit', aucun vaisseau, aucun nerf ne le pntre; il n'a point d'adhrence avec les chairs, et ne donne pas mme attache des tendons, comme les coquilles ordinaires. Cependant , la face de cette capsule qui est entre l'os et l'abdomen est rude , hrisse e petits grains calcaires , et a quelque adhrence lgre, par le moyen de ces grains, avec la face de l'os qui lui rpond ; ce qui vient, sans doute , de ce que ce sont les transudations de cette partie de la capsule qui produisent les nouvelles lames qui augmentent l'tendue de l'os, et, en ce point encore, son analogie avec les coquilles sei'ait complte. Le canal intestinal est bien moins ample dans la seiche que dans le poulpe, quoique compos -peu-prs des mmes parties. L'sojhage n'a point de renflement; le gzier est plus petit, plus mince; l'estomac spiral plus court, ainsi que l'intestin : celui-ci n'a qu'un seul lger repli avant de for- mer le rectum. Le foie est la mme place que dans le poulpe, mais il est divis en deux lobes ijarfaitement distincts sur leur longueur , termins en pointe leur angle infrieur ex- terne. La bourse du noir n'est point enchsse dans le foie ; au contraire , elle est situe assez avant dans l'abdomen , sur. LA SEICHE. 49 au-Jcvanl du testicule et de l'ovaire. Elle est beaucoup plus grande proportion que dans le poulpe; sou canal excrteur beaucoup plus large marche entre les deux ca- vits pulmonaires et devant le rectum , o il se dchai-ge prs de l'anus. La liqueur est un peu plus noire que celle du poulpe commun , sansl'tx'e autant que l'encre qui vient de la Chine. A en croire Swammerdam, et mme M. Scarpa etN.Ti- lesius , les nerfs des pieds tireraient leur origine du cerveau proprement dit. Swammerdam et M. ilesius reprsentent mme un cordon naissant du cerveau , et se terminant su- prieurement par un ganglion qui donnerait en rayons les nerfs des pieds; mais, dans la ralit, ces nerfs sont les mmes que dans le poulpe. Les cordons qui forment le collier donnent, de leur partie latrale et antrieure , une expansion qui , s'unissant avec sa congnre , forme uu ganglion along, qui donne les nerfs desbrasason bord su- prieur , ainsi ils viennent , comme dans le poulpe , des parties latrales du collier. La seule diffrence , c'est que l'expansion en patte d'oie qui les produit est moins large , et plus intimement unie celle du ct oppos. Les nerfs des viscres n'ont d'autre dlfirence que d'tre plus forts proportion , t de former derrire le rectum un plexus plus marqu. Mais il y a une trs-grande diffrence, relativement aux nerfs de la bourse. Aprs avoir travers le pilier charnu , le nerf se divise en deux grosses branches , l'une qui produit le ganglion rayonnant, comme dans le poulpe, l'autre propre aux cphalopodes munis de nageoires latrales , aprs s'tre anastomos avec un rameau de ce ganglion , perce le muscle de la bourse , et s'tale en une 5o MMOIRE grande patte d'oie qui donue une infinit de filets toute la nageoire de ce ct. Les ventouses de la seiche sont beaucoup plus petites que celles des poulpes, et consistent en globules charnus ports par des pdicules grles , galement charnus , creux la face externe , et ayant les bords de leur cavit soutenus j)ar un anneau corn lastique , qui se dtache assez aisment du cercle charnu dans lequel il est serti. Les ufs de la seiche sont ovales , envelopps d'une coque flexible, noirtre , qui se prolonge en un pdicule par lequel chaque uf est joint d'autres en une grappe assez semblable celle d'un raisin noir; aussi nomme-t-on vul- gairement les ufs de seiches raisins de mer. Leur coque se divise en plusieurs tuniques , dont les intrieures sont plus minces et plus molles ; toutes s'tendent , s'amin- cissent, et deviennent plus transparentes, mesure que le ftus prend de l'accroissement. On trouve ce petit animal, une certaine poque, ayant encore le vitellus dont le p- dicule pntre dans son corps au-devant du bec , entre les deux grands pieds , et marche le long de l'sophage. M. Diard, qui je dois ces observations , n'a pu recon- natre dans quelle partie de l'intestin ce pdicule s'insre. Des Calmahs. Les calmars, en gnral, ressemblent plus aux seiches qu'aux poulpes. Ils ont les huit pieds , les deux longs bras , les ventouses pdicules de la seiche; comme elle , ils manquent dbride antrieure dans leur sac; leurs branchies sont organises SUR LES CALMARS. Si de mme , leur cur du milieu est divis en loLes ; les curs latraux ont des appendices 5 leur intestin est encore plus court j)roportion^ leur anus a aussi ses tentacules; les corps glanduleux des oviductussont galement trs-con- sidrables , etc. Les principaux articles par lesquels ils diffrent de la seiche , sont les suivans : Leur sac est plus along, les nageoires n'occupent qu'une partie de sa longueur, et sont plus largies. Dans le calmar commun , elles font ensemble un rhombode ; dans le cal- mar sagitt, elles l'eprsentent un triangle renvers, base trs-large. La lame enchsse dans le dos est simplement corne et lastique , sans aucune partie calcaire. Dans le calmar com- mun, elle est de la figure d'une ellipse alonge, creuse d'un sillon le long de son milieu , qui se prolonge vers le haut en forme de pdicule. Dans le calmar sagitt, elle est linaire; ses bords sont renforcs d'une cte paisse, et ses deux bouts largis , le suprieur en disque , l'infrieur en fer de flche. Dans l'une et l'autre espce , cette lame est enchsse dans la chair mme du dos , et non pas simplement loge entre des membranes comme dans la seiche ; elle se mul- tiplie avec l'ge , et dans les vieux calmars , on trouve sou- vent plusieurs de ces lames accolles les unes derrire les autres. Les pieds n'ont chacun que deux rangs de ventouses p- dicelles. Lesbras difTrent; dans le calmar commun, leur longueur approche de celle du corps , et la partie qui porte les ven- touses est largie, et ne fait pas le quart de cette longueur 52 MMOIRE totale. Dans l sagltt , ils sont plus courts 5 la portion qui porte les ventouses est plus troite, et occupe une plus grande partie de leur longueur. J'ai des individus semblables en tout aux grands calmars sagitts , mais o les pieds , sur-tout les deux postrieurs , sont bords sur leur longueur d'une large membrane mar- que de faisceaux transverses de fibres , qui doit les aider puissamment dans la natation; je ne la trouve pas dans les grands individus. Est-elle un caractre spcifique? Je l'ignore. Dans le calmar commun, l'il est sans paupire, la peau passe sur lui sans former aucun repli , et seulement elle y devient transparente comme dans l'anguille; mais le calmar sagitt , semblable en cela au poulpe et la seiche , a une vritable paupire , forme d'un repli de la peau. A l'intrieur, les principales diferences des calmars se marquent dans la position de leur bourse au noir , laquelle est suspendue devant le foie , mais non enclisse dans son paisseur, et dans la brivet de rinlestiu, qui remonte de suite aprs le deuxime estomac. Celui-ci , ou ce que nous avons, appel aussi le ccum , est ramass en une double et courte spirale dans le calmar sagitt; mais dans le calmar commun, il forme un long sac parois minces , qui descend jusques dans le fond de l'abdomen , et o l'on ne voit de vestige de courbure et de sillons transverses que vers son origine. Le gzier est , comme dans la seiche , charnu et doubl d'une veloute presque corne. Les ufs du calmar forment des grappes minces, alon- ges et serres, semblables, comme l'a remarqu AriS" tote, des chatons de certains arbres, plutt qu' des SUR L\ SPIOLE, l'aRUON AUTE. 53 raisins : les grains en sont jauntres et transparens. Les petits y sont placs , et leur vitellus est dispos comme dans les ufs de seiche. La spiole [sepia sepiola , L. ) appartient certainement au genre du calmar , quoique M. Tilesius, qui apparem- ment aura pris pour elle de jeunes seiches communes , ait dit le contraire. A l'extrieur, cependant , elle ressemhle davantage la seiche, cause de sa forme courte et largo. Ses nageoires orhiculaires n'occupent qu'un tiers del lon- gueur du sac , vers son milieu. Sa lame corne se rduit un petit stylet fort troit, situ dans le haut du dos, cl n'allant pas moiti de sa longueur. L'animal de Y argonaute est semLlahle au poulpe ; mais es deux pieds les plus voisins du dos ont leur moiti extrme largie en un grand feuillet membraneux, qui, dit-on , sert l'argonaute de voile pour naviguer , taudis que ses autres pieds lui servent de rames. Sa bourse se moule sur les formes de la coquille que tout le monde connat, et je n'ai point trouv dans l'paisseur des chairs les deux petits cartilages propres au poulpe , ui les lames des calmars. C'est la coquille qui remplace toutes ces parties, dont elle n'est que l'analogue plus dvelopp. L'animal de la spirule est semblable la seiche : sa coquille n'est point extrieure, comme dans l'argonaute , mais intrieure, comme l'os de la seiche, et se montrant seulement un peu au travers de la peau. Les chambres qui la divisent et le syphon qui la traverse me paraissent 54 MMOIRE SUR LA SPIOLE, l' ARGONAUTE. mme assez analogues aux lames de l'os de seiche et aux nombreuses petites colonnes creuses qui les unissent. Il est infiniment probable que les cornes d'ammon taient comme la spirule des coquilles intrieures. Ouant au nautile proprement dit, les couleurs dont la crote de sa coquille est peinte, font croire que cette co- quille tait au moins en partie extrieure , comme celle de l'argonaute, bien entendu que dans l'une et dans l'autre, elle est toujours recouverte par Fpiderme. i #" ^ ^" '"'lill 5/. POrLPE . PL . I . ('/(ime^ JTU^. ^^ y r /*/. PO[rz,pji:.PL .11. t'/oanef- .fc/fW t.-'f. A/. jpoui.i>: . i>L . j/i. .^/. i>o[/z,ni .i>z.ir. C/o^ue/' j'Cii^. MMOIRE Sur le Clio bore^lis. Tja mer du Nord , qui nous tonne par sa fcondit en tres anims, lorsque nous la comparons avec les terres des mmes latitudes , produit , entre autres , avec une abon- dance extraordinaire, un petit mollusque, d'une forme assez particulire, dont nous allons nous occuper dans ce Mmoire. Dans les temps calmes, l'eau semble en fourmiller; ils viennent en foule la surface comme pour resj)irer un instant 5 mais peine l'ont-ils touche, qu'ils se prcipitent de nouveau vers le fond. La mer en est tellement remplie dans cer- taines saisons , que les baleines , ces autres habitans de l'Ocan glacial, ne peuvent, pour ainsi dire, ouv^rir la bouche sans y engouffrer des milHers de ces petits molluscpies ; et quoique ces baleines mangent aussi des mduses et d'autres petits animaux marins , l'espce dont nous parlons surpasse tellement les autres en quantit, que les matelots anglais lui ont donn plus j^articulirement le nom de pture de la baleine. Le chirurgien hambourgeois , Wrdric Martens , est le premier qui en ait parl , et qui en ait donn une figure dans son voyage au Spitzberg et au Groenland, planche P, fig. F. Sa notice fut, la vrit , long-temps nglige par I 2 MEMOIRE les naturalistes : Lnnaeus n'en parla point mme dans sa dixime dition ^ mais ayant adopt , dans sa douzime, le genre clio , tabli par Brown dans VHistoii^e naturelle de la Jamaque , 386 , il crut devoir y rapporter par conjec- ture l'animal de Martens, et il en parla de cette manire, en note , sous l'une des espces de Brown. Cependant , il tait facile de voir qu'il s'agissait d'animaux assez diffrens \ les clio de Brown avaient des fourreaux de diverses formes , dans lesquels leur corps tait attach , et Linuaus remarquait lui-mme qu'on n'eu voyait aucun dans l'animal de Martens. Pallas ayant reu, cjuelque temps aprs ^ ce dernier de la mer du Nord, le dcrivit extrieurement ( Spic. zool. X^ I, i8 , 19) sous le nom de clione borealis , et cette espce s'tant trouve par-l, de toutes, la mieux connue , elle est devenue ds lors le type du genre. Otton Frdric Fabricius ( Faun. Qroenl. 334 ) la prit par erreur pour la mme que le Clio refusa de Linnceus , qui tait une des espces de Brown , et lui appliqua ce nom j et Gmlin adoptant cette erreur , et y ajoutant comme son ordinaire , laissa le synonyme de Brown avec la description de Fabricius sous ce nom de clio retusa y plaa sparment celle de Pallas sous celui de borealis ^ comme si elle et appartenu une autre espce , et en fit encore une troisime du clio limacina, de Phips (/^. bor. , 195), c[ui n'est toujours que l'animal de Martens, cette pture des baleines , et par conscjuent que le clio bo- realis. Ce mme M. Gmlin demande, la fin de son num- SUR LE CLIO BOnEALIS. 3 ration des clio , si le mollusque dcrit par La Martinire {^Journal de phys. 1787, novembre, pag. 366. PL II, no i5 ) , n'est pas une espce de ce genre. Un coup d'il suitit pour faire voir que c'est un glaucus , le mme qui tait dj dcrit par Dupont {Trans. phiL, LUI, pi. III., p. 58 ) , et que Gmlin a nomm do?is radiata. Bruguire a commenc claircirce chaos^ il n'a laiss dans le genre clio que le borealis, et une espce nouvelle dcou- verte par luij et il a renvoy aux. testacs les espces de Brown, qui sont pourvues d'tuis, promettant qu'il en trai- terait au ^Qure JjssureUe. Comme il est mort avant d'avoir fait ce genre , nous ne savons pas ce qu'il en aurait dit ; mais s'il avait en vue de placer dans ses lissurelles les patelles sommet perc , aux- quelles M. de Lamarck donne aujourd'hui ce nom, on ne voit gure comment il pouvait y placer aussi ces clio. Bruguire annonce encore que La Martinire ayant observ un des clio de Brown, il s'tait assur qu'il tait du mme genre fineX aiiojnia tridejitata e Forskaelil, nomme depuis hyale par NI. de Lamarck. En effet , La Martinire a dcrit dans le Journal de physique, septembre 1787,/?/. II , un mollusque -la-fois trs-semblable celui de Brown, et celui que nous dcrirons sous le nom d'hyale , qui est \anomia tiidentata, et M. Le Sueur vient d'en dcrire d'autres appartenant la mme famille dans le Nouveau Bulletin des sciences, juin i8i3. Toujours reste-t il vrai que, d'aprs les changemens faits par Pallas et Bruguire, le genre clio ne se trouve plus com- prendre aucune des espces qu'y plaait son fondateur Brown , 4 MEMOIRE et qu'une espce trangi'e, qui n'y tait entre d'abord que par tolrance , et sur une simple conjecture de Linnus , a fini par en expulser toutes les autres, sans cju'on sache en- core bien o celles-ci doivent aller; ce qui est peut-tre la faute la plus fcheuse cju'on puisse faire en nomenclature. On juge aisment qu'avec des ides si peu arrtes sur ce genre , et des connaissances si superficielles de ses espces , on devait tre embarrass sur la place qu'il devait occuper dans l'ordre naturel , et sur ses vritables rapports avec les autres genres. Une certaine ressemblance extrieure , et ce sac que l'on prtendait recevoir son corps , me l'avait fait rapprocher des sches ; mais il me restait ti'op d'incertitude , pour que je ne dsirasse pas d'observer et de dissquer moi-mme cet animal. Je m'adressai mon clbre et savant ami, M. Fabricius, que son sjour Riel, et ses relations avec les pays plus au nord , mettaient mme de me satisfaire ; il s'adressa lui- mme M. Vahl, clbre botaniste de Copenhague, c[ui s'est aussi beaucoup occup des mollusques et des vers , et qui en possde une belle collection. Ce dernier tant venu Paris peu de temps aprs , m'apporta un individu de clio parfaite- ment conserv , et j'eus la satisfaction d'y fire toutes les observations anatomiques ncessaires pour en prendre une notion exacte. Cette anatomie aurait t plus dtaille , si j'avais eu un plus grand nombre de clio , mais si on considre la difficult de tout voir dans un simple individu et de si petite dimen- sion , j'espre qu'on^me saura encore quelque gr des prcau- SUR LE CLIO BOREALIS. 5 tions que j'ai prises pour dcrire et pour conserver tant de parties. Le clio horealls a environ trois centimtres de longueur sur douze millimtres de largeur. Son corps est oblong , un peu a])lati , se terminant en pointe postrieurement, et se rtrcissant en avant en une espce de cou, qui le distingue de la tte. Il n'y a rien qui ressemble au sac ouvert des sches : l'enveloppe commune est, la vrit, beaucoup plus ample que la masse des viscres 5 mais elle n'a point d'autre ouver- ture c[ue celle de la bouche, de l'anus et des organes de la gnration. 11 n'y a point non plus de disque propre h ramper comme dans les limaces, ni de sillon propre s'attacher comme dans les scylles ; et les bras et les cotyldons des sches manquant aussi , il est clair que le clio doit toujours flotter dans l'eau , quand il n'est pas couch au fond. La tte , place l'extrmit antrieure du corps , est di- vise par un sillon en deux tubercules sphriques, percs chacun d'un trou ou d'un ombiHc , dans lequel se retirent trois petits tentacules coniques. A la jonction du corps et de la tte, sont attaches deux pices membraneuses, ovales, pointues, et que l'on a com- pares des ailes ; l'animal les meut, dit-on, frquemment , et s'en sert comme de nageoires, povu' se porter d'un lieu un autre. Il n'est pas moins certain qu'elles lui tiennent lieu de branchies. Leurs faces , vues au microscope , prsentent un rseau de vaisseaux si rgulier, si serr et si lin, qu'il n'est pas possible de douter de cette destination : leur connexion avec 6 MMOIRE les vaisseaux intrieurs et le cur, confirme d'ailleurs cetle ide. La bouche est entre les bases des deux tubercules de la tte. Au dessous d'elle sont deux tentacules triangulaires qui forment eux-mmes comme deux petites ailes entre les deux grandes. L'ouverture de la bouche a trois angles , comme la plaie qu'aurait faite un trois-cjuart ; on voit, l'intrieur, des rides longitudinales que Pallas et Fabricius paraissent avoir prises pour des dents, mais qui n'ont rien de dur, et sont entirement charnues. Si on Tend la premire enveloppe, on voit que c'est une peau mince, demi- transparente , molle, c|ui recouvre une seconde tunicjue. Celle-ci , qui double absolument la pre- mire , est plus paisse , et prsente des fibres musculaires longitudinales trs-sensibles , qui viennent de deux faisceaux principaux, attachs aux cts du cou. L'efFet de ces fibres doit tre de raccourcir l'enveloppe gnrale du corps , et de la rapprocher de la forme sphrique. Je ne sais de quoi est rempli, dans l'tat de vie , l'inter- valle entre cette tunique charnue et la niasse des viscres ; mais il est certain qu.e celle-ci n'occupe pas la moiti du vide que renferme celle-l. 11 est probable qu'il y a naturelle- ment c[uelque liquide panch 5 ou peut-tre est-ce seule- ment une masse d'air que l'animal peut comprimer son gr pour s'enfoncer dans l'eau , et dilater pour s'y lever. Les viscres sont rassembls par les vaisseaux et les cellu- losits r[ui les unissent en un petit paquet rapproch du cou. Le foie en couvre la plus grande partie , except un angle qui est occup par l'ovaire et le testicule. Quand on a em- SUR L CLIO BOREALIS. 7 ploy les procds anatomiques convenables, pour dtacher les diverses parties qui composent cette masse , on y re- marque ce qui suit. L'sophage, qui est assez long, descend de la bouche au travers du cou , et va se dilater en estomac , vers le fond de la masse. De l le canal intestinal, aprs avoir fait un seul repli , revient directement l'anus, situ sous la branchie du ct gauche. Le foie est compos de plusieui's lobes et lobules, et enveloppe intimement l'estomac et une grande partie du canal intestinal : je n'ai pu voir l'insertion du conduit hpa- tique. Deux longues et troites glandes salivaires flottent aux cts de l'sophage , et vont insrer leurs conduits excr- teurs dans la bouche. Le cerveau est deux lobes placs sur l'origine de l'sophage ; de chacun d'eux nat un petit filet , qui se renfle en un gros ganglion , lequel s'unit son correspon- dant sous l'sophage. Ces deux ganglions donnent chacun plusieurs filets aux parties environnantes 5 deux de ces filets, un de chaque ct , se renflent encore en ganglions , qui s'unissant ensemble par un nouveau filet qui traverse sur l'sophage, y forment ainsi un second collier, li avec le premier par le dessous ; ils donnent eux-mmes chacun un filet deux fois renfl , et c'est de tous ces petits nuds de matire mdullaire que naissent les diflerens nerfs. Je n'ai pu apercevoir d'il , quoique la figure de Phipps paraisse en indiquer un, ni aucun organe particuher des sens ext- rieurs , except forgane commun et gnral du toucher 8 MMOIRE Pour la circulation, chaque brancliie donne une veine ^ qui s'unissant en Y sa correspondante , forme le tronc qui aboutit au cur. Celui-ci , situ dans son pricarde au ct gauche du paquet des visci'es, donne sans doute des artres pour tout le corps, mais il ne m'a pas t possible de les suivre. Enfin , les organes de la gnration offrent les plus grands rapports avec ceux des gastropodes , et runissent de mme les deux sexes. L'ovaire, dont j'ai dj marqu la situation, donne un oviductus mince et court , qui aboutit , comme d'ordinaire , au testicule. Celui-ci , d'abord en forme de ccum , s'amincit par degr en un conduit dfrant, et se termine une petite bourse ronde, qui remplit le tubercule gauche de la tte , et qui sort prs du col. Je ne sais pas si la verge est cette partie droite et ferme qui termine le canal dfrant, ou si elle est cache dans la petite bourse dont je viens de parler. A ct de celle-ci en est une autre, oblongue , analogue h celle que nous appelons la vessie dans les gastropodes ordinaires. Voil ce que j'ai cru devoir faire observer dans le clio qui m'a t donn par M. Vahl. Cette description , sans tre complte, suffira nanmoins, comme je l'ai dit plus haut, pour classer cet animal avec plus de certitude qu'on ne l'avait fait jusqu' prsent. On voit que n'ayant qu'un cur, et tant dpourvu de sac , de pieds , et de tous les autres caractres particuliers aux sches, ou mes cphalopodes , on ne peut l'en rap- procher dans une mthode naturelle : il est sans contredit plus voisin des limaces, des doris et des autres mollusques SURLECLIOEOREALIS. g que j'ai appels gastropodes- mais comme le clo n'a. point ce pied sous le ventre , dont j'avais fait le caractre , et d'o j'avais pris le nom de cet ordre , il faudrait changer l'un et l'autre , si , comme j'ai lieu de le croire , il n'- tait pas plus convenable d'tablir pour le clio lui-mme un ordre particulier. Explication des Figures. Fig. I. Le clio borealis, vu par le dos. a. Le corps. b. Les viscres, vus au travers des enveloppes communes, c. Les tubercules de la tte et les trous o se retirent les trois ten- tacules de chaque ct. dd. Les branchies et nageoires. Fig. 2. Le mme , vu par le ventre. . c. d. Comme dans la fig. prcdente. e. Les deux tentacules placs en avant de la bouche. Fig. 3. Le mme , dont les tuniques communes sont ouvertes. ff. La tunique extrieure ou la peau. gg. La tunique interne ou le pannicule charnu. h h. Les principaux faisceaux de ses fibres. i. La masse des viscres. m. La principale veine des branchies. Fig. 4. Le mme, grossi; la seconde tunique entirement ouverte. c.d.f.g.h. Comme dans les fig. prcdentes. i. Le foie. k. Le testicule. /. Les bases des trois tentacules , d'un ct. m. La principale veine des branchies. ni. Le cur dans son pricarde. 2 10 ' MMOIRE SUR LE CLIO BOREALIS. n. L'ovaire, o. L'oviductus. 77. Le canal dfranf. p'. Sa portion droite. q. La bourse de la gnration. /. La vessie. s. La bouche, t. L'sopliage. xi,u. I^es glandes salivaires. V' Le rectum. y. Les difFrens ganglions du systme nerveux. Tl. XT'U. Pa, fig. 6,6,7, ^^^ long et grle; la bouche ne consiste que dans son ouverture antrieure, et peine y voit-on intrieurement quelques rides pour tenir lieu de langue. Il se renfle en une espce de jabot membraneux, f(^<(', fig. 6, 7, 9, auquel succde un gsier parois musculeuses, un peu paisses, en forme de cylindre court, .ta;, fig. 6, 7,9. L'une et l'autre de ces cavits ont des rides longitudi- G S U R V II Y A L E nalesj elles sont plus troites et plus nombreuses dans 1 jabot que dans le gsier. Vojez fig. 9. L'intestin j'j' , lg. 6 et 7, est grle et d'un diamtre gal dans toute sa longueur^ qui est assez considrable 3 il fait deux tours dans Tinlervalle des lobes du foie, zz, lig. 5, 6 et 7. L'anus est au cot droit du cou , sous l'aile du mme cot; le foie n'est pas considrable , il forme une masse - peu-prs globuleuse. Les organes de la gnration ressemblent ce qu'on voit dansla plupart des gastropodes j un ovaire, -, fig. 4, 5,6, qui remplit la plus grande partie du ct droit; un oviduc- tus de mdiocre longueur; un testicule, /3, fig. 6 , presque aussi fort que l'ovaire , et un canal dfrent commun. La verge est encore ici un organe tout--f[iit spare du testicule ; elle est place , comme je l'ai dit , sous l'oesophage, replie sur elle-mme, et sort par un trou situ en avant et un peu au-dessous de celui de la bouche. On la voit sous le cerveau, fig. 7, et part, fig. 8. Le cerveau T, fig. 7 , est assez grand, plat, carr, un peu plus troit en arrire; les nerfs sortent sur-tout de ses angles : deux d'entre eux vont former un double ganglion sous l'sophage. Il faut que les glandes salivaires, s'il y en a, soient fort petites: je ne les ai pas vues. Le second genre dont j'ai parler , est un mollusque hu, que dans l'ancienne manire de considrer ces animaux, on auroit sans doute regard comme un clio , tant il ressemble aux espces de ce genre; mais la position des branchies est toute oppose, et les tentacules placs aux E T L E -P ]S E U .AI O - D E R M E. 7 ^U's de la bouche , ainsi que plusieurs dtails aiialomiques, confirment la diffrence du genre Le corps , B. fig. 1 , a , est ovale ; la tte b est ronde, porte sur un cot rtrci j la bouche c s'ouvre son sommet ; en avant sont deux petites lpres longitudinales et saillantes, d cl , sous lesquelles est une espce de menton ou d'appen- dice pointue et charnue, e. Deux petites nageoires ovales, j(/", partent des cots de ce cou: elles sont charnues, se rident aprs la mort, et sont plus petites que celles du cUo, et sur-tout beaucoup plus que celles de Xhyale. Il n'y a sur ces nageoires aucun tissu branchial. Les branchies ^'^' , sont places l'extrmit oppose du corps, et forment deux lignes saillantes en forme de OC adosss, runis par une barre trans verse. Ces lignes sont garnies de chaque ct d'autres petites lignes ou feuillet saillans , disposs comme ls folioles des feuilles que les botanistes nomment ailes. Au ct droit du corps, un peu au-dessus de l'extrmit des branchies, est tine ligne saillante simple , h j l'ouver- ture de l'animal m'a montr que celte ligne est le tronc de la reine branchiale , et qu'elle donne dans l'oreillette du coeur, i , lequel avec son pricarde est situ dans ce ct, k. Lorsqu'on a ouvert la peau qui est d'une substance un peu molle, on trouve quela masse des viscresestenveloppe d'une tunique charnue, dont les fibres sont presque toutes longitudinales, //, fig. 4. Le pricarde n'y est point renferm 5 cette tunique char- nue n'adhre presque la peau qu' l'endroit des branchies,^ 8 S U K L H Y A L E parce qu'il y a l des artres qui portent le sang du corps dans l'organe pulmonaire. Cette tunique une fois fendue, fig. 5, on voit que presque tout l'espace est divis -peu-prs galement entre le foie, m, le testicule, 7i , et.l'ovaire , o. Celui-ci est cependant d'un peu le plus considrable. L'ovaire est au fonds ; le testicule gauche j le foie droite. Ce qu'il y a de plus particulier dans tous ces viscres, c'est que l'estomac est trs- vaste, envelopp de toute part par le foie qui y adhre intimement , et qui y verse sa liqueur par une multitude de pores, absolument comme dans les bivalves. La membrane de l'estomac est mince, et son intrieur offre beaucoup de petites cavits dans le fonds desquelles ces pores s'ouvrent. Voyez l'estomac ouvert, jy, fig. 7. Le rectum est court, et s'ouvre sous l'aile droite, qq , fig. 6 et 7. La bouche est une masse charnue considrable , qui se termine en arrire en deux appendices, charnus aussi , dont j'ignore l'usage, rr, fig. 7 et 8. La langue est revtue de petites pines, diriges en arrire pour aider la dglu- tion, 5 , fig. 8, comme dans beaucoup d'autres mollusques. Cette partie postrieure de la bouche o est la langue, est spare de l'antrieure, Ji , fig. 7018, qui n'est que mem- braneuse , par un rtrcissement charnu, o l'on voit trois tubercules, t 1 1 , fig. 8. Le bord de la bouche est garni de deux paquets de ten- tacules, ce , fig. 1 et 8 qui reprsentent deux jolis panaches : l'animal peut, volont, les faire rentrer dans Ta bouche ou les dvelopper en les faisant sortir. Ces tentacules sont des filets termins chacun par un j^etit tubercule dont le milieu ET LE PNEUMO-DERME. ^ st creux. Peut-tre l'animal les emploie-t-il comme des suoirs, pour s'attacher aux autres corps, comme le font les seiches. Les glandes salivaires, vt^, fig. 7 et 8, sont longues et amples ; leur canal extrieur a en avant du cerveau un ren- flement marqu, XX, ib. Le cerveau est un ruban transversal assez troit, y, fig. 7 ; parmi les nerfs qu'il donne, il en est deux de chaque ct qui vont former sous la bouche un groupe de six ganglions: quatre grands au miheuj deux trs-petits aux ctes, z , fig- 9- Je n'ai rien dire de particulier sur les organes de U gnration : ils sont les mmes que dans Vhjale et le cUo. La verge est petite et situe sous la bouche , & , fig. 9. Elle sort entre les deux petites lvres de la face antrieure de la tte , cl cl, fig. 1 et 5. Le canal commun des ufs et de la gnration, s'ouvre un peu en avant de l'anus , et se pro- longe en dehors en un sillon qui se dirige en avant, /3, fig- 7- ' Il est facile de voir que l'animal dcrit jusqu'ici, diffre du clio et de Xhyale, principalement par la position de ses branchies la surface extrieure de la peau. Celui qui s'en rapproche le plus, est l'hyale qui a ces mmes branchies dans le fond d'un repli de la peau; mais outre cette dife- rence qui est dj trs-importante, la prsence d'une co- quille dans l'hyale , et celle des nombreux tentacules et dos deux petites lvres , et de l'appendice charnue dans mon animal, m'autorisent suffisanjarent a faire un genre de ca dernier. 2 io SURL'HYALE Je le nomme P neumo-derme , parce que son organe res- piratoire est sur la peau. Je dois [& p7eumo-derme ainsi que Vhycile aux soins que fl'est donns M. Pcron, l'un des naturalistes employs dans l'expdition du capitaine Baudin , et spcialement charg de l'anatomie compare, de m'adresscr un grand nombre d'chantillons tant de prparations anatomiques, que d'ani- maux entiers, pour en enrichir la collection que j'ad- ministre. Le pneunio - derme a t trouv dans l'ocan atlantique. Quiconque comparera Vhycde et le pneinno - derme avec le clio , verra que tous les trois ont de commun avec les mollusques la prsence d'un cerveau , d'un coeur et d'un foie ; qu'ils ressemblent en particulier la plupart des gastropodes par l'hcrmaphroditisme ; qu'on ne peut cependant les ranger dans cet ordre , puisqu'ils n'ont aucun pied, et qu'ils ne rampent ni sur le ventre, ni autrement; qu'on ne peut non plus les regarder comme des cphalopodes, puisqu'ils n'ont, qu'un cur, et qu'ils n'ont point de bras : personne ne sera tent d'en faire des acphales ; je crois donc qu'il faut les riger en famille nouvelle, et je leur donnerai le nom de.ptropodes ou de jnollusques nageoires , mollu.sca pinnata. Le caractre de cet ordre sera, corps libre, nageant; tte distincte; point d'autre membre que des nageoires. Les trois genres que je range dans cet ordre, auront les caractres particuliers suivans : Clio. Corps nu; deux nageoires aux cts du cou. Les branchies la surface des nageoires. Pneumo-derme. Corps nu 3 deux nageoires aux cts du ET LE P N E U INI O - D E R M E. n cou ; deux panaclies de tentacules la bouche. Les branchie? la surlace de la partie postrieure du corps. Hyale. Corps revtu d'une coquille fendue par les cts; /. ylct. Peirop. II. ( doris tetraq. Gmel. ) , est au moins trs-voisin de celle-ci par sa forme carre et par les lames cornes qui lui ser- vent de mchoires 5 mais les trous du ct droit ne paraisssent pas dans la mme position , et l'tat de dessication de l'in- dividu a empch l'auteur de dcrire suffisamment les tenta- cules, et de parler des branchies. Il y a aussi lieu de souponner que Vainphiirte frondosa d'Ascanius , ^ct. Dronth. 5 , pag. i55, est trs-voisine de mon espce. 2 Description extrieure du Tritonia Hombergii, ( Fig. 1 et 1. Cette tritonie est longue de six huit centimtres (deux pouces deux pouces et demi ) , et large d deux ou trois ( environ un pouce ) selon cju'elle se dilate ou se contracte : son corps prsente quatre faces distingues par autant d'a- rtes ; savoir , le dos , le pied et les deux fl\ncs ^ et ce serait presque un paralllipipde rectangle , si le dos n'tait un peu bomb , le devant arrondi , et le derrire pointu. Les deux artes qui sparent le dos des flancs , forment quatre ou cinq courbes ou festons , dont la convexit est tourne en bas, les deux artes qui sparent le pied des (i) Depuis la premire publication de ce Mmoire, une mort prmature a enlev ce jeune savant l'histoire naturelle. SUR LE TRITONIA.. 5 flancs , forment un bourrelet ploy en festons beaucoup plus nombreux. Examinons prsent chacune des quatre faces. Le dos lgrement bomb , comme je l'ai dit , parot avoir eu une couleur lilas ou gris de lin, II est tout recouvert de tubercules ou verrues irrgulirement arrondies , ingales , molles , et qui paraissent avoir t blanchtres; les plus grandes ont deux ou trois millimtres de large : il y en a de beaucoup plus petites : leurs intervalles sont plus troits qu'elles. A la partie antrieure sont deux creux arrondis , d'o sortent les tentacules , et dans lesquels ils peuvent rentrer quand l'animal les retire; car il ne peut pas les faire rentrer entire- ment dans le corps , comme le limaon. Ces creux sont en-' tours d'un bourrelet saillant. Les tentacules eux-mmes ont la forme de panaches composs de cinq pkimes , dchiquetes comme les feuilles de fougres ; l'il doit paratre, ce que je crois , sur la base de ces tentacules : mais comme je n'ai pas vu l'animal vivant , je ne suis pas certain de la position de cet organe, quoique je le sois de son existence, l'ayant vu en dedans aprs l'ouverture du corps. Les branchies commencent vis--vis des tentacules , et for- ment une range serre, tout le long de l'arle de chaque ct , jusqu' l'extrmit de cette arte , o elle se runit sa cor- respondante pour former la pointe qui termine le corps en arrire. Les deux flancs sont lisses ; leur peauest blanchtre et Une, ainsi que celle du dessous du corps. Le flanc gauche n'offre rien de remarquable ; mais on voit sur le droit , deux tubercules percs , placs de manire diviser la longueur du flanc en trois parties peu prs gales. Le premier, qui est le plus grand , sert d'orifice aux parties de la gnration ; il a deux 2 (5 IVIMOIRE trous , un suprieur plus petit et rond , un infrieur , plus grand et en forme de demi-lune. Le second tubercule est l'anus ; il est plus petit , ses bords sont plutt membraneux qu'ils ne ressemblent des bourrelets: il est un peu plus prs de l'arte suprieure. La quatrime face enfin , ou le pied, est revtue , comme les flancs , d'une peau lisse et blanchtre 5 elle est plus souvent ride , parce que le pied est la partie qui est le plus susceptible de se contracter. La bouche est place entre le bord antrieur du pied , et celui du dos; une large membrane en segment de cercle, horizontale, mince , dentele sur ses bords , forme dessus une espce de voile ; deux lvres charnues , rides , saillantes , interceptent une fente longitudinale , qui est la bouche. Comme on ne peut voir que par la dissection les parties dures qui servent de dents , nous en renvoyons plus bas la description. 3 Ouverture du corps et position gnrale des viscres. ( Fig. 3 ^a , pi I ) Lorsqu'on ouvre longitudinalement le dos de cette tritonie , on aperoit d'abord le pricarde, situ en travers, et divisant la masse des viscres en deux parties ingales. L'antrieur contient! la masse des mchoires et de leurs muscles , qui peut tre porte plus ou moins en avant selon l'tat de con-= traction dans lequel l'animal est mort. Sur cette masse sont situs l'sophage et les glandes salivaires , et sur l'origine de l'sophage , le cerveau et les principaux nerfs. Le rectum entoure la partie du pricarde oi est le cur ; et gauche et droite de l'sophage , quelquefois mme sur sa partie post- rieure , on distingue diverses portions des organes de la gn- SUR LE TRITONIA. 7' ration : tout le reste du corps , sous le pricarde et en arrire , est occup par l'ovaire et par le foie, qui sont runis ensemble, par les vaisseaux et par la cellulosit , en une masse ovale , dans l'paisseur de laquelle est cach l'estomac. 4" Organes de la circulation. ( Fig. Z, ^ et 5, pi. I.) Si on ouvre le pricarde , on voit au milieu, le cur , et , en arrire , son oreillette , qui n'est elle-mme qu'un vaisseau presque cylindrique et allant transversalement d'un ct l'autre du corps. Le cur est irrgulirement et obtusment triangulaire ; il reoit l'oreillette par le milieu de sa base , et donne Tarire de son sommet. Son intrieur [^g. 6), est revtu de colonnes charnues, dlies, nombreuses, et diriges en tous- sens ; sa communication avec l'oreillette est garnie de deux; valvules semi-lunaires, dont le bord libre est dirig en dedans. Si on recherche de quels vaisseaux l'oreillette reoit le sang qu'elle transmet au cur, on s'aperoit bientt qu'ils sont au nombre de quatre , rgnant tout le long des deux cts du corps , deux en avant et deux en arrire j et cela ne pouvait pas tre autrement. Puisqu'il est reconnu que le cur uniloculaire des mollusques gastropodes fait toujours les fonctions des cavits gauches du ntre , il fallait que le sang y arrivt des branchies ; et par consquent, que les vaisseaux qui l'y appor- tent eussent leur position rgle d'aprs celles de ces organes : mais il n'est point d'espce oii il rsulte de ce rapport un en- semble plus symtrique que dans cette tritonie. Lorsqu'on ouvre l'une de ces quatre grandes veines branchiales , on y voit de petits trous qui rpondent chacun des panaches des branchies , et qui sont les orifices de leurs veines particulires. Il fallait que les branchies reussent , par des artres , le 8 MMOIRE sang qu'elles rendent au cur aprs l'avoir soumis l'action de l'lment ambiant, et c'est ce qui se fait avec la mme rgu- larit : les vaisseaux qui servent d'artres, par rapport aux bran- chies auxquelles ils envoient le sang, servent de veines-caves par rapport aux corps dont ils reoivent ce fluide. Il y en a deux grands , qui rampent le long des cts du corps, paralllement aux veines branchiales, et sous elles : ils ont comme elles des branches correspondantes chacun des panaches des branchies. Ces deux grands vaisseaux reoivent le sang par six grosses veines , trois de chaque ct , qui viennent toutes de la masse des ufs et du foie. Deux sont situes presque sous le pricarde , deux en arrire, et deux en avant. Ces deux dernires sont obli- ges de faire un trajet plus considrable que les autres pour arriver leurdestination. Il parait que toutes les veines des vis- cres aboutissent l'une ou l'autre de ces six la; quant celles du pied et du reste de la peau , ils se pourrait qu'elles se ren- dissent directement dans les deux grands vaisseaux branchiaux, mais je n'en suis pas sr. Toujours voit-on qu'il n'y a rien qui corresponde aux cavits droites du cur. Il faut dire cependant que ces deux grands vaisseaux branchiaux sont plus enfoncs dans la substance mus- culaire des flancs, que les deux cjui apportent le sang des bran- chies au cur , et qu'on peut les considrer d'aprs cela comme participant jusqu' un certain point de la nature des ventricules. Le cur ayant reu le sang des branchies par les premiers grands vaisseaux que j'ai dcrits , le transmet au corps par les artres. Leur tronc se divise presque sa sortie en trois bran- ches; une s {^g- 5, pi. 1) pour l'ovaire c[ui rampe sur sa face suprieure ; une r pour le foie , l'estomac et quelques autres parties environnantes j et une troisime 9, qui est le tronc SUR LE TEITONIA. 9 principal , et qui se porte par le ct droit de l'sophage vers la niasso. des muscles des mchoires. La , ce troue se partage encore en deux branches, {fi^. i,ph II) , dont l'une donne cette masse un rameau suprieur et un infrieur, et dont l'autre , qui est toujours la continuation du tronc , se bifurque transversalement pour pntrer dans la masse du pied. 5 Organes des sensations. Le systme nerveux de lia tritonie est un des plus simples et des plus rguliers qui existent parmi les gastropodes : tous les nerfs partent du cerveau et se rendent aux parties comme des rayons , et il n'y a ni ganglions ni plexus pars , ni appa- rence de moelle pinire. Le cerveau est form de quatre tubercules ou ganglions , placs en travers sur la naissance de l'sophage \ les deux intermdiaires sont plus grands et oblongs , les latraux arrondis et plus petits. Il part des deux cts un nombre peu prs gal de nerfs ;^ en voici 1 enumration , en commenant par ceux cjui naissent du bord antrieur du ganglion oblong. Le premier et le second vont aux tgumens du museau; et le troisime au tentacule ; le quatrime , l'oeil ; le cinquime et le sixime, aux muscles des mchoires; et tout le reste, an nombre de six ou sept, dans les parties latrales de l'enveloppe gnrale et musculeuse du corps; les derniers de ceux du ct droit paraissent aussi donner des rameaux aux parties ext- rieures de la gnration ; mais, pour le reste des viscres, je ne leur vois de nerfs que ceux c[u'ils peuvent tirer des deux gan- glions situs sous l'sophage; mais ces nerfs-la , s'ils existent^ sont peine visibles. lO MMOIRE Les deux ganglions dont je parle, ne me semblent pas encore certainement qualifis pour tels : il y a bien un filet qui parait les joindre au reste de l'encphale; mais comme il y a un autre filet certainement nerveux, qui complte le collier de l'so- phage , et qui diffre un peu de l'autre par l'aspect , il me reste quelque doute cet gard. Je n'aperois cette tritonie, non plus qu' la plupart des autres gastropodes, d'autres organes extrieurs des sensations que ceux de la vue et du toucher \ les premiers ou. les yeux ne sont regards comme tels que par analogie , car ce sont deux points noirs , que l'anatomie ne peut certes analyser : les autres consistent dans l'enveloppe entire du corps , mais particuli- rement dans les tentacules et dans les branchies , que leur sail- lie, leurs .divisions , et la dlicatesse de leurs tgumens, rendent propres percevoir les moindres contacts extrieurs, 6" Organes de la digestion. Ils se divisent, comme dans les autres animaux, en bouche , canal intestinal, et glandes qui produisent quelque fluide dissolaant. a. La bouche. Elle forme une trs -grande masse ovale et charnue, qui renferme les mchoires, leurs muscles, la langue et ses pines. Nous avons dj vu qu'elle est prcde par les lvres. Les mchoires forment la base de tout cet appareil ; leur substance est corne ; leur couleur d'un jaune-brun ; et leur forme , trs-extraordinaire pour un organe de ce genre , ne peut ti'e mieux compare qu' celle des ciseaux avec lesquels on tond les moutons. Qu'on se reprsente seulement qu'au lieu de jouer sur un ressort commun, les deux lames jouent sur une articulation, et qu'au lieu d'tre planes , elles sont un peu SUR LE TRITOMA. U courbes , de manire que leur articulation , situe eu avant , se relve un peu par rapport leur corps. Ces deux lames sont fort tranchantes, et il n'est rien de vivant qu'elles ne puissent couper lorsque l'animal en fait glis- ser les deux tranchans l'uu sur l'autre. Il a pour cet effet des muscles trs-forts , dont les fibres sont transversales, et dont l'effet est de rapprocher les deux lames : quant leur cartement, il parait qu'il est d l'lasticit natu- relle de leur articulation. C'estpeu prs au milieu de lalongueur des lames qu'arrivent les alimcns qui doivent y tre coups; ils y sont conduits par un tube membraneux, qui vient de la commissure des lvres, et qui s'insre cet endroit; ce tube, plus large son insertion qu' son origine, peut tre considr comme une espce d'avant- bouche : il est garni de fibres longitudinales qui le raccour- cissent, et rapprochent les mchoires de l'ouverture de la bouche quand il s'agit de saisir quelque chose, et d'un sphincter qui resserre son entre; il a, de plus, un muscle palm, c^ui s'insre au plancher musculaire du corps ou au pied, et dont l'effet est de retirer la bouche en dedans. Les alimens, une fois coup par les mchoires, sont aussitt saisis par les papilles de la langue , qui , tant aigus et recour- bes en arrire , conduisent continuellement, par leur mouve- ment pris tal tique, les matires alimentaires dans l'sophage : il faut pour cela que ces matires montent et qu'elles se repor- tent en avant; car l'sophage commence la partie suprieure de la masse maxillaire, et plus prs de son bord antrieur que l'avant-bouche n'avait fini. b. Le canal intestinal. L'sophage est membraneux, rid longitudinalement dans 12 MMOIRE soa intrieur. Il se porte en arrire , et un peu gauche , pour aboutir h l'estomac, membraneux comme lui, et faisant peine une lgre dilatation du canal intestinal. Cet estomac est, comme nous l'avons dit plus haut, tout-h- fait cach sous et dans le foie; il en sort un canal court, qui se rencontre h la gauche du cur, et, aprs avoir dcrit un arc en avant du pricarde , se termine l'anus , situ droite , prci- sment sous l'angle droit de ce mme pricarde. Il rsulte de cette description , que le canal intestinal tout entier, en y comprenant l'sophage , gale peine la longueur totale du corps de l'animal. L'intestin est aussi stri longitudi- nalement dans son intrieur. c. Les glandes. Il y en a de deux sortes; savoir: les salvaires et \efoie. Les salivaires sont places aux deux cts de l'sophage sur la masse des muscles maxillaires. Leur forme gnrale est trs-allonge. Ellesse divisenten une multitude de lobes et de lobules qui com- muniquent tous dans un canal excrteur pour chaque glande. Ces deux canaux, trs-fins, passent avec l'sophage dans le collier nerveux qui entoure l'origine de celui-ci , et vont s'ouvrir, ct de lui, la partie suprieure de l'arrire-bouche. Le foie est petit en comparaison de beaucoup d'autres mol- lusques. Il occupe la partie antrieure du ct gauche de la masse que l'ovaire forme avec lui : sa couleur est un gris-brun, et sa substance un parenchyme assez mou; tandis que l'ovaire est un peu plus roux , un peu plus ferme , et un peu plus grenu ; autrement, il serait assez difficile de discerner ces deux viscres , et j'y ai moi-mme t tromp pendant quelque temps. SUR LE TRITONIA. l3 7" Les organes de la gnration. Ils sont , comme dans la plupart des autres gastropodes , composs de trois parties j savoir : a. L'ovaire et l'onductus. h. Le testicule et la verge. c. La vessie. L'ovaire est, comme je l'ai dit , une masse ovale, qui, s'u- nissant avec le foie , remplit toute la partie postrieure du corps; il est form d'une quantit prodigieuse de petits ufs : l'ovi- vuctus, d'abord assez mince, devient ensuite si gros, que ses replis ont , au premier aspect , l'air d'appartenir au canal intes- tinal 5 il s'amincit de nouveau , et se termine , comme a l'ordi- naire , dans le testicule qu'il traverse , par une multitude de circonvolutions. Le testicule est fort grand : a l'ouverture du corps on le voit paratre des deux cts de l'sophage , c[a'il faut enlever, ainsi que le foie, pour le bien voir. Sa masse est irrgulirement arrondie , et se compose de deux ou trois de ses replis; lui-mme semble compos de deux substances htrognes ; l'une plus jaune , et l'autre plus blanche, qui a l'air de serpenter dans l'intrieur de la premire. Je n'ai pu mieux dvelopper encore son organisation intime cause de sa mollesse ; mais j'espre trouver d'autres espces o il sera plus facile dissquer , et d'oii l'on pourra conclure celle-ci par analogie. La verge est longue d'un deux pouces, cylindrique, faisant beaucoup de replis serpentins , et se terminant par une pointe mousse et arrondie, qui n'est pas plus perce que dans le limaon ordinaire. Entirement en dedans du corps dans l'tat de repos, 3 l4 MMOIRE cette verge ne peut sortir pour raccouplement qu en se drou- lant comme un gant, comm cela arrive dans le mme limaon. On pourra voir a l'article de ce dernier ce que nous pensons sur la manire dont se fait la fcondation dans les animaux herma- phrodites. 8 L' enveloppe gnrale et le systme musculaire. Ils sont des plus simples dans les tritoniesj ces animaux n'ayant ni coquille , ni vestige de coquille , ni manteau d- bordant le corps , ni opercules de branchies, ni enfin aucune de ces parties qui exigent des appareils particuliers de muscles. Un tissu de fibres qui se croisent dans toutes sortes de sens, revtu d'une peau mince , compose des mmes parties que nous dcrirons dans la limace j un pied en forme de disque ovale , encore semblable celui de la limace : voil tout ce qu'on dis- tingue dans cette enveloppe. Les seuls muscles des tentacules mritent une attention particulire ; ils sont disposs autour de leur base , comme des rayons, ainsi qu'on peut le voir {fig- ^ , pi- I.) Explication des Jigures. Planche I. Fig. 1. La tritonie, vue par le dos et du ct gauche. aa. Les tuis des tentacules^ bb. Les branchies. ce. Le bourrelet qui borde le pied. d. Le voile qui s'tend sur la bouche. Fig. 2. La mme, vue en dessous et par le ct droit. a. Le pied. b. Le flanc droit. SUR LE TRITONIA. ID c. L'orifice des parties de la gnration. d. L'anus. e. L'tui de la corne droite. Jl La bouche , ses lvres et son voile. gg. Les branchies. J'^ig. 3. La mme, ouverte. a. Le cerveau. bb. Les tentacules. c. L'sophage. dd. Les glandes salivaires. e. Le cur. ^ /. L'oreillette. g. Le pricarde. h. Le rectum. i. L'ovaire. /. Portion du foie. l. Portion des organes de la gnration. Fig. 4- La mme , ouverte de manire montrer les principaux organes de la circulation. a, Cfd, ef, h, iyk, L Comme dans \a Jg. prcd. j7immmmm. Les six principales veines qui portent le sang dans l'artre branchiale. nnnn. Portion de cette artre, dont une est ouverte. oooo. Portion de la veine branchiale, dont une est ouverte. pp. Les deux principaux troncs qui conduisent dans l'oreillette le sang revenu des branchies. Fig. 5. La masse des viscres, le cur jet sur le ct droit. a , c , dfCyf, h , i, k, l, m. Comme dans la fig. prcd. q. L'artre qui va la bouche et dans les muscles du pied. r. Celle qui va au foie. s. Celle de l'ovaire. Fig. 6. Le cur ouvert. a. Les valvules situes entre l'oreillette et le ventricule. l6 MMOIRE SUR LE TRITONIA.. b. L'intrieur du ventricule. c. L'origine des artres. Planche IL Fig. I. Les parties de la gnration et la bouche, dbarrasses de ce qui les cachaient. a. Le cerveau. c. L'orifice de l'sophage, qui a t enlev. dd. Les glandes salivaires. t. La masse de la bouche. ^ u. L'artre qui se porte la bouche et au pied. h. Portion du canal intestinal. /. L'ovaire. V. L'oviductus. XXX. Le testicule. j. Le sac de la pourpre. zz. La verge. Fig. 2. Tous les viscres enlevs, et la bouche souleve , pour montrer de quelle manire les nerfs et l'artre se distribuent dans le pied. Fig. 3. La masse de la bouche , avec les lvres et une partie de l'so- phage , vue en dessus et par le ct droit. Fig. 4- La mme , vue en dessous , avec le muscle qui l'attache au pied , et la couche superficielle de ses muscles propres. Fig. 5. La mme, dont on a enlev ces deux dernires sortes de muscles. Fg. 6. La mme, dont on a t les lvres et le canal qui y con- duit, ainsi que la portion d'sophage. Elle est vue en dessus. Fig, y. La mme, ainsi dbarrasse et vue en dessous. On aper- oit une partie des mchoires. Fig. 8. On a t toutes les parties qui recouvraient les mchoires, et on les voit dcouvert, en forme de ciseaux de tondeur. Fig. g. La langue dveloppe. Fig. 10. La bouche , avec le cerveau et les principaux nerfs grossis. i PI .JCXXL. ?>,/, TUITONIA IIOMUEIUtII j Cfot^utf^ Scii^. I PL yxxii . rilITONIA llOMl^lUlCrlI // CtWier />ei , Cl^Uf K^culp mwmmmmm'w^^vm ' jmm^tmmftfV'mK'tm MMOIRE y Sur le Genre DO RIS, 1. Remarques gnrales. lious avons dj vu, d'une manire sommaire, l'article des Tritonia, combien le genre Doris a t embrouill par Linniis et ses commentateurs j retraons-en l'histoire en peu de mots. Les anciens ne disent rien qui y ait un rapport vident quoiqu'on ait voulu en retrouver une indication wLi&AElien', ni i?o/rfe/e/, ni Ge^vzer n'en parlrent ; le premier mo- derne qui en ait donn une figure est Fabius Colunina , dans les Observationes aquatilun qui sont la suite de son EcjjJirasis , pag. 22. Il regardoit son animal comme une espce de livre marin ; sa figure est trs-mauvaise. jldrovande en donna une autre fort grossire , aussi sous le nom de livre marin, hist. an. exs. p. 82, qui fut copie par Jonston , exs. pi. I, fig. 6. Ces deux figures ne sont pas beaucoup prs assez pr- cises pour qu'il soit possible de dterminer quelle espce de doris elles reprsentent. 2 MEMOIRE Aussi Linnus n'eiit-il aucun gard ni l'uneni l'autre quand il forma le genre Dorisj dans sa lo.*' dition. Il n'en avoit alors observ qu'une espce,, probablement celle que nous dcrirons plus bas sous le nom de vejTucosa; du moins c'est elle que semble reprsenter la figure qu'il cite, Seba.II, t.6i , fig. 5. Si toutefoiscette figure reprsente un Doris, ce dont je doute beaucoup, car elle me parot plutt tre l'image d'un oscahrioji. Le limax verrucosa , Rumpb. amb. rarit. cam. 58 , est aussi un oscabrion selon toutes les apparences , en juger par la mauvaise descrip- tion sans figure de cet auteur. Linnoeus en examinant cette espce unique, se trompa sur la position de la bouche j prit l'anus pour elle, et considra les branchies comme des tentacules. Voil pourquoi il fit entrer dans le caractre gnrique ces mots : teniacula ad os circiter oclo , qui autre- ment ne peuvent du tout s'expliquer. Il rfijrma le caractre du genre dans la 12.'' dition , lors- qu'il y fit entrer \ argus dcBohatsch ; il reconnut que dans celui-ci , l'ouverture entoure de franges , toit l'anus 5 mais oubliant apparemment l'analogie de ces franges avec celles du doris <^e/rz^cosa qu'il n'avoit peut-tre plus sous les yeux, il laissa toujours dans la description spcifique de celui-ci, ces prtendus huit tentacules autour de la bouche. Il ajouta dans cette dition au genre Doris, deux espces observes par Knig en Islande, et videmment analogues l'argus. Z). bilamellata et lvis. C'toit donc cet argus qu'il prenoit dsormais pour type de ses doris ; et nous l'imiterons en ce point, ne laissant parmi les doris que celles qui ressemblent V argus dans les articles gnriques, tels que Linnus lui-mme les SURLEGENREDORIS. 3 donne, et dont le principal consiste dans ces branchies en forme de franges qui entourent fanus; cmus posterais in dorso supr , cinctus ciliis. C'est la circonscription que j'ai propose depuis long- temps dans mon Tableau lmentaire, p. 387, et qui a t adopte ensuite par M. Lamarck ( an. sans vert., p. 66 ). M. Bosc l'a adopte aussi ( vers. 1 , 90 ) , mais en l'attri- buant M. Lamarck, ainsi que la cration du genre tri- tonie , quoique toutes deux m'appartiennent galement- A. Bosc n'a d'ailleurs pas t fidle au caractre qu'il avoit adopt, puisqu'il a laiss dans sesDoris, Varborescens et lefrondosa qui sont des tritonies. Or, si aprs s'tre bien pntr du vrai caractre gn- rique, on parcourt l'numration de Gmelin, et si on la compare avec les crits des naturalistes contemporains ou postrieurs Linnus, on remarque bientt, . Que sept espces seulement sur les vingt-cinq dont le genre se compose , y appartiennent en ralit, et d'une manire certaine, savoir: D. argo ( l'argus de Bohatsch), slellata , fusca { le bilaniellata de l'dit. XII )/a?wSj obve- Lata, muricata etpilosa. Gnielin les a toutes comprises dans sa seconde section. 2. Que le JD. verrucosa, si c'est rellement celui que je vais dcrire, appartient aussi au genre , quoique Gmelin l'ait laiss dans sa premire section, dont les autres espces, n'y appartiennent pas, mais sont ou des tritojiies {\) , ou des (solides {^) , ou des cavolines (5) , ou des glaiicus (4). (1) Dor. clavigera , auriculata ? cerrina, coronata, arborescens et f rondo sa. (2) Dor. Fasciculata ^papillosa , lacinulata , minima ? etpennala, (S) Dor. Peregrina et affinia. {') Dor. Radiala. 4 ME MO IRE 5. Que les caractres assigns ces huit espces, ne les' ilistingaent pas les unes des autres , de manire qu'on ne sait si plusieurs ne reviennent pas la mme; ce qu'on dit pour V argus , par exemple , cuto ciliato phrygio , et ce qu'on dit pour le steUata , stella ad aniiin octo radiala radiis ra~ ynosis, sont des expressions diffrentes pour dire une mme chose , et une chose non-seulement commune ces deux espces l, mais toutes celles qui appartiennent vrita- blement au genre , etc. 4. Que les divers synonymes cits, ne sont pas beau- coup prs tous certains ; par exemple : La limace aplanie , Dicquemare , journ. de phys. 1779 r juillet, qu'on rapporte Xai'gus, est du double plus grande, et tout autrement colore j c'est une belle espce tout--fai distincte.. Le conclut sine testa , plane, app. t. V, fig. G et H, ne ressemble pas plus clairement Vohvelata sous lequel on le range, qu' bien d'autres espces; tout ce qu'on peut en dire , c'est que c'est un dons , et voil tout. Il en est absolument de mme, comme nous l'avons vu, du lepus jnariniis aller rninor du Columna. J\ai eu ina disposition treize espces de vritables doris ,. toutes caractrises par un cercle de houppes branchiales autour de l'anus, et par des tentacules suprieurs pouvant se retirer dans une cavit. Dix de ces espces appartiennent la seconde des divisions tablies par Gmelin, c'est--dire, qu'elles ont le corps plane, obtus par k-.s deux bouts , et d*- bordant le pied de toute part ( Corpus utrinque ohtusunty pla'nwii , tccfufn). Les trois antres apparliendroient la premire section, parce que leur corps est, pour ainsi dire;^ SURLEGENREDORIS. 5 prismatique, se terminant nanmoins quelquefois en pointe par derrire , et que le manteau au lieu de dborder le pied , se rflchit vers le haut ( Corpus retrorsuni acumi- natiiin , supr convcxum nuditni ). Mais elles ne ressemblent pas pour cela aux espces que Gmelin a introduites dans cette section , comme nous l'avons vu tout l'heure. Sur les dix espces de premire sorte , trois sont certai- nement comprises dans Fnumcration de Gmelin, savoir; les Doris pilosa, stellata et lvis ; une quatrime me pa- rot y tre aussi, quoique moins videmment ; celle que je nomme D. verrucosa; et tout le reste me semble ne s'y point trouver, sans que je veuille soutenir cependant qu'il n'en soit point parl dans d'autres auteurs. J'ai trouv deux de ces espces, les D. verrucosa et tu- bcrcidata, dans l'ancienne collection du cabinet d'histoire naturelle; une troisime, \q JJ. lvis , m'a t procure par feu M. Thodore Mo/nberg dn Havre , jeune homme plein de mrite, qui toit pntr d un vritable amour de la science, et que la mort vient d'enlever lorsqu'il se pr- paroit rendre publics les fruits de ses grandes' recherches sur les animaux marins. J'acquitte un devoir bien cher , quoique bien douloureux, en rendant tmoignage ici de toutes les obligations que j'avois son amiti. Trois autres, les JJ. stellala, piiosa et io me/iio sa , ni' ont t adresses avec un individu du iub^ercidaa , par M. Fleu- riaii de BMeviie , naturahste trs-instruit et trs-zl, qui rside la Rochelle, et auquel je dois beaucoup d'autres mollusques, dont j'enrichirai celte suite de Mmoires. M. de Bellevae a joint son envoi des observations faites par lui-mme , et d'autant plus prcieuses , que les doris, ainsi 6 MEMOIRE que les autres mollusques, ont rarement t vus vivanspar de vrais naturalistes. J'ai observ et recueilli moi-mme Marseille, une sep- time espce, le D. lnhata. Mais les six espces les plus belles , les D. solea , lacera, scahra , pustulosa , niaciilosaei atro-marginata , nouvelles toutes les six, et dont les trois premires sont en mme temps, avec l'espce de Z>/cfwe//za/e , les plus grandes qu'on ait encore dcrites , m'ont t apportes de la mer des Indes, par M. Prou, l'un dessavans qui onl accompagn le capi- taine Baudiii, et certainement l'un des voyageurs qui au- ront le plus enrichi l'histoire naturelle dans ces derniers temps. Je n'anticiperai point dans ce Mmoire sur ce que M. Pron doit dire de ces animaux dans la relation de son voj'age; il est trop juste qu'il publie lui-mme ce qu'il a eu tant de peine dcouvrir^ je me bornerai aux observations ana- tomiques faites par moi dans mon cabinet, sur les indi- vidus qu'il est all chercher avec tant de dangers, une autre extrmit du globe. J'ai plus particulirement dissqu cinq de ces espces , savoir : \qsD. lacera ^ solea , scahra , tuberculata et ver- rucosa. Mais les deux premires m'ayant donn plus de faciht cause de leur grandeur, j'en ferai l'objet principal de ma description, ne parlant des autres que quand elles diffre- ront en quelque point de celles-l. Ces deux espces ont en mme temps l'avantage d'tre chacune le type d'une des deux grandes subdivisions du genre j JJ. lacera des prismatiques , D. solea des planes . SURLEGENREUORIS. 7 2 Description extrieure du Doris lacera. J'ai reprsent le D. lacera, pi. l, fig. 1 ; sa longueur est -pcu-prs de 3 4 pouces; sa largeur de 1 1 et demi, selon qu'il s'tend dans un sens ou dans l'autre ; il est plus troit proportion que les Doris ordinaires; les bords de sou manteau, a , a , s'tendent peu au-del de ceux du pied, b , 6; ils sont minces, trs-ingale ment replis, en partie rflchis, et tellement dcoups qu'ils semblent avoir t dchirs. La peau du dos est comme renfle en grosses vsicules ingales, irrgulirement places , c, c, c, et dont l'int- rieur n'est rempli que d'une cellulosit lche. Les deux tentacules suprieurs, ?, d , sont, comme dans tous les Doris que j'ai vus, en forme de massue, c'est-- dire, ports sur un pdicule plus mince que leur corps; celui-ci se termine en pointe et est finement stri entravers. Sous le rebord intrieur du manteau sont deux autres ten- tacules, e, e, charnus, larges, plats et lgrement dentels entre lesquels est la bouche ou la trompe. Sur la partie postrieure du corps sont les houpes bran- chiales,/, y, au nombre de huit ou dix, en forme de petits arbres irrguliers. Elles ne sont point, comme dans les Doris planes, rapproches par leurs pdicules de manire reprsenter plus ou moins exactement une espce de fleur ou d'toile, comme on les voit, par exemple, dans mon Doris solea , pi. Il, fig. 1; mais elles sont disposes autour de l'anus en un cercle ou en une couronne dont le diamtre intrieur est d'un centimtre et demi. L'anus ^est au centre de ce cercle ; et son ct droit. 6 M E ISI O I R E un peu en avant, est une autre petite ouverture, h , que j'ai retrouve dans tous les vrais Doris , et dont aucun autre naturaliste n'avoit encore fait mention. Elle est trs- remarquable , parce qu'elle donne issue une excrtion fort singulire par ses sources dont nous parlerons en dcrivant l'intrieur. Les organes de la gnration ont leur issue par deux petits trous percs dans un tubercue, i, du ct droit du corps sous le rebord du manteau , ves le quart antrieur; ce tubercule offre -la-fois les orifices des deux sexes. Toutes ces ouvertures sont en mme nombre et places aux mmes endroits clans les autres doris , mme dans les planes; la seule diffrence essentielle de celles-ci consistant dans la forme du corps et la position rciproque des ra- meaux des branchies. Leurs tentacules infrieurs sont aussi simplement pointus. Dicquemare figure l'organe mle de la gnration sorti, dans sa limace plante; il y est au mme endroit que dans les ntres. M. de Bellevue a fait la mme remarque sur les individus vivans qu'il a observs. 3." Ouverture du corps et position des viscres. La figure II de la pi. i reprsente le D. lacera ouvert^ et ses viscres -peu-prs dans leur situation naturelle ; jjour les voir ainsi, il faut enlever un pritoine membraneux assez pais, qui les enveloppe, et qui se retrouve dans tous les autres Doris. a est la trompe, retire au dedans du corps, par les deux ximscles i , i; 6 est le cerveau , plac comme l'ordinaire SURLEGENREDORIS, g sur l'origine de l'oesopliago; c, est cet sophage et la masse de la bouclie d'o il part; e, l'estomac;/', g , h , le canal intestinal j i, i, i, i, le foie; h, l'oreillette du coeur; /, le coeur; m^ la principale artre d'o partent les branches que nous dcrirons par la suite, n,o,xcXu\yy est le canal excrteur de l'humeur particulire aux Doris, dont z est le rservoir; a et /3 sont les organes de la gnration. 4. Organes de la circulation. Ce qui frappe d'abord dans cette disposition, c'est la place qu'occupe le coeur l'arrire du corps. Elle est la mme dans tous les Doris, parce que les bran- chies y sont toujours en cet endroit, et que dans les mol- lusques comme dans les animaux des classes suprieures , le coeur est toujours porte de l'organe pulmonaire. Son oreillette le s'vase beaucoup en arrire , et se ter- mine en deu* productions qui font un cercle, lequel cor- respond au cercle form en dehors par les branchies. On peut voir ces deux productions en Je , k" , fig. 5. L curZ, et son oreillette X- , y sont renverss en arrire pour montrer comment celle-ci fait son cercle. Elle reoit un vais- seau veineux de chacun des arbres branchiaux, et transmet ainsi au cur, comme dans tous les autres gastropodes, le sang qui a respir. Ce sang toit venu aux branchies par des vaisseaux artriels marchant dans les troncs despetitsarbres branchiaux, paralllement aux prcdens, et drivant des veines caves. La principale de ces dernires est situe dans l'paisseur du foie, et il faut enlever le cur et les principales artres 10 MEMOIRE et carter l'un de l'autre les deux lobes du foie , pour la Hen voir. Elle est marque z^, u^ dans la fig. 3. Aprs avoir reu des branches des diffrentes parties du foie, elle sort de ce viscre , et se divise en trois pour se distribuer aux branchies. Il y a deux autres veines caves qui viennent de l'paisseur des chairs du corps, aux deux cts du pied. On les voit mieux dans le doris solea o il a t plus facile de les dis- squer. Elles sont marques M, M, dans les fig. i et 2 del pi. II. La premire de ces figures les reprsente intactes. Dans l'autre, celle d'un ct. M, est fendue pour montrer sa marche jusqu'aux branchies, par derrire l'oreillette , dont il ne reste qu'une portion Je. Celle de l'autre ct. M", est enleve jusqu' son entre dans l'paisseur des chairs, afin de montrer le muscle ", qui sert faire retirer en dedans l'un des arbres des branchies. 11 y en a un pareil pour chacun de ces arbres. Celui de ces petits arbresauquel appartient le muscle", est fendu dans sa partie artrielle, laquelle est une suite de la veine cave, et l'on y voit en 2, 3, les ouvertures des petits vaisseaux par o le sang pntre dans les petits rameaux branchiaux. L'arbre d' ct n'est fendu que dans sa partie veineuse; les trous, 5 , 5, sont ceux par o le sang revient des ra- meaux , et se rend dans l'oreillette le. Le cur et l'oreillette sont envelopps dans un pricarde assez pais qui forme une poche distincte de celle du p- ritoine. Le cur arrondi et aplati n'a du reste rien de particulier. L'artre m , en sortant du cur se divise de suite en deux branches principales 3 la premire 0, continue la direc- SURLEGENREDORIS. n ton du tronc m, donne dans son chemin, droite , trois rameaux pour le canal intestinal, t, t , t; gauche, un pour l'estomac /?, et un pour le duodnum \ Passant sous l'in- testin , et s'avanant vers la droite, il se bifurque en ^ ; la plus petite branche s , va au corps glanduleux cT- la plus grosse , s , r, se partage entre les organes de la gnration , la bouche et le pied. L'autre grosse branche se partage en trois presque ds sa naissance, et tous ses rameaux sont destins au foie. L'un n alimente la partie antrieure du lobe gauche j le second X est pour la partie postrieure ; le troisime u, se bifurque pour nourrir les deux parties du lobe droit. Le rameau Ji, en donne encore un v , qui se porte en arrire entre les deux lobes, se tenant cependant plus prs du droit. La distribution des artres est peu de chose prs la mme dans les Doris planes, comme on peut en juger par les fig. 1 et 2 de la pi. II , o les lettres sont places sur les mmes parties que dans celles de la pi. I. 5. Organes des sensations. Le systme nerveux des Doris est aussi simple que celui des tritonies; il consiste, comme je l'ai dj annonc, en un cerveau unique et sans ganglions pars, comme il y en a ansV aply sie ,\e: colimaon, etc. On peut faire la mme remarque que dans Vapljsie , l'gard de l'ampleur des enveloppes de ce systme. Le vrai cerveau n'occupe pas la moiti de l'espace que lui fournit la dure mre, ainsi qu'on peut le voir, pi. I, fig. 5 en b. Dans le doris lacera , le cerveau ne forme qu'une masse 13 MEMOIRE ovale, de petits globules bruntres, mais dans le doris SO' lea, il est divis en quatre lobes. Le premier nerf, i, i, pi. I, fig. 2 et 3, va au tentacule suprieur; le second, 2,2, passe sous le premier et sous le muscle transverse de la trompe, pour se rendre toutes les parties antrieures du museau , et probablement aux tentacules infrieurs. Les suivaus , 5 10, se rendent en g- nral dans les parties latrales , pour se distribuer aux muscles. Les deux dernires paires 11 et 12, serrent de prsl'so-^ pbage , et passent dessous ; 1 1 , pour y former par sa ru- nion deux petits ganglions , d'o naissent les nerfs de l'so- pliage et de l'estomac, et 12, pour complter le collierner- veux qui entoure ce canal. Cette disposition est absolument la mme que j'ai dcrite et reprsente l'article du tntonia. {Noyez cet article, pi. II, lig. i et 2.) Les tentacules suprieurs des Doris se logent dans deux gaines cylindriques et courtes qui leur sont I(.urnies par une saillie circulaire de la peau, ils ressemblent en cela ceux des tritonies , mais ils en diffrent beaucoup pour la f-^rme. Ceux des Iriionies sont souvent branchus; ceux des doris sont toujours composs de petits feuillets extraordinaire- ment minces, empils les uns sur les autres, et comme en- fils dans un pdicule connnun. Je les ai trouvs tels dans toutes les espces (jue j'ai observes tant mortes que vi- vantes. Il est vrai que R-ihatsch dcrit autrement ceux de son argus. Ils sont , 'lit-il , semblables une morille dont la tte seroitgarnie de petits luberculesou points noirsrson dessin les reprsente en effet comme deux petites grapes; il SUR LE GENRE DORIS, i5 regarde ces points comme autant d'yeux , et c'est mme de cette multiplicit d'yeux qu'il a tir le nom d^argus qu'il donne cet animal. J'avoue que l'analogie si constante des autres espces,' me force de souponner cet auteur estimable d'avoir t induit en erreur, et aucun autre exemple dans la nature ne me rend vraisemblable une diffrence aussi grande , dans un organe si important, entredcs animaux qui se ressemblent tant d'ailleurs. Les tentacules infrieurs ne sont pas aussi constamment semblables. Le (loris lacera les a comme la tritonie, en forme de deux larges lvres ou feuillets charnus et crnels. Dans le dors solea et dans les dorispla/iesen gnral , ce sont deux petites pointes ou cornes coniques, places aux deux cts de la base de la trompe. Bohatscli les a bien exprimes dans sa figure de l'argus. On ne comprend donc pas trop pourquoi Linnus dans sa Xll.*^ dition , ne donne que deux tentacules aux f/om; ni pourquoi Gmeliu , en leur en attribuant quelquefois quatre, les place tous au-dessus du corps; ientacula 2 ad 4 , supr corpus aritrorsani , intr foramliia retraotilia. 6. Organes de la digestion. a. Bouche. Les fZom diffrent minemment des /r/^GTz/es par la bouche en trompe et sans dents dans les premires, courte et arme de mchoires tranchantes deijs les secondes. i4 MEMOIRE Il me semble que c'est une rgle gnrale que les gast- ropodes trompe sont dpourvus de mchoires. On voit la trompe du doris lacera en a , pi. \, fig. 2 et 3^ dans son tat de rtraction. Cet tat est produit par les muscles marqus ,qniforment autour d'elle une tunique conique, et dont l'attache l'eu- veloppedu corps est en arrire. Ceux marqus aa, pro- duisent l'elFet contraire ; leur attache est immdiatement derrire les prcdens, et ils s'insrent en arrire sous la niasse de la bouche, c, qu'ils portent-n avant, et qui pousse la trompe devant elle. Celle-ci est en outre pourvue de fibres propres, pour s'allonger et se raccourcir. Sa tunique intrieure ou veloute est extrmement ride lors de la contraction. Au fond de la trompe est une fente verticale, troite, dont les parois sont revtues d'une veloute un peu carti- lagineuse j derrire est la langue qui ressemble celle de la tritonic et de l'apljsie. L'oesophage y , est assez long et repli sur lui-mme; son intrieur est extrmement rid ; les glandes salivaires du doris lacera ', T, sont longues et minces j elles s'insrent dans l'oesophage prs de sa naissance; leur extrmit pos- trieure s'y rattache prs de son insertion l'estomac. Celles du doris solea sont d'abord assez grosses, et en pas- sant au travers du collier nerveux qui entoure l'sophage , elles deviennent si minces qu'on est tent de \es prendre pour des nerfs qui iroient l'estomac. Outre les vraies glandes saliv^aires, il y a sur la naissance de l'oesophage un grand corps glanduleux que j'ai long- temps pris pour elles. Il recouvre en partie le cerveau et I SUR LE GENRE DORIS. i5 la masse de la bouche, et se trouve gnralement dans tous les Doris. Je l'ai marque S'-, sa couleur est bruntre ; il reoit une forte branche artrielle , et doit par cons- quent produire quelque scrtion abondante, mais je n'ai pu encore dcouvrir o se porte rhumeur qu'il spare. b. Ca7ial intestiial. L'estomac des doris est membraneux et mince; il n'a rien qui ressemble un gzier; sa surface interne n'a d'in- galits que vers le cardia o les rides de l'oesophage se prolongent et se divisent en papilles. Le pylore est prs du cardia, gauche, et le duodnum croise l'oesophage en- dessus, pour se porter vers la droite. Le fond du cul-de-sac stomachal est perc de beaucoup de grands trous qui sont les orifices des vaisseaux biliaires. On conoit peine com- ment les alimens ne pntrent point dans ces vaisseaux et ne les engorgent pas. On peut voir les orifices de ceux du doris lacera en e , fig. 5, pi. I. Ceux du doris solea, e , fpl. II, fig. 2, sont moins nombreux. Outre les vaisseaux biliaires, il y a dans les deux espces une vsicule, O ^ fig. 5, pi. I, et fig. 1 et 2, pi. II, qui verse une liqueur quelconque dans l'estomac. Sasurface intrieure est toute hrisse de papilles coniques, mais elle n'a point de communication directe avec le parenchyme du foie. Il faut que sa scrtion propre soit assez abondante, car elle reoit un fort rameau artriel, de l'une des artres hpatiq'^es. Le canalintesliual est court proportion. Il va asse?direc- i6 jM E m O I R E tement l'anus en restant log dans un sillon du lobe droit du foie. c. Glandes. Le foie, ainsi qu'on a pu le voir, est trs-volumineux, et reoit un nombre considrable d'artres; il se divise longi- tudinalement en deux lobes; sa substance est grenue ; jus- que l il ne diffre pas beaucoup de ceux des autres mol- lusques; mais une circonstance l'en distingue minemment. C'est ce canal qui aboutit l'ouverture situe prs de l'anus; il est marqu y, pi. I,fig. 3, et pi. II, fig. 2. Il n'y a nul doute que c'est de la substance du foie qu'il tire ses branches; c'est un fait vrifi autant qu'il est possible par l'inspection anatomique; il faut donc que ce viscre, outre la bile qui se rend dans l'estomac, spare encore quelque liqueur excrmentielle. En voil le premier exemple dans la nature , et la chose toit assez singulire pour me faire douter long-temps , et pour me faire mettre dans cet exa- men toutes les prcautions possibles. Il n'y a qu'une seule supposition faire qui soit contraire mon ide; c'est que les lobules de deux glandes diffrentes seroient tellement entrelacs, qu'on ne pourroit les distinguer la vue; une partie de ces lobules seroit hpatique, et produiroit la bile; l'autre donneroit la liqueur que le canal en question transmet au dehors. Je sais que Monro , dans son anatomie du calmar qui est la suite de sa physiologie des poissons, regarde aussi l'encre que cet animal rejette comme une production excr- mentielle du foie , mais son opinion se rfute aisment; car gi dans le calmar et dans le poulpe, la glande qui produit SUR LE GENRE D O U I S. 17 l'encre est rapprodie du foie , si elle en est mme enve- loppe, dans la seiche elle est situe dans une partie du corps fort oppose; et dans le poulpe mme o le foie l'en- veloppe, il est ais de l'en sparer, car elle en est distingue par une double membrane. Il y a une diffrence pour ce canal , entre le doris solea et \e dons lacera; dans le premier, il remonte plus haut, et se contourne autour del partie antrieure du foie , avant de s'enfoncer entirement dans sa substance; dans l'autre, il se perd ds le milieu de la face suprieure du viscre. Celui du doris solea cache entirement la vue la veine h- patique; mais celui du doris lacera marche simplement cot, et ne la couvre point. Un peu avant de sortir du corps, ce canal communique par un petit conduit, avec une vsicule marques, dans les figures des deux espces; elle est fort plisse intrieure- ment sans l'tre l'extrieur, et parot un peu musculeuse. Il est probable qu'elle sert de rservoir la liqueur scrte, pour que l'animal puisse ne la faire sortir que quand il le juge propos. J'ai trouv ce canal dans tous les doris , et cependant le doris limbala que j'ai vu vivant, n'a rien fait sortir devant moi, que j'aye pu remarquer. M. Prou croit se rappeler qu'il a vu rpandre quelques-unes de ces grandes espces des liqueurs colores. M. de Bellevue ne parle de rien de semblable , et je n'en trouve rien non plus Jans les auteurs qui m'ont prcd} ce sera un sujet de remarque pour les observateurs, 3 a8 MEMOIRE ' 7." Organes de la gnration. Ils sont composs dans les dorls des mmes parties essen- tielles t|ue dans les autres gastropodes hermaphrodites y avec quelques circonstances accessoires de plus. L'ovaire est cach dans Tpaisseur du foie ; l'oviductus >,^ , est long et tortill comme l'ordinaire; arriv au testicule , il s'y colle intimement, et continue jusqu' sa sortie. Le testicule", est gros et arrondi; dans le doris solea, il a l'air d'tre fait des replis d'un vaisseau blanchtre entor- till de mille manires; dans le lacera , il est creux, mais une partie de ses parois est paisse et remplie de petits vais- seaux sans doute scrteurs de la semence. La vessie, '^ , nomme par Svvammerdam de la pourpre ( mais assez mal--propos, ainsi que nous l'avons insinu l'article de Ffl/^Z/s/a ) , et qui communique ordinairement avec le canal propre du testicule, a ici deux communica- tions ; Yurm , avec le canal que je viens de dire , et l'autre TT , qui va s'ouvrir prs de l'extrmit de la verge. Dans le doris lacera, ces deu: canaux s'unissent en un seul ,^ , avant d'arriver la vessie, ^ ; dans le solea, ils s'y rendent chacun sparment. La verge elle-mme , a. , a , donne en arrire un canaF de communication ,*, ", avec celui du testicule, qui y aboutit fort prs do celui de la vessie , ^, et de Toviducfus/^.. C'est la premire fois que j'ai observ dans les gastropodes ces deux communications en quelque sorte surnumraires. La verge du doris lacera est fort longue; son canal de s U R I. E G E N R E D O U I s. ^^ communication," est trs-mmce; il se i-ctifle -en^, hran d'aboutir au testicule. Dans le solea, elle est mince, aboutit une crosse bourse charnue qui reoit son canal de commu- nication ", avec le testicule. /:'> ' Ce qu'on voit, sans autre incision, de la verge du d'oria lacera, n'en est proprement que l'enveloppe charnue ; la vritable verge est au dedans , en forme de filet , d'un violet ple. Elle se laisse aisment tirer de son enveloppe vers le dehors. Il y a encore une petite vsicule , <^, '^, sans doute ana- logue celle marque Z dans la IV.*" planche de Vapysia, lig. 1 et 2, mais dont j'ignore absolument l'usage. 8. Organes du mouvement. Les faisceaux musculaires sont peu marqus, et tout se rduit un tissu de fibres qui s'entrecroisent dans tous les :seus pour former le piqd et l'enveloppe extrieure du corps. c)." Description comparative des espces. A. Les doris planes. A. Le doris solea, type des doris planes, et dont j'ai dcrit jusqu'ici l'anatomie, comparativement celle du doris la^ cera, se fait remarquer par sa forme oblongue et extrme- ment aplatie. On peut sufiisamment la juger par les fig. r et 2 de la planche II ; elle est longue de 5 pouces 6 lignes, large de 2 pouces. Son pied n'a pas le tiers de la longueur du corps Sa peau ressemble ua cuir par la consistance et le grain. On j io MMOIRE voit des levures peu saillantes mais fort larges, et des rides peu marques. L'toile de ses branchies sort d'un creux ou d'une espce de calice , bord par cinq pointes ou valves saillantes et paisses entre lesquelles passent les rameaux pulmonaires. Cette espce vient de l'Ile-de-France. B. Le doris scahra. Il est presque aussi aplati que le solea ; il est plus petit d'un tiers : sa peau est un peu rude au toucher sans le pa- r tre la vue, ce que les botanistes nomment scaber; ses branchies^ sont dcoupes plus menues , et se cachent plus compltement sous les valves de leur calice , que celles de la prcdente. L^ouverture de ce calice est aussi beaucoup plus petite. La largeur du pied est peine le quart de celle du corps. Cette espce vient de Timor. N. JB. Ces deux doris pourroient former dans la division des doris planes une petite subdivision fonde sur ce qu'elles sont encore beaucoup plus aplaties que les autres, que leur pied est beaucoup plus troit , proportion de la largeur du manteau, et sur-tout cause des dentelures du calice de leurs branchies. Dans celles qui vont suivre, le clos est plus ou moins bomb , le pied presque aussi large que le manteau, et le tour du creux des branchies simple et sans dentelure. La premire fait seule exception pour Fa- plalissement. C. T^e doris maculosa. \ Il est presque aussi plat que le scabra, mais de moiti SURLEGENREDORIS. ai pliispetitct encore plus rude; car les petites pointes courtes qui le rendent pre au toucher, sont aussi, sensibles la vue. Le calice de ses branchies n'a point de dentelures. Sa couleur est un brun fonc, avec des taches irrcgulires noirtres. M. Prou l'a trouv la ba je des Chiens Marins, Gte de la JNouvelle-Hollande. D. Le doris vcrrucosa. Si les raisons que j'ai donnes au commencement de ee Mmoii'e ne suffisent pas pour prouver que c'est ici le vrai doris verrucosa deLinnus, toujours est-il certain que c'est de toutes les espces connues celle qui mrite le mieux cette pithte. C'est aussi celle pour laquelle on a pu le plus facilement prendre la figure de sba queLinnus citCj quoique cette figure reprsente hien clairement un osca- brion. Outre les gros tubercules arrondis etsaillns , et lspetitis qui sont entre les gros, cette espce se distingue encore des autres, parce que ses tentacules suprieurs ne se retirent point dans des creux ou tubes cylindriques , mais sont pro- tgs chacun par deux feuillets charnus , trs-veins leur face interne. Ses branchies sont au nombre de i5 ou 16, et reprsentent autant de feuilles pennes; elles sont toutes spares jusqu' leur base, et ne se runissent point en une grande feuille palme, comme dans d'autres espces , mais tiennent toutes la circonfrence d'un disque circulaire au milieu duquel l'anus saille en forme de petit tube. Les figures 4, 5 et 6 de la pi. I , reprsentent cette espce do grandeur naturelle. On voit la trompe demi sortie daus 2 ]M E M O I R E la figure 6, et l'un des tentacules grossi, avec son enve- loppe, fig. 7. Les individus que j'ai observs toicnt blanchtres, mais ils avoieut t long-temps conservs dans l'esprit-de-vin. Ils vcnoient de rilc-de-Francc. Contracts par la liqueur, ils toient longsd'un pouce;leurs tubercules avoient jusqu' une ligne ou une ligne et demie de grosseur. E. Le doris llmhata, ( PL II , fig. 5 ) Je l'ai observ vivant Marseille, en jtlivse de l'an XI , o l'on m'en apporta deux individus. Son manteau est brun _, marbr de noir, avec un bord troit, jaune-clair tout autour. Ses branchies reprsentent une grande feuille palme dont les folioles seroient ce que les botanistes nomment tripinnatilides , c'est--dire, trois fois dcoupes en lanires, disposes aux deux cts des tiges comme des barbes de plumes. Ces branchies sont noires, except les pointes de tous les folioles qui sont blanches. Lestentacules suprieurs sont en forme de massue; la massue est compose de feuillets enfils; ils sont noirs, et ont la petite pointe blanche. Tout le dessous du corps est noir; mais le pied est lisr de jaune comme le man- teau. Dans l'esprit-de-vin, l'animal se contracte beaucoup, et devient blanchtre. La figure le reprsente grossi d'en- viron un tiers. Cet animal est d'un naturel aussi lent que nos limaces; si on le touche, il retire ses branchies, mais foiblement ; il ondule en marchant les bords de; son pied et de son manteau de mille manires diffrentes; quelquefois il redresse vers le haut les bords de son manteau, comm fait Vapljsie, SURLECriNREDORIS. aS Les matelots de Marseille lui donnent en Provenal ua nom qui quivaut viilva marina. r. Le dorls taherculata , pi. II, fg. 4. En tout semblable au prcdent pour la forme du corps, des branchies, du manteau ; seulement un peu plus grand, ajant environ a pouces de long sur 18 lignes de large; la grande diffrence consiste dans la surface du manteau qui est semblable du cbagrin, cVst--dire, toute couverte de petits tubercules arrondis qui se touchent, et dont les plus grands ont au plus un quart de ligne, mais parmi lesquels il y en a de beaucoup plus petits. Dans la liqueur, les deux individus que j'ai vus toient d'un fauve un peu gristre. Je ne sais quelle estleur couleur dans l'tat de vie. Ils venoient l'un et l'autre de l'le de R, M. de Bellevue qui m'a donn l'un des deux, le regardoit comme le doris ohvelata de Linnseus, mais je crois qu'il y a quelques distinctions tablir sur ce sujet. Ce ne peut pas tre l'animal reprsent parMuUer, Zool. dan. t. 47, fig. I et 2, et copi dans l'Encyclop. mth. vers. pi. 8a , fig. 5 et 4. L'toile des branchies de cette figure est beaucoup trop petite et trop simple ; et les bords du man- teau s'tendent beaucoup trop au-del du pied ; on dit d'ail- leurs dans la description que le corpsest demi-transparent, ce que celui-ci n'est certainement point. Mais il n'est pas impossible que notre animal ne soit le mme que celui {[cFkmcus , App. t. V, fig. GH, que Gmeliu regarde comme synonyme de Vobve/ala. iSaami>ins, le doris 6 w//a n'tant tabli qpe sur- la si MMOIRE description autoptique de Mullcr, on ne peut transporter et nom des animaux dilTrens du sien, sur la simple autorit d'une synonymie trs-probablement errone. Il y a cependant quelque apparence que M. OtJion Fra- hriciiis est dj tomb dans cette erreur; le cZom qu'il re- prsente, Mm. de la soc. d'hist. nat. de Copenhague, t. IV, pi. V,fig. 1 et 2, ctqu'ilcroit ro6ve/a/a, est trs-voisin du notre, si ce n'est pas le mme. G. Le do/is stellata. ginu H. Le d&ris jnlosa. gm. I. Le do/is tomentosa. m. M. Flcuriau de Bellevue qui a bien voulu m'envoyer ces petits doris, s'exprime ainsi leur sujet, dans les notes intressantes qui accompagnoient son envoi. Ces animaux se trouvent sur les ctes de la Rochelle , tantt blancs , demi-transparens, tantt d'une couleur w fauve ou gris de lin ou cendr, et ne passent gure la )) longueur de 3 centimtres. Leur corps n'est point plat, comme l'indique le carac- tre du genre , mais trs-bomb , etc. Les branchies forment une toile frange qui occupe toute la partie postrieure, c'est--dire, le tiers de la longueur de l'animal. Les tentacules ont prs d'un centimtre : leur moiti )) antrieure est en forme de plumet rond et fauve; le reste est uni , blanc et transparent. Ils sortent d'un tui court et lascini, qui parot seul quand ils sont replis. SURLEGENREDORIS. aS La bouche fendue verticalement se prolonge en forme de trompe, quelquefois au-del du manteau. Je n'ai pu )) apercevoir les yeux, )) L'organe de la gnration est, comme dans les limaces, du ct droit, sous le manteau, peu de distance du tentacule. Il consiste en un corps saillant , sortant d'un trou plus grand que ce corps; ce trou est ouvert post- rieurement. Ces animaux rampent sur leur pied et s'attachent assez fortement par son moyen, mme sur le vernis de la )) fayence , facult qui leur permet de rsister l'action des flots. Ils nagent aussi , mais d'une manire curieuse. Leur )) position, dans ce cas, est inverse de la prcdente. Le )) pied, tendu au-dessus de la surface de l'eau, devient )) un peu concave, et s'alonge en forme de gouvernail, tandis que leurs tentacules, et sur-tout le dveloppement de leur manteau les fait avancer comme un bateau la rame, ou plutt comme une barque ponte et sans mts. )) C'est aussi la manire de nager de la tritonie. )) Mis dans l'eau douce, ils replient leurs tentacules, et presque toutes leurs branchies, et s'enveloppent entire- ment de leur manteau; ils y meurent bientt aprs. Ils perdent prs de la moiti de leurs dimensions dans l'eau de vie. )) Ces animaux, sans tre communs, ne sont point trs- rares sur notice cte ; j'en ai eu successivement jusqu' six, )) qui ont vcu plusieurs jours. Le plus petit que je vous remets parot dpourvu de tubercules ; il ressembloit d'ailleurs tellement aux autres, que j'attribue cette diff- rence ce qu'il est encore jeune, etc. n 4 26 MMOIRE J'ai cru apercevoir entre les animaux envoys par M. de Bellevue, des diffrences qui , si elles ne sont pascerlaine- ment spcifiques, ont pu le parotre aux naturalistes qui m'ont prcd , et que je crois avoir motiv la distinction entre le cloris stellata et \cpilosa. Les individus que je rapporte au premier, sont un peu moins bombs, plus bruns, et leur manteau est recouvert de petits tubercules arrondis ; ceux que je rapporte au second, sont beaucoup plus bombs, tout--fait blancbtres, et leurs tubercules sont en cnes alongs, flasques et retom- bans, de manire reprsenter des poils. Je leur trouve aussi neuf feuilles aux branchies, tandis que les autres me paroissent n'en avoir que sept. La figure de Bomm, Mm. deFlessingue, tome III, fig. 4, que Gmelin cite sous JD. stellata , se rapporte trs-bien nos premiers animaux. Quant au petit individu dontM. deBellevueparle la fin de sa note, il a le znanteau plus dbordant le pied, et sa sur- face est tout--fait couverte de ce tissu un peu laineux au tou- cher, et comme feutr , que lesbotanistes nomm-ewi superficies /o;7ze7z/osa. Ses branchies sont entirement rentres et ca- ches dans leur calice, ce qui n'arrive pas une des autres espces. Je crois donc encore pouvoir hardiment le considrer comme une espce part. K. Le doris lvis. Il n'y a au lieu de tubercules que de petits points blan- chtres sensibles la vue plus qu'au toucher. Le corps est plus oblong, plus convexe dans le sens de l'axe^ et les ten- SURLEGENREDORIS. 27 tacules plus longs que dans les trois espces prcdentes. La grandeur est peu prs la mme. La couleur est blanchtre autant qu'on en peut juger dans la liqueur. Il y a aux bran- chies neuf feuilles bien distinctes. M. Homberg l'a observ souvent aux environs du Havre. B. Les Dorts prismatiques. L. Le doris lacera. Suffisamment dcrit au commencement de ce mmoire , surpasse de plus du double en grandeur tous les autres doris prismatiques. M. Prou l'a rapport de Timor, ainsi que les deux espces suivantes. M. Le doris atro-marginata. Mrite bien ce nom par la ligne troite, d'un noir fonc, qui rgne sur tout le pourtour de l'arrte qui distingue le dos des flancs. Le reste du corps est blanchtre j la partie postrieure finit en pointe aigu. PI. II , fig. 5. N. Le doris pustulosa. Tout le corps est blanchtre et garni de papilles larges trs-peu leves, dont le milieu est marqu d'un point en- fonc. La terminaison du corps est arrondie. Je laisse M. Prou donner plus de dtails sur ces espces , ainsi que sur la multitude d'autres mollusques et zoophjtes qu'il a dcouverts. MEMOIRE Sur la ScYLLEE, /'EoLiDE et le Glaucus, avec des additions au Mmoire sur la Tritonie. i. Observations sur le genre Scylle. Jr EU de mollusques ont t dcrits jusqu' pi'sent d'une ma- nire plus vague et plus contradictoire que la scjUe'e. Se'ha, qui paroit en avoir parl le premier, en i'y34^Ia pi'it pour un jeune d'une espce de lophins ^ et dans celte ide sin- gulire , il la fit reprsenter le dos en bas et le ventre en haut, afin que les branchies se trouvassent places peu prs comme des nageoires de poissons. ( Voyez Sb a , Ths. 1. 1 , pi. LXXIV, fig. 7 , p. iig, n." 7 ). Au reste sa figure est si mauvaise, qu'il falloit que Linnus ft presque devin pour y reconnoitre notre animal. Ce grand homme ayant trouv divers individus de scjlle dans le caljinet du prince de Sude, les indiqua , en 1754, sous le nom de livres de mer., et tout en les laissant avec les lo- phius , tmoigna quelques doutes sur l'origine que leur attri- buoit Sba. Credo eos esse ex gnre zoopliytorum ; at Seha statuit esse Jiuj'us lophii f twnidi J pullos uti gyrini sunt rajarimi, quodautoptis invivis excutienduni relinquo. ( Mus. Adolph, Fred. p. 5>. J Osheck^ l'un des premiers disciples de Linnaeus, ayant ob- serv cette espce dans l'ocan Atlantique , en 1752, en pu- i a S U R L A S C Y L L E, hlia une bonne description dans la Relation de sou voyage imprime en 1757. Il tmoigna, comme son matre, Leauconp de doute sur ce qu'en avoit dit Sha^ et rtablit la vraie posi- tion de l'animal, en regardant comme le ventre la partie o rgne un sillon , et comme le dos , celle qui porte les branchies qu'il nomma nageoires. Il ajouta cependant en noie: iAPeiit- tre auvois-je bien fait de dire , au lieu des antennes , les mains ^ et au lieu des nageoires les quatre pieds, f Osheck , Voy.laCliine,p.3o6derd. sud., et3o2 del trad. allem.^ Nanmoins Zy/77<3?.y introduisant, cette anne-l mme i']^']^ noti'e animal pour la premire fois, dans sa dixime dition , comme un genre devers, et sous ce nom de sejlla qui lui est rest depuis , se conforma encore au renversement opr par Se'ba , et lui donna pour caractres le dos creus d'un sillon y au moyen duquel il s attache aux fucus , et trois paires de bras. Ces prtendus bras ne sont autre chose que les tenta- cules et les bi'anchies. C'est ce qu'on peut appeler dcrire un; animal absolmnent l'envers. Il n'y eut aucun changement dans la douzime dition , qui est de 1766. En 1775, il parut dans les descriptions d'animaux faites en Orient par Forskahl , celle d'une scjlle trouve dans la mer rouge , prs de Ghomfod. L'auteur ne la croyant pas abso- lument la mme que celle de Linnus, cause de quelques expressions peu exactes de celui-ci , lui donna un nom spci- fique particulier: Se. glomfodensis. Il ne proposa aucun chan- gement dans les caractres du genre, et cependant il dcrivit l'animal comme l'avoit fait Osbeck , et comme le feront tous- ceux qui le verront vivant ; je veux dire qu'il rendit les tenta- cules et les brauchies au dos , et qu'il regarda le sillon comme LE G L A U C U S, cic. 3 le pied. Abdomen canaiculatum expans'de ut limacum. Illius ope in fuco rpit. '>> f Vovsl.. descr. an.arab.j). io3J. Pallas , qui n'en dit qu'un mot, en 1778 (dans ses Mis- cellanea , p. 73 , note ) , y prouva cependant qu'il loit du sentiment de Forskahl. Pes limacum glutinans , cui suc- y> cedaneus in scjlla sulcus. Qui croiioit , d'aprs cela, que Gmelin laisse encore le ca- ractre du genre , comme l'avoit donn Linnus , et qu'aprs avoir dit , sans tmoigner aucun doute , que le scjUa pela- g'ica s'attache par le dos aux fucus, il copie, pour le scjlla ghomfodensis , la description de Forskahl o le nom de dos est donn la partie oppose? Il a t imit aveuglment par tous les faiseurs d'abrgs. Forskahl avoit laiss de son scjlla deux bonnes figures (Ic.pl. XXXIV, Ce); mais JSiehuhr ^ son diteur, ne les reconnut pas , et , dans l'explication des planches de ce voya- geur , il les raj)porla une espce ^ alcyon. Aussi personne depuis ne les a ni reconnues ni cites , et Bruguires , qui copie toutes les figures de Forskahl., iglige prcisment celles-l. Il ne parle mme point du tout de la scylle dans le tableau qui prcde le Dictionnaire des vers de l'Encyclopdie mthodique. J'ai donc t oblig de donner une nouvelle description de la scylle faite sur nature , avec une nouvelle figure. L'une et l'autre ont paru en l'an VI, dans mon Tableau lmentaire., p. 388, et pi. IX,fig. 4; et quoique je n'eusse point vu alors ce qu'avoient dit Osheckei Forskahl., je m'tois rencontr avec eux dans la manire de considrer l'animal , la seule qui puisse indiquer son vritable or die et n'en pas faire un monstre. Mais nos naturalistes n'ont pas fait grande attention ce ren- I * 4 S U R L A S C Y L L E , seignement. M. de la Maick a pass entirement la scjlle dans son Systme des animaux sans vertbres , parce qu'il a cru pouvoir la laisser parmi les tritonies , ce qu'il m'a fait l'honneur de me dire verbalement : c'est en effet avec ce genre qu'elle a le plus de rapport. M. Bosc a chang entirement le caractre du ^enre scjl/e, dans son Histoire des vers , t. I,p. 85j mais tel qu'il l'arrange, ce n'est plus aux animaux de Liniiiis, d'Osbeck et de Fors- kahl qu'il convient. C'est un mollusque diffrent , dont nous parlerons bientt , qui n'est autre que le ^laiicus de Foi^ster et de M. Blinnenhach^ et le doris radiata de Gmelin. Aussi M. Bosc ne range-t-il que ce glaucus sous son genre scjlle , en le nommant scjlle nacre. Il semble avoir pressenti son erreur , puisqu'il dit, p. 88 : La description ( de celte pr- tendue scjlle nacre ] parotra sans doute assez dtaille pour que les naturalistes qui ont t porte de voir la vritable scylle plasgique de Linnoeus , puissent juger ^> s' il peut lui tre runi , ou s'il doit faire un genre part avec espce de Forskahl. Ce n'est ni l'un ni l'autre. L'espce de Forskahl doit rester avec la scjlle plasgique dont elle ne diffre point, et le glaucus doit rester spar. Devenu plus hardi avec le temps , M. Bosc va bien plus loin encore dans le Dictionnaire de Dterville ^ t. XX, p. 2^6. sy Aujourdhui donc , dit-il , on peut rejeter comme incertaine la scjlle plasgique de Linnus ^ et regarder les scj lies comme bien distingues des tritoines , puisque leur anus est latral^i tandis quil est dorsal dans ces dernires. Ce passage est vraiment fait pour tonner de la part d'un aaluraliste aussi savant et aussi exact que M. Bosc. Premire- LE G L A U C U S, etc. 5 ment il n'y a rien d'incertain dans un animal dcrit par deux hommes tels que Osheck et Forskahl, sans parler de moi. En second lieu, le caractre donn par M. Uosc ne distingue ni les vritables scylles de Linnreus, ni celles de M. Bosc lui-mme, c'est--dire les glaucii s , du. genre des tritonies ; car toutes les tritonies que j'ai examines ont l'anus latral , comme les deux autres genres ; et comme c'est moi qui ai lait le genre tritonie , on peut bien s'en rapporter moi sur les espces que j'y fais entrer. Ces claircissemens toient d'autant plus ncessaires , que celte interversion involontaire de nomenclature faile par M. Bosc , si lidle pour l'ordinaire aux principes poss cet gard par Liimus , a dj t suivie par ceux qui ont crit depuis lui. Le glaucus reparot sous le nom de scjlle , dans le Voj ge aux lies dAf ruine , de M. Bory-Saint- Vincent ^ tome I, p. i36, et Atl. pi. VI,fig. I, A, B, et dans un ouvrage trs- bon d'ailleurs, \ Histoire desynoUusqnes de M. de Boissj, tome V, p. i55. Ce dernier va mme jusqu' dire , p. i56 , que la scjlle plasgir/ne na. point t revue depuis Linnus , quoi- qu'il puisse voir journellement la ligure que j'en ai publie , et que l'original soit expos tous les yeux dans notre Musum, o je l'ai dmontr plus d'une fois^ dans mes cours publics. Il n'y a point douter que si quelque faiseur de systme , soit des animaux en gnral , soit des mollusques en particu- lier, toit venu s'en mler, le mal n'et bientt t sans re- mde , et que la trace de ce que Linnus a entendu par scyl- le ne se lt pi-esque entirement efface. J'espre du moins qu'aprs les dtails o je vais entrer , les rdacteurs d'ouvrages gnraux deviendront plus atlentils. SURLASCYLLE, 2." Description extrieure de la scjlle. La scylle reprsente, fg. i , par le ct droit 5 fig. 3 , par le ventre; lig. l\, parle dos, et fig. '^ , suspendue par le pied un rameau \x fucus natans ^ est un mollusque dont l'enve- loppe extrieure est glatineuse et demi-transparente. Son corps est comprim latralement , et plus lev au milieu qu'en avant et en arrire , s'abaissaut de part et d'autre pour former la tte et la queue. Celle-ci est plus comprime encore que le reste. La face infrieure ou le pied est creus dans presque toute sa longueur d'un sillon profond, H, H, fig. 1 et 3, dont les bords sont renfls, et par lequel l'animal embrasse les tiges des fucus auxquels il a coutume de rester ainsi attach ou sus- pendu, apparemment pour rsister aux vagues, ce qui n'em- pclie pas qu'il n puisse aussi les quitter quand il veut; car c'est volontairement qu'il y adhre , et non parce qu'il s'y colle comme les hutres aux rochers. Linnus , tromp sans doute par la position renverse dans laquelle la scjlle se suspend quelquefois , a pris , comme je l'ai dit, ce pied et son sillon pour le dos de l'animal. De l ces expressions : corpus se affigens^ dorso caiiiculato ; et ces autres : dorsutn longitudinaliter canaliculatum ,fos- sul crenatd ^ qu fuco affigitur quiescens :, par o il vou- loit dire seulement qu'elle s'attache ainsi dans le temps du repos ( quiescens pour duni quiescit) , mais non pas qu'elle se fixe pour toujours. Les autres naturalistes, h commencer par Fors kahl, ont pris ces mots dans le dernier sens ; et c'est ce qui a fait mconnotre ce voyageur la scjlla pelagica , et ce qui a induit en er- LE GLAUCUS, etc. j reur tous ses successeurs. Gmelin a achev de rendre la vrit inconnoissaLle , en donnant au scjlla pelagca l'pilhte fixa^ et eu l'opposant celle de vaga qu'il donne au scjlla ghoTufodensis. Osbeck avoit cependant dit positivement : en dessous est > un sillon par lequel elle peut embrasser le fucus en long ou en travers , avec sa partie postrieure ou avec l'ant- Heure. y> Ce qui indiquoit bien qu'il n'enteudoit point qu'elle Ee fixt pour toujours. En avant du sillon se volt la bouche, qui est petite , dirige en bas et entoure par devant d'un bourrelet en forme de fer cheval. ( Voyez G, fig. 3.) La tte est fort peu apparente: elle porte deux tentacules ( A, A, lig. i , 3 et 4} comprims , en forme de larges feuilles ondules, ovales, plus troites ti leur racine. L'animal peut les alonger plus ou moins. Leur bord antrieur est double, et dans le fond de la duplicature est un petit tubercule conique qui peut aussi s' alonger un peu. Ce sont ces tentacules que Linnus appelle prinuim par bracldorum sub ore , minus rotundius.yi Osbeck les nomme des antennes , et les dcrit trs-bien. Toute la face qui forme le dos est troite , plate et distingue des deux faces latrales par des arrtes prononces. De ce dos partent deux paires d'ailes membraneuses, B, B et C, C, ovales , ondules, tlexibl es dans tous les sens, au moyen de leurs fibres propres , comme le sont presque toujours les di- verses parties des mollusques. La premire est un peu plus grande que l'autre. Sur la queue est une crte, D , ordinairement simple , uu peu moins leve que ces ailes , mais flexible et onduleuse comme elles. Sa partie antrieure est quelquefois double. 8 SURLASCYLLE, Sur la face interne des quatre ailes , sur le dos lui-mme , et sur les cts de la partie antrieure de la crte caudale, sont les franchies , qui ressemblent de petites houppes touffues , de filamens trs-dlis, que l'animal contracte une fois qu'il est hors de l'eau, mais qu'il tend dans l'eau de manire les faire ressem- bler une fort de palmiers ^ selon l'expression de ForskahL Du reste , ces houppes sont comme semes sans rgularit. Les ailes sont la seconde et la troisime paire de bras dans Linnus , et les houppes , qu'il n'aura vues que dans l'esprit-de-vin et contractes , sont nommes par lui des pa- pilles. Il n'attribue positivement de ces papilles qu' la premire paire d'ailes, et dit simplement de l'autre: tertium siimle priori , c'est--dire , aux tentacules. C'a t l une seconde source d'erreur pour ForskaJd; trou- vant sa scjlle de la mer P.ouge des houppes aux quatre ailes et point de papilles, il la crut spcifiquement diffrente, et ce fut d'aprs sou ide que Gmelin construisit ce carac- tre erron qui a tromp tout le monde : Se. vEhXGicx, Jixa,te7itaculis ejtremis similibus, mediis papillosis. Mais la preuve que la scjUa pelagica ne diffre point non plus cet gard du ghomfodensis , c'est que Osbeck, dont l'ani- mal est bien le scjlla pelagica^ de l'aveu e Linnus mme, ntabht aucune diffrence entre les quatre ailes , ou nageoires, comme il les appelle. Eu effet , toutes les scjlles que j'ai vues , non-seulement de la mer rouge, mais de l'Ocan et de la mer des Indes, ont leurs branchies comme je les ai dcrites ci-dessus. Je me crois donc autoris rejeter l'espce du scjUa ghomfo- densis , ou dire au moins que son nom ne vaut rien, car on la trouve partout. LE GLAUCUS, etc. 9 Les faces latrales de la scjlle sont les plus tendues : ou y voit quelques tubercules peu saillans qui paroissent le plus souvent au nombre de cinq , rangs sur une ligne droite. On remarque de plus, au ct droit, l'orifice de l'anus, F, fig. i , qui est vers le liant, entre l'aile antrieure et la postrieure , et l'orifice commun de la gnration , E , qui est vers le bord infrieur, plus en arrire que les tentacules. La longueur de la scjlle va jusqu' deux pouces. Il y en a de beaucoup plus petites. Vivante , elle est , suivant Forskahl, jauntre, pointille de rousstre ; il y a au bord du dos et de la queue une ligne de points bruns , au milieu du dos une de points bleutres. Il y en a aussi sur les flancs quelques-uns de cette dernire couleur. Les individus que j'ai observs dans l'esprit-de-vin , toient tous uniformment blanchtres ou jauntres. Ce mollusque paroit rpandu dans beaucoup de mers. Nous avons vu qiiOsbeck l'a trouv dans l'Ocan Atlantique, la hauteur des les du cap Verd , et Forskahl dans la mer Rouge j nous pouvons ajouter que les compagnons de Baudiii l'ont vu proche la terre d'Edels , cte sud-ouest de la jyowelle-IIol- lande. 3. Observations anatomiques sur la scjlle. Forskahl dcrit ainsi les intestins vus au travers de l'enve- loppe : Intestina translucent in laterihus ; sub collo jilum labjrinthiforme albidum, et globus albus; deinde globuli trs majores srie longitudinali aurantii coloris. >,<, Ces globules et ce fil se voient en effet: les premiers sont le foie et l'ovaire ; le fil est la verge. 2 10 s U R LA se Y L L E, Osheck a aussi vu cos globules , mais il a cru que c'toient les parties de la fruclilicalion au fucus natans^ avales par l'animal. Nous reprsentons les viscres de la scjlle dans leur situa- tion naturelle , iig. 2 , et dvelopps , fig. 5. a est la masse de la bouche 5 / , le cerveau ; c , l'sophage ; f/, le gsier ; terre, distances peu prs gales du Cap et de lile de Tristan d'AcunJia , le nomme comme M. Bosc. Enfin nous savons que les autres compagnons de Baiidiii l'ont encore pris dans le sud du canal de Mosambique ; en sorte qu'il paroit exister peu prs dans toutes les mers chaudes et tempres. N'ayant point vu nous-mme cet animal , nous nous bor- nerons en communiquer, fig. II, un nouveau dessin qui nous a t donn dans le temps par M. Homberg , et retra- cer les caractres qui le distinguent des scj lies et des tritonies dont il se rapproche sans contredit plus que des autres genres. Son coprs est plus grle; il se termine par une longue queue, i4 s U Pt L A s C Y L L E, ce qui l'a fait comparer une salamandre. Son anus et son orifice de la gnration sont placs sur le col, comme dans les scjUes et les tritonies. Il a quatre petits tentacules co- niques comme la limace , et non pas deux branclius comme la tritonie j ou deux comprims comme la scjlle. Enlin ses branchies ont une forme qui n'est qu' lui. Elles se composent de lanires troites , disposes en ventail comme les feuilles de certains palmiers, et servent de nageoires eu mme temps que de branchies. Leur position est horizontale, tandis que la scjlle et la tritonie ont les leurs redresses , la premire en forme de larges feuilles, et la seconde en forme d'arbres ou de panaches. Feu Reinhold Forster a donc t parfaitei>ient autoris rtablissement du genre glaucus , et il n'y a point de raisoi valable pour changer ce qu'il a fait. Il n'y a mme qu'une lettre ajouter au caractre qu'il a fix; c'est hranchiis pabnatis , et non hrachiis , qu'il faut dire. Il faut aussi en laisser le nombre indfini. La plupart des glaucus qu'on a observs n'en avoient que trois paires, et quand mme celui de Forster en auroit rellement eu. quatre , ce ne seroit pas une diffrence gnrique. Le glaucus a tout le corps du plus beau bleu cleste , de- venant plus fonc aux extrmits des lanires de ses branchies. Le milieu du dos est d'un beau blanc nacr et bord de chaque ct d'une raie d'un bleu fonc. Ou voit en dessous une tache brune qui est probablement produite par le foie vu au travers des enveloppes. Il paroit que sa grandeur varie depuis un pouce jusqu' deux. L^espce la plus coirmiune pourroit se nommer glaucus hexapterjgius ^ si celle de Forster a rellement huit branchies , LE G L A U C U S, etc. i5 on la iiomineraoc/oyy/e'/;^;5'/5. Dans tous les cas, le nom spci- fique d^atlajiticus ne lui convient pas , puisque l'autre g^/^uc/i^y est aussi dans l'Atlaulique , et qu'il paroit que le genre est dans toutes les mers. 5. Sur le genre Eolide. De cette runion indigeste laquelle Gmelin avoit , contre toutes les rgles d'une nomenclature raisonnable, tendu le nom de doris , nous avons dj dmembr et dcrit en dtail, 1. Les doT'is vritables qui ont deux tentacules en dessus, deux en dessous d'un manteau plus ou moins tendu, en forme de bouclier, et les brancbies autour d'un anus plac sur l'ar- rire du dos. 2. Les fr/Vo7e.y qui ont deux tentacules en dessus seulement, les brancbies en forme d'arbres plants le long des deux cots du dos , et l'anus sur le ct droit. 3." Les glaucus qui avec l'anus des tritonies ont des bran- chies palmes , places des deux cts comme des nageoires , et quatre tentacules coniques la tte , sans manteau distinct. Les e'olides ne mritent pas moins que tous ces mollusques de former un genre part : elles ont quatre et quelquefois six tentacules coniques la tte, et manquent de manteau comme les glaucus^ mais leurs branchies ont une forme particulire. Elles rer rsentent des cailles ou des tuiles, et sont ainsi cou- ches sur un ou plusieurs rangs , le long des deux cts du dos. J'avois indiqu ce dernier caractre ds l'an VI , dans mon Tableau lmentaire, p. 388, o je proposai, pour la pre- mire fois , de subdiviser le genre doris. i6 SURLASCYLLE, Nanmoins, MM. Delamarck el de Pwissy ^ qui ont adopt lion genre tritonie , n'ont fait aucune mention des oLides . et ^l. Base laisse les espces connues de ce derniei' genre dans celui des irtonies. Linnus parot tre le premier qui ait dcrit une olide , d'aprs Martin, l'un de ses lves qui l'a voit trouve dans la mer de IXorwge ; c'est le Umax papillosus del faujia pie- cica , 2/ dit. de 1^61. Il n'en dit autre chose, sinon qu'elle est grande comme im grain de riz , toute cowej^te en dessus de petites papilles aigus et molles^ avec quatre grands ten- tacules. Baster en dcrivit, l'anne d'aprs, 1762 ( opuscula sub- cesiva , , 81 , pi. X , f. i), sous le nom de r/om, une des cotes de Hollande , longue de deux pouces, ayant aussi quatre ten- tacules ,1e milieu du dos nu , et les cots couverts d'une trs- grande quantit de petites cailles molles; le pied large et plat. En 1766, Linnus regarda l'animal de B-asier comme le mme que le sien , et les runit ( Syst. nat. d. XI ) sous le nom de Umax papillosus , demandant toutefois si ce ne seroit pas plutt un doris. En 1770 , Gunnerus ., vque de Drontlieim , redonna l'ani- mal de Baster sous le nom de doris hodoensis ( Mm. de l'ac. de Copenhague, tomeX, p. 170, pi. sans n.*',fig. i r3;cette dernire tig. est copie, Encycl. vers. pi. 82, (ig. 12). C'toit sur les cotes de Norvv'ge qu'il l'avoit trouv. Gmelin runit ces trois synonymes sous son doris papillosa , et quoique celui de Linnus paroisse dj diffrent des deux autres , il y en ajoute encore deux, non moins diffrens, savoir : le Umax minimus de /^or.yAaA/ (desc. anim. Arab.p. 100, n. 5 , et ic. XXVI , H h i et h 2 , copi, encycl. pi. 82 , lig. 10 et LE GLAUCUS, etc. a5 II), trouv dans la MditeiTane , quatre tentacules, trs- petit comme celui de Linnus , milieu du dos nu comme celui e B aster eie Gunner,ma\s cailles beaucoup moins nombreuses , et pied en forme de sillon ; et la limace pi- neuse de Domm [Wn\. de Flessingue, tome III, fig. 2) des ctes de Hollande , aussi trs-petite , do^ entirement garni d'caills peu nombreuses et six tentacules. Au tort de confondre ainsi au moins trois espces , il ajoute celui de doubler une des trois, celle de Forskahlj car, aprs en avoir rapport la figure sous doris papillosa^ il en cite la description comme fondant sur elle l'espce du doris minima. Outre ces olides mal distingues entre elles, les auteurs en ont dcrit deux qui nous paroissent suffisamment dtermines , savoir : i. Le Umax marimis^ Forsk. ic. XXVI. G i etg 2 , copi dans l'Encycl. p. 82 , fig. i3, doris fasciculata^ Gmel. Il a quatre longs tentacules et des cailles minces presque comme des poils. 2. La deuxime , limace de mer pineuse de Bomm , Mm. de Fless. III , fig. 3 , doris pennata , Gmel. Il a quatre tenta- cules , et de cbaque ct une seule range de neuf cailles. On n'en a vu que de fort petits individus. On trouve de plus une espce que je ne rapporte aux olides qu'avec doute : c'est le Umax tergipes de Forskahl , descr. an. p. 99 , n. 45!^- XXVI ,fig. 4j copi Encycl. pi. 82 , fig. 5 et 65 doiis lacinuhita^ Gmel. Il a quatre tentacules , et de chaque ct de sou dos cinq prominences en forme de massues creuses au bout , et dont il peut se servir pour marcber , comme de son pied ordinaire. U faudroit un nouvel examen pour assigner la place de ce 3 26 s U R L A s C Y l. L E , singulier et trs-petit mollusque , qui doit probableiueiU faire encore uu genre part , et qu'on pourroit nommer tergipes. Nous n'avons vu qu'une seule olide^des cotes tleia Mauche, qui nous a t donne par feu M. Thodore Iloinberg. Elle ne ressemble compltement aucune des prcdentes^ niais il est probable que cela tient l'imperfection avec laquelle on les a dcrites. Voulant viter ce reproche pour la ntre, nous al- lons entrer son gard dans tous les dtails possibles. Nous la reprsentons, lig. 12 , par le dos, et, fig. i3, obli- quement par le ventre et le cot droit. Son corps est oblong et son pied troit, en forme de sillon , avec deux bords. rentls et onduls 5 les flancs relevs vertica- lement rendent le corps presque quadrangulaire. La tte est peu renfle ; la bouche borde d'un rebord charnu en forme de fer cheval. Les deux tentacules infriem's sont au-dessous de la bouche, entre elle et le commencement du pied , se joi- gnant transversalement l'un l'autre et sont creuss en dessous d'un sillon dans presque toute leur longueur. Les quatre ten- tacules suprieurs sont alongs, coniques, pointus; deux au bord suprieur de la lvre ; deux un peu plus en arrire. Les^ lames branchiales commencent peu aprs ceux-ci : elles sont oblongues et aplaties comme des rubans ^s et termines en pointe mousse. Ceux qui les ont reprsentes courtes comme des cailles , ne les avaient vues que sur l'animal hors de l'eau. Elles n'adhrent qu'aux cts du dos : le milieu est nu , plat , un peu gonfl au milieu o est la place du cur. Le nombre des lames va quinze ou vingt de chaque ct. Elles paroissent peu prs disposes sur quatre rangs. Un gros tidjercule du ct droit, perc d'un trou, est l'orifice commun de l'anus et de la gnration. Mon individu, conserv dans l'esprit-de-vin , n'a qu'un pouce de long , et parot d'un blanc uniforme. LE GLAUCUS, etc. 27 6.0 Supplment au mmoire sur le genre Trkonm et dbrouil- lement entier de l'ancien genre Doris. Malgr toute l'attenlion que nous portons la recherche de ce qui a t dit avant nous par les naturalistes sur les objets qui nous occupent , il est presque impossible que dans cette foule de mmoires spars , rpandus dans les collections aca- dmiques ou dans les journaux, il ne nous en chappe de temps en temps quelques-uns. C'est ce qui nous est arriv par rapport notre tritonia Ilombergii. Nous regardions ce mollusque comme peu prs nouveau, et cependant Fabb Diquemare en a donn une belle figure [Journai de Physique , octobre iy85 , pi. Il ] : il la nomme limace de mer palmifre. Son individu , pch prs du Havre ^ toit beaucoup plus grand que les ntres, car il avoit huit pouces de long. Nous recueillons de sa description que la couleur naturelle de ce mollusque est cuivre. Cette espce est donc le gant du genre ; car toutes celles que l'on trouve dans les autres auteurs sont beaucoup plus petites. Nous donnons aujourd'hui, fig. 8, 9 et 10, celle qui en ap- proche le plus pour la taille; elle vient aussi de la Manche , et c'est encore au zle infatigable de feu M. Thodore Hom" herg que nous la devons. Sa grandeur naturelle n'est que d'un tiers moindre que dans les figures. Son corps est mou , un peu glatineux , lgre- ment comprim latralement; son pied est en sillon avec des rebords onduls. L'expansion membraneuse du dessus de la bouche, au lieu de deux lobes crnels , eu forme quatre , di- a8 SURLASCYLLE, vis en petites lanires comme des arbres. Les tubes d'o sor- tent les tentacules , ont aussi leurs bords diviss en languettes denteles ; les tentacules eux-mmes sont coniques et stris transversalement. Les brancbies ne forment pas deux sries continues , mais cinq touffes de cbaque cot ressemblant de jolis buissons pais. Les premires touffes sont les plus fortes: les autres vont en diminuant. L'anus et l'oriice de la gnra- tion sont placs comme dans la tritonie d' Ilomherg. L'iut- | rieur lui ressemble galement, et surtout les mchoires, en I forme de ciseaux de tondeur. Toute comparaison faite, je crois que la limace de mer, portant comme des cornes de cerf, de Bomm{ Mm. de Fles- singue, tome III, Cg. i ) ^doris cervina^ Gmel., n'en est qu'un trs-jeune individu , car elle a absolument les mmes caractres. Je pense aussi que le tliethjs aiiricidis duahus elevatis^ cor- nibiis dorsi ramosis de Strcem ( Mm. de Tac. de Copenh. X, pi. V, fig. 5 , copi Encycl. pi. 83 , fig. i ) , doris arhorscens de Muller et de Gmelin , laiss mal propos parmi les vrais doris par M. Bosc. n'en est qu'un individu un peu plus g, et mal reprsent. Je la nommerai donc iritonia arhorscens. Une troisime espce 4e tritonie bien dtermine , mais que nous n'avons pas vue, est celle de Bomm, Mm. de Fless. I, pi. III, doris coronata, Gmel. Elle a des tentacules liliformes, rentrant dans un tui, une lvre simple et six arbres bran- cbiaux de chaque ct. Quant au doris claigera de Gmelin etde3Inller, Zool. dan. I, pi. 17 , fig. I 3 , copi, Encycl. pi. 82 , fig. 7 et 8, il nous parot diffrer des tritonies prcdentes par les quatre petites houppes qu'il a sur le milieu du dos en arrire, moins que ce ne soit une inadvertance du dessinateur. I '^^*6.z?@^:g DO HT S. PL.l. ivier del- Ficj.3. Fi^.4. DORIS VL.n. Cuoier .del . Fm./>\^' Fn/.J- 7. ^cvWiViK pela<2^ioa, et son ai\?dm\i.o .J'/i/. t'>-7n Tritoiiia m^borosoeus J^z-f.jz. CylavicT-is liexapteTvQ^'iiis . //ir/. /^ -y',?. Eolis . L E G L A U C U S, etc. 29 Le (loris aiiricnlata , Gtnel. et INIuller j thethys auriculis duabus, etc. de Str7i , Mui. de l'ac. de Copeuh. tome X, p. 16, pi. V, tg. 6 , copi dans l'Encyclopdie , pi. 83 , Gg. 2 , dif- fre encore davantage par ses branchies de deux sortes, et doit trs-proLablenient faire un genre. Enfin, aprs tous ces dmeniLremens , il reste dans le genre doris de Gnielin, le doris quadrilineata , Mull. Zool. dan. pi. 1^ ,lig. 4 6, copi Encycl. pi. 82 , fig. i4 15, qui Lien cer- tainement doit encore faire un genre particulier. Il y avoit donc vritablement neuf genres confondus et m- langs dans ce grand genre doris ^ tel que l'avoit compil Gnielin , savoir : Les doris ^ les tritonies, les glaiicus^ les olides^ les ter- gipes , les cai>oli?ies (i) et les trois que nous venons d'indiquer , sans vouloir encore leur donner de nom , parce que nous les connoissons trop peu. (i) Doris peregrina et affinis , Gmel. Carolini. Polip. mai". 5. p. 190. t. 7. f. 5. Copi Eucycl. vers. pi. 85. fig. 4 et 5. MEMOIRE Sur le aenre thethys et sur son anatomie. Uans l'tat d'imperfection o se trouve encore le Sjstema natur , malgr tous les efforts des hommes de mijle qui travaillent depuis cinquante ans l'enrichir et le rendre plus correct , j'ai toujours pens qu'il toit plus utile la scieuce de rectiiier les ides fausses ou confuses que l'on se fait des espces anciennes, que d'entasser sans rgle et sans choix des espces nouvelles qui , lorsqu'elles ne sont pas dcrites avec plus de prcision que les autres, loin de rien claircir, ne servent qu' augmenter le dsordre, et qu' le rendre plus difficile dbrouiller. C'est pourquoi dans tous mes travaux je m'efforce de re- connotre d'abord quelles ont t les ides de Liniioeus,en remontant aux sources oii il avoit puis , et en le suivant pas pas dans toutes les variations de sentmiens et d'expressions auxquelles il se livroit chaque dition. C'est aprs avoir dtermin ainsi le vritable sens de ses I a T H E T H Y S. noms et de ses phrases descriptives, que je cherche les cor- riger, quand il est ncessaire, en les comparant la nature^ et ce n'est qu'aprs y tre parvenu, que je tche d'ajouter ces descriptions des circonslances nouvelles , ou de placer leur suite ce qui concerne les ohjels que Linnus n'a pu connotre. Mais il est telle de ces phrases si obscure , et qui a t si souvent change , qu'il seroit impossible de dmler ce que l'auteur a voulu dire, si l'on n'avoit un grand nombre d'objets examiner successivement. Je u'aurois , par exemple , jamais pu mettre dans les mollusques nus l'ordre qui commence y rgner , sans les collections faites par moi-mme ou par quelques-uns de mes amis et de mes lves , dans plusieurs mers trs-loignes ; et si les amateurs de l'histoire naturelle trouvent que mes travaux sur cette classe ont t de quelque utilit la science, c'est un devoir pour moi de leur dclarer qu'on les doit autant MM. Homberg , Flemiau , Bosc , Pron , Maug , Savigny , Geoffroy , Humboldt et Dumril qu' moi-mme. Cependant, malgr le zle et l'amiti de ces savans et cou- rageux nalurahstes, et malgr les recherches et les demandes que j'avois laites sur les diverses ctes de la Mditerrane , je n'avois point encore de thethys , et ce genre aussi impor- tant qu'obscur, seroit encore fort mal connu, sans le voyage que M. de Laroche, jeune naturaliste, Gis d'un mdecin res- pectable, vient de faire aux Balares, par ordre du ministre de l'intrieur, avec les astronomes chargs de prolonger la mridienne, afin de recueillir les observations de physique et d'histoire naturelle que pouvoient offrir ces iles peu fr- quentes par des savans. M. de Laroche , ma prire, a parti- T H E T H Y s. 3 cnlirenient recherch des thetJiys^ et esl parvenu en ras- sembler pkisieurs , en mme temps qu'un grand nombre d'autres mollusques ou zoophytes et de poissons, qu'il a d- poss au Musum, et dont il se propose de dcrire lui-mme les plus nlressans. C'est ainsi que je me suis vu en tat de dcrire et de dis- squer cet animal , dont la raret paroit tenir ce qu'il habite surtout le fond de la pleine mer, et qu'il ne s'lve la surface , ou ne se porte au rivage que dans les temptes. C'est du moins ce qui parot rsulter du tmoignage de tous ceux qui l'ont observ. Aussi est-il plus que douteux que les anciens l'aient connu. Leur tethjon io'ii le mollusque appel aujourd'hui ascidia. On n'en sauroit douter , quand ou lit quelques passages 'Aris- tote, qui en contiennent une description aussi bonne que celles de bien des modernes. Les testacs appels tthjes{\t-'A ,lib. T) IV, c. G , hist. an.),sontlesseuls dont la totalit du corps soit r> cache dans la coquille , qui est d'une substance moyenne eutre les coquilles ordinaires et le cuir. On la coupe comme un cuir sec. Les tthyes s'attachent aux rochers par leurs co- quilles. Ils ontdeux ouvertures loignes l'une de l'autre, pe- tites, pour avaler et rejeter l'eau. On peut regarder l'une de ces )) ouvertures comme la bouche, l'autre comme l'anus, etcelc. Rondelet de Ins. et Zooph. ii'j ), et d'aprs lui Gesner ( A(/uat. 954 ) et Aldrovande^Exs. 583) , ont appliqu ce nom en partie de vritables ascidies, en partie, ce qu'il semble , de simples alcyons ; et dans des temps postrieurs , Bohatsch en a plus rigoureusement restreint la signification ( de quibd. an. marin. 128). Linnus parot avoir d'abord aussi appliqu aux ascidies le nom dfigur de thethjs , dans 4 T H E T H Y s. sa quatrime dition ; car il donne pour caractre ce genre , organa duo protensa tuhulosa spirantia , tentacula nulla. Comme il n'y cite point de synonyme , on ne peut juger que par ce caractre des espces qu'il entendoit y runir. Mais dans sa sixime dition , il cite Y holothurie et le troi- sime livre marin de Rondelet^ qui est notre thethjs d'au- jourd'hui ; et c'est de celui-ci qu'il donne , pi. VI, (ig. 3, une figure mal copie de Fabius Columna ( Aquat. ohs. p. 26 ) ; aussi en cliauge-t-il considrablement le caractre, sans le rendre encore applicable beaucoup prs, ni l'un ni l'autre de ces animaux. Corpus oblongum hilahiatwn : corpusculo j7iedio cartilaginoso ohlongo. Auricul IV cuniformes. Foraviina 1 spirantia. Dans la dixime dition , le caractre resta le mme, except que les tentacules furent rduits deux j mais les espces cliaugrent; il n'y eut plus de cit que le premier //wre ???- rin e Hondelet , c'est--dire une apljsia ., sous le noin de thethjs leporina , et une espce voisine , originaire de la mer des Indes , sous celui de limacina \ et ce qui est fort plaisant , toutes les deux ont quatre tentacules, malgr le changement fait dans le caractre ; et aucune n'a ni corps deux lvres , ni corpujLule cartilagineux, ni deux ouvertures pour la respi- ration. Dans cette mme dixime dition , comme dans toutes les prcdentes, l'on donne la plupart des coquillages bivalves un theihjs pour animal, tandis qu'aucun des animaux des bivalves n'a le moindre rapport avec aucune de ces espces nommes dsormais thethjs 5 mais c'est que ce nom loit T H E T H Y s. 5 rest dans les dGnitions des bivalves, depuis la quatrime dition, o il dsiguoit des ascidies^ qui sont en effet les ana- logues des animaux des bivalves. Dans la douzime dition, nouveau changement dtermin par l'ouvrage de Bohatsch:\e thethys limacina et le premier lihre marin de Rondelet , runis en une seule espce, forment - le genre lapljsia\ et le nom de thethjs leporina est trans- port au troisime livre marin , qui avoit t oubli depuis la" sixime dition : les caractres gnriques , tant du laplysia que du thethjs^ rdigs d'aprs les observations de Bohatsch , devienneul maintenant couiormes la nature. Ces variations , ces contradictions mmes prouvent combien Linnus connoissoit peu les animaux qu'il a entasss ple-mle dans sa classe des vers ^ et combien quelques naturalistes ont peu de raison de s'obstuier le prendre pour guide dans la distribution de cette partie du rgne. Nanmoins, son genre thethys^ tel qu'il l'a dispos la fil) , n'a pas besoin de grande ri'orme, et il a t en effet con- serv avec ses caractres par Gmelin et j)ar Bntgiiire, qui place cependant le thethys parmi ses vers mollusques sans tentacules, tandis qu'il en a deux trs-considrables. M. de Lamarck, M. Bosc et moi, n'avons fait ces mmes caractres qu'un lger changement, qui encore n'est pas heu- reux, car il ne consiste qu'en un seul mot ajout sans motif: deujc ouvertures au cot droit du cou , pour la gnration et peur la uESPiRATiO*. Il y a bien deux ouvertures cet endroit, mais ellessont \.o\x\.es\eseux pour la gnration. Les moisanus sinistrorsuni ^eini^oys par Linnus tl Gmelin, ont t rem- placs avec raison par ceux de cot droit. Ils avoient t pris 6 THETHYS. apparemment sur des gravures qui n'toient pas faites au miroir, et qui renversoient les objets. Dans le fait, et Linnus et nous tous, qui n'avions pas vu l'animal , aurions d nous en tenir aux termes de ceux qui l'ont dcrit sur nature, c'est--dire des seuls liondelet, Fa- bius Colunina et Bohatsch. La 6gure de Rondelet^ copie dans Gesner , dans Aldro~ i'andre, dans Jonston^ et encore rcemment dans M Encyclo- pdie mthodique , et dans l'ouvrage de M. Bosc , est recon- noissable , quoique grossire, et la description qui l'accom- pagne assez vraie, mais peu dtaille, comme toutes celles de ce temps-l. Bohatsch ^ en sa qualit d'auteur du dix-huitime sicle, a donn plus de dtails; mais n'ayant eu qu'un individu mort et dj altr, il n'a pu tre ni aussi exact, ni aussi complet que dans sa description de Xapljsia , et sa figure est presque aussi grossire que celle de Rondelat. Fabius Columna avoit t plus heureux ds le commen- cement du dix-septime sicle. Aprs avoir fait une mauvaise figure, d'aprs le mox\.{ Aquat. et terr. obs.p. XXII), il eut le bonheur de voir retirer un thethys vivant del mer, et il en donna deux excellens dessins ( ib. p. XXVI) , accompagns d'une bonne description dans laquelle seulement, pour com- plter une prtendue ressemblance avec le calmar, il place des yeux sur les cots du cou , chose tout--fait imaginaire. Fabius Colunma croit que c'est ici le vrai livre marin de Dioscoride; mais il n'a d'autre motif que la ressemblance attribue par Dioscoiide son animal avec un petit calmar j caractre beaucoup trop vague pour en faire une application fixe. Au reste , la vraie signification de ce nom n'importe T H E T H Y s. 7 gure, puisque Dioscoride ne donne son livi^e marin , connue les autres anciens aux leurs , que des proprits fa])u- leuses. Aprs toutes ces remarques, il reste demander si Lin- niis dans sa douzime dition, et tous les autres d'aprs lui, ont eu raison de faire deux espces du genre thethjs. Linniis au moins laissoit encore du doute (mdetvk a prcecedejiticlis- tincta ) 5 mais ses successeurs ont supprim cette note trs- ncessaire. Le seul caractre assignable est l'absence des franges autour du voile , dans l'individu dcrit par Bohatsch , ou the- thjs Jimhria qui est la seconde espce, tandis que la premire, nomme leporina , et qui est celle que nous dcrivons aujour- d'hui, a ces franges longues et nombreuses; mais Bohatsch n'ayant dcrit qu'un individu altr, il n'est pas impossible que ces filamens dlis en aient t enlevs avant qu'on le lui apportt. C'est une question sur laquelle illoit bon de rendre les observateurs attentifs. Description extrieure. Le premier coup-d'teil jet sur le thethjs , prouve que c'est du tritonia et du scjUa qu'il se rapproche le plus, et non pas de Vapljsia 5 en effet il appartient la tribu des gast- ropodes nudibranches , qui portent leurs organes de la res- piration nu sur le dos; mais la forme de ces organes, le nombre de ses tentacules , la forme de sa bouche et de la membrane ou du voile qui l'entourent lui donnent des droits suflisans pour constituer dans cette tribu un genre particulier. Les plus grands individus qui m'ont t rapports par M. de Laroche^ ont de 6 8 pouces de longueur, sur trois ou 4 8 THETHYS. de largeur ; mais ces dimensions doivent heaucoiip varier dans l'tat de vie. Cet animal n'a point de manteau proprement dit qui d- borde son jjiedj les bords de son pied sont Irancbans et sus- ceptibles des mmes contractions, inflexions et festonnemens que dans les autres moilusfjues; le contour en est ovale, plus troit et plus pointu en arrire, plus arrondi en avant, o il se porte sous le cou, s'en distinguant par un sillon profond. Le dos est peu lev, plane, beaucoup plus troit que le pied, mais aussi long, pointu en arrire, et bord des deux cts par les bouppes des braiicbies. Les flancs forment deux plans obliques qui descendent de ces deux bords latraux du dos, pour s'unir aux bords du pied. Le cou est court , form par la prolongation du dos et des flancs, et se dislingue de la partie anti ieui e du pied sur la- quelle il s'avance. D'abord cylindrique, il s'vase prompte- ment pour s'panouir en une large membrane qui entoure la boucbe comme un entonnoir ; mais la partie infrieure de cet entonnoir est plus courte que la suprieure, et celle-ci, vue d'en haut, a l'air dformer un large voile demi-circulaire. Au centre et au fond de l'entonnoir est une trompe cbarnue , courte, cylindrique, ouverte au bout, et y prenant tantt la forme d'une large ouverture circuiaire bords minces, tantt celle d'une fente verticale bords renfls. Cette trompe est la boucbe. Le voile ou l'entonnoir est cbari u et susceptible de toutes sortes de mouvement ; il doit beaucoup servir l'animal poUr nager. Tout son bord est garni d'innombiables lilamens charnus trs-minces , dont ceux de la partie inl^rieure sont du double T II E T H Y s. 9 plus longs que les autres. Il y a de plus la face externe du voile, un peu en de du bord, des espces de tentacules char- nus, coniques, isols et placs 2 ou 3 lignes de distance l'un de l'autre. Les vrais tentacules de l'animal, au nombre de deux , sont placs sur la base de la membrane ou du voile , tout prs du cou et sur le ct suprieur. Ils ont de grands rapports avec ceux de la scj'lle;cav ce sont aussi deux lames charnues, bord tranchant, ondul, creuses en avant d'une fosse d'o sort un petit cne charnu , stri en travers , qui semble tre essentiellement le sige de ce tact dlicat que les tentacules appliquent aux divers objets. 11 n'y a sur les bords du pied ni franges ni tentacules. Les houppes branchiales que Fabius CoLumna a fort bien dcrites, sont au nombre de quatorze de cha(pie ct, alter- nativement petites et grandes. Les grandes sont formes d'un cne charnu dont la pointe allonge se contourne en spirale > et qui porte sur un de ses cts une suite de petits hlamens branchus et dlis qui sont les organes respiratoires. Les petites ne sont que des protubrances charges de fila- mens semblables ceux que portent les autres. La premire branchie de chaque ct est une petite; mais la position des organes de la gnration et de l'anus, repous- sant la troisime branchie du ct droit plus en arrire que celle du ct gauche, compter de la quatrime, une grande branchie du ct droit se trouve place vis--vis d'une petite du ct gauche et rciproquement. L'anus est un tubercule perc, situ en avant et un peu en dedans de la troisime branchie de droite. Sur son bord 2 o THETHYS. est perc un autre petit trou qui donne issue une liqueur excrmenlitielle , comme dans les doris et les tritonies. L'organe de la gnration se montre au-dessous de la pre- mire branchie de droite ; c'est une membrane irrgulirement festonne , au centre de laquelle est perc le trou de la vulve , et ct de ce trou saille la verge comme un petit filament conique et contourn. Deriire chaque petite branchie, et par consquent en avant de chaque grande , est une espce de stigmate ou endroit circulaire enfonc, dont les antrieurs sontlarges de alignes, et les postrieurs diminuent graduellement. La membrane en est blanche et plus (ine que celle du reste du corps, et il sort de son milieu, dans l'tat de vie, un petit tentacule mou, jauntre, et quelquefois fourchu, dont j'ignore la nature et l'usage. Telles sont les formes de l'animal qui a reulenom de thethys. Sa substance est plus molle et plus transparente que celle de beaucoup d'autres mollusques 5 sa peau , sans tre rude n'est pas lisse 5 mais ses petites rides, Irs-rapproches , sont plus sensibles la vue qu'au toucher. Sa couleur est un gristre demi-transparent, comme seroit du cristal un peu trouble, avec des taches et des lignes d'un blanc pur et opaque. Sur le voile, les taches en partie rondes, en partie allonges, suivent des lignes parallles au bord. Au dos , elles ont une direction trans- versale ; aux flancs , elles se rendent obliquement en avant et en dehors ; il n'y en a pas sous le pied. Le bord du voile est marqu d'une ligne bleutre, et l'on y voit sa face interne , des deux cts , uu peu en arrire du bord , trois taches d'un pourpre noir. THETHYS. II Description intrieure. La position des branchies, semblable celle des tritonies et des scjlles , ne me laissoit pas douter que le cur ne ft aussi comme dans ces deux genres situ sur le milieu du dos. On le trouve en effet immdiatement sous la peau. Son oreil- lette ovale et trs-mince reoit de toutes les branchies des veines qui s'y rendent comme des rayons un centre. Quand on l'ouvre, on voit son fond sa communication avec le cur garnie de deux valvules bien sensibles. Le cur lui- mme plus charnu et plus opaque que l'oreillette, n'est pas trs-robuste. Sa forme est ovale, et il est rempli de petits cordons musculaires. Il en part deux principales artres dont l'une se porte en avant, donne des branches l'estomac , l'sophage , aux organes del gnration, aux deux cts du dos et du pied , et se perd enfin dans le voile. L'autre, dirige en arrire , se distribue principalement au rectum et au foie. Des veines trs-visibles sortent des intestins et du foie , et se rendent dans les cts du corps o elles forment , comme dans la tritonie, avec les veines provenues del substance charnue du pied, du dos et du voile, deux grands vaisseaux qui re- portent le sang dans les branchies. Les branchies panouissent ou recoquillent les tiges charnues qui les portent par le moyen des fibres propres de ces tiges. La cavit de l'abdomen, qui contient les viscres , n'est pas beaucoup j)rs aussi large, ni surtout aussi longue , que le pied sur lequel elle repose. Il n'y a aucune sorte de dent, ni mme de langue, et c'est le premier gastropode o j'aie vu manquer celle-ci. La trompe la T H E T H Y S. charnue la remplace apparemment 5 sa face interne est toute hrisse de petites papilles molles et rondes. L'sophage est trs-court, et rid longitudinalement. L'estomac est simple : c'est une sorte de gsier charnu , arm en dedans tout autour d'une veloute cartilagineuse , comme celle des oiseaux. On y trouve des fragmens de co- quilles, des pales et autres morceaux de petites crvisses. L'intestin est excessivement court, et se rend sans inflexion notable droite, pour aboutir l'anus. Sa premire partie est garnie en dedans de nombreuses lames membraneuses et longitudinales en partie trs-saillantes ; l'autre moiti est lisse. Lorsque Bohatsch dit a nentricido intestina in varias gj~ ros contorta procedunt , qu hepar viridescens undique con~ coviitatur , c'est qu'il a pris le canal hpatique pour l'intestin. Le foie est une masse ovale divise en beaucoup de lobes , qui occupe toute la moiti postrieure de l'abdomen. Le canal hpatique dbouche dans l'estomac par une ouverture situe ct du pylore et presque aussi large que lui. Outre les veines, les artres et le canal de la bile , on trouve encore dans le foie cet autre vaisseau que nous avons observ dans les doris, et qui s'ouvre ct de l'anus. Les glandes salivaires sont grles, brauchues, et s'ouvrent aux deux cts de l'sophage. Le tliethjs est hermaphrodite, et ses organes de la gnra- tion ont les plus grands rapports avec ceux des doris. L'ovaire que Bohatsch a pris pour le testicule est, comme l'ordinaire, enferm entre les lobes du foie. Il en sort un oviductus trs- tortueux qui se colle en passant au testicule d'une manire intime, et se rend del la matrice. Celle-ci est un boyau assez large dont le fond s'largit en une glande considi able. THETHYS. i3 La vessie , comme l'ordinaire , ouvre sou cou dans celui de la matrice; et cot de l'entre du canal spermatique, dans la base de la verge, est encore une petite bourse longue et troite. Le cen'eau est considrable, de forme arrondie, d'appa- rence grenue, lcliement envelopp dans ses mninges, et don- nant ses nerfs en rayons tout autour. Les deux premiers et les plus gros vont se distribuer dans la partie suprieure du voile. Les deux suivans vont aux deux grands tentacules. Les deux derniers , qui sont aussi trs-forts , se rendent dans les cots de la masse charnue du corps. Entre eux et les pi'cdens , il y en a plusieurs petits pour les cts du cou , et pour les organes de la gnration. Ceux des viscres naissent d'un gan- glion form au ct droit par le collier nerveux qui embrasse l'cesopliage. II est peu de mollusques o les faisceaux musculaires qui contractent et qui dilatent les difiereutes parties du corps , soient aussi distincts les uns des autres, et aussi faciles suivre que dans le thethjs ; mais je n'ai pas os les reprsenter , de crainte de donner trop de peine au graveur. Plongs dans une cellulosit lclie et transparente, ils forment des rubans troits et soyeux , dirigs dans tous les sens, et que l'on aperoit mme au travers de la peau. La couche la plus infrieure qui repose sur le plan du pied, est toute longitudinale; mais elle monte et se croise sur le cou pour se distribuer en divergeant dans la partie suprieure du voile. La couche plus intrieure , pose sur celle-l , se porte obliquement eu dehors et un peu en avant, et, entourant l'abdomen, va se runir sa corres- pondante sur le milieu du dos, Une troisime, plus interne encore que les prcdentes, est aussi obliquement trans verse, i4 T HE T II Y s. mais en se dirigeant plus en arrire; enfin le voie et les tenta- cules ont encore leurs faisceaux de fibres propres , diriges en deux sens opposs. II est ais d'imaginer quel point peut varier la figure gn- rale d'un animal qui n'a aucune partie solide, et qui peut faire agir son gr chaque faisceau , chaque ordre de faisceau en- semble ou sparment. EXPLICATION DES FIGURES. Figure I." Thetliys de moyenne grandeur, vu par le dos. a, a, rt, Partie sup- rieure du voile, h, b, Les deux tentacules, c, Le cou. d, Les organes de la gn- ration, e, L'anus et le trou particulier pour une liqueur excrmentitielle./", _/, Quel- ques-unes des grandes branchies, g, g, Quelques-unes des petites, h, h, Les bords du pied. Fie. II. Le mme, vu en dessous, a. Le pied, b, La bouche, c, e, La partie su- prieure du voile, d, d, La partie infrieure qui est plus grande et o les franges sont plus longues. FiG. III. Le mme dont on a entrouvert le dos, pour faire voir le cur et les veines qui lui arrivent des branchies, a, a, L'oreillette du cur ouverte, b, Les valvules qui garnissent sa communication avec le ventricule situ dessous. Fie. IV. Le mme dont la cavit abdominale est plus ouverte et le cur enlev, a, Le cerveau, b, b, Nerfs allant au voile, c, c, Autres se rendant aux tentacules. d, L'un de ceux qui se distribuent au corps, e, L'sophage. f,fi Les glandes sali- vaires. g, L'estomac, h, Le rectum, i, i , Le foie, k, Les organes de la gnration. l, Origine des artres. FiG. V. Thethys dont le pied a t fendu pour faire voir les viscres par dessous. Les viscres y sont dvelopps, a, La trompe, b, Commencement de l'sophage. c, L'estomac, d, L'intestin, e. Le canal hpatique./. Le foie, g. L'artre hpatique. h, Artre de l'intestin, i , Artre de l'estomac, k, Tronc principal de l'artre se dis- tribuant au voile et au pied. /, Collier nerveux sous l'sophage, m, Ganglion, n, Verge, o, Matrice, p, Sa glande, g-, q, Oviductus. r, Testicule. Fie. VI. Les intestins ouverts, a, Trompe, b, sophage, c, Estomac, i, Intestin. e, Canal hpalique. /, Foie, g. Artre hpatique, h, h, Glandes salivaires. FiG. VII. Organes de la gnration dvelopps, a, Verge, b. Vulve, c, Vessie. d, Matrice, e, Sa glande. /, /, Oviductus. g-, Testicule, h, Canal spermatique. i, Bourse adhrente la verge. /''r. 2 .^^^^^t j:.p Thethyh tf- A/ . i foaue/^ d-c^Zr MMOIRE Sur la PHYLLIDIE et sur le PLEURO-BRANCHE , deux nouveaux genres de mollusques de l'ordre desqaste'^ ropodes , et voisins des patelles et des oscahrions , dont l'un est nu et dont l'autre porte une coquille cache. J_j E s patelles et les oscabrions diffrent de tous les autres gastropodes testacs par la position et par la forme de leurs Lrancliies , et l'on ne leur connoissoit aucun analogue nu lors- que je publiai les caractres d'un nouveau genre de la nier des Indes , (pai leur ressendile presque en tout , l'exception de la coquille 5 je lui donnai le nom de phjllidie , et comme je n'en avois qu'un seul individu mal conserv , je ne pus en faire onnotre que les caractres extrieurs , que j'insrai dans le Bulletin des sciences , n." 5i , d'o ils passrent dans le systme des animaixx sans vertbres de M. Lainarck,p. 665 et dans l'Histoire des vers de M. Bosc , t. I , p. 84. J'ai aujourd'hui la satisfaction d'ajouter ces notions super- ficielles la connoissance de l'organisation intrieure de la phjl- lidie, et celle de deux autres espces appartenant au mme genre, ainsi que d'y joindre la description d'un nouveau genre qui se rapproche singulirement de cette petite famille, et que. l'on pourroit presque nommer demi-phjllidie ; car il n'c^ I 2 PHYI. LIPIE (fii' tleiiii ce caracire si singulier de branchies places autour (le la Lase tlu pied , sous le rebord du manteau ; je veux dire qu'au lieu que \a p/ijl/idie en a, comme les yyrtft^//'^ et les o,y- cahrions^ tout autour de sou corps, ce genre-ci n'en a que d'un ct seulement, du ct droit. Je lui donne , raison de cette circonstance qui lui est en- tirement pi'opre, le nom de pleuro-branche , qui signiOe hran- claes d'un c6'/e, comme on dit pleiiro-nectes pour les poissons qui nagent sur le ct. C'est l'infatigable ]\I. Prou que je dois encore et les nou- veaux individus de la phjllidie ordinaire , et les deux nouvelles espces, et ce genre du pleuro-branche. Il a rapport les vms et les autres de la mer des Indes : les seules pbyllidies , dont i.l^ a rapport plusieurs individus, cl qui sont de la mme espce que j'avois dcrites d'aprs un chantillon venu de l'iIe de Bourbon , sont d'une taille beaucoup moindre que n'toit celui- ci 5 ce qui m'a forc tre plus abrg dans leur anatomie , que dans celles de beaucoup d'autres mollusques dont j'ai parl jus- qu' prsent. U ne autre raison m'y force galement pour le pleuro-branche , c'est cpie je n'en ai eu qu'tui seul individu , dont l'intrieur toit ramolli par un esprit de vin trop foible. J'omettrai cependant peu de choses essentielles , et je donnerai toutes celles qui peuvent tre caractristiques. i. Description de l'extrieur. A. Le corps de la phyllidie est un ovale allong : le bouclier coriace qui en forme toute la partie suprieure est lgre- ment bomb, et dborde le pied de toutes parts. Celui-ci est plus FT PLEURO-r, RANCH E. 3 troit sa partie suprieure qu' celle par laquelle il pose sur le sol; et c'est dans ce canal ovale qui rgne tout autoiu' entre lui et le manteau , que sont les Ibuillets minces , Iransverses et serrs les uns contre les autres, qui constituent l'organe de la respiration. Ce cordon de feuillets branchiaux est intcri'ompu en avant, l'endroit de la bouche, o l'on remarque deux petits tenta- cules coniques, et au ct droit, vers le quart antrieur, pour un tubercule saillant , perc de deux trous et qui sert d'orifice aux organes de la gnration. A la superficie du manteau ou du bouclier coriace , on remarque trois trous : deux pairs en avant pour recevoir les tentacules suprieurs , car la phjllidie en a quatre comme les (loris; le troisime en arrire est l'anus, plac par consquent aussi comme dans les doris, mais non entour, comme elles l'ont, par un cercle de branchies. Tels sont les caractres gnricjues communs toutes les phjlliclies : les trois espces cpie j'en ai vues se distinguent les unes des autres par la disposition des verrues et des tubercules qui s'observent la surface du manteau. Dans la premire espce que j'ai dcrite autrefois, que M. Lamarck a nomme ensuite ph. varicosa , et que je crois devoir appeler plutt tri- lineata,iparce que le noin de varicosa ne la distingue pas assez; dans cette espce, dis-je ( A , fig. i et 4) ,lesverrues du milieu sont allonges et forment trois lignes presque continues qui rgnent tout le long du dos. Celles des bords sont transversales et coupent ce bord perpendiculairement de toutes parts. Toutes ces verrues sont jaunes sur un fond noir. Dans la seconde espce, que je nomme phjUidia pustulosa (A, fig. 8) , les verrues sont plus arrondies qu'allonges, places sans rgularit , d'un jaune ple sur un fond noir , et resseiii- blaut des pustules de i^etile vrole. {\. P H Y L I, I D 1 F. La lioi-siine espce, pliyllicUa ocellata (A, fig. 7 ) , a le mant(^au beaucoup plus orn ^ outre les petits tubercules jau- ntres parsems sur un fond gris, il y en a cinq plus grands cpie l(s iiulrcs , ports sur autant de petits pdicules , et entours chacun d'un large anneau noir dont un eu avant, et deux de chaque ct du corps. Il y eu a de plus cinq autres aussi pdi- cules , mais sans auneau , et placs transversaleuient sur une seule ligne vers la partie antrieure du corps, derrire le pre- mier des tubercules entours d'anneaux. Endn les petits tu- bercules du milieu du dos sont uuia les uns aux autres par une ligne saillante longitudinale qui s'tend depuis la ligue transverse dont je viens de parler , jusqu' l'anus. B. Le pleuro-branche ( B, fig. 1^), a le corps moins allong que la phyllidie, et sou pied est aussi large que son manteau, de uianire qu'il a absolument l'air d'tre entre deux boucliers gaux , spars l'un de l'autre par un canal qui lait tout le tour du corps. La bouche est en avant , en foriiie de trompe un peu grosse , et recouverte par un petit voile qui se rejoint par les cts aux bords du pied. Sur la base de ce voile sont les deux tentacules cylindriques , creux, et fendus longitudinalement leur ct externe , forme que je n'ai encore vue dans aucun autre mol- lusque. Il n'y a que ces deux tentacules, et, ce que j'ai pu juger par l'anatomie , l'animal doit pouvoir en faire sortir un il. Tous les autres organes extrieurs sont dans le ct droit du canal. Les branchies en occupent la plus grande partie. Qu'on se reprsente une lame longitudinale, saillante ,quiporte- Et P L n l R O - B R A N C n !. ) en dessus et en dessous , des sries transversales serres, d^c petits feuillets serrs eux-mmes dans cliacjiie srie , et l'on aura l'ide de cet a]>pareil pulmonaire : en avant sont les or- ganes extrieurs de la gnration , consistant en un petit trou et en deux parties saillantes, comme nous en avons dj re- marqu dans quelques autres gastropodes. L'anus est en arrire des braucliies : c'est un petit tulie membraneux lgrement saillant. Le manteau est pais et charnu: sa superficie est lgrement ride en arrire. Lorsqu'on l'ouvre , on trouve au-dessous de lui, sur le pritoine, un peu. eu avant et vers le ct droit, une petite coquille plate, mince, ovale ^ oblique, blanche et compose de couches , dont les plus nouvelles sont encore comme membraneuses. Voyez B, (ig. 3. C'est donc un niol- lusque de plus coquille cache, et une nouvelle preuve qu'on ne doit point diviser celte classe en mollusques nus et testacs, comme l'ont fait des auteurs trs-rcens. Il faut encore remar- quer que le bord du manteau est un peu chancr en avant en dessus des tentacules. 2. Organes de la circulation et de la respiration, A cet gard , la phjllidie a plus de rapports avec la trc- tonie; et le pleuro-branche en a davantage avec Xapljsie^ et ces rapports tiennent uniquement la position de l'organe pulmonaire : plac galement des deux cts dans la phjllidie comme dans la tritonie , il appeloit le cur au milieu du dosf plac au ct droit dans le pleuro-branche, il attiroit le cur de ce ct-l. Le cur de la phjllidie , A, fig. 5 ,^5 est donc longitudinal 6 PHTliLIDIE au milieu du dos; il a son oreillette b derrire lui, est enve- lopp de toute part de son pricarde c , et reoit le sang des branchies par deux veines semblables,^, J, l'une droite et l'autre gaucie. Il n'en sort qu'une artre, e, qui se dirige d'abord en avant , et c'est par des veines situes latralement que le sang retourne aux branchies. La ressemblance de ce systme circulatoire avec celui de la tritonie est complte. Dans le pleuro-branclie , le pricarde occupe la partie an- trieure. L'oreillette , B , lig. 45^5 s'largit droite pour s'y tendre tout du long de la base des branchies. Le cur , dirige sa pointe vers la gauche , et il en sort trois grosses ar- tres j l'antrieure , c , va aux parties de la bouche et de la g- nration. La postrieure , d' , au foie et l'estomac ; la mitoyenne e , aux parties du pied , du moins autant que j'ai pu la suivre. 3- Organes de la digestion. Ceux de Ya phyUidie sont aussi simples que' ceux de la tri" tonie ; c'est de mme un estomac unique et membraneux , et un canal intestinal court. Le pylore est prs du cardia. Voyez A , fig. 6 , a. Mais dans le pleuro-hranche , ils sont plus com- pliqus, et se rapprochent de ceux de Xonchidie. Un sophage mendjraneux et largi en arrire est une espce de jabot, B, Cg. 5 et 6 , , qui reoit dans son fond l'humeur bilieuse par une ouverture Z, coiumunique tout prs de l, par un cardia assez serr , avec un estomac c , troit , et dont les parois sont musculcuses, mais non pas trs-paisses. A sa suite en vient un autre J, dont les parois sont membraneuses et produisent intrieurement des lames saillantes et longitudinales qui rap- pellent tout--fait le feuillet des runiinaus j un petit sillon j e j ET PLEURO-BRANCHE. 'J rgne dans l'inlrieur du gsier, depuis nue de ses ouvertnrcs jusqu' l'autre : peut-tre est-il susceplible de se resserrer et de se dilater la volont de l'animal , et sert-il uue sorte de rumination. A la suite de cette espce de feuillet d vient une quatrime dilatation y, dont les parois sont minces et simples. Les ali- mensde ce pleuro-hranclie co\\s\s\.en\. en grande partie en petits alcyons et en autres petits zoophytes, dont quelques-uns sont pierreux ; ils forment dans le gsier une pte ])lancl)tre qui se moule en passant au travers des feuillets de l'estomac sui- vant , en longs cordons de mme couleur , lesquels conservent cette forme dans le quatrime et dernier estomac. Le canal intestinal proprement dit est court, et le foie de grandeur mdiocre. Ce dernier est plus considrable dans la phjUidie. Ces deux genres de molluscpaes ont , comme la plupart des antres , une bouche enveloppe de fibres charnues et formant une masse ovale , A , fig. 6 , g^, et B, tig. 5 , g. Une partie s'en dveloppe au-dehors sous forme de trompe dans le pleiiro- branche. Voyez B, lig. 2 , . Je ne sais s'il en est de mme poiir la phjlLidie. Rien ne sailloit dans les individus que j'ai exa- mins j aussi ses muscles rtracteurs sont-ils beaucoup moins longs. Ils s'insrent aux cots de l'enveloppe charnue du corps vers le tiers de sa longueur, A , Gg. 5 et 6 , A , h. Ceux du pleiiro- hranclie ^ B, fig. 5, M, A', s'tendent aussi loin que le corps, et vont en passant entre les divers viscres se fixer son extr- mit postrieure. Le pleurG-hranche n'a aucune sorte de mchoires , mais la mendjrane linguale et hrisse qui se trouve sous tant de formes diverses dans les cphalopodes et les gastropodes , est O P H V T. 1. V D 1 E ici dispose eu deux plans, aux deux cts de la Louche : ses pines sont courtes, (Ins, trs-nombreuses et disposes en quinconce 5 elles doivent pousser les aliniens dans l'sophage , et eu mme temps commencer un peu les entamer. Je n'ai pu m' assurer entirement de l'tat de ces parties dans la plijllidie-^ mais j'ai remarqu du moins qu'il n'y a aucune mchoire. Les glandes salivai res sont places diffremment dans les deux genres. La phyllidie les a petites , et tout prs de la bouche . A, fig. 6, i. Celles du pleuro-hranche sont plus grande? et situes entre les replis des quatre estomacs , B , fig. 5, ? , /, i. La salive s'y rend la bouche par deux longs conduits, A, A, qui s'insrent aux cts de la naissance de l'sophage. Outre ces glandes , j'ai trouv un autre corps glanduleux , B, fig. 5, 7W, qui est sans doute l'analogue de celui que j'ai vu dans les doris, mais dont je n'ai pu dcouvrir le canal excrteur ni dans un genre ni dans l'autre, 4- Organes des sensations. Les deux genres ont des yeux : on les voit dans 1 un et dans l'autre sur le cerveau , lorscpi'ils sont retirs en dedans 5 mais ils se reportent probajjlement , comme dans la limace , sur quelques parties des tentacules , quand l'animal veut s'en servir. On les voit en o , o , A , fig. 5 , et B , (ig. 4 et 5. Le cerveau, outre le nerf de l'il, en donne plus en avant, un de chaque ct pour la bouche et un autre en arrire , pour le ganglion sous la naissance de l'sophage , d'o partent les nerfs des viscres. Les autres nerfs se distribuent dans les cts de l'envelojipe gnrale : c'est parmi ceux du ct droit que les pai'ties mles de la gnration prennent les leurs. ET PLEURO-BRANCHE. () 5. Organes de la gnration. , Ils toient trop peu dvelopps pour que j'en puisse donner une description particulire 5 niais ce que j'ai pu en observer n'avoit rien de contraire aux rgles gnrales dduites des autres gastropodes hermaphrodites. L'issue des ufs et celle de la verge sont voisines et places peu prs au mme endroit dans les deux genres. 6." Organes du mowement Ils n'ont aussi rien de particulier. Explication desjgures. A. Les Phyllidies et leurs dtails. Fig. I. Phjllidia trilineata en dessus; , , les fossettes des tentacules suprieurs ; b , celle de l'anus. Fig. 2. L'anus vu spai'ment grossi. . Fig. 3. Un tentacule suprieur de mme. Fig. 4- La mme, vue par le ventre. , , les tentacules in- frieurs entre lesquels est la bouche ; 6 , , , , les branchies du ct gauche ; c , l'orifice de la gnration. Fig. 5. La mme ouverte, a , le cur ; &, l'oreillette ; c, c, le pricarde ouvert; r/,r/, les veines branchiales; e, la principale artre ;/, l'anus ; g^, g-, les tentacules suprieurs retirs en 'A 10 PHYLLIDIE dedans ; // , 7/ , les muscles i-tracteurs de la Loiiclie ; , les glandes salivaires ^ o, le cerveau ; p , partie de l'estomac. Fig. 6. La mme dont on a enlev le cur et le cerveau, a , l'estomac ; b , l'sophage j c , le canal intestinal \ cl , l'anus j e ^ e , les tentacules suprieurs ; y, les organes mles de la gnration j g-, la masse de la Louche; h, h, ses deux muscles rtracteiu'S j , les glandes salivaires ; A, la verge; m^ni^ l'ovaire ; /z, w , le foie. Fig. ']. PhjIIidia ocellata. Fig. 8. Phjllidia pustidosa. B. Le Pleuro-branche et ses dtails. ~ Fig. I . Le pleuro-hranchiis Peroniiyu par le dos. a, l'endroit occup par la coquille ; b , l'chancrure antrieure du manteau au-dessus des tentacules; c, c , les tentacules ; fZ , le bout ant- rieur de la trompe ; e , e , le bord du pied dbordant un peu ceux du manteau. Fig. 2. Le mme, vu par le ct droit, a, la trompe; 6, le petit voile qui s'tend dessus ; c, c, les deux tentacules ; J, la verge ; e , un autre appendice plac dessous ; f, l'issue de l'ovi- ductus ; g-, g- , les branchies ; h , l'anus ; i, i, rebords du man- teau saillans tout autour; A, A, ceiLx du pied, saillans de mme. Fig. 3. La coquille du pleuro-branche reprsente spa- i^ment. Fig. 4- Le pleuro-branche ouvert. , le cur; 6, son oreillette; c, J, e, ses principales artres ; y, le foie y g, le jaljot; A , /j , /^, le troisime et le quatrime estomac ; i , l'ovaire, A , le canal intestinal; 777, corps glanduleux dont les fonctions s^ni inconnues ; o , le cerveau et les yeux \p,p^ les tentacules j ET PLEURO-BRAjNCHE. II 47, <7, le voile qui recouvre la trompe; r, la trompe; ^, ^ , partie antrieure du rebord des pieds ;^', sa partie postrieure. Fig. 5. Le mme, les intestins dvelopps. , l'sophage; rt' , sa dilatation en un jabot; c, le gsier; J, le feuillet ou troisime estomac ; e , le quatrime estomac ; /", le foie ; g , la masse charnue de la bouche; A, A, ses muscles rti'acteurs ; z , /, /, les glandes salivaires ; A , A , leurs conduits excrteurs ; Z, les parties mles de la gnration ; m, corps glanduleux in- connu; n, n, les tentacules ; o', o', les deux moitis du cerveau cartes sur les cts et les nerfs qui eu partent ; p , l'ovaire ; ^, 7, l'intestin; r, l'anus. Fig. 6. Les estomacs. , le jabot; &, l'entre de la bile ;c, le gsier; d ^ le feuillet; e , le sillon qui mne du jabot dans le feuillet ; y, le quatrime estomac. I Fj.i. Fin. 2 Fuj.4- ^^' />//. j^ - /y. Phyllidia trilineata. j^Vi/./.PhyDidia oceData. Fj. V. ;5 PleuroWauchus pei^onvi. MEMOIPvE Sur le g7re Aplysi.^ , vulgairement nomm LiEf^^RE MARIN ; SUT sofi yinatouiie ^ et sur quehjues-unes de ses espces. Xje mollusque , nomm livre marin par les anciens et par les premiers modernes , est peut-tre le plus anciennement connu de tous ceux que la mer recle : mais c'est peut-tre aussi celui sur lequel on a dbit le plus de fables. Les pcheurs paraissent avoir eu de tout temps la manie qu'ils conservent mme de nos Jours, d'attribuer des qualits mal- faisantes aux animaux marins qui ne servent point la nourri- ture de l'homme. On sait que les livres des naturalistes ne sont encore que trop remplis des rapports de ces hommes ignorans, sur les orties de mer, sur les toiles, et sur d'autres produc- tions semblables , quoique l'observation en ait depuis long- temps dmontr la fausset. Ces contes se multiplient , et augmentent en merveilleux lorscpe la figure, la couleur ou l'odeur de l'animal ont quelque chose d'extraordinaire ou de rebutant, comme il arrive dans le livre marin ^ aussi trou- vons-nous une longue liste des proprits pernicieuses et ton- nantes de cet animal : non-seulement sa chair et l'eau dans laquelle on la fait infuser , sont venimeuses , et font mourir au bout d'un nombre de jours parfaitement gal celui qu'a 2 MEMOIRE vcu l'individu dont on a mang ou pris l'infusion 5 mais sa vue seule peut empoisonner. Une femme qui aiuait voulu cacher sa grossesse ne peut rsister l'aspect d'un livre marin fe- melle; des nauses et des vomissemeus subits la trahissent, et elle ne tarde pas avorter , moins qu'elle ne place dans sa manche un livre marin mle , dessch et sal ; car c'est aussi la une des ides superstitieuses rpandues de tout temps parmi le peuple , que chaque espce malfaisante porte en elle-mme le remde propre aux maux qu'elle cause. Il y a dans cette application-ci un embarras particulier, c'est que tous les individus des livres marins runissent les deux sexes. Si les livres marins d'Italie sont si funestes l'homme, c'est tout le contraire pour ceux de la mer des Indes : c'est l'homme qui est funeste ceux-ci; et il ne peut les prendre vivans, parce que son seul contact les fait prir. On devine aisment que c'est Pline qui m'a fourni cette longue srie de proprits, et l'on est tent de les rejeter toutes sur la seule considration d'une origine si suspecte. J'avoue C|ue j'y suis trs-port aussi, d'aprs mes propres recherches , quoique le tmoignage unanime des anciens semble confirmer celui de Pline. Il parat cependant qu'en Italie, ce pays o l'art des empoi- sonneraens a t pratiqu et raffin si anciennement, on faisait entrer le livre marin dans quelques-uns des breuvages si usits dans les temps de corruption. Locuste l'employait, dit-on, pour Nron , et Domitien fut accus d'eu avoir donn son frre. Les mdecins traitent au long des symptmes produits par le poison du livre marin : la peau devenait livide , le corps s'enflait, l'iu'ine se supprimait d'abord, et sortait ensuite, SUR LE GENRE APLYSIA. 3 tantt pourpre , tantt bleue , et souvent sanguinolente; enfin, le malade prissait avec des Coliques et des vomissemens affreux. Les remdes qu'on a proposs contre ce poison sont presque innombrables. Il ne parait pas qu'on ait t guid dans leur choix par des principes bien constans j car des substances de vertus toutes contraires sont proposes avec une gale con- fiance. Tels sont la mauve, le lait de femme, celui d'nesse et de jument, le suc de cdre, les os d'ne, le raisin, l'alisma et le cyclamen. Mais parmi tant de faits annoncs par les anciens louchant les proprits du livre marin , on ne trouve , comme il est trop ordinaire , presque rien sur sa forme et sur son organi- sation. Aristote , qui tait bien fait pour porter la lumire sur un objet si curieux , n'en parle point du tout. Pline le compare une pte informe qui n'a du livre terrestre que la couleur j Dioscoride, un petit calmar; jElien, un limaon dont on aurait enlev la coquille ; et cette dernire compa- raison est la seule qui commence nous mettre sur la voie. Comment les auteursT auraient -ils examin de prs im tel animal.^ Outre que son air et son odeur devaient inspirer de la rpugnance, on se rendai', suspect seulement en le recher- chant. Lorsque Apule fut accus de magie et d'empoisonne- ment , on rapporta , comme principale preuve , qu'il avait engag , prix d'argent , des pcheurs lui procurer un livre marin. Aussi est-ce Apule que nous devons le seul trait vraiment caractristique qui nous lasse reconnatre un animal si clbre. Il a , dit-il , une proprit extraordinaire , et qui a t ignore de mes prdcesseurs : c'est qu'tant d'ailleurs d- 4 MMOIRE pourvu d'os , il en a cependant dans son ventre douze petits , pareils des osselets ou astragales de cochon , attachs et lis ensemble . Nous verrons, en dcrivant l'estomac des aplysies , ce qu'Apule a voulu dire. Bohatsch , la vrit , conteste que cela puisse s'appliquer notre espce j mais je crois pouvoir montrer qu'il s'est tromp. Aussi Rondelet n'a fait nulle difficult d'appliquer aux aplysies le nom de livre marin. Il a donn les figures de deux espces assez exactes , cjuoique grossires (^de Piscib., p. 520 et 526) , copies dans Gesner {de u4quatil., p. 47^ et 477 ]. et par Aldrovande ( de An. exs. , p. 81 ). Rondelet en propose une troisime ( Loc. cit., p. ^26 ) , cpii est le Jimbria de Bohatsch, ou le iheiys jimbria de Linnus. Fabius Columna , le seul auteur qui ait bien dcrit ce ihethys avant Bohatsch, le regarde galement comme un livre marin {de Aquatil. et Terrest. observ., p. xxviij ) , et en propose un quatrime, qui est un doris ( Ibid , p. xxiv). Nous pensons que ni l'un ni l'autre ne peuvent tre regards comme tels , puisque le caractre indiqu par Apule ne leur convient pas. Il est d'ailleurs facile de voir qu'on trouve dans la forme des aplysies la raison du nom de livre marin , comme on trouve dans leur odeur et dans la liqueur qu'elles rpandent l'origine des proprits pernicieuses qu'on leur a attribues. Leurs ten- tacules suprieurs reprsentent trs-bien, surtout dans l'espce tachete dont je parlerai , les oreilles d'un livre ; leur museau est presque fendu comme celui de ce cpiadrupde , et leur figure gnrale rappelle assez celle du livre , lorsqu'il est ramass sur ses cjuatre pieds rapprochs. Linnus parait n'avoir d'abord connu le livre marin que par les figures de Rondelet et de Columna. Il faut qu'il SUR LE GENRE APLYSIA. 5 s'en soit fait une bien fausse ide , puisque dans ses- ditions 4'^ et 6' il le raugea dans le genre parasite des lernaea. C'est sous ce deruier nom que Bohalsch le dcrivit : mais, pendant que ce naturaliste faisait imprimer son ouvrage , Linuxuis avait publi sa dixime dition , oii les livres marins de Rondelet et de Columna formaient un genre part sous le nom de the- ihys. Je voulus d'abord adopter ce nom , dit Bobatsch ; mais comme je remarquai que ni le cai^aclre attribu au^ lernaea^ ni celui des thethys , ne convenaient rellement mon animal , j'ai prfr laisser les cboses telles qu'elles taient, pour procurer M. Linnus l'occasion cju'il aime tant de faire encore un nom nouveau. Linnus ne la manqua pas : le livre marin de Rondelet parut seul dans sa douzime dition , et fut appel laplysia; celui de Colinnna resta seul sous le genre thethys ; et comme Bobatscb les avait bien dcrits l'un et l'autre, leurs caractres gnriques furent trs-bons. C'tait sans doute une faute d'impression, que YL en tte de ce mot ; le vrai nom que Linnus avait voulu employer , et qui a t en effet rtabli par Gmelin , est aplysia. Il signifie ce qu'on ne peut lacer ou nettoyer^ et Aristote s'en sert pour dsigner nue espce d'pong. C'est donc au voyage que Bobatscb ft en Italie lors de l'invasion des Prussiens en Bobme , sa patrie , que nous devons la premire connaissance un peu exacte de ce curieux animal 5 il en a fort bien dcrit l'extrieur et la plupart des principaux viscres ; et son travail aurait presque rendu le mien inutile, si ses procds anatomiques avaient t assez dlicats; surtout s'il avait eu , lorsqu'il se livra ces reeberches , des con- naissances compares de l'organisation des genres voisins. Ce G MMOIRE dernier dlluit Ta fait errer en tlitfrens points , et lui a fait ngliger quelques objets essentiels : j'ai d'ailleurs dcrire des espces dont il n'a point parl. I . Description extrieure des aplysies ; leurs habitudes. Elles ont en tout beaucoup de rapports avec les limaces; leur corps est ovale, aplati en dessous pour former un pied long et troit , bomb en dessus, plus ou moins pointu en ar- rire, et se rtrcissant un peu en avant en une espce de cou, susceptible de plusieurs degrs d'allongement, et l'extrmit duquel est la tte. La tte est la seule partie suprieure qui avance au del des bords du disque qui fait le pied. Les autres bords de ce disque se redressent, et font une espce de palissade qui entoure les cts et la partie postrieure du corps : cette sorte de muraille charnue se redresse et s'lve plus ou moins, en s'amincissant, ou bien elle s'affaisse en se gonflant, ou enfin elle se plie en ondulations plus ou moins nombreuses , selon la volont de l'animal , c[ui peut croiser l'une sur l'autre la partie droite et la partie gauche, ou les carter et les vaser, leur donner enfin toutes les figures imaginables. Entre ses rebords, s'aperoit une pice presque demi-circulaire , attache par son ct gauche seulement, mobile en totalit comme un couvercle charnire et dont le bord, flexible au gr de l'animal, forme souvent une sorte de gouttire ou de demi-canal propre conduire l'eau aux branchies. Les branchies sont, en effet, sous ce couvercle. A l'extrmit postrieure de son attache est perc l'anus 5 et entre l'extrmit antrieure de cette mme attache , et celle correspondante du rebord membraneux du corps du ct droit, SUR LE GENRE \PI,YSIA. n est le trou par lequel sortent les ufs et la semence , ainsi que celui qui donne issue cette liqueur acre cjue Ton a regarde comme un venin. Mais, outre celte liqueur, qui est blanchtre, et qui ne sort que trs- rarement, l'animal en rpand une autre beaucoup plus abondante, et d'un rouge pourpre trs-intense. Une grande aplysie peut fournir assez de cette liqueur pour rendre un sceau d'eau semblable a du vin pour la couleui-. Cette liqueur rouge n'est point contenue dans un sac particu- lier ; mais elle a son sige dans la substance mme du cou- vercle des branchies, tout autour de sou bord libre. L'nnimal la rpand pour peu c[u'il soit contrari, et surtout lorsqu'on le met dans l'eau douce : elle sort, ce cjue je crois, en transsu- dant au travers des pores de la peau ; du moins je ne lui ai point vu d'issue particulire. L'aplysie n'est pas le seul animal cjui rpande une liqueur violette : j'ai observ que le murex hrcuidaris , et encore une autre espce, en rpandent une toute pareille dans les mmes circonstances; et je ne doute pas un instant que ce ne soit l la vritable pourpre des anciens : par consquent, je pense cjue Swammerdam , et tous ceux cjui, d'aprs lui, ont suppos que la pourpre tait contenue dans une petite bourse en connexion avec les organes de la gnration , se sont tromps. J'ai recueilli une certaine quantit de cette liqueur de l'aply- sie pour en faire des essais : elle prend l'air, en se desschant, une belle teinte fonce, comparable celle de la scabiosa atro- purpurea^ et qui ne parait pas susceptible d'altration par l'air seul. L'acide nitrique, en petite cpantit, lui donne une teinte plus violette; lorscju'on en verse beaucoup, il la change en aurore sale. La potasse lui donne une teinte d'un gris vineux sale. Ces deux ractifs y produisent beaucoup de flocons blancs. 8 MMOIEE En effet, cette liqueur, trs-semblable clans sa nature k celle du calmar, qui est la vritable encre de la Chine, contient sa matire colorante dans un excipient muqueux : elle n'a ni got, ni odeur bien forte, et n'a aucune qualit malfaisante pour la peau 5 car j'y ai plong les doigts pendant assez long-temps sans en prouver d'inconvniens. Les pcheurs de Marseille croient cependant quelle pourrait faire mal aux yeux si l'on y en portait. La bouche est fendue sous la tte , non pas en travers , mais en longj et le bord antrieur de la tte forme de chaque ct nue production membraneuse, conique, comprime, plus ou moins allongeable, qui reprsente un tentacule. Sur la tte, plus en arrii'e, il y a de chaque cot un autre tentacule conique, que l'animal peut aussi allonger ou raccour- cir, mais qu'il ne peut pas faire rentrer dans le corps comme le limaon. L'extrmit en est un peu plie en deux, longitudi- nalement, ce qui le fait ressembler k une oreille externe de quadrupde. Au-devant de sa base est l' oeil, qui ne prsente qu'un petit point noir. Sous le tentacule antrieur du ct droit, est un trou par lequel la verge sort en se droulant : cette verge n'est pas plus perce cpe celle de la plupart des autres gastropodes ; mais un sillon profondment creus k la surface du corps vient de l'ori- iice des ufs k la base de la verge, et se prolonge sur le corps de celle-ci. C'est la seule connexion entre les organes des deux sexes. La verge se termine par un fdament blanc et mince : elle sort ordinairement du corps lorsque l'animal expire. Les parties que je viens d'indiquer sont communes k toutes les aplysies j mais ces animaux varient en proportions et en cou- leurs. SUR LE GENRE APLYSIA. 9 Dans l'espce qui parait avoir t dcrite par Bohatscli , le corps est plus mousse en arrire et trs-rid , de couleur livide , nuanc partout de brun noirtre. Dans celle que je nomme cameiiis , il est pointu en arrire, et revtu d'une peau lisse et blanchtre; le cou est excessivement allong. Mon aplysia aba diffre du camelus par la brivet de son cou. J\i l'une, ni l'autre de ces deux dernires n'a de trou la membrane suprieure de son couvercle des branchies; mais il y en a un assez grand , de forme ovale, dans l'espce que je nomme punctata, qui se distingue en outre par la hauteur ex- trme du rebord qui entoure son corps, surtout en arrire, par la longueur de ses tentacules suprieurs, et par sa couleur d'un noir pourpre tout parsem de points ples. M. Poiret parle, dans son Voyage en Barbarie , d'une es- pce dont Gmelina fait sa seconde et dernire {^aplysia fas- ciata) , et qui diffre encore de toutes les prcdentes; elle est noirtre , et ses bords et ses tentacules sont d'une belle couleur rouge. Enfin , M. Bosc en indique une sixime , qu'il nomme verte (api. viridis), et qui est, en effet, de cette couleur, avec les rebords plus ples. Comme elle a les yeux derrire les tentacules suprieurs , c'est une espce bien diffrente des autres. Il n'y a que les personnes qui observeront vivantes mes aphlysia camelus et alba , et l'espce de Bohatsch, qui pour- ront dcider si ce sont des espces constantes, ou seulement des varits, ou enfin si les diversits qu'elles offrent ne viennent pas de la manire dont elles ont t conserves dans la liqueur. Comme je ne les ai vues que dans ce dernier tat , je me borne noncer ce qu'elles m'ont offert , et je laisse les naturalistes 2 lO MMOIRE matres de les adopter ou uon dans leurs numra lions. J'Ignore mme de quelle mer viennent les deux premires. Mais j'ai observ vivantes Y aplysia punctata et \afasciata, qui sont l'une et l'autre trs-communes Marseille , et je puis assurer que ce sont deux espces diffrentes. Les pcheurs pro- venaux les distinguent trs-bien^ ils savent que ]a fasciata est toujours noire, (juelque petite qu'elle soit, et que , par cons- quent , la punctata, quoique toujours plus petite que l'autre , n'en est cependant pas le jeune ge. Ces deux aplysies sont, au reste, des animaux trs-innocens, et qui ne mritent point le mal que les anciens en ont dit. Elles n'ont pas plus de vitesse dans la mer, que nos limaces des jar- dins n'en ont sur la terre : ordinairement tapies sous cjuelque grosse pierre ou dans quelque trou de rocher , ou enfin dans quelque creux de sable, elles ne sortent gure que pour cher- cher leur nourriture, qui consiste en petits coquillages aussi lents qu'elles. Dpourvues d'armes offensives, n'ayant pas mme cette coquille robuste cjui protge la plupart des gastropodes marins , elles ont tout craindre , et ne peuvent presque rien attaquer. Leur liqueur rouge les garantit, en obscurcissant l'eau autour d'elles, peu prs comme la sche le fait avec son encre. Quant leur humeur acre , je doute qu'elle soit assez abondante pour leur tre d'un grand secours, surtout dans l'eau, o elle doit, k l'instant de son mission, se mler et perdre sou effet. Il faut qu'elles soient fcondes , car elles sont fort abondantes 'en certaines saisons. Il y a des journes de printemps oii la mer fourmille de l'espce fascie. C'est au mois de mars cju'elle commence pulluler. L'espce tachete paroit bien plus tt; et, ds le mois de janvier, j'en ai eu des centaines de petites. Au SUR LE GENRE APLYSIA. H reste , on en trouve en tout temps quelques adultes , et mme au fort de l'hiver. Les pcheurs ont remarqu qu'elles ne sont pas plus d'un mois ou deux prendre tout leur accroissement. Ces animaux rpandent une lgre odeur vireuse , qui aura donn lieu de leur attribuer toutes les proprits venimeuses que j'ai cites plus haut. A Marseille, aucun pcheur ne pasat connatre ces proprits. On ne mange point les aplysies , parce que leur figure et leur odeur sont dgotantes ; mais on n'a point pour elles cette crainte superstitieuse que tmoignoient les anciens. Je n'ai pu mme entendre parler de la dpilation que Linnus attribue la liqueur de sa premire espce. 2. Opercule des branchies. Cet opercule est form par une duplicature de la peau , qui contient dans son paisseur une pice cartilagineuse, ou plutt corne , trs-semblable pour la substance l'pe du calmar , mais plus mince et plus flexible, demi-transparente, jauntre, de forme ovale, que je regarde comme un rudiment de coquille, et dont je montrerai, dans d'autres espces , les passages gra- duels jusqu'aux coquilles ordinaires. Cette pice n'a, comme l'pe du calmar, et comme l'os de la sche, aucune adhrence aux parties qui l'entourent; et, en fendant la peau , on l'en retire sans rien dchirer. La peau de l'opercule s'tend au del de cette pice ; et c'est dans une substance spongieuse qui remplit l'paisseur de ce bord purement membraneux, cpi'est contenue la matire rouge qui teint l'eau avec tant de force. Sous la base de l'opercule, est situe une glande considrable, de figure triangulaire, dont l'angle antrieur du ct droit a une connexion si intime avec 12 MMOIRE la partie de l'opercule qui contient la liqueur colorte, que je ne puis douter que cette glande ne contribue la produire. La glande donne deux veines remarquables, qui reoivent elles-mmes celles de l'opercule, et qui vont aboutir avec deux grandes veines-caves des cts. 3. Les branchies et leurs vaisseaux. ^ Les branchies flottent sous ce couvercle ; et le cur , enve- lopp de sou pricarde , est situ sous la partie antrieure, eu avant de la glande dont je viens de parler. Les branchies sont attaches aux deux faces d'une membrane qu'on peut com- parer un croissant coup par le milieu , et dont la ligne de section serait aussi celle d'attache. Le long du bord concave de ce demi-croissant rgne le vaisseau qui apporte le sang du corps aux branchies, et, le long de son bord convexe , celui cjui le porte des branchies au cur. Les branchies elles-mmes sont des feuillets placs transver- salement sur les deux faces du croissant. Chaque feuillet, aprs s'tre divis deux ou trois fois dichotomiquement, en a d'autres plus petits, placs de mme sur les deux siennes, et ainsi de suite jusqu' une petitesse que l'il nu ne peut plus aper- cevoir. Les subdivisions artrielles et veineuses sont dans le mme ordre et le mme nombre que ces feuillets. Les artres branchiales qui viennent du vaisseau situ le long du bord concave de la membrane en forme de croissant, rgnent le long du bord superficiel de chaque feuillet. On les enfle ais- ment en souiflant dans ce grand vaisseau. Les veines rgnent au boxd de chaque feuillet voisin du bord convexe de la mem- SUR LE GENRE APLYSIA. l3 brane gnrale. Leurs embouchures dans la grande velue com- mune de toutes les branchies se font d'une manire curieuse : pour les voir, il faut fendre le bord convexe du croissant dans toute sa longueur, et poursuivre la fente sur son attache. On ouvre ainsi toute cette grande veine, et on aperoit les embou- chures des veines particulires , disposes en cercle , et faisant comme des fleurons placs entre chaque paire de grands feuillets latraux. ( Voyez pi. II , fig. i ). :-*,L'artre branchiale , qui sert aussi, si l'on veut , de veine- cave , puisqu'il n'y a pas de ventricule droit, est autrement dispose. ( Voyez pi. I , Jg. i . ) Sa structure est mme peut- tre le fait le plus extraordinaire que la physiologie des mol- lusques m'ait encore offert. Aprs avoir reu , ou plutt avant d'avoir donn les artres particulires des feuillets par plusieurs tious sems sans ordre , elle reste quelque temps lisse et entire; mais une partie se courfie gauche derrire l'attache de l'opercule, et une autre droite, vers la base du rebord saillant de ce ct. Ces deux branches se portent ainsi en avant, et prennent subitement une texture bien singulire. Leurs parois se trouvent formes de rubans musculaires transverses et obliques , qui se croisent en toutes sortes de sens, mais c|ui laissent entre eux des ouver- tures sensibles l'il , et permables toutes les espces d'in- jection , et qui tablissent une communication libre entre ces vaisseaux et la cavit de l'abdomen; de manire que les fluides contenus dans celui-ci pntrent aisment dans ceux-l, et rci- proquement. L'extrmit antrieure de ces deux gros vaisseaux ou de ces deux veines-caves se confond mme absolument avec la grande cavit gnrale ; quelques rubans musculaires , loi- gns les uns des autres, et qui n'interrompent nullement la l4 MMOIRE libre communication , sont les seules limites apparentes qui distinguent ces veines de la grande cavit abdominale. Cette communication est si peu d'accord avec ce que nous connaissons dans les animaux vertbrs, que j'ai voulu long- temps en douter ; et mme , aprs l'avoir fait connatre l'Ins- titut il y a quelques annes , je n'osai pas d'abord faire im- primer mon mmoire , tant je craignais de m'tre tromp ; enfin je suis oblig de cder l'vidence ; et dans ce moment , oii je peux disposer d'autant d'aplysies qu'il me plait , je viens de m'assurer par toutes les voies possibles, i" Qu'il n'y a point d'autre vaisseau pour porter le sang aux brancbies , que ces deux grands conduits musculaires et percs que je viens de dcrire j 20 Que toutes les veines du corps aboutissent mdiatement ou immdiatement dans ces deux grands conduits. Or , comme leur communication avec la cavit abdominale est vidente et palpable , qu'on les appelle veines-caves , ou cavits analogues au ventricule droit , ou enfin artres bran- chiales , car on voit qu.'ils remplissent les fonctions de ces trois organes, il rsulte toujours que les fluides pancbs dans la cavit abdominale peuvent se mler directement dans la masse du sang, et tre ports aux branchies , et que les veines fout l'office des vaisseaux absorbans. Cette vaste communication est sans doute un premier ache- minement celle bien plus vaste encore cpe la nature a tablie dans les insectes oi il n'y a pas mme de vaisseaux particu- liers pour le fluide nourricier ; et nous eu avons dj un vestige dans les mollusques cphalopodes, oi, comme je le montre leur article , certains corps spongieux portent aussi le fluide abdominal dans la veine-cave. SUR LE GENRE APLVSIA. l5 C'est d'aprs ces faits que j'ai pens que le systme absor- bant cesse entirement dans les moUusqnes , et phis forte raison dans les animaux situes au-dessous d'eux dans l'chelle. 4. Le cur et les artres. La veine branchiale rgne , comme nous l'avons dit , le long du bord convexe de la membrane en demi-croissant , qui porte ks branchies ; elle s'ouvre dans l'oreillette , prcisment dans l'angle ou dans le sinus que l'opercule fait avec le corps. Le pricarde est une cavit ovale , situe dans la partie antrieure de l'opercule , et contenant l'oreillette, le cur et une partie des gros vaisseaux. L'oreillette est remarquable par son am- pleur et la tnuit de ses parois , qui , l'il , ressemblent une fine gaze ; des filets charnus trs-fins y forment un joli rseau. Le cur est ovale, et ses parois sont assez minces, quoique garnies de colonnes charnues croises en tout sens. Sa jonction avec l'oreillette est pourvue de deux valvules mitrales diriges en dedans du ventricule , et ne laissant par consquent rien retourner du ct des branchies. La grosse artre se divise d'abord en deux troncs. Le pre- mier , se portant directement gauche, perce le pricarde, aprs un trajet trs-court, pour se rendre dans l'abdomen , o nous le suivrons bientt. Le second revient d'abord vers la droite, donne une branche qui perce aussi de suite le pricarde et se porte en avant j puis le tronc qui reste , le principal de tout le corps, perce le pricarde son ct droit. Sa partie ren- ferme dans le pricarde prsente une structure bien singu- lire j elle a deux crtes , toutes composes de petits vaisseaux qui sortent du gros tronc et qui y rentrent, sans qu'on puisse 6 MMOIRE voir quelle est leur utilit. Serait-ce l un organe scrtore qui produirait la liqueur qui remplit le pricarde ? Toujours est-il fort ais de souffler et d'injecter ce beau , mais problmatique appareil. ( Y oyez pi. Il^fig. 4. ) Le premier tronc artriel est destin au foie et au canal in- testinal ; le deuxime , l'estomac et l'oesophage ; le troi- sime, a])rs avoir pass entre les deux nerfs qui naissent du ganglion abdominal , donnent , presque sous ce ganglion, une petite branche pour les organes de la gnration , et peu aprs une plus grande pour l'opercule , et une autre pour les parties droites du corps : toutes les trois sont rtrogrades. Ce tronc monte ensuite sous l'sophage , o il donne une grosse et une petite branches pour les parties gauches , dont la premire est rtrograde, et une pour les parties droites , et surtout pour la verge, et va se terminer sous la bouche par deux rameaux, dont l'un nourrit les parties de la bouche, et l'autre pntre dans celles du pied qui sont situes au-dessous. 5. La bouche, ses muscles, les glandes salhaires. La bouche interne est, comme dans beaucoup d'autres gast- ropodes, forme d'une masse de chair qui contient les organes de la mastication et de la dglutition ; elle a des muscles propres qui la contractent dans un sens ou dans l'autre, et des muscles extrieurs qui la tirent en avant , ou la font rentrer en arrire, ou la portent de ct. Les muscles extrieurs sont en forme de bandelettes, quelquefois diviss en digitations , et vont se fixer aux parties environnantes de la tte. J'ai reprsent ceux de dessus, pi. III, Jig. i. Ils forment entre eux, et avec les nerfs, un entrelacement assez agrable la vue. SUR LE GENRE APLYSIA.. I^ La masse de la Louche est vue du ct droit , pi. II ,Jig. 5 , avec ses muscles infrieurs , qui tendent tous la porter en avant. II n'y a point de mchoires , ni rien qui en tienne lieu; seule- ment les lvres qui sont fendues verticalement, sont garnies chacune d'une plaque cartilagineuse, mince et lisse, qui les garantit un peu lors du passage des alimens. Tout le mcanisme de la dglutition consiste , comme dans les sches, dans les mouvemens en quelque sorte pristaltiques d'une membrane cartilagineuse et arme de trs-petits crochets, comme ceux d'une carde carder, dont les pointes sont diriges en arrire. On peut voir la bouche indue , la langue, le palais et les deux lvres ,pl. II ,Jig. 6. Les glandes salivaires sont minces et trs - longues ; leur extrmit postrieure va s'attacher au second estomac ; leurs canaux excrteurs s'insrent dans la bouche aux deux cts de l'origine de l'sophage. 6. L sophage , les estomacs et le reste du canal intestinal; le foie. L'sophage, d'abord troit, se dilate subitement pour former le premier estomac ou le jabot, qui est une grande et large poche, k parois membraneuses trs -minces, sans apparence glanduleuse; il fait ordinairement un tour presque en spirale. On le trouve rempli de dbris de fucus et d'algues , et de frag- mens de petites coquilles. Ce jabot est suivi d'un gsier en forme de cylindre court , et dont les parois sont musculaires et trs- robustes; elles sont garnies intrieurement d'une armure fort extraordinaire , et dont je ne trouve point d'analogue exact , 3 l8 MMOIRE quoique les pices osseuses de l'estomac des huiles y aient quelque rapport. Qu'on se reprsente des pyramides base rhombodale , et dont les faces irrgulires se runissent en utt sommet partag en deux ou. trois pointes mousses. Leur subs- tance est demi-cartilagineuse, et compose de couches parallles k la hase; leur nombre, dans les individus oi je les ai recueil- lies avec soin , s'est trouv de douze grandes , places en quin- conce sur trois rangs, et de quelques petites, ranges sur le bord suprieur de ce gsier. L'adhrence de ces pyramides k la veloute est si lgre , que le moindre contact les fait tom- ber, sans qu'on aperoive de traces de membrane , ni d'aucun- autre moyen d'union. Les endroits auxquels elles adhraient sont bien marqus nanmoins par une surface lisse et saillante, tandis que les intervalles sont un peu creux et lgrement rids. Les hauteurs de ces pyramides sont telles , que leurs pointes se touchent au milieu du gsier, et qu'il reste entre elles trs-peu d'espace pour le passage des alimens, qu'elles doivent , par consquent , broyer avec force. Le troisime estomac, aussi large que le premier , quoique moins long, a une armure aussi singulire que le second : ce sont de petits crochets pointus, attachs k l'un des cts de sa surlce interne, mais presque aussi lgrement que le sont les pyramides du gsier; leurs pointes sont diiiges vers le gsier, et je ne puis leur concevoir d'autre usage que d'arrter au pas- sage les alimens qui n'auraient pas t suffisamment triturs dans ce gsier : en effet, on ne distingue presque plus la forme des substances alimentaires qui occupent le troisime estomac. Prs du pylore sont deux petites crtes membraneuses, sail- lantes en dedans, entre lesquelles on remarcpie l'orifice du ocum et ceux des vaisseau hpatiques. SUR LE GENRE APLYSIA. IQ Le ccum est aussi long que le second estomac, o il abou- tit -, mais son diamtre est petit , ses parois simples et sans val- vules, ni aucune partie saillante en dedans : il est absolument cach dans le foie. Le canal intestinal est galement uniforme dans son diam- tre, parois minces et transparentes, plus que celles du troi- sime estomac, et s'en distinguant subitement par cette diff- rence de qualit; il fait deux grands contours, embrasss par les divers lobes du foie, et se termine l'anus par un rectum qui s'y rend transversalement. On ne voit dans son intrieur ni papilles ni valvules, et il n'a ni tranglement, ni dilatation sensible. L'intestin et le ccum sont unis au foie par une grande quantit de vaisseaux sanguins. Les excrmens se moulent , ds les environs du pylore, en filamens minces, cylindriques, comme articuls, et d'une longueur prodigieuse. Le foie est d'un brun-verdtre trs-fonc , et d'une appa- rence grenue; il se divise en beaucoup de lobules, runis en trois masses principales , dont les limites sont marques par les contours de l'intestin. Les vaisseaux hpatiques sont d'un trs-grand diamtre; ils viennent s'ouvrir autour de l'orifice du ccum , dans le troi- sime estomac , par plusieurs trous trs-visibles , qui donnent les uns dans les autres. Toute la masse des intestins est environne d'une membrane pritonale trs-lne , quoique assez forte. 7. Organes de la gnration. Ce qu'ils ont de plus remarquable , outre la runion des deux sexes danf chaque individu , commune aux aplysies et 20 MMOIRE un grand nombre des mollusques gastropodes , c'est leur dispersion aux deux extrmits opposes du corps , et surtout la sparation des deux parties qui constituent l'organe mle. En effet, le testicule et l'ovaire sont d'un ct, et la \erge de l'autre; et les ufs et la semence ont un contact ncessaire avant de sortir du corps. L'ovaire est une masse ovale qui occupe tout le fond post- lieur de l'abdomen , et qui , dans l'tat ordinaire , est d'une couleur blanchtre j l'oviductus y prend son origine par plu- sieurs vaisseaux qui viennent des diffrentes parties de la masse, comme les vaisseaux propres d'une glande secrtoire , et qui se runissent en un seul : celui-ci , aprs avoir serpent le long du ct droit du testicule , devient subitement trs-mince , se con- tourne autour de la sommit de cette glande, et forme un canal qui , aprs avoir t coll pendant quelque temps au canal dfrent , finit par y dboucher aprs avoir reu une vsicule ou boyau aveugle qui est peut-tre l'analogue des vsi- cules divises du colimaon. Le testicule est d'un beau jaune, et ressemble un sph- rode elliptique qui serait entour d'un ruban en spirale ; son milieu est assez compacte , et semble presque homogne. Le ruban qui parait l'entourer est lui-mme divis en une bande principale, finement strie, et dont les stries sont proba- blement autant de vaisseaux propres , et en deux lisires lisses, qui sont des vaisseaux excrteurs. La lisire suprieure est le canal dfrant commun tout le testicule , et qui transmet la semence au dehors. Le cordon commun qui va l'extrieur du corps, est d'abord divis en deux canaux. Celui qui vient du testicule est form d'une membrane plus mince et trs-plisse ^ l'autre , qui vient SUR LE GENUE APLYSIA. 21 de l'oviductus , a des parois plus paisses. Une fente tablL entre ces deux canaux une libre communication ds le premier tiers de la longueur^ mais ils restent nanmoins distingus par une cloison membraneuse saillante. C'est vers le deuxime tiers que s'ouvre , par un petit conduit particulier , la vessie ovale que Swammerdam a regarde dans la limace comme le rser- voir de la pourpre , et qui doit tre un organe assez essen- tiel ; car on le trouve dans tous les gastropodes , et mme dans les clio. Ne serait-ce pas tout simplement un analogue de la vessie urinaire ? mais alors oii seraient les reins ? La partie du double canal situe plus loin que l'orifice de cette vessie forme une saillie visible l'extrieur au cl droit du corps, et son orifice se continue avec une rainure profonde qui rgne le long du ct droit du cou , et qui sillonne le corps de la verge. Cette rainure sert-elle conduire la liqueur sminale d'une aplysie dans le corps de l'autre ? C'est de cette question que dpend l'explication de la manire dont ces animaux se fcondent. Mais pourquoi une telle rainure n'existe-t-elle pas dans tant d'autres gastropodes qui n'ont pas non plus de com- munication intrieure entre leur verge et leur testicule ? Je crois qu'il est essentiel prsent qu'un naturaliste intelligent cherche observer les aplysies avant , pendant , et aprs leur accouplement. 8. Cerveau et systme nerveux. Ce systme est fort intressant par la dispersion de ses masses , qui forment cinq ganglions principaux , peu de chose prs gaux , et ayant presque autant de droits l'un que l'autre porter le nom de cerceau ; de plus , par deux parti- 22 MMOIRE cularits de structure qui mritent d'tre dveloppes. La pre- mire, c'est que, tant le cerveau que les ganglions sont d'une substance rougetre et grenue, trs-dilfrenle de celle des nerfs, qui est blanche et homogne ; les ganglions mme les plus loi- gns sont semblables au cerveau cet gard , et ne peuvent consquemment tre pris pour des replis ou des lacis de nerfs. On voit la mme chose dans le bulime des marais et dans d'autres gastropodes. La seconde , c'est que toutes ces par- ties sont enveloppes de gaines membraneuses ou de mninges plus larges cju'elles. L'intervalle du cerveau ou du nerf son tui, est rempli d'une cellulosit lche, de manire qu'on pourrait souiller ou injecter les gaines, sans pour cela avoir rien intro- duit dans le nerf. Cette circonstance , qui est plus ou moins commune au systme nerveux de tous les mollusques , a fait croire Le Cat que les nerfs de la sche taient creux, et a fait prendre Poli le systme nerveux des mollusques acphales pour leur systme lymphatique. Il est bon d'avoir ainsi l'explication des erreurs dans lesquelles sont tombs des hommes de mrite. Voici main- tenant la distribution des nerfs. Le cerveau est , comme l'ordinaire , sur l'sophage j de chaque ct est un ganglion trois lobes , joint au cerveau par trois filets; et un troisime filet, qui passe sous l'sophage, achve le collier , et runit les ganglions. La gaine de tout ce collier est trs-large. Les deux ganglions sont encore runis par un second filet qui embrasse le grand tronc artriel. Le cerveau s'unit par deux filets avec un troisime gan- glion deux lobes , situ transversalement sous la masse charnue de la bouche. Enfin, chacun des ganglions latraux donne un gros nerf qui SUR LE GENRE APLYSIA. 23 va s'unir son correspondant trs-prs de l'origine du grand tronc artriel et de l'orifice des ufs, en un ganglion ovale un peu plus petit que les trois autres. Voyons maintenant les nerfs qui naissent de chacune de ces cinq masses crbrales. Le ganglion infrieur ou suboral en donne quatre de chaque ct, un pour l'sophage et les glandes salivaires , et trois pour les muscles de la bouche. * Le cerveau en fournit trois de chaque ct pour les parties musculaires de la tte , dont ceux du ct droit donnent des filets la verge, et un pour le grand tentacule, qui donne une branche l'il. Chacun des ganglions latraux en donne douze ou treize , qui se perdent tous dans les parties musculaires de la grande enveloppe du corps j je les ai reprsents avec exactitude. Le petit collier qui passe sous l'artre en donne un impair. Les viscres reoivent les leurs d'un ganglion part, qui fait par consquent l'office de sympathique 5 c'est le quatrime ou le petit. Il donne un nerf au foie et aux intestins , un autre aux parties de la gnration : celui-ci forme encore un gan- glion presque imperceptible, mais rouge comme les autres j un troisime aux branchies ; le quatrime se perd dans les parties nmsculaires situes sous le couvercle. 9. Organes du mouefnent. Cet animal n'en a d'autre que son enveloppe gnrale, dont le pied lui-mme fait partie. Toute sa peau est garnie en dedans d'innombrables faisceaux de muscles qui se croisent en tout sensj il y en a dans l'opercule, dans les rebords qui entourent ^4 'mmoire le dos , en un mot, par tout le corps. Seulement ceux qui sont sur les ctes et qui se portent vers la tte, forment des rubans longitudinaux fort marqus. On remarque vers la verge des fais- ceaux particuliers qui paraissent destins la faire rentrer en dedans, et des fibres annulaires qui produisent un effet con- traire. On a vu plus haut les nombreux nerfs qui animent tout cet appareil. C'est son moyen que l'aplysie se contracte ou se dilate en tout ou en partie , en diffrens sens , et qu'elle se trane en fixant alternativement au sol les diverses parties de son pied. Elle nage par des ondulations successives; enfin, elle peut aussi venir se suspendre la surface de l'eau, comme nos bulimes d'eau douce. 10. Organes des excrtions. Nous avons suffisamment parl de la glande qui produit la liqueur pourpre. Il suffit de dire un mot de celle qui donne la liqueur acre. C'est un corps en forme de grappe de raisin , c'est--dire , compos de petits grains ronds , hyalins , remplis d'une humeur limpide , qui sort par un trou rond sans bour- relet j perc un peu en aiTre de l'orifice de l'oviductus. Explication des figures. Planche I. Reprsente mes trois espces ou varits d'aplysies. A. camelus , Jlg. i , et alba , Jig. 6 , pourraient tre la mme , mais diffrent coup sr des autres par labsence du trou sur lopercule. A. punctata , Jig. 2, est diffrente de VA.Jasciata de Poiret , par le tmoignage des pcheurs. Les Jig. 3 , 4 ^t 5 , reprsentent quelques-unes des formes varies que prend cet animal lorsqu'il est en vie. Je n'ai pas reprsent TA Jasciata ; mais c'est d'aprs cette espce que sont faites la plupart des figures anatomiques. Sun LE GENRE APLYSIA. 3$ PL II, Jig. I. L'aplysic , dont on a enlev la peau suprieure du couvercle, la coquille, et dont on a coup le bord libre du cou- vercle en entier. AB. Les deux extrmits de ce bord libre. Leur coupe prsente une partie de la substance spongieuse contenant la matire rouge. CDE. La glande triangulaire situe sous le couvercle. EF. Ligne laquelle correspondait le bord gauche de la coquille. CD F. Espace sous lequel est le pricarde. EGH. Les branchies , vues leur face suprieure seulement. El K. Base du ligament en forme de demi-croissant auquel elles sont attaches. Sa pointe est vers H. Dans son paisseur est la veine branchiale. L. La grande artre branchiale ouverte , montrant les orifices des artres particulires uimm. N. Veine-cave du ct gauche. O. Id. du ct droit. PQ. Deux veines de la glande triangulaire, dont l'une se jette dans la veine-cave gauche, Faulre dans la droite. RS. Lambeaux de la peau suprieure du couvercle. T. Endroit o s'enfonait la partie postrieure de la coquille. U. Repli postrieur de l'opercule, o est l'anus. Fig. 2. Le ligament qui porte les branchies , fendu pour montrer lin- trieur de la grande veine branchiale. A. Branchies suprieures. B. Portion des infrieures. C. Grande artre branchiale et partie des deux veines caves, ddd. Grande veine branchiale ouverte , et montrant les orifices des petites, dis- poses en fleurs radies. E. Intrieur de l'oreillette du cur. F. Valvules mitrales. G. Intrieur du ventricule. HA li. Intrieur des trois grandes artres. III. Cavit du pricarde. Fig. 5. Les branchies enleves ; la glande triangulaire dpouille de son enveloppe; le pricarde ouvert; les deux veines caves fendues et conduites jusqu' leur grande communication avec la cavit gnrale. a() MMOIRE A. Partie du dos sur laquelle reposaient les branchies. B C D. La glande triangulaire. E. Portion antrieure restante du bord spon- gieux du couvercle qui contient la matire rouge. F. Le cur. G. L'oreillette, h. Le tronc commun des trois artres. H. La crte de l'artre principale. 1 1. La grande veine cave gauche. i. Endroit o elle s'ouvre tout--fait dans la grande cavit. K R. La veine cave droite. L. L'endroit o ces deux veines se runissaient pour former la grande artre branchiale. M. Le premier estomac, n. Portion de la vessie, o. Nerfs qui vont former le quatrime ganglion. P. L'anus. Fig. 4- Le cur, avec la crte de la grande artre injecte. (On a oubli les lettres c, d, dans celte figure. ) F\g. 5. La masse charnue de la bouche, vue du ct droit, a. La glande salivaire droite, h. Muscle qui porte la masse en avant. c. Muscle qui la porte en arrire, d. Muscles infrieurs qui la portent en avant, e. Muscles qui la portent sur les cts, f. Le gros muscle postrieur de la langue, g. L'antrieur , recouvert d'une couche charnue mince, h. Muscle qui joint la masse aux lvres. iKLm. Les nerfs venant du troisime ganglion. Fig. 6. La bouche ouverte , le palais et la langue. a a. La plaque corne , qui revt les lvres, b. La langue arme de ses pointes, c. Le palais et les deux crtes charnues, d. L'sophage ouvert. PL III, fig. I. La peau suprieure fendue tout du long. Les viscres peu prs en situation. A. La masse charnue de la bouche intrieure. B. Le muscle cy- lindrique qui la joint la bouche extrieure, ce, ce. Les deux muscles qui la portent en avant, dd. Les deux qui la portent en arrire. ee,ff, gg , hh. Ses quatre muscles transverses et palms, m. Les glandes salivaires. R. Le cerveau. LL. L'sophage. m m. Les deux ganglions latraux. N. La verge. OO. Le premier estomac. P. Le deuxime estomac ou le gsier. Q. Le troisime. SUR LE GENRE APLYSIA. 2y R. Portion du premier tour de l'intestin. S S. Portion du second. T. Le rectum. UU. Le foie. V. L'ovaire, u. L'ovidiictus. W. Le testicule. X. L'pididyme. Y. L'appendice de loviductus. zz. Le canal commun de la gnration , &. La vessie, t. Le quatrime ganglion, r Les branchies suprieures. ^ Les infrieures, i: L'o- reillette. . Le cur. yu. La crte de la grande artre. ^. Son tronc. L'artre hpatique. 2. L'artre stomachique, a. L'artre du ct gauche. D. L'anus. Fig. 2. A. Partie de l'intrieur du premier estomac. B. L'intrieur du second estomac, avec ses pyramides cartilagineuses. C. Celui du troisime avec ses crochets. D. Les crtes du pylore , et entre elles les orifices des vaisseaux hpatiques. E. Le ccum. On voit dans les deux estomacs les places d'o sont tombs , soit des pyramides , soit des crochets. Fig. 5. Les parois du pylore plus cartes et montrant mieux les orifices des vaisseaux hpatiques. PL IV, fig. I. On a enlev les organes del digestion, excepte A A. La masse charnue de la bouche , souleve ainsi que le commencement de l'sophage B , pour montrer le ganglion an- trieur c , situ dessous , les quatre paires de nerfs qu'il donne , et les deux filets dd qui l'unissent au cerveau E. ff. Sont des portions de glandes salivaires. gg. Les muscles qui portent la bouche en avant, lih. Ceux qui la portent en arrire. II. La verge. R. Ses muscles rtracteurs. L. Portion saillante en dedans du demi-canal, qui va de l'orifice des parties internes de la gn- ration la base de la verge, mm. Les deux ganglions latraux. nn. Leurs filets d'union avec le cerveau, o. Leur filet d'union suprieur./?. L'infrieur, qq. Lenerf impair qui en rsulte. //. Les deux gros nerfs" qu'ils donnent pour aller former le quatrime ganglion. RF. Le cur. G. L'oreillette. H. La crte de la grande artre. L. Le commencement de l'artre stomachique. M. De fhpatique. NN. La grande artre. PP. Sa branche aux parties de la gnration. Q. Celle l'opercule. S. Celle aux parties droites 28 MMOIRE SUR LE GENRE APLYSIA.. de l'enveloppe musculaire du corps. T. Celle aux parties gauches. U. Celle la verge. V. Celle aux parties droites de la tte. X. Celle aux parties antrieures. Y. Sa terminaison la bouche, r. L'ovaire, a L'oviductus. Z. Son appendice. 0. Le testicule. Sr. L'pididyme. e. Le conduit commun de la gnration. ^. La vessie, s. Le corps en forme de grappe. * Portions musculaires latrales , principalement longitudinales, 't't. Portions moyennes croises en tous sens. N. B. L'origine et la terminaison des nerfs sont si clairement mar- ques , que je n'ai pas cru ncessaire d'y mettre des lettres , qui au- rient tout--fait embrouill la figure. Fig. 2. Les canaux des organes de la gnrations ouverts. Les lettres y dsignent les mmes objets que dans la Jig. i . i^;i ^fr I.APLYSIA PL. J J I' ^ V #:^ . "*-^; %^s^ *!iii^ C/oifuef Oai/jp . 1, Laplvsia Camolus . :i , 3 , + . .S . T, . runctala (>. I, ARia l.APLYSIA PL . m . ^^-'.., i'/oipief^ tKv' . LaplA'sia FasoiaiA . Visreres ci> Siiuahou . IiWovkmiv tir l'h.sftunai' Laima SIA PL. I\ . Lttvt^r Jict HttCVlCy Svii/p l.a|>l\ SKI J''ast]/ii.i . Svstciiio iH'f\'eiiv, Oro'vuu'S i\v l,i ti-riifiMlioij Ax'teres M M 1 11 E Sur les AcRES, ou Gastropodes sans tentacules apparens. J E runis sous le nom gnrique lacres ^ imagine par Millier, des aniinaux assez disparates au premier coup d'oeil, quoiqu'ils se ressemblent par tous les caractres essentiels, et dont on n'avoit jusqu' prsent que des notices eparses> auxquelles les naturalistes systmatiques n'avoient pas donn assez d'attention. C'est .dans ce genre que l'on s'aperoit peut-tre le mieux des liens troits qui joignent ensemble les mollusques co- quille, et les mollusques nus, car on y trouve tous les degre's de dveloppement de cette sorte d'armure, depuis sa simple figure trace dans la forme d'un manteau tout--fit charnu, jusqu^ une coquille paisse, solide, spirale et donnant un asile suffisant pour le corps entier de l'animal. On voit galement par ce genre qu'il existe parmi les mollusques des sparations trs - marques , trs-naturelles , et tput-ii-fait indpendantes de la coquille et de sa forme. Toutes les ac/'es sont hermaphrodites; toutes ont leur canal spermatique dbouchant avec l'oviductus, et se continuant par une rainure extrieure jusqu' la base de la verge ; toutes ont leurs branchies attaches un lambeau membraneux 1 2 ACERES. adhrent au dos, et recouvert par le manteau; dans toutes, l'estomac est un gsier souvent trs-puissamment arm; en un mot elles se lient par tout l'ensemble de leur organisa- tion, aux aplysia , aux dolabelles et aux pleurobranches , c'est--dire , aux gastropodes hermaphrodites branchies dorsales, autant qu'elles s'loignent d'une part des hlix, lymnes , planorhes , pliyses , testacelles , parmacelles et onchidles , ou gastropodes hermaphrodites poumons ariens, et de l'autre part de la foule des turbines aqua- tiques ou gastropodes branchies pectines caches, et sexes spars. Fahius-Columna a le premier fait connotre quelque chose de l'anatomie de ce genre en donnant la coquille et l'estomac du huila aperta, dans son trait De Purpura, p. 5o, soiis le nom de conclut natatilis niinirna exotica. Il les avoit reus ^Imperati et prenoit l'estomac pour un opercule. Janus Plancus reprsenta de nouveau le huila aperta sous le ' amande de mer, d'abord assez mal ( pi. v , f. ix et x ) , ensuite passablement et avec son estomac (pi. xi , f E I. ), y joignant les osseletsde celui da bulla hydatis ( ib.M.. N. O. ) ^danson dcrivit dans son voyage au Sngal, p. 3 et suiv., une espce au moins trs -voisine de \ aperta; lui donna le nom de sonnet; annona que l'animal du bulla ampulla ressembloit beaucoup au sien, et forma de l'un et de l'autre, son genre gondole qu'il caractrisa par l'absence des cornes. ,Ce mme caractre observ dans une trs-petite espce de la mer du Nord, donna lieu a Millier d'tablir son genre ACERES. 3 ahera : Zool. Dan. piodr. xxix et 242, et Zool. Daii. II, pi. 71, f. 1 - 5. Cependant l'animal du huila aperta fut reproduit par Ascanius sous le nom tle phyline quadripartita (Acad. de Stock. 1772, pi. X, f. A. B. ); et par Millier, prodr. Zool. Dan. XXIX et 226, et Zool. Dan. m, 5o, pi. 101, sous celui de loharia. JM'Uer ne s'aperut point de ses rapports avec Vahera; il crut mme que le loharia avoit avalle sa coquille, et parla des pices de son estomac comme d'un organe in- connu. M. Ahildgaard , son diteur, remarqua seulement la ressemblance de Tanimal avec \ amande de mer de Plan- cus j et les rapports de sa coquille avec le huila hjdatis. Quant au double emploi fait par Gmelin, en parlant s- parment du huila aperla comme d'une espce rare venant du Cap, et en reproduisant le loharia comme un genre part, et le plaant entre les holothuries et les tritons avec lesquels il n'a pas le moindre rapport; c'est une des fautes les plus pardonnables de ce malheureux diteur de Linnoeus, puisqu'il ne faisoit que suivre Millier l'un des naturalistes les plus exacts de ces derniers temps. De jBor/z(Test. Mus. Csesar,, p. 196 et suiv. ) avoit fort bien juge d'aprs ce (\\xAdanson et Plancus a voient dit de leurs animaux, que tous ceux des vraies huiles dvoient tre peu prs semblables, et il avoit indique les sparations qu'il croyoit faire dans le genre huila de Linnus. Bruguire {Encycl. mth., Dict. des Vers, I. 568 et suiv.) excuta ces sparations indiques par de Born; il adopta son ide sur la ressemblance des animaux des bulles, et l'tendit Vakera de MUer; il rapporta le huila aperta l'animal 4 ACERE S. de Plancus/mais il attribua, on ne sait pourquoi, ses sin- gularits anatomiques au huila scabra de Millier, et ne dit rien du tout du lohcwla.- Dans une premire note sur Xo, huila aperta (Bullet. des Scienc., vendmiaire an viii), je montrai ses analogies avec Vaplysia, et je fis connotre la position de sa coquille dans l'paisseur du manteau. Peu de ternps aprs Draparnaud (Bullet. de la Soc. ds Se. et Belles-Lettres de Montpell. , n. vi, et Bullet. des Se, jDrairial an vin) dcrivit l'estomac du huila lignaria y et du huila hydatis y et reconnut l'identit du premier avec le prtendu genre gionia ou tricla. M. Huinphrey avoit dcrit et reprsente ce mme esto- mac, depuis quelques anne'es (Soc. liuneenne de Londres, II, p. i5 ); mais il ne s' toit pas aperu de cette singulire supercherie de Gioni. D'aprs mon observation, M. La77iarck spara le huila aperta des autres bulles, et en fit un genre rapproch de Vapljsie qu'il nomma huile ( An. sans vert., p. 65); il fut suivi par MM. Bosc ( Vers, I,- 65 ) et Roissy ( Mollusques, V, 190); mais on ne peut savoir pour quelle raison ces trois naturalistes ont compris nommment le huila lig/iaria parmi . leurs bulles, car aucun observateur n'avoit dit que sa co- quille fut cache dans le manteau, et en effet elle ne l'est point. On peut divifeer les acres en. trois sous-genres; les. unes ont une coquille ample, solide et visible au dehors : ce sont les Z7//^es de M. de Lainarclc ; les autres ont une coquille cache dans l'paisseur charnue du manteau : ce sont les hul- ACERES. 5 les du mme auteur ; les troisimes enfin que nous croyons avoir dcouvertes le premier, n'ont point de coquille du tout, quoique leur manteau en ait la forme extrieur : nous leur rserverous plus particulirement le nom d'acres. Je ne connois qu'une espce de bulle, celle dont j'ai parle' ci-dessus sous le nom de huila aperta. 11 paroit qu'on la trouve dans toutes les mers. Celles que j'ai dissques venoient de la INlanclie; Pennant y a aussi dcouvert cette espce; Ascanius et Aliiller l'ont trouve dans la mer du Nord; Plancus dans l'Adriatique; Fabius Columna , dans les mers de Naples; M. Prou en a rapporte de la Nouvelle-Hollande, qui sont un peu plus grandes que les ntres, mais o je n'ai pu dcouvrir d'ailleurs aucune autre difFrence ni intrieure ni extrieure. D'aprs le rapport de PlajicuSy de Coluimia et de Zinanni, l'animal rpand, lorsqu'on le touche, une liqueur qui tache les doigts de couleur de sang; proprit qui lui est commune avec les apljsies et un" grand nombre de turbines. On ne nous dit point o est le sige de cette liqueur, et comme nous n'avons vu que des individus dcolors par l'esprit-de- vin, nous n'avons pu le reconnotre par nous-mmes; mais il y a toute apparence qu'il faut le chercher ici, comme dans les autres espces, dans l'paisseur des bords du manteau. Plaucus affirme que les bulles adhrent fortement aux ponges, et autres productions mannes, ce qui les avoit fait appeler, dit-il, sa7igsues de werpar Zinanni. Olwi a observ que les bulles et les bulles a coquille mince, ont la facult de nager en pleine eau, pour se transporter d'un lieu un 6 ACERES. autre. M. Prou a trouve en gnerai les huiles sur des fonds vaseux, o elles restent mme quand la mer se retire; et alors s'il vient du soleil, elles s'enfoncent sous une couche extrmement mince de vase; les bulles se tiennent de prf- rence sur les fonds sablonneux. Vue extrieurement, la huile ou le huila aperta prsente un corps oblong, d'environ un pouce et demi de longueur sur trois quarts de largeur. Les individus de la nier du Sud ont plus de deux pouces. Ce corps est un peu plus troit en avant qu'en arrire; il se trouve divis transversalement en deux parties. La postrieure rpond la coquille; et quoi- qu'on ne voie point celle-ci, ses formes s'accusent un peu au travers de son enveloppe. La partie ant('rieure est revtue de deux pices charnues : une suprieure bombe, recouvrant la partie du corps qui ne peut rentrer sous la coquille et for- me, comme nous le verrons par l'analogie des espces sui- vantes , de la runion des quatre tentacules ; je la nom- merai pour cette raison disque tentaculaire ; l'autre inf- rieure, plate et quelquefois concave, qui est le pied. Chacun des cts du pied est renfl en un bourrelet qui se montre en dessus, entre la coquille et le disque tentaculaire; ce qui fait paroi tre la face suprieure de l'animal divise en quatre lo])es; circonstance d'o l'on est parti pour lui donner le nom de loharia quadriloha. Sous la coquille est une autre pice charnue et plate, qui sert de continuation ou d'appendice au pied, mais qui en est spare par un sillon transversal. Un autre sillon longitudinal, trs-large, rgne tout le long du ct droit du corps, entre le pied et son appendice d'une part, la coquille et le disque tentaculaire de l'autre. A son -5 ACERES. 7 extrmit antrieure est l'orifice de la verge; vers la moiti postrieure on voit un creux qui s'enfonce sous la coquille et dans lequel sont les brancliies : sous ce creux, dans le sillon , sont, en avant, l'orifice de l'ovidnctus, et, en arrire, l'anus, qui est un petit tube saillant. Une.rainure troite et profonde runit, comme dans Vaplysia, l'orifice de l'anus k celui de la verge. " La bouche est situe en avant, entre le pied et le bouclier charnu suprieur, ou disque tentaculaire, qui lui forment chacun une espce de lvre. Pour obtenir la coquille, il faut fendre la peau tendue sur elle, la partie postrieure du corps; on voit alors qu'elle est renferme dans une gaine semblable elle, et qu'elle re- couvre, comme l'ordinaire, les principaux viscres et sur- tout le foie : mais, ce qui lui est particulier, elle n'a point de muscles qui l'attachent au corps; et, en effet, e?le est si mince, que le moindre effort de muscles n'auroit pu manquer de la briser. Cette coquille est arrondie ; un lger repli ou commence- ment de contour montre seul qu'elle appartient aux coquilles en spirale. Son ouverture est presqu'aussi large qu'elle-mme, et d'un ovale presque circulaire; elle est transparente, et l'on y voit des stries, indices ordinaires de ses accroissemens suc- cessifs. Quant aux bulles proprement dites, j'en ai dissqu trois espces, bulla Ugnarlcij huila anipuUa et huila hjdatis, et je ne doute pas que le plus' grand nombre des coquilles du ^enre huila ne soient galement dcouvert, et qu'elles n'appartienneut consquemment la mme subdivision. 8 ACERES. Le bulla lignana tant l'espce dont la coquille eist le plus ouverte, est aussi celle qui ressemble le plus au bulla aperta par la forme de son animial. On y voit, de mme les deux rebords latraux du pied, a et Z>, fig. 9, qui donnoient Vaperta cette figure divise en quatre lobes ; mais ils sont proportionnellement plus petits dans le lignaiia. Le disque tentaculaire est plus court et plus large 5 et son bord poster rieur est dj sensiblement divis en deux pointes, c d.' La partie turbine ou abdominale ef, a une grandeur pro- portionne celle de la coquille, qui l'enveloppe au lieu d'eu tre enveloppe. L'extrmit de la membrane des branchies rpond peu prs au milieu du bord du manteau g y qui rpond lui-mme au milieu de celui de la coquille. Quand l'animal est rentr dans sa coquille, l'ouverture en est ferme par le pied a , hji et par un lole charnu Je y adhrent la partie abdominale dont l'analogue dans le huila aperia, o la fermeture complte de la coquille toit sans importance puisque l'animal ne peut s'y retirer, toit large et aplati , mais que nous verrons se rtrcir dans les espces suivantes encore plus que dans le llgnaria , afin de se con- former l'troitesse de leur ouverture. L'anus, la vulve, l'orifice de la verge, et la rainure qui l'unit la vulve, sont places aussi bien que les branchies, de la mme manire que dans les bulles, dans le sillon du ct droit du corps occupant seulement une ligue plus tendue, cause de la forme plus allonge. L'extrieur an bulla Ugiiaria nous montre donc que ce n'est qu'un bulla aperta y dont la partie turbine, ou co- quillire, auroit pris plus de dveloppement. ACERES. cj Dans le biilla ampulla, fig. 2 et 3, o la coquille est plus contourne, et Touverture plus troite, le pied devient plus ^ oblique dans son tat de contraction; son extrmit post- rieure droite a se porte plus en arrire; son lobe ascendant gauche b est presque rduit rien; le lobe accessoire h est plus court; mais surtout les tentacules qui composent le disque charnu, se distinguent davantage et montrent mieux leur na- ture; les deux suprieurs c, cl, sont spars par une fente trs- sensible; les infrieurs /j m, qu'on n'apercevoit point dans le hgnaria, se font sentir ici, et ont un bord double, abso- lument comme ceux de Vaplysia. Le bulla hydatis, fig. 12 et 1 3, a la partie abdominale, ou coquillire, plus bombe, conformment la forme de sa coquille; le pied tout --fait triangulaire dans son tat de contraction ; le lobe ascendant du ct droit a plus consid- rable encore proportion que dans Taw/Ji^/Za; les deux tenta- cules suprieurs c, d, spars pas une chancrure seulement, mais formant par leur runion une membrane marque; les infrieurs /, m, aussi distincts que dans Vampulla. Les orifices de toute espce ne prsentent dans leur posi- tion que les diffrences ncessites par les proportions rela- tives du corps et de la coquille. Une particularit remarquable du bulla hydatis est d'avoir sur sa coquille un piderme trs -sensible, facile enlever, mais cependant trop mince pour masquer la nature du test. J'ai dit que j'appellerois acres proprement dites, les es- pces entirement dpourvues de coquilles. Je n'en connois qu'une jusqu' prsent, et je ne l'ai vue que dans l'esprit- de-vin; c'est au Cabinet imprial de Florence que je l'ai 10 ACERES. observe, et que j'ea al obtenu quelques iadividus pour noire Musum. Elle vient de la Mditerrane, mais je n'ai pu en dcouvrir d'indice dans aucun auteur. Elle est re- prsente en dessus, fig. i5; en dessous, fig. 16; par le ct droit, fig. 1 7, et par derrire, fig. 1 8. Le nom de bulla carnosa lui conviendroit merveille, car elle reprsente fort bien un bulla, comme Vajjerla par exemple, dont la coquille se se- roit vanouie et n'auroit laiss que les chairs qui l'envelop- poient. Ces chairs ou ce manteau ont mme absolument la fi^rme d'une coquille, et se contournent de mme en spirale par derrire j quand on en fend la peau extrieure, on trouve sous elle un vide possible, une solution de continuit entre deux membranes, dans laquelle pourroit tre loge une co- quille trs-semblable celle de Yaperta; mais cet intervalle n'est occup par rien; il n'y a pas mme cette lame corne et flexible qui tient Heu de coquille Vaplysia; mais peut-tre se fait-il en certaines saisons dans cet espace vide quelque scrtion de nature plus ou moins calcaire , comme il arrive dans certaines limaces. Sou caractre extrieur le plus marqu, c'est que l'ouver- ture par o l'eau pntre aux branchies, et les orifices de l'anus et de la vulve, sont plus en arrire que dans les espces prcdentes, et que le sillon qui va de la vulve l'orifice de la verge , est par consquent beaucoup plus long. Les deux lobes latraux du pied , qui dans le bulla aperta remontent et forment de chaque ct du dos une prominence charnue, sont ici, minces, aplatis, et en forme de nageoires, ce qui donne l'animal un rapport sensible avec Vaplysia. Le disque tentaculaire est en revanche plus loign des ACERES. II formes de Vaplysla, que dans les autres bulles; il est ovale, et ne montre nulle sparation, nulle prominence qui indique des tentacules; deux points bruns place's prs de ses angles antrieurs annoncent probablement la prsence des yeux, que je n'ai pu toutefois distinguer, f^'f^ O' Ce j)elit animal n'a gure qu'un pouce ou dix-huit lignes de longueur. Si aprs avoir ainsi examin les acresa l'extrieur, nous en faisons l'anatomie, nous n'y trouverons pas des traits moins frappans de ressemblance, entre elles et avec les apljsies. Les branchies sont attaches dans les cinq espces, comme dans Yaplysictj aux deux faces d'une membrane triangulaire, adhrente par un de ses cts au dos, sous le toit que lui prte la coquille ou le manteau; la seule diffrence consiste dans la direction, cfiri est plus en arrire dans Vaccra carnosa que dans les autres. Ces branchies sont des feuillets transverses subdiviss eux-mmes en feuillets plus petits. La veine pul- monaire rampe le long du bord antrieur du triangle branchial. Elle donne dans l'oreillette du coeur, qui est plac sous la partie gauche de la cavit des branchies, dans la cavit abdo- minale, mais envelopp dans un pricarde qui le spare du reste des viscres. La plus grande partie de ce qui reste envelopp dans la coquille, est remplie par le foie, dont les lobes embrassent d'une faon trs-serre les circonvolutions du canal intestinal. Tout au fond de la spire, ou du vestige de spire seulement est l'ovaire; l'oviductus et le testicule aboutissent presque ensemble auprs de la vulve o se rend aussi le canal de la Yessie. Celle-ci est voisine du cur dans le ct gauche. 12 ACERES. L'oesophage, l'estomac, le cerveau, les glandes salivaires et la verge, occupent la partie antrieure du corps, celle qui sort de la coquille, et dont la cavit' est distingue de celle de l'abdomen par une membrane intermdiaire. Telle est la position des viscres dans mes cinq animaux. Dans tous les cinq la bouche est une fente verticale, garnie de chaque cot d'une lame coi'ne, comme dans l'aplysie. Dans les espces coquilles, la masse charnue de la bouche n'est pas considrable; sur son plancher est une langue courte, arme de petites pines recourbes en arrire. Dans le buUa aperta, cette langue n'est qu'un petit tubercule. Le biilla ampulla a la masse de la bouche un peu plus grande et la langue plus tendue que les autres. Dans ce mme huila ampulla les glandes salivaires, comme dans l'aplysie, reprsentent deux rubans troits et longs, fixs d'une part au gsier, et de l'autre s'insrant la masse charnue de la bouche. Dans Vaperta et le lignaria elles sont courtes , et libres en arrire. IJhydatis X.'i a trs -longues, ingales, et celle du cte' gauche fourchue par son extrmit postrieure. L'oesophage est ample, et susceptible de dilatation. Le huila lignaria est l'espce ori il est le plus long; il s'y replie deux fois avant d'entrer dans le gsier. Il se trouve dans toutes les espces coquilles un gsier musculeux arm de trois pices osseuses, mais c'est par ce gsier et par son armure cjue ces espces diffrent le plus entre elles l'intrieur. ACERES. i3 C'est dans le bitlla lignaria qu'il est le plus volumineux et que sa forme est la plus singulire. Il est arme de chaque ct d'une grande plaque pierreuse, convexe sa face interne, concave l'externe, dont le contour reprsente un ovale irre'- gulier, ou un triangle dont les trois angles seroient arrondis. Une premire membrane enveloppe ces deux pices; un tissu musculaire, trs-pais, form de fibres chai'nueset trans- versales les unit l'une l'autre par tout leur contour. Une troisime membrane qui est la veloute tapisse l'intrieur. Dans la tunique charnue, sa partie suprieure, est enchsse' le troisime morceau pierreux dont la figure comprime est oblongue et irrgulire. La structure du gsier des autres bulles coquille est au fond la mme; mais les plaques pierreuses y sont plus petites et autrement configures. Dans le huila aperta , leur grandeur est encore assez forte. Deux sont en triangle isocle obtusangle, et une rhomboi- dale; la largeur de chacune des trois tant h peu prs la mme, le gsier parot prismatique au dehors. Dans le huila amjjulla, le gsier ressemble un peu, l'ex- trieur, celui d'uiiu>|teau ; les pices osseuses en-sont d'un noir fonc , irrgulirement ovales, pointues aux deux bouts, et le ct par lequel elles regardent le dedans de l'estomac est trois facettes; l'une des trois est plus symtrique que les autres. Dans le huila hydatis j le gsier est plus petit que dans les trois autres et reprsente un cylindre moins long que large, renfl par ses deux bases. Les trois pices osseuses dont il est arm, sont noires, fort petites, et reprsentent des triangles dont deux cts seroient en courbe convexe, presque 14 ACERES. comme des e'cussons d'armoiries. Leur face interne est mar- que de quelques sillons Irausverses. On juge bien que de pareils estomacs doivent tre destine's broyer des corps durs; aussi les trouve-t-on ordinairement remplis des dbris de petits coquillages. Draparnaud rapporte cependant avoir trouve' une fois dans le gsier du huila lignaria une petite coquille de turbo qui n'toit point brise et dont l'animal avoit cependant et dis- sous : ce qui prouveroit que des sucs gastriques contribuent aussi la digestion. Mais peut-tre cette coquille avoit-elle te avale vide. Dans toutes les espces, l'intestin fait quelques circonvo- lulions entre les lobes du foie, reoit la bile vers son origine, et se termine a l'anus qui est plus ou moins en arrire du cte' droit. Le foie n'a point montr de diffrence importante. Le huila camosa, ou acre proprement dite, prsente un systme digestif assez diffrent pour tre dcrit part. La niasse charnue de sa bouche est trs-grande, elliptique, forme d'un tissu musculaire trs-pais, et n'a point de langue pi- neuse sur son plancher. Un sopijage peine visible tant il est court, donne dans un estomac arrondi, membraneux, assez dilat, d'oii l'intestin part immdiatement pour faire ses cir- convolutions entre les lobes du foie. Les organes de la gnration sont disposs dans toutes ces espces comme dans l'aplysia. La verge est toujours un muscle creux qui peut se retourner comme un doigt de gant, et qui sort par un trou au ct droit de la tte. Quand elle est d- roule en dehors elle a sur sa longueur un sillon, qui se ACERES. i5 continue avec la rainure qui va rejoindre l'orifice commun des oeufs et de la semence, et c'est l l'iuiique voie par laquelle le sperme peut pntrer d'un individu dans l'autre. Le huila aperta l'a filiforme et trs-longue. Dans l'tat de repos elle se replie en peloton sous la masse charnue de la bouche. Dans le huila ampulla , elle est longue, grosse et cylindrique; elle se loge au-dessus du gsier en faisant deux ou trois plis seulement. Sa forme dans le huila hydatis est 2)lus particulire; d'abord grosse, prs de l'orifice, elle s'amin- cit comme un pdicule, et se termine par une masse ovale semblable a un gland de chne. Il est probable que dans l'rection elle prend une figure un peu plus gale. Le huila ligua? la et le ca/'nosa ont la verge cyliudric[ue et mdiocre en volume. Le testicule est d'une forme allonge et d'une nature g- latineuse dans toutes les espces; il y a dans toutes une vessie globuleuse avec un long col mince; et une autre bourse cy- lindrique qui aboutit prs de la vulve. Le canal de l'ovidac- tus est toujours trs- pliss sur sa longueur comme dans les autres gastropodes hermaphrodites. Le systme nerveux est le mme dans les cinq espces ei encore trs-semblable celui de l'aplysia. Deux ganglions runis par un filet transverse, reprsentent le cerveau, et donnent les nerfs. Deux de ces nerfs venant chacun de l'un des deux ganglions vont s'unir entre l'estomac et la vulve, pour former le ganglion principal des viscres. Il n'y a d'ail- leurs rien de remarquable dans la distribution particulire des nerfs nou plus que dans celle des artres. Comme dans tous les gastropodes, l'enveloppe entire de "^ 16 ACERES. la partie antrieure du corps est d'une nature charnue; les muscles qui l'attachent h la coquille sont peu considrables; ils sont mme peu })rs nuls dans les bulle'es; on distingue mieux ceux qui retirent la bouche, et qui forment surtout des languettes nombreuses dans l'acera, o il paroi t que la masse charnue de la bouche peut en quelques circonstances se de'rouler plus ou moins au dehors comme une trompe. EXPLICATION DES FIGURES. Planche I. Fio. 1. Le bi/lla aperta entier, vu par le dos. FiG. 2. Le mme, vu parle ct droit. FiG. 3. Le mme, du mme ct, o l'on a cart la plaque charnue ventrale de la dorsale, pour mieux montrer ce qui est entre elles. FiG. 4. Le mme, vu par dessous. Dans toutes ces figures, a. Est la plaque charnue qui recouvre le devant du corps ou ce que j'appelle le disque teutaculaire. /;. Celle qui tient lieu de pied. c. La partie qui coniient la coquille. d. Une partie des bran- chies. e. L'anus. f. L'ori(ice commun du testicule et de l'oviductus. FiG. 5. La coquille, vue en position naturelle. FiG. 6. La mme, vue par sa face concave. Via. 7, 9 et 10. Reprsentent l'animal ouvert et plus ou moins dissqu. IjCS viscres sont leur place naturelle en fig. 7. L'estomac est dtach de l'in- testin et rejet en avant en fig- 9, o les branchies et le cur sont aussi rejets sur le ct. Enfin, eu fig. lO, on a enlev le foie et dvelopp les organes de la gnration. Dans toutes ces figures, a. Est l'estomac. h. L'oesophage. c. Les glandes salivaires. d. Les branchies. e. Le cur. f. Le foie. g. L intestin. A, Le testicule. /. La vessie. k. L'oviductus. /. La verge. tnm. Les muscles latraux de l'sophage. n. Le muscle longitudinal qui retire toute la tte. 00. Les ganglions latraux. On n'a point iKs de lettres aux branches du systme nerveux , mais on les distinguera aiseiffent. Fig. 8. Est la langue Irs-grossie. FiG. 1 1. L'sophage et l'estomac ouverts. Fig. 12. Les mmes, ferms, avec partie du systme nerveux. ACERES. 17 Planche II. K. B. Le graveur ayant nglig de graver sa planche au miroir, toutes les figures sont en sens contraire de ce qu'elles devroient lre. Fio. 1. La coquille tlu iz/// aTO^:)//fl! vue la spire en haut, et la bouche enavant. FiG. 2. L'animal tir de cette coquille, dans la mme position, c'est--dire, la tte en bas et le pied en avaat. aha'. Le pied. d. Le tentacule suprieur droit. f. La spire. i. La bouche. L: Lobe charnu servant clore l'ou-- verture conjointement avec le pied. l, m. Les tentacules infrieurs. p. Muscle qui attache l'animal sa coquille. Fio. 3. Le mme animal vu parla face oppose, c'est--dire, parle dos. a, b. Les deux lobes latraux du pied. c, d. Les deux tentacules suprieurs. y. La spire. i. La bouche. h. Le lobe charnu qui aclive de fermer la coquille. /, m. Les deux tenlacules infrieurs. Fio. 4. Le mme animal vu par le ct droit, aprs que le manteau qq' a t coup, et que sa partie droite q a t rejete en arrire pour montrer les branchies o en position. Les lettres a, c, d,i , k , l, m , ont les mmes si- gnifications que dans les deux figures prcdentes. . La vulve. r. L'ori- lce de la verge. nr. Le sillon qui joint ces deux ouvertures. FiG. 5. Le mme, dont les brancliies sont dtaches et rejetes en arrire, et dont le corps a t ouvert pour montrer les viscres en situation. a , c, d, l, m, o ,qq' , signifient les mmes choses que dans les figures prcdentes. s. L'oreillette du cur. t. Le ventricule. u, La vessie. u' . Son canal. vvv. Le testicule. if. Portion de l'oviductus. .r.v. Le rectum. yy. Portion de la verge. z. Partie du gsier. FiG. 6. Le mme, les intestins dvelopps. a. La masse charnue de la bouche et ses muscles. bb. L'sophage. ce. Les glandes salivaires. d. Le gsier. e. Le duodnum. //. Le foie. g. Suite de l'intestin. h. Rectum. i. Le cur avec son oreillette. k. L'oviductus. IL Le testicule. Jn. La vessie. n. Le cloaque de la vulve. oo. La verge. j]. Son muscle rtracteur. FiG. 7. La coquille du bulla lignaria tourne comme fig. i, FiG. 8 et 9. L'animal du huila lignaria tourn comme aux fig. 2 et 3. Les lettres ont les mmes significations. g. Mai'que l'endroit o-Tpond le bout des branchies. On voit d'ailleurs au travers du manteau l'endroit du cur i , et celui de. la vessie h. Fig. 10. Les viscres du huila lignaria dvelopps en partie. a. Le cerveau sur 3 i8 ACERES. le devant de la masse cliariiucde la bouche. h. Muscle rlracteur gauclie de la Ijouclie. c. Claude salivaire gauche. ci. Partie de l'sophage. h. Viilvc droite du gsier. i. Valve mitoyenne. k. Partie charnue qui unit les deux valves latrales. l, l. Foie. m. Duodnum. n. Rectum. o. Le coeur et son oreillette. p. L'oviductus, q. Le testi- cule. r. La verge. tv. La vulve. x. Les branchies. r. Corps glan- duleux tapissant un sinus de la cavit des branchies qui s'tend daus la spire. Il sert prohahlemeat la production de la pourpre. Fiu. 11 , 12 et i3. La coquille et l'animal du l)ulla hydatis, tourns comme aux fig. 1,2 et 3. Les lettres ont la mme signification. FiG. i3. On voit le lobe droit du pied a qui s'allonge en nageoire; on y remarque aussi en q la proniinenee de la vulve, et le sillon qui conduit de l la verge; et plus en arrire en z, l'orifice de l'anus. Fig, i4. Les viscres du huila hydatis dvelopps. a, La masse de la bouche. h , c. Les glandes salivaires. d. L'sophage. e. Le gsier. f. Le duodnum. ggg- Le foie. Ji. Le rectum. /. L'oviductus. k. Le tes- ticule. /. La vessie. mm. La verge. n. Les branchies. o. Le cur. FiG. i5. h'acre proprement dite, on bulla cat-nona vue en dessus. a. Le disque tentaculaire. b. La partie qui devroit contenir une coquille. c, d. Les nageoires. Fig. iG. La mme en dessous. a. La bouche. b, c. Les nageoires. d. La bran- chie vue par son extrmit sous la partie qui devroit contenir une coquille. Fig. 17. La mme vue par le ct. a. Le disque tentaculaire. b. La partie coquillire. c. La bouche. d. L'orifice de la verge. e. La vulve. d. Le sillon qui les unit. /^ La branchie. Fig. 18. La mme vue par derrire. a. Le rebord postrieur du disque tentacu- laire. b. La partie qui devroit contenir une coquille, et dont on voit ici le contour spiral. e. L'chancrure de la spirale sous laquelle se montre la branchie c, d. Les nageoires. Fig. 19. ]ja mme -ouverte. a. La grande masse charnue de la bouche et ses deux muscles suprieurs. b. L'estomac. c. Le duodnum. d. Le foie enveloppant l'intestin. .^ e. L'oviductus. f. Partie du testicule. _ g. Les liranchies. . Le cur. i. La verge. L Les deux ganglions du cerveau carts ; le filet qui les unit coup. Fig. 20. La bouche et l'estomac du bidla carnosa ouverts. Fig. 21. Le gsier du huila liydas ouvert. Fig. 22. Le gsier du huila am,pulla ouvert. Fig. 23. Deux des pices osseuses du gzier du huila Ugnaria. yy ju. j'iii/ /,>(>'. * ^ 11 S y^, ? V. J' Al }\ LU A. A A PERTA . /.,/// Cui'u-r ,/r-/ CLufUi'^ .<\u//i. --c^K ^r^RES . M E M O I R E Sur la Limace ( Umax , L. ) et le Colimaon ( lielix , L. ) I ? Remarques prliminaves. J E ne puis mieux terminer l'histoire des gastropodes nus y mieux montrer leurs rapports intimes avec les gastropodes testacs , ni mieux prparer l'histoire de ces derniers, qu'en runissant ici l'anatomle de la limace et celle du coli" maon : deux i^enres dont les ressemblances sont telles, jusque dans les moindres dtails, qu' peine oseroit-on les sparer, sans la grandeur de la coquille de l'un , et la petitesse de celle de l'autre , qui l'a fait regarder long-temps comme un molluscpie ab.-o'ument nu. Ces deux anatomies ne seront pas entirement nouvelles. Severinus^ Murait ci Harderus en ont donn de premires ides assez obscures et imparfaites. Rai parla de l'hermaphroditisme des colimaons et de leur accouplement rciproque , proprit extraordinaire qui les dislingue minemment, eux et plusieurs mollusques gast- ropodes , du plus grand nombre des autres familles d'ani- maux. a SUHLALIMACE Rdi dveloppa ce fait singulier, ei doiiDa des figures assez- exactes , quoique un peu grossires , (]es organes de la gn- ration , et de queKjues viscres. Lister essaya do dcrire l'anatomie complte des deux genres, ainsi que celle de quelques autres , et l'accompagna de figures; mais il y commit encore plusieurs fautes graves. Enfin, un travail antrieur celui de Lister ^Xa descrip- tion faite ])ar Swammerdam, parut , aprs la mort de ce grand aualomiste, dans son Bihlia natur , et peut encore tre considre aujourd'hui conmie ce que nous avons de mieux sur ce sujet. Nanmoins, mes procds anatomiqucs m'ayant fait oB- server certains organes d'une manire plus complte , et les inductions que m'ont fournies les dissections de tant de genres voisins qui n'avoient pas t vus par les naturalistes que je viens de citer, m'ayant conduit des ides plus justes sur les fonctions de diverses parties, je hasarde de reproduire une nouvelle description auatoniiipie de ces animaux. I Bies dessins tant d'ailleurs mieux gravs, et faits sur des ' projections diffrentes de ceux de mes prdcesseurs , ne peuvent qu'aider claircir ce que ceux-ci ont encore laiss d'obscur et d'incertain. Je donnerai une description directe et absolue, sans m'ar- rter rfuter les opinions des auteurs dont je viens de parler , toutes les l'ois que les miennes en diifreront. L'analogie des autres genres, ainsi que les connexions et la structure mieux dveh ppes des organes guideront suifisatii- ment un lecteur attenlil ,, et lui parieront d'elles-mufes tiieux que je ne ponrroisle faire; il verra aisment , [)ar e.\eiM[;it!,qiie les glandes salivaires ne sont pas un dpiploon^ ni la vessie \xi\ ET LE COLIMAON. 3 testicule^ ui la langue une trache-arlrp ^ cnniino l'a pens Lister. Il ne jirendra point, avec Jiedi, la matrice pour un canal dfrent^ et l'auloiil mme du grand Swammerdam ne lui fera pouit regarder les testicules comme un ovaire , ni les vsicules appendices du vagin comme des testicules. Je rappoi terai cependant les opinions de ces auteurs sur quelques points qui restent encore douteux, et que mes recher- ches ne dcident pas. Les sujets principaux de mes observations sont les deux grandes espces les plus aises se procurer : le gr^uid coli- maon des lignes., que l'on sert sur les tables, et la grande limace rouge es jardins. Le premier est nomm par Linnxus lielijc pomatia , et le nom spcifique pomatia lui appartient ds le temps de Dioscoride. Il vient de r , operculum , et se rapporte au couvercle que cet animal se labri([ue en hiver. On sait assez que les anciens en faisoient encore plus de cas que nous, qu'ils l'levoient dans des enclos particulirement destins cet usage (ij, et qu'ils en distinguoient plusieurs varits. La limace rousse {^limax rufus ., Lin. ) n'est que trop commune en automne dans nos jardins qu'elle dvaste 5 elle ne nous paroit pas diffrer de la limace noire ( L. ater. \ autrement que par la couleur, et l'on observe mme plu- slems nuances intermdiaires. Je ne sais si le limajc sitcci^ tiens de Midler est le mme animal , comme le croit cet auteur , et dans ce cas je ne vois |)oint pourquoi il en a chang le nom , ui pourquoi Gmelin a suivi ce mauvais exemple. (1) Cet usage s'est couserv dans f|uelendanl pro- duite prcisment comme la coquille elle-n>nie, et quand on la plonge dans l'acide nitrique, il reste galement, aprs la dissolution de sa partie calcaire, un tissu glatineux. En ouvrant la substance du bourrelet, on s'aperoit ais- ment qu'il est en grande partie forn:k d'un lissu glanduleux, Idancbtre, et tout pai'sem^ie petits points demi-transparens. Pour peu qu'on irrite le colimaon vivant, on lui fait r])andre en aboT>lance par tous les pores du bourrelet un liquide lylanc opaque, et visiblement foin de uaolcules calcaire j lo s U r. L A L I M A C E suspendues clans une viscosit. Il est vident que c'est la matire dont le couvercle se compose , et il est bien proLalile que c'est aussi celle rpii contribue aux augmentations de la coquille; mais il faut que, dans ce dernier cas, elle transsude , non pas au travers de la peau extrieure du bourrelet , niais par celle d la portion de manteau qii est un peu au-dessus, et il faut avouer que celle-ci ne paroit pas glanduleuse. L'adhrence des muscles la coquille est encore une des raisons qu'on a allgues pour prouver que celle-ci est orga- nise la manire ordinaire, c'est--dire, vasculeuse. M. Poli a mme pens que c'est au travers des muscles que ses vais- seaux lui arrivent; mais cette adhrence, trs-forte pendant la vie, disparot entirement par quelque sjour dans l'esprit de vin. Les muscles se dcollent sans aucun dchirement : il est d'ailleurs constant qu'ils adhrent successivement diff- rens points de la coquille. Les observations de M. Brisson sur le bidiine dcoll ^ et celles que tout le monde peut faire sur les empreintes successives, laisses par les muscles au de- dans de diffrentes coquilles , le prouvent sans rplique. Com- ment pourroient - ils arracher leurs vaisseaux d'un endroit pour les implanter dans un autre ? 4." Division du corps en deux cavits. Le corps de la limace et du colimaon se divise en deux cavits : la premire est ouverte au dehors et l'air y pntie ; c'est la cavit pulmonaire, aux parois de laquelle sont attachs, outre le rseau vasculaire- dans lequel le liquide nourricier vient s'exposer l'action du fluide atmosphrique, le pricarde contenant le cur et son oreillette, et un viscre scrtoire E T L E C O L I M A O N. n que nous dcrirons. L'autre cavit , qui est beaucoup plus grande, est ferme de toute part, quoiqu'une partie des vis- cres qu'elle contient communiquent eux-mmes au dehors par des ouvertures. Ce sont les organes de la digestion et ceux de la gnration , ainsi que le systme nerveux. Les premiers ont deux issues extrieures, la boache et l'anus j les seconds n'en ont qu'une que j'ai indique ci-dessus. Dans la limace^ la cavit pulmonaire est renferme sous le manteau ; la grande cavit remplit toute l'enveloppe cliarnue du corps. Dans le coliinaon , il n'y a que la partie antrieure du corps, proprement dit, qui soit occupe par une portion de la grande cavit ; le reste pntre dans les contours de la co- quille , et le derrire du corps ou plutt du pied est solide , charnu et sans viscres; la cavit pulmonaire occupe le devant du dernier tour del spire; elle est ferme de toute part dans les deux genres, except au trou circulairequi lui sert d'orifice, circonstance par laquelle ces mollusques diffrent beaucoup des testacs turbines proprement aquatiques , ainsi que nous le verrons ailleurs. Elle est spare de la grande cavit par une cloison mince et charnue, et n'a d'autre communication avec elle que par les vaisseaux qu'elle en reoit , ou par ceux que le cur y envoie. 5." Sjstme musculaire. L'appareil musculaire de ces mollusques doit tre divis ainsi qu'il suit : i. L'enveloppe gnrale charnue; 2. Les muscles qui retirent le pied en dedans; 12 S U R L A L I M y C E 3 Ceux qui relirent la masse de la bouche ; 4 Ceux qui retirent les tentacules; 5, Ceux qui relirent la verge. Ces trois derniers organes sortent par l'effet des fibres pro- pres leur tissu , et le pied est cliass au dehors pa les con- tractions de l'enveloppe gnrale. Comme la limace ne retire point son pied , les muscles ncessaires pour cela lui manquent, taudis qu'ils sont au con- traire grands et conq)liqus dans le colimaon. Les libres qui composent l'enveloppe gnrale sont si ser- res, que l'on ue peut gure les diviser en plans ni en fais- ceaux ; elles forment un tissu conq^iarable au muscle propre de la langue de l'homme : la macration fait voir cependant qu'elles se ci'oiseat en divers sens. Dans la limace^ cette enveloppe est une tunique complte qui dtermine la ligure du corps et qui la fait varier au gr de l'animal. A peine plus paisse au pied que sur le dos, elle est trs-mince sur la tte : l'endroit de la cavit pulmonaire , elle semble se diviser eu trois plans; un infrieur qui forme le diaphragme, un moyen et un suprieur qui embi-assent la coquille. Les trois plans se runissent pour former le bord an- trieur du manteau, qui reprend toute l'paisseur du reste de l'enveloppe. Les libres les plus inteimes paroissent plus transversales; les plus extrieures sont longitudinales. Ces dernires se con- fondent tellement avec celles du derme ou de la peau, que l'on ne peut marquer leurs limites. La pointe postrieure du pied est un peu plus paisse que le reste, parce qu'elle contient une petite glande d'o sort une viscosit par le trou situ au-dessus. ET LE C O L 1 iM A O N. i3 Le pied du colimaon est encoi'e plus comparable nue langue que celui de la limace, par sa forme mme, et parce que sa partie postrieure se continue sans cavit avec le dos Il n'y a entre les fibres du dos et celles du pied qu'un tissu glanduleux. Les filjres du dos remontent en grande partie pour rentrer dans le collier, et aprs s'tre contournes sur son bord post- rieur, se (ixer la columellede la coquille, o elles prennent un point daitaclie pour tirer en dedans la partie postrieure du pied. Les libres extrieures des parties latrales de l'enveloppe et celles de la tte vont se fixer en convergeant au collier lui- mme, en dedans de son bourrelet charnu 5 elles sont beaucoup plus minces que celles du pied et du dos. Il y a vers celte partie des fibres transversales , circulaires , et parallles au bourrelet, dont l'action , en contractant toutes les parties ext- rieures et les forant s'allonger, commence aies faire sortir de la coquille. Le bom-relet contient aussi des fibres dans son tissu , et peut tre considr lui-mme comme un muscle particulier , comme une espce de sphincter, qui aide la sortie du pied et de la tte , une fois que cette sortie a t commence par les libres dont je viens de parler. On voit encore quelques fibres sur la paroi de la cavit pulmonaire contigu la coquille j mais il n'y en a plus du tout sur la portion de la grande cavit qui pntre jusqu' l'extrmit de la coquille, et qui y reste toujours 5 elle n'a pour envelo])pe qu'une membrane fine et transparente qui se con- tinue avec la lame interne du derme, comme l' pidmie de la coquille se continue avec sa lame externe.. 4 s U R L A L I M A C E Les muscles qui retii'entle pied eu dedans ou t leur attache fixe la colunielle de la coquille, au-dessus de l'attache des Chres du dos. Ils forment deux heaux faisceaux ou rubans, et aprs avoir pass au devant du bord postrieur du bour- relet , et sous tous les viscres dans la partie antrieure de la grande cavit , celle qui n'est point toujours enferme dans la coquille, ils se divisent en un grand nombre de languettes qui pntrent , les unes droite, les autres gauche , dans la subs- tance mme de cette portion antrieure du pied , en s'entre- croisant intimement avec ses fibres propres , comme une partie des muscles extrinsques de la langue hnlt par se perdre dans le muscle lingual. Les muscles qui retirent les tentacules en dedans font partie de ceux qui retirent le pied. Ceux des tentacules suprieurs forment chacun la pre- mire languette , et la plus extrieure du muscle de son ct. Ceux des tentacules infrieurs viennent d'une autre lan- guette un peu plus interne, qui donne en mme temps de petits faisceaux au voile ou lvre suprieure. Ces quatre muscles ont leur partie antrieure une teinte noirtre qui est encore beaucoup plus forte dans la limace , et ce qui est plus remarquable encore , les grands ont celte partie noire, creuse, comme une bourse, et y logent le nerf optique. Entre les quatre tentacules est la masse charnue de la bou- che, dont l'organisation est la mme que dans les autres ^'^a^- tropodes et cphalopodes. Elle est chasse en dehors parles contractions du bourrelet et des fibres annulaires de l'enveloppe gnrale, porte de cot ET LE C O L I M A O N. - i5 par plusieurs petits faisceaux, qui s'unissent aux parties envi- ronnantes de la peau , et retire en dedans par deux grands muscles attachs la colunielle del coquille , et marchant paralllement sur les deux grands muscles du pied , ils s'ins- rent sous la masse charnue qu'ils retirent , et pour s'y rendre passent avec l'oesophage au travers du collier nerveux que le cerveau forme avec le ganglion infrieur. Ces deux grandes paires de muscles ( ceux de la Louche et ceux du piedj , qui restent symtriques dans toute leur partie infrieure , se tordent un peu en spirale leur extrmit op- pose pour se fixer la columelle. Dans la limace, l'appareil musculaire intrieur est bien moins cousidrahlcj le pied n'a aucun muscle extrinsque. Les tentacules suprieurs ont chacun le leur, qui, passant ct des viscres , va se fixer la partie dorsale de l'enve- loppe gnrale charnue , immdiatement derrire la cavit pulmonaire , l'eudroit qui rpond au bord postx'ieur dn manteau. Chacun de ces muscles donne une languette pour le tenta- cule infrieur , et une autre pour les parties voisines des l^ vres. La masse charnue de Ta bouche a aussi deux trs - petits muscles rtracteurs qui viennent se fixer prs des prcdens. Celui de la verge s'y fixe galement ; il est un peu plus fort proportion que les deux autres : au contraire, le muscle r- ti-acteur de la verge du colimaon est long et grle; il se fixe la partie moyenne des fibres, qui de la tte et des cots vont joindre le collier.. )G S U R L A L I M A C E 6." Systme digestif. Les organes de la digestion sont peu prs les mmes dans les deux genres. La bouche consiste, comme dans les gste'ropodes, sans trompe , et les cphalopodes en une petite masse charnue et ovale; elle peut rentrer en dedans, et alors la partie la plus voisine de la peau la suit , et forme un petit canal au devant d'elle 5 quand elle se porte en avant , cette portion de ia peau ressort et contribue seulement dilater ls lvres. Il n'y a qu'une mchoire en forme de croissant, et de subs- tance corne : elle est place au-dessus de l'ouverture de la bouche , et se montre au dehors quand la masse de la bouche est tout--fait porte en avant. Le bord concave infrieur et traiiciiant dece croissant offre , dans le coUnuion.^ plusieurs dentelures qui se continuent sa face antrieure en autant de petites cannelures. Dans la limace , il n'y a qu'une seule dentelure au milieu de la concavit. La langue, coname dans les autres gastropodes aussi, est une pelile plaque cartilagineuse et lastique, place sur le plancher de la bouche; elle n'est point arme de crochets comme dans tant d'autres genres, maison y remarque seule- ment de petits sillons transverses et parallles trs-serrs. Elle est pointue en avant, et se termine en arrire en un petit cne cartilagineux , court et mousse , dont l'extrmil fait saillie hors de la masse charnue sous l'sopihage, et au-dessus de l'inser- tion des muscles rtracteurs de la bouche. L'orifice de l'sophage est la face suprieure de la niasse E T L E C O L I M A O N. i? ovale, et rpond au-dessus de la plaque cartilagineuse de la langue. C'est par le soulvement alternatif de cette plaque, lequel rsulte lui-mme des mouvemeus du petit cne qui la ter- mine en arrire, que les alimens coups par lamticlioire sont introduits dans lsophage. Lorsque la pointe du cne est tire en arrire, il s'allonge aux dpens de la plaque , dont la partie postrieure se replie un peu, et qui s'abaisse; lorsque cette pointe est porte eu avant, l'ouverture du cne s'largit ou se dploie; la plaque s'allonge et s'lve. O il y a quelques lanires charnues dis- poses autour de ce petit cne pour lui imprimer les mouve- mens que je viens de dire. Les unes partent de sa pointe, et vont en arrire se inler au reste de la masse charnue de la bouche; les autres le prennent par ses cts, et vont en ava-ut s'insrer la mme masse. Celle succession d lvations et d'abaissemens fait excuter la plaque linguale une sorte de mouvement pristaltique, ou une espce de rotation, dans laquelle les ctes saillantes et transverses de la surface snisissent les alimens, comme pour-' roit le faire une roue dente, et les prsentent l'orilice de l'tesophage. Ce que ces ctes transverses font dans le colimaon et la limace ^ les pines crochues le font plus puissamment encore dans les seiches et dans beaucoup de gastropodes. JNous verrons plusieurs de ceux-ci parmi les testacs marins , o 1.^ membrane linguale est d'une longueur extraordinaire, et arme de crochets disposs avec une rgularit tonnante. Tout ce que je viens de dire est commun aux deux genres. L'insertion des conduits salivaires aii.\ deux cts de l'oritice i 8 S U R L A L 1 M A C E de i'lnc mat, qui y fof mentunernagniCique broderie. Notre gravure w'a pu en exprimer que bien foiMcment 'a d- Hcatesse. o SUR LA L I M A C E L'un et l'autre produisent de chacun de leurs lo])uIes uti; petit vaisseau biliaire qui se runit successivement ses voisins, et forme avec eux une grosse branche pour chaque loJje. Dans le colimaon , les quatre branches se runissent en un gros tronc qui pntre dans le pylore mme , et de manire verser au moins autant de bile dans l'estomac que dans l'in^ lestin proprement dit. Dans la limace^ il y a deux orifices aux deux cts du pylore. L'un des deux introduit la bile produite par les trois lobes antrieurs; l'autre, celle des deux postrieurs : la bile est trs- fluide et d'un verd tirant sur le brun. Il n'y arien qui ressemble un msentre, ni une rate, ni un pancras , ni une veine-porte. Lister^ tromp par la couleur, a cru que les ramifications blanches qui couvrent le foie et l'intestin de la limace sont des vaisseaux lacts : nous allons voir que ce sont des artres. Il n'y a , selon toute apparence , dans ces mollusques et dans tous les autres,, de vaisseaux absorbans, que les veines. 7. Systme veineux. Quand on examine par dedans l'enveloppe gnrale de la limace^ on voit de chaque ct un grand vaisseau longitudi- nal qui grossit en avant. Il reoit beaucoup de branches de l'enveloppe mme, et l'on voit sur sa longueur des trous par lesquels il lui en vient des viscres. Les trois principaux sont tout--fait sa partie antrieure. Ces deux vaisseaux sont les deux veines caves. Ils embrassent chacun de leur ct, le contour de la cavit pulmonaire, dans tout ce cercle par lequel le manteau se joint au dos propre- E T L E C O L I M A C, O i\. sr ment dit. Il en part, dans ce circuit, une inlinit de petites hranclies qui sont les artres pulmonaires, et qui donnent naissance ce beau rseau dont la cavit de la respiration est tapisse; rseau qui reproduit son tour des vnules, les- quelles aboutissent toutes en dernire analyse dans l'oreillette du cur. Il y a quelque cbose de fort semblable dans le colimaon. L'enveloppe cbarnue du corps a , de cbaquect , une grosse veine ; il en vient une seconde qui descend du sommet de la spire , le long de sa partie concave , et rassemble les veines d'une grande partie des viscres; son extrmit infrieure, elle marche paralllement au rectum entre lui et le bord droit de la cloison du diaphragme, et va jusqu'auprs de l'anus se runir avec la veine de la grande enveloppe charnue. Lorsqu'on l'injecte, tout le rectum se trouve couvert d'un rseau veineux. Une troisime veine, arrivant aussi des viscres par dessous le cur, marche dans le plafond de la cavit pulmonaire, pa- ralllement son bord gauche. Un canal veineux va de son extrmit la runion des deux premires , de manire que la cavit pulmonaire est entoure, par trois de ces cts, d'une continuit de grosses veines que l'on doit considrer la fois comme veines caves et comme artres pulmonaires. 8. Poumon.. La cavit pulmonaire de la limace est peu prs ronde,, et beaucoup plus petite que celle du colimaon. Le rseau vasculaire s'y conrpose de mailles presque semblables entre elles, et couvre le plancher de la cavit comme son pla- fond, dans tout ce que n'occupent ni le pricarde, ni le sac g^lutiueux. a S U Fx L A L I M A C E] Celle '(kl colimaon est ])eaucoKp plus grande et presque triangulaire. Son plancher est absolument sans rseau vaseu- laire, et n'offre qu'une siuiple membrane qui recouvre la cloi- son fibreuse iuterpose entre cette cavit et la partie moyenne de celle qui comprend les autres viscres. Tous les vaisseaux adhrent au plafond de la cavit pulmo- naire^ les uns viennent du pourtour du collier, c'est--dire, du canal veineux qui le borde; les autres, de toute la lon- gueur de la veine parallle au rectum, en passant sous celui- ci et sous le canal excrteur de la viscosit. Les plus petits de ces vaisseaux sont peine visibles la loupe ; ils se runissent successivement en rameaux qui finissent tous en deux branches, lesquelles se runissent en un gros troue commim j)our aboutir l'oreillette du cur. Ce tronc commun est donc la veine pulmonaire. Le systme tles vaisseaux pulmonaires du colimaon res- semble donc davantage un arbre , et celui d^ la limace un vritaJile rseau. Dans celui-ci , les veines puhnonaTes n'aboutissent pas un tronc unique, mais elles se rendent par plusieurs branches dans Toreillelte 'du cur : aussi cette orei- lelle a-t-elle une autre forme, comme nous le ven-ons bientt. C'est son passage dans ce rseau que le sang de ces mol- lusques prouve l'action de l'air, au travers des membranes dlies des vaisseaux , et cettse action est absolument de mme nature que sur les animaux vertbrs , c'est--dire qu'elle a lieu par absorption d'osigne et formatiiora d'acide caibo- nique , ainsi que s'en sont assurs t^amjuelin et Spallanzam. Si l'on prive std^ilement d'air ces animaux , dans le temps de la plnitude de leur activit, ils ne lai'deut point prir; ce qui ni'empche pas qu'ils e pabseni aussi dans d'auti'es ET LE COLIMAON. 23 temps s'en passer lout-- fait, puisque les co///^/o/z^ s'enferment eux-mn>es, pour tout Vhiver, dans leur coquille par un cou- vercle , qui n'y laisse rien pntrer , ainsi que Spallanzani l'a vrifi par des expriences fort exactes. Mais nous avons bien d'autres exemples d'une semblable diffrence , selon les poques de l'anne. Les grenouilles })assent riiiver en ltliargie, enfonces dans la vase du fond des ma- rais , et cependant en t elles prissent au bout de quel(|ues minutes , si on les empoche de respirer en leur ouvrant la bouche de force. L'air est alternativement introduit et expuls par la dila- tation et par la contraction de la cavit pulmonaire; l'animal dilate l'orilice de la cavit , et le referme ensuite quand il l'a bienrenqjliej puisillerouvrepour expulser cet air et en prendre de nouveau. C'est surtout en se retirant en partie dans sa coquille et en, refoulant ainsi la cloison infrieure de sa cavit, qu'il chasse l'air au dehors. Il fait entendre alors un petit bruit , produit naturel du passage rapide de l'air par une ouverture troite. La dilatation de la cavit pour prendre de nouvel air est due en grande partie la contraction del cloison infrieure, qui, s'aplatissant , repousse en dehors les organes qui sont dessous, tandis que la suprieure reste tapissant la concavit de la co- quille. C'est uu mcanisme analogue celui de notre dia- phragme. Il faut pourtant qu'il y ait encore des actions musculaires d'un autre genre ; car , d'une part , l'animal respire et fait gonfler son poumon, mme lorsque la portion de coquille c{ui le recouvre est enleve \ d'autre part il respire aussi lorsqu'entirement rentr dans sa coquille il ne peut gure aljaisser sou diaphragme. a4 SU'RLALIMACE 9. Cur et systme artriel. Le cur de la limace est pac presque sur le milieu de la cavit pulmonaire , dans un pricarde qui le retient la paroi suprieure de cette cavit, immdiatement sous celle de la coquille. Sa forme est ovale et sa pointe dirige en arrire et en des- sous. L'oreillette y pntre par sa face suprieure, venant du ct gauche, o elle se dilate en forme de croissant, dont les ^deux pointes s'tendent en avant et en arrire, se courbant cliacune un peu vers la droite, et rassemblant ainsi au bord externe et convexe de l'oreillette toutes les veines du rseau pulmonaire. Dans le colimaon , le cur plac, au tiers postrieur de la cavit des poumons , se dirige transversalement, l'oreillette droite et la pointe gauche. L'oreillette , qui n'a qu'une seule grosse venie recevoir du poumon , forme une pyramide dont la base est adosse la base de la pyramide plus grande du cur. 1 Dans l'un et l'autre genre , l'oreillette a des parois plus " minces, des cordes tendineuses plus gries , et manque de valvules ; le cur est plus charnu , plus opaque, a des colonnes charnues plus grosses, et son entre du ct de l'oreillette est garnie de deux valvules membraneuses de forme peu prs carre, tournes de manire qu'elles y laissent venir le sang du poumon par l'oreillette, mais qu'elles ne le laissent pas ressortir de ce ct -l. Je n'ai pu dcouviir aucune valvule l'entre de l'aorte , i dans la limace , ni dans le colimaon. ET LE COLIMAON. 25 L'aorte se divise, tant dans l'un que dans l'autre, ds sa sortie du cur, en deux troncs, dont l'un est destin au foie , l'intestin et l'ovaire , l'autre l'estomac, la bouche , aux organes de la gnration et au pied; mais, cause de la po- sition diffrente du cur et des autres parties , la direction de ces deux troncs n'est pas la mme. Dans la limace , aprs avoir perc le pricarde , ils des- cendent entre l'un des replis des intestins \ le tronc lipato- intestinal se porte directement en arrire ; l'autre se recourbe subitement en avant. Dans le colimaon , e premier suit d'abord les circonvolu- tions de la spire en montant vers la pointe, selon leur con- vexit; tandis que, comme nous l'avons vu, c'est en suivant la concavit que la veine en redescend : l'autre va d'abord en dedans , tournant sur le commencement du rectum , et ensuite directement en avant jusque sous la bouche. Les artres de la limace ont un caractre qui leur est tout particulier. C'est une blancheur opaque aussi pure que si elles toient pleines de lait , et d'autant plus sensible qu'elles ram- pent sur des fonds trs-rembrunis , comme les intestins qui sont d'un verd fonc, et le foie qui est d'un brun noirtre. Les injections les plus parfaites n'ont rien produit d'aussi agrable la vue que ces ramilications blanches de la /f>?irtC(?, et surtout de la limace noire. Les artres du colimaon n'ont point cette opacit , et res- semblent par leur demi-transparence celles de la plupart des mollusques. Le sang qui y circule offre une lgre teinte bleutre. S s U R L A L I M A C E 10." Organe scrteur de la viscosit. Le pricarde est entour aire^ de Yoi'iductus , de la matrice , du testicule ., du canal dfrent , de la verge , de la vessie et de la bourse conmmne \ E T L E C O L I M A O N. 27 de la gnration , laquelle la verge, la matrice et la vessie aboutissent chacune par un oritice particulier. Le colimaon qui possde aussi toutes ces parties , en offre de plus deux qui lui sont propres, savoir : les vsicules mul- tijides et la bourse du dard. L'oriHce extrieur donne dans la bourse cominune de la gnration , et c'est celle-ci qui, en se renversant et passant au travers de cet orifice extrieur, l'instant de l'accoupleuient , prsente au dehors les trois orifices particuliers. \Jovaire n'est qu'une grappe complique j il est situ l'ar- rire du corps et enchss entx-e les dernires portions du foie. Uoviductus est un conduit gile, repli en zigzags, et dans ])lusieurs sens sur toute sa longueur. Aprs s'tre form de la lunion des branches de l'ovaire, il descend en avant et.se colle vers l'endroit o le testicule se rtrcit, et y devient si mince lui-mme, qu'il est trs-difficile d'apercevoir sa termi- naison dans la matrice. Celle-ci est une espce de boyau long et parois extrme- nieut molles, qui sont cependant trangles chaque instant par des plis rentrans, et dilates par des boursouflures, de manire faire ressembler ce viscre un colon. La capacit intrieure de la matrice est as.sez considrable , et les inga- lits de sa surface lui permettent de se dilater encore beau- coup quand il faut qu'elle contienne les ufs. Il est probable que les ceufs sont imprgns d'un fluide fourni par les parois de la matrice, et qu'ds prennent presque tout leur volume dans ce viscre , et aprs avoir travers l'ovi- ductus. Le testicule se divise en deux parties : une masse ovale blanchtre , molle et presque homogne, et une autre allonge, iniuce et grenue. Cette dernire se colle intimement la ma- 28 SURLALIMACE trice,en fixe les divers replis, comme pourroit le faire mi msentre , et descend avec elle jusque prs de son entre dans la liourse commune de la gnration , o le testicule se termine. Cet organe est extraordinairement variable pour le volume. Dans la limace , il y a des temps o le testicule remplit lui seul prs de la moiti du corps; il y en a d'autres o il est rduit n'occuper que les environs de l'cesopliage. On conoit aisment que cette augmentation arrive l'poque du rut. Je n'ai pas observ qu'elle soit aussi forte dans le colimaon. La matrice grandit et se ramollit assez dans la mme raison que le testicule. Le canal dfrent nat de la partie troite et grenue du testicule dont il est le canal excrteur. Celui de la limace aboutit au fond de la verge lorsqu'elle est replie en dedans. Celui du co/w?o pntre dans la verge par le ct, vers le tiers de sa longueur le plus voisin de la bourse commune de la gnration. C'est que la verge du colimaon est beaucoup plus longue que celle de la limace. Elle ressemble un long fouet, est creuse en dedans et non perce par le bout 5 mais l'extr- mit du canal dfrent forme dans sa cavit un petit mam- melon perc d'un trou. Entre ce mammelon et l'entre de la verge dans la bourse commune, on observe deux valvules ou plutt deux prpuces , deux replis intrieurs dirigs vers cette entre. Il faut pour l'accouplement que la verge se retourne entirement, au moins jusqu' l'orifice du canal dfrent, de la mme manire que les tentacules se retournent. C'est ce qu'elle fuit quand la bourse commune s'est renverse elle- mme. i ET LE COLIMAON. 29 La verge de la limace, qui est beaucoup plus courte, est aussi oblige de se retourner ; mais ses replis intrieurs , qui servent comme ceux du colimaon donner sa tunique interne l'tendue qui lui est ncessaire pour devenir externe dans le renversement; ces replis intrieurs, dis-je, ne sont pas Iransverses mais longitudinaux. Il y en a surtout un trs- remarquable et qui forme encore une crle dentele lorsque la verge est retourne ; mais il est propre la grande limace grise tachete de brun. La verge de l'un et de l'autre genre est pourvue d'un muscle rlracteur. Celui du colimaon est grle, vient de la face infrieure de la cloison qui spare la cavit pulmonaire de la grande cavit, et s'insre au ct de la verge peu prs au mme endroit que le canal dfrent. Celui de la limace est plus court et plus large, et vient avec les autres muscles dessous la partie postrieure du manteau. Le canal de la vessie est en proportion avec la longueur de la verge, sans qu'on puisse deviner la raison de ce rapport. Celle du coUmaun s'tend jusque derrire la cavit pulmo- naire o elle est couclie sur l'estomac. Son canal se colle la matrice sur presque toute sa longueur , et c'est dans la fin de ce canal que la matrice dboucbe par un orilice rond dont les bords sont renlls et rids. Dans la limace , au contraire, le canal court et ample de la vessie et celui de la matrice aboutissent cliacuu spar- ment , quoique trs-prs l'un de l'autre , la bourse commune de la gnration. Il faut bien que cet organe que j'ai nomm vessie ait quel- que fonction essentiille , puisqu'il ne manque aucun des gas- tropodes que j'ai dcrits jusqu'ici ; mais j'avoue que j'ignore 3o S U R L A L I M A C E enliremeut quelle elle est, moins qu'elle ne consiste four- nir la matire propre enduire les ufs et leur former une euveloppe. Dans ces deux, genres, cette vessie contient ordi- nairement une substance concrte d'un brun rougetre peu prs de la consistance du savon. Swammerdarn a pens que la pourpre du murex est contenue dans un organe analogue ; mais je me suis assur du contraire , ainsi qu'on l'a dj vu l'article de Vapljsie. La cavit ou bourse commune , ou , comme on pourroit en- core l'appeler, le vestibule de la gnration, est, dans la li- mace , une grosse bourse ronde parois paisses, spongieuses et {ibreuses , qui se renverse aisment au debors, probable- ment par un mlange d'une sorte d'rection et de l'action musculaire exerce })ar les libres de l'enveloppe gnrale qui dilatent l'orilice de celte cavit en mme temps qu'elles com- priment le corps entier. Dans le colimaon , elle est presque rduite rien quand les parties sont rentres et tranquilles, mais elle prend du volume lorsqu'elle se renverse pour l'ac- couplement. Les vsicules miiltifides du colimaon qui manquent la limace et la plupart des autres gastropodes , et qui ne sont reprsentes mme dans la parmacelie que par des v- sicules simples , aboutissent dans la portion du canal de la vessie situe entre le point o celui de la matrice s'y rend , et son entre dans la bourse commune. Cette portion du canal de la vessie , qui est plus large que le reste, pourroit, si on le vouloit, prendre un nom particulier. Les vsicules midtijdes mritent en effet ce nom, parce qu'elles se composent cbacune d'une trentaine de petits tubes grles et aveugles s'unissant deux deux, trois trois, avant de se confondre tous avec le canal commun qui pntre de E T L E C O L I M A O N. 3i chaque cot dans celui de la vessie par un Irou peine grand comme une piqre d'pingle 5 dans d'autres espces d'h/ijc^ le nond)re des petits caicunis est beaucoup moindre et se r- duit cinq ou six ; il y en a mme o les vsicules sont simples, comme dans la parmacelle. Ces vsicules produisent et versent dans le canal del vessie, qui est aussi dans cet endroit celui des ufs , puisque la ma- trice va dbouch au-dessus , une liqueur opaque et blanche comme du lait , mais d'ailleurs trs-fluide , dont il est ])ien dif- ficile de deviner l'usage , puisqu'il faut que cet usage soit par- ticulier au genre du colimaon. Un autre organe propre au colimaon , c'est la bourse du r/^//Y/, ainsi nomme de rinstrimient. singulier qu'elle contient et qu'elle produit. La ligure de cette bourse est celle d'une cloche allonce; sa nature musculaire, ses parois fort paisses proportion. Elle donne dans la cavit comixiune de la gnration , et peut , comme elle , se renverser entirement en dehors. Ses parois intrieures ont quatre sillons longitudinaux , et dans son fond est un mammelon dont la surface scrte une matire calcaire et comme spathique , qui , s'allongeant toujours par de nouvelles couches intimement colles aux prcdentes, et se moulant dans les quatre sillons de la bourse, finit par former un dard quatre artes, qui ressembleroit aux lames d'pes ordinaires , si ce n'est que celles-ci n'en ont que trois. Ce dard renat quand il a t perdu ou cass. C'est avec ce singulier instrument que les colimaons pr- ludent leurs caresses amoureuses. Lorsque deux individus se rencontrent, ils commencent par se toucher , par se frotter l'un contre l'autre par toutes les parties de leur corps. Aprs lre rests plusieurs heures dans cette occupation , ou voit la 32 s U R L A L I M ACE bourse coimi. une sortir et se gor.iler j bieniot aprs se mani- feste la bourse du tlard, et celui des deux iudividus qui lu ren- verse le premier cherche piquer , s'il peut , quelque endroit du corps de son camarade. Je dis s'il peut , parce qu' peine celui-ci aperoit-il la pointe du dard, qu'd se rfugie dans sa coquille avec une promptitude que ces animaux n'ont gure ac- coutum d'avoir, il n'y a point de Heu particulirement des- tin cette sorte de blessure. Ordinairement le dard se rompt aussitt qu il a efieur la peau 5 quelquelois il y reste lich , mais le plus souvent il tombe terre. Le deuxime colimaon ne tarde point Anre sortir le sien et l'employei- de la mme faon. Ce n'est qu'aprs ces crmonies prliminaires que le vritable accouplement a lieu par l'insertion rciproque des verges. Mais ce dard , quoi sert-il ? Est-ce pour rveiller un peu par sa piqre l'nergie de ces animaux apathiques? Mais pourquoi mauqueroit-il la limace et tant d'autres mol- lusques qui n'ont gure plus de vivacit ? Quant la verge, il est probable qu'elle pntre dans le canal de la matrice, ou au moins vis--vis de son issue dans celui de la vessie. Ses rapports de longueur avec le canal de la vessie ni'ont fait souponner autrefois que c'est ce dernier qui est destin la recevoir. On ne pourroit vrifier cette con- jecture qu'en mutilant avec adresse deux colimaons accoupls; mais celte opration me paroit bien dijlicile , et je ne l'ai point tente. 12." Sjstme nerveux. Le systme nerveux se compose du cerveau et d'un gros ganglion plac sous l'sophage et qui s'unit avec le cerveau par deux cordons latraux 5 l'anneau form par le cerveau, le E T L E C O L I M A O N, 33 ganglion et les deux cordons , est assez large poux* que la niasse charnue de la bouche y passe toute entire , et elle y passe effectivement quelquefois lorsqu'elle se retire fortement en dedans. Ainsi le cerveau est tantt plac sur la naissance de l'sophage, et tantt sur le tube membraneux qui prcde la masse de la bouche, et qui est form par les lvres rentres en dedans. Le cerveau est de forme oblongue transverse. Le premier des nerfs qu'il produit part du bord antrieur et de la face infrieure. Il se rend en dessous et en avant , et s'insre sous la partie antrieure de la masse ovale de la boucle. Le second part de la face suprieure , peu prs au-dessus du prcdent ; il se rend en avant, et, aprs s'tre divis en deux outroisbranches notables, se distribue aux petits muscles extrins(|ues de la masse de la bouche et la lvre suprieure. Le troisime et le quatrime sont des filets d'une minceur inexprimable qui vont aussi aux parties de la peau voisines de la bouche. Un cinquime , tout aussi dli , se distribue sur la portion de peau rentrante et sortante qui forme la tunique extrieure du tentacule suprieur. Le sixime est le nerf optique. Il est assez gros; sa gane est lgrement teinte de noirtre. Il pntre dans la partie creuse du muscle du grand tentacule, et aprs y avoir fait une multitude de replis, il se termine au globe de l'il. Du ct droit , au-dessus du nerf optique , nat un nerf im- pair qui est celui de la verge. Il se divise en trois branches , dont deux, aprs avoir form un petit plexus , se rendent dans la gaie de la verge sa partie la plus voisine de l'extrieur. Ij' autre suit le canal dfrent et pntre avec lui dans le corps de la verge. 34' SUR LA LIMACE Immdiatement sons le nerf optique nat de chaque ct im petit nerf qui se rend sous l'origine de l'sophage, et forme avec son congnre ce mme petit ganglion que nous avons dj vu dans plusieurs gastropodes ^ et qui produit deux petits nerfs qui suivent la direction de l'sophage. Vient eniiu de chaque cot le cordon du collier , qui va se- runir son correspondant sous les grands uuiscles rtrac- teurs de la houche en un ganglion arrondi presque gal en volume au cerveau , et d'o sortent les nerfs qui nous restent dcrire.. Les uns partent de la face suprieure et du hord postrieur du ganglion j les autres , de toute sa face inlerieure. Parmi les premiers, il faut en distinguer dJabord un im- pair qui se colle la grande artre de la tte et du pied , remonte en sens contraire d'elle vers le cur, et, arriv vers la bifurcation de l'aorte, suit ses principales branches, et se distribue surtout l'estomac et au testicule. Ensuite, un du cot droit qui pntre dans fenveloppe, vis--vis la jonction du collier au corps , et , s'tant bifurqu , va se distribuer aux environs de l'orilice de la respiration. Un autre du mme cot, mais plus interne , pntre dans fenveloppe gnrale un peu plus bas. Du ct droit, il y en a deux qui se rendent aussi la jonction du corps avec le collier , et se distribuent tant au col- lier et au poumon qu'au diaphragme- Les nerfs qui naissent de la partie infrieure du ganglion , et qui sont trs-nombreux , se rendent tous dans le pied , en passant entre les diverses languettes de son muscle rtracteur j il y en a qui vont en avant jusqu'aux lvres. Ce que le systme nerveux du colimaon a de plus singa ET LE COLIMAON. 35 lier , c'est sa soumission au systme musculaire. Une cellu- losil serre unit les muscles rtracteurs des grandes cornes l'enveloppe du cerveau ou dure-mre , et les principales lan- guettes des muscles rtracteurs du pied celle du ganglion : d'o il rsulte que ces muscles ne peuvent se raccourcir sans entraner ces deux masses mdullaires. Le systme nerveux de la limace n'a pas une connexioji si intime avec les muscles , et il est ais de sentir qu'elle ne lui toit pas aussi ncessaire. Du reste , ce systme consiste ga- lement en deux masses situes l'une en dessus, l'autre en des- sous de la naissance de l'sophage. Ce qu'il y a de plus particulier, c'est que le ganglion inf- rieur donne naissance deux gros troncs qui se rendent di- rectement eu arrire, et du Lord externe desquels sortent tous les nerfs du pied et de l'enveloppe gnrale , except ceux des cts de la tte qui partent immdiatement du ganglion lui-iume. II en part aussi de l pour le diaphragme et pour la cavit pulmonaire. Ceux (ju'envoie le cerveau sont peu prs les mmes que dans le colimaon. Il faut remarquer eniin que dans la limace les cordons qui unissent le cerveau aux ganglions sont si courts, que ces ans. masses ont piesque l'air de n'en faire qu'une en forme d'an- neau. i3. Organes extrieurs des sens. Le sens du tact est extrmement dvelopp dans une peau molle, liae et pleine d'expansions nerveuses et dans des ten- tacules avancs , que le moindre choc fait retirer avec une promptitude surprenante. Nous ne donnerons point de description de l'il , parce qiie nous aurons occasion de faire connatre cet organe dans 36 SURLALIMACE des gastropodes plus gi-aiids qui nous donneront plus de fa- cilit en dvelopper la structure. L'ouie ne paroit point exister dans cette famille. On n'y en trouve ni les signes extrieurs , ni les organes. L'odorat y est trs-dlicat en juger par la promptiluile avec laquelle ces animaux sortent de leur coquille quand on rpand autour d'eux les lierbes qu'ils aiment, et dont l'odeur seule peut les attirer alors; mais il est diflicile de dterminer le sige de ce sens : peut-tre rside-t-il, jusqu' un certain point , dans la peau toute entire , cpii a beaucoup de la tex- ture d'une membrane piluitaire. Le got doit tre foible dans une langue peu prs carti- lagineuse. Eu gnral , la lenteur des mouvemens de ces animaux ne permet gure de croire qu'ils reoivent de leurs sens ds im- pressions bien vives. La facult la plus tonnante de ce genre de mollusques est, sans contredit , celle que leur a dcouverte Spallanzani , de reproduire leurs tentacules et leur tte presque entire aprs l'amputation. Il est dsirer qu'on donne ces expriences une prcision plus grande en dterminant plus positivement, par la dissec- tion des parties amputes , quels sont les organes intrieurs qu'on enlve et qui se reproduisent. J'espre que la description que je viens de donner sera de quelque secours pour cet objet, dont le genre actuel de mes travaux ne m'a pas permis dem'occuper, mais qui me paroit du plus grand intrt. E T L E C O L I M A O N. 37 Explication des figures. \,a preniiro plauclie est entirement consacre au cnl.'maron. Fig. I. I,e colimaon Je barrasse de sa coquille , et vu obliquement Ju clc droit. c, a. Les grands tentacules moiti dvelopps. b , b. I,es petits, itl. c. L'endroit par o sortent les organes de la gnration. ". Son muscle. , a. L'estomac. *. L'endroit o il reoit le canal hpatique. /3, /3. L'intestin. ^. Les glandes salivaires. ale de toute celle partie antrieure qui se rend jusque sousla boucbe. 1. Le cerveau. a. Le gros ganglion infrieur ; dans le collier qui les unit , passolt la boucbe et l'sopbage. 5 , 4' Nerfs allans la cavit pulmonaire et au ct droit de l'enveloppe gnrale. 5. Nerf qui accompagne partout les principales artres. 6. L'un des drus nerfs du ct droit qui vont au diapbragmeet parties voisines. 7. Le principal faisceau des filets nerveux qui s'enfoncent dans le pied. ET LE COLIMAON. 43 Fig. 4- l' mchoire du colimaon dtache de sa bouche. Fig. 5. La cavil commune de la gnration , ouverte ainsi que les divers con- duits qui y aliouiissent. a. L'ifsue gnrale. /). La bourse du dard , ouverte et contenant encore son dard attach au mamelon qui le produit. c , ,Jig- V est profondment cannel sa face externe, et encore plus en dedans : il a la figure d'un entonnoir. Les rides saillantes de son intrieur ont elles-mmes vers leur origine une portion arrondie qui saille plus que le reste, et qui doit singulirement retarder le passage des alimens , du gsier dans ce second estomac , tant qu'ils ne sont pas fort attnus. Le troisime estomac, v , fig. V , est cylindrique, court, rid longitudinalement en dedans, mais ses rides sont beaucoup SUR T.ONCHIDIE. <) plus fines que celles du second , et d'une grosseur gale dans toute leur longueur. On voit ces trois estomacs ouverts, Jig. VII ; ils y sont marqus des mmes lettres quc^g'. V;f"., f" , est la coupe de l'un des muscles du gsier '-,/",/", les parties de la veloute qui rpondent au muscle coup 5 jT, celle qui rpond au muscle rest entier. Le canal intestinal A-, /, h, g, Jig- V et VI ^ est deux fois et demie plus long que le corps. Sa grosseur est peu prs la mme partout. c. Les foies. Ce que l'anatomie de cet onchidium nous a offert de plus extraordinaire, c'est la division de son foie en trois glandes qui ont leurs vaisseaux excrteurs distincts, et s'insrant des en- droits difVrens. C'est le premier exemple c[ue nous en ayons observ ; les ctacs montrent bien plusieurs rates : les oi- seaux plusieurs pancras \ ce n'est qu'ici que nous avons vu plusieurs foies, et il ne faut pas croire qu'il s'agisse de glandes de nature diffrentes : ce sont trois foies essentiellement iden- tiques, si l'on excepte les ciiconstances accessoires de la gran- deur de la figure et de la position; ils ont la mme couleur , la mme consistance , le mme tissu ; leurs lobes et lobules sont diviss de mme ; leurs vaisseaux sanguins et excrteurs ont une distribution pareille, et le fluide qu'ils scrtent est semblable dans tous. Le plus grand, /, /, jig. V et VI esta droite , au milieu de la longueur du corps, et embrasse la plus grande partie de l'intestin. Son canal s'ouvre dans l'sopbage , prs le cardia , par le plus gros des deux trous percs en s. Le second , m , fg. IV, s'ouvre au mme endroit ; dans le iO MMOIUE plus petit des deux trous; il est situ l'arrire du corps sur la gauche ; et le troisime, n ,Jg- IJ^, qui est en mme temps le plus petit , plac immdiatemeut derrire le gsier , perce de son vaisseau les parois de celui-ci k l'endroit mme , en arrire des deux gros muscles. Ce trou du gsier se voit en i , Jg. V. Le second foie est reprsent part sa face intrieure , fig. 9: a, est son canal excrteur; Z>, son artre, et cc^ les petites veines qui en partent pour aller aboutir aux deux grands vais- seaux latraux C C , ^j-, VI. L'insertion des deux premiers canaux biliaires au cardia , rappelle la scrtion abondante qui a lieu dans le jabot des oiseaux, et qui humecte les alimens avant qu'ils entrent dans le gsier ; mais il est toujours singulier de voir le suc gastrique suppl ici par un liquide hpaticpie. La troisime insertion qui verse directement la bile dans le premier des trois estomacs , est aussi fort remarquable, et ne se retrouve gure que dans quelques poissons, comme le diodon mola. 7 Organes de la gnration. Ils occupent un trs-grand espace dans le corps de l'onchidie, et sont diviss en deux groupes principaux. Le premier, r^ui a son issue entre les deux tentacules, contient les organes par lesquels l'animal exerce les fonctions du sexe masculin , et le second qui sort par le trou situ en arrire , sous la droite du manteau , contient ceux qui sont affects aux fonctions de l'autre sexe. a. Organes mles. Le premier groupe commence par une bourse membraneuse *' ^ fie- ^ ^^ ^I > dont le fond est divis en deux culs-de-sacs SUR L ONCHIDIE. 1 1 qui reoivent chacun un vaisseau cylindrique. Celui du cul-de- sac antrieur , * est trs-mince , entortill en peloton trois ou quatre fois plus long que le corps, et se loge tout entier au ct droit de la masse de la bouche, en afi^' V^. L'extrmit qui tient la bourse y pntre par un tubercule reprsent en E ,Jig. VIII ^ et portant une petite pointe de snbstance corne. Le vaisseau mince lui-mme, marqu 'i>if} Jig. V, Vil et VIII ^ recouibe son autre extrmit vers la base de la bourse , et il l'y fixe, mais, ce que je crois, par de la cellulosit seulement. L'autre est beaucoup plus gros et plus long^ il occupe une grande partie de la cavit abdominale en d,d,e, e,e,Jig. IV, et prouve dans sa longueur des changemens notables de structure. Sa partie postrieure ee, est un vaisseau large, parois minces, huit lois plus long que le corps; il est entortill et repli sur kii-mme; une forte artre qui donne des branches toutes les parties , en maintient les divers replis. Ouvert, il laisse sortir quelques parcelles blanchtres et une matire moule un peu noirtre. Au vaisseau succde une masse elliptique , charnue et dure , marque d,d; le canal en la traversant devient fort troit. Elle est suivie elle-mme d'un dernier vaisseau, \,AiJlg. VI, qui se termine la bourse par une espce de gland perc, et entour d'un prpuce E , Jig. VIII. On voit au travers des parois du vaisseau , a, a, en cet endroit marqu I) , fig. VI ., une pointe brune trs-aigu. En ouvrant ce vaisseau , comme il est reprsente^. VIII, on remarque une sorte de pdicule charnu qui porte cette pointe, laquelle est trs-aigu et de substance corne. Elle doit pouvoir facilement passer par l'ou- verture du gland E. 12 MMOIRE Que penser maintenant des fonctions de ces deux organes? La pointe qui termine le gros vaisseau est sans doute la verge ; mais qu'est alors celle du petit? Ou l'animal aurait-il deux verges comme en ont parmi les animaux sang ronge , beau- coup de lzards et de serpens? Ces deux longs vaisseaux creux seraient-ils la fois excrteurs et scrteurs ? Le fluide qu'ils contiennent est-il scrt par la substance de leurs parois? Est- ce la vraie semence , et par consquent ces vaisseaux sont-ils les vrais testicules? Ces Mmoires n'eussent-ils d'autre objet que de rendre les observateurs attentifs tant de particularits curieuses que l'histoire des mollusques ne peut manquer de leur offrir, je me croirais encore heureux d'en avoir entrepris le travail. h. Organes femelles. Ils comprennent l'ovaire et ce qui l'accompagne ordiuaire- rement, c'est--dire , ce que j'ai jusqu' prsent nomm le tes- ticule et la vessie. Ces trois organes forment un groupe qui , dans l'tat naturel est cach sous les autres viscres; on le voit eu situation , Jig. J^:o, est le testicule ; x, l'ovaire ; y, la vessie. Ces mmes lettres se retrouvent sur les mmes parties, ^g^. f^I. L'ovaire -i se compose de deux lobes diviss eux-mmes jus- qu'aux grains qui ne contiennent chacun qu'un uf, et qui coiumuniquent tous par des canaux particuliers l'oviductus ou canal commun. Celui-ci est repli comme son ordinaire, et traverse aussi, comme l'ordinaire, ce corps glanduleux que je prends tou- jours pour l'organe scrteur de la semence ; il est ici blanchtre et d'une forme irrgulire et ingale; l'oviductus JK , aprs y avoir fait divers circuits, parait se continuer avec un canal 3/, M, surl'onchidie. i3 qui se porte au dehors, et qui, selon ma thorie, donnerait issue aux ufs une fois imprgns de semence par leur passage au travers du testicule o. Un autre canal , N, N, parait ta- blir une communication diffrente entre certaines parties de ce testicule et la vessie y : il se rend dans celle-ci, ct du poiut d'o sort son canal propre Q. Quelle que soit la justesse de mes ides sur la nature de ces divers organes, on conviendra toujours de l'analogie extrme de leur disposition avec ceux de Yaplysie : mme sparation de la verge et de ses appartenances d'avec l'ovaire et le testicule ; mme connexion de ceux-ci entre eux et avec la vessie : seule- ment Yaplysie n'a point ces deux longs vaisseaux qui tiennent dans r onchidmm aux organes du sexe mle , mais ou com- mence en voir quelque vestige dans la huile. 8 Systme nerveux. Il est aussi simple et aussi rgulier que dans les doris et les /n7o/^5. Le cerveau, a,Jig. V et VI, envelopp de sa dure- mre et d'une cellulosit serre , prsente, quand on enlve ses enveloppes, quatre tubercules grenus d'un brun-jaune, dont lesdeux intermdiaires sont plus petits. Le collier qui passe sous l'sophage est trs-largi, par les mninges qui lui donnent la forme d'un ruban. Les deux premiers nerfs, lo, io,Jig. VI , vont former sous la naissance de l'sophage en , deux petits ganglions d'oii naissent les nerfs qui suivent cet sophage , et qui probable- ment vont jusqu' l'estomac et au del. Ces deux ganglions sont analogues ceux des doris et des tritonies , et sont comme dans celles-ci , les seuls ganglions 3 l4 MMOIRE SUR l'oNCHIDIE. diffrens du cerveau, que j'aie trouvs dans le corps de l'a- nimal. Les autres nerfs vont aux tentacules, la bouche , aux or- ganes mles de la gnration , et le plus grand nombre se perd dans les parties charnues des cts. l^^Jig: P^J \es reprsente tous trs-exactement, et je n'y ai point mis de marques , de crainte de trop l'embrouiller. On notera seulement le nerf, 12 , 12, qui suit l'artre n 2, et va avec elle jusqu'au rectum, et aux poumons. 9" Systme musculaire. L'enveloppe musculaire du corps est trs-paisse ; la couche des fibres la plus tendue est transversale ; on la voit en S, S, Jg. J^I ; il y a au-dessus deux grandes bandes longitudi- nales R, R,R , Jig. VI' Le reste de l'enveloppe est compos de fibres entrelaces en toutes sortes de sens. IS. R. Depuis que j'ai dcrit ce grand onchidium de la mer des Indes, j'en ai reu un autre beaucoup plus petit des ctes de Bretagne ; il ne passe pas huit ou dix lignes de longueur. Le lmax nudus cinereus terrestris , Sloane jam. pi. 278 , fig. I et 2 , est aussi un onchidium. Oncliidiwiu pcro/ui. iv del MMOIRE Sur le LiMNE {Jielix stagiialis , Juin. ) elle Planorbe ( hlix corjiea , ejusd. ) Xjes genres de la limace et du colimaon nous ont servi lier les gastropodes mis aux gastropodes testacs ; ceux de la limne et du planorbe nous serviront lier les testacs terrestres aux testacs aquatiques. En effet , presque toujours dans l'eau comme ces derniers , ils ont, comme les premiers, un poumon propre respirer l'air lastique seulement , et non pas des branchies capables de s- parer l'air contenu dans l'eau. Il faut donc qu'ils reviennent chaque instant, la surface de l'eau , ouvrir leur trache et humer l'air atmosphrique, et si on les contraignoit de rester au fond, ils ne tarderoient point prir. Ils ne sont aqua- tiques qu' la manire des phoques et des baleines , et non pas celle des poissons. On sait assez que Linnus avoit runi dans son genre hlix tous les univalves dont la coquille a l'ouverture entire, et plus ou moins approchante de la forme d'un croissant , ce qui y avoit accumul une multitude d'espces disparates par la forme et le genre de vie des animaux, et mme par la configuration gnrale de la coquille. a SURLELIIMNE Muller essaya de les subdiviser d'aprs les animaux ; mais n'en connoissant qu'un petit nombre, il ne put rpartir toutes les espces dans des genres certains. Brugulcre fit une opration semblable sur les coquilles ; il spara des colimaons les bulimes boucbe plus baute que large , et les planorhes boucbe plus large que haute et coquille enroule peu prs dans un seul plan ; mais ses hu- limes comprenoient encore des espces terrestres et ces aqua- tiques , des espces quatre tentacules et d'autres deux; ces dernires avoient des opercules ou en manquoient, respiroient par des poumons ou par des brancbies , etc. M. de Lamarck , seulement dans la vue de ne point laisser ensemble les bulimes aquatiques et les terrestres, s'est vu oblig d'en faire un assez grand nombre de genres auxquels Draparnaud en a encore ajout quelques-uns, principale- ment pour sparer les espces quatre tentacules de celles deux. Nous renvoyons ces auteurs pour la dtermination de leurs caractres. Nous nous bornerons dire que, quelqu'beureuses que puissent tre les divisions de ces naturalistes, elles ne pour- ront tre considres jus(|u' un certain point que connue des conjectures, tant qu'on n'aura pas des nolious prcises, non- seulet'i.ent sur e noujbre des tentacules et la prsence ou l'ab- sence d'un opercule, mais encore sur la nature de l'organe respiratoire , celle des organes de la digestion et de la respi- ration, et la prsence ou l'abseuce d'une trompe : caractres tous d'autant plus inqiortans qu'ils inlluent sur la nature des anmiaux beaucoup plus puissamment que ceux auxquels les concbyliologistes se sont arrts jusqu' prsent. ET LE P L A N II B E. 1 Du limne c tang. Le genre des limnes que nous dcrivons ici a la coquille plus ou moins allonge, Jjouche entire, plus haute que large , columelle marque d'un seul sillon qui remonte en spirale dans la coquille. On en trouve dans nos eaux dormantes plusieurs espces bien connues des naturalistes , et de la distinction desquelles nous n'avons pas besoin de nous occuper. Les figures de l'ou- vrage de Drapamaud sont plus que suftisantes pour les faire reconnatre par leurs coquilles. Nous donnons nous-mmes ici celles des trois plus com- munes , avec leurs animaux. Limn. stagnalis j f. 2. Limn. ova- lis , f. 3 et Limn. palustris , f. 4- Nous nous attacherons seulement la plus grande , le limne d tang [ hlix stagnalis , Linn. ] qui est en mme temps l'un des plus abondans de tous les coquillages d'eau douce de notre pays ; sa coquille est figure par presque tous les eon- chjliologistes. Vo}ez seulement dans le nombre Lister, corich. t. 1 23 , f. 2 1 . Bonanni , Recr. pi. 53 , f. 55. Dargenville et Fa-- vanne , pi. 61 , f. iG. Drapamaud ., Moll. terr. et fluv. , pi. 2 , f. 38 et j.JXoissj , Moll. pi. 55, lig. 5 , etc., etc. j en remarquant toutefois que les figures de Favanne et de Draparnaud sont les meilleures. Lister et Swammerdam ont dj donn de l'animal name d.es descriptions anatomiques pleines de remarques vraies et intressantes : le premier dans, son. Exercitatio anamiica al~ tera^p. l\g et sniv. ; le second, dans son Biblia natnr. Mais les mmes raisons qui m'ont engag reproduire Fana- 4 SURLELIMNE tomie de la limace et du colimaon , me portent en faire autant de celle du limne. D'une part , j'ai plusieurs faits nouveaux ou plus exacts et de meilleures figures offrir. De l'autre , je ne peux ngliger de complter mon histoire des mollusques d'un genre aussi intressant. A l'extrieur , le corps du limne se divise comme celui du colimaon en deux parties ^ celle qui reste toujours dans la coquille, et qui se termine au limbe ovx collier ^ et celle qui peut en sortir ou y rentrer, et qui se conqjose de la tte et du pied. Le collier est plus allong que dans le colimaon , ou , ce qui revient au mme, il n'est pas si serr au corps, et l'enfonce- ment qui l'en distingue est plus profond. Son bourrelet est plus m:nce , apparemment comme n'ayant point dans son int- rieur le tissu glanduleux ncessaire au colimaon pour la pro- duction de son pipjiragme ou opercule tensporaire. I^ouver- ture du poumon est sous le cot droit de ce bourrelet, et se ferme par un petit lobe charnu et plat qui saille sous son bord infrieur, et qui se plie en canal arrondi quand l'animal veut respirer. C'est proprement sur ce petit lobe qu'est le trou qui conduit par un demi-canal assez troit dans la cavit respi- ratoire j et dans l'angle que le lobe iait avec le reste du con- tour de l'ouverture, il y a un autre trou, qui est l'anus. Le pied est plus court proportion qu'au colimaon , et la tte plus large. Le voile chancr , plac au-dessus de la bouche , est surtout ce qui tablit la largeur de la tte. Les tentacules , au nombre de deux seulement, sont laraes. courts, triangulaires et aplatis. L'ceil est un grain biauc, plac ETLEPLANORBE. 5 prs de l'angle antrieur de leur base la surface mme de la tte. Du cot droit sont deux ouvertures pour la gnration, trs- loignes l'une de l'iiutre. Celle des organes niles est comme l'ordinaire sous la corne droite; celle des organes femelles, dans le fond du repli qui spare le corps , du limbe ou collier. C'est cet loignement de ces deux orifices que le limne doit la facult singulire de s'accoupler la fois avec deux in- dividus, dont l'un lui sert de mle et l'autre de femelle. Tous les naturalistes connoissent, depuis les observations de Geof- froy ^ riiabitude extraordinaire de ce coquillage de former des cbaines quehjuefois trs-nombreuses, dont tous les individus sont ainsi lis cbacun deux autres. La boucbe fait plus ou moins de saillie , sans jamais former une vritable trompe. Lorsqu'elle est le plus dveloppe , elle reprsente un gros mamelon au milieu duquel est un trou en- tour de trois petites mcboires : lorsqu'au contraire elle est retire , elle forme un sillon transversal qui ne ressemble pas mal la bouche humaine. Un sillon plus profond la spare du bord antrieur du pied comme dans le colimaon. La divrsion intrieure du corps en deux cavits, et les or- ganes compris dans chacune sont les mmes que dans le coli- maon et dans t(jus les testacs turbines dont nous avons parler dans la suite. La cavit julnionaire est ferme de toute part, au moyen de l'union de la racine du collier avec le corps, et n'a d'autre ouverlure (pie la trache, caractre qui lui est commun avec tous les gastropodes qui respirent l'air en nature. 6 SURLELIMNEE Le rectum rampe de mme le long de son ct droit , et le pricarde est dans le fond de son ct gauche. L'organe de la viscosit est bien plus considrable , et occupe tout le iond de la cavit, depuis le ct gauche sur le pricarde , jusque dans le voisinage de l'anus. Son intrieur est compos de laines et d'une belle couleur jaune citron. Le rseau vasculaire du poumon est bien moins apparent que dans le colimaon : peine aperoit-on la principale veine cave; mais la veine pulmonaire est trs-forte et rampe tout le long du bord antrieur de l'organe de la viscosit , pour se rendre dans l'oreillette. Le reste de la vole de la cavit pulmonaire , en avant de l'organe de la viscosit et de la veine cave , est un peu renfl et spongieux. Toute cette vote , et mme l'extrieur de l'organe de la viscosit, est teint d'un cendr violet assez fonc, que Tespril-de-vin n'altre pas, et qui, la loupe, se divise eu une infinit de points de celte couleur. La distribution des artres se fait coinme dans le colimaon par deux troncs, dont un remonte vers le sommet de la co- quille, en suivant la convexit, et dont l'autre se recourbe en avant et se distribue la tte et au pied. La mchoire suprieure est comme celle de la limace, en croissant avec une seule dentelure au milieu ; les deux lat- rales sont simples et petites. La masse de la bouche et la langue sont coinme dans le colimaon. Les glandes salivaires sont blanches, beaucoup de lobes et de forme ramasse, n'allant pas plus loin que l'origine e\ sophage. Celui-ci est pliss longitudinalement et d'une teinte noirtre. ETLEPLANORBE. 7 Uestomac est dans la partie de la grande cavit qui est der- rire la cavit pulmonaire et sur le ct convexe ou gauche trs-prs du cur. C'est un vritable gsier ressemblant poui' la forme et pour la composition de ses parois celui (xxn oi- seau grcnwore. IJster l'a compar un peu moins heureuse- ment celui d'un poisson muge. On peut s'en faire une ide juste en se reprsentant deux ren- flemens membraneux, l'un du cot du cardia, l'autre du ct du pylore , et une portion intermdiaire resserre entre deux gros muscles qui se joignent l'un Taulre de chaque ct par un tendon mince. Aprs le deuxime renflement , l'on voit en dedans deux artes saillantes qui conduisent dans le duodnum , et peu aprs vient l'entre de la bile. A partir de cet endroit , l'intestin n'offre plus rien de remar- quable et ne change plus de diamtre 5 il fait deux replis entre les lobes du l'oie , avant de revenir la cavit pulmonaire et de se terminer l'anus. Le foie est brun clair, plus grenu que celui du colimaon, mais remplissant de mme la plus grande partie des tours de la coquille. Les organes de la gnration ont quelque chose de trs-re- marquable; l'ovaire est, comme l'ordinaire, vers le sommet de la coijuille et enchss dans le dernier lobe du foie, l'ovi- ductus mince et tortueux ; mais la matrice est forme de deux poches de substance molle, blanche et glanduleuse, commu- niquant ensendjle par un canal assez ample et aboutissant par un autre la vulve. Ou les trouve quel({uefois pleuies dufs. Ces deux poches sont colles au testicule et au canal df- 8 SURLELIBINE rent par de la cellulosit , mais elles s'en dtachent bien plus aisment que ne fait la matrice du colimaon. Le canal de la vessie se termine la vulve. Le testicule est une glande blanclitre, place en travers dans l'abdomen , derrire la cavit pulmonaire. Elle fournit d'abord un canal dfrent court et large qui se termine en une large bourse ronde et extrmement plisse, qui doit pouvoir contenir une grande quantit de sperme dans la saison de l'amour. De l part le vritable canal dfrent, blanc, mince et trs-long 5 il se rend auprs de la vulve, et sendile s'y ter- miner, mais en l'examinant avec un peu de soin, on voit qu'il ne fait que s'enfoncer dans les chairs voisines , et qu'il en res- sort bientt plus en avant, pour faire encore quelques replis et se terniiner dans le fond de la verge. Celle- ci est charnue , place ct de l'sophage , et se rat- tache au grand muscle du corps par trois muscles, diviss cha- cun en plusieurs digitations. Ils doivent la retirer en dedans. Elle en a en avant un autre qui se fixe la tunique gnrale, vers le ct droit, et doit aider la faire sortir. La verge est considrable et a dans son intrieur deux crtes saillantes , comme nous en avons dj observ une dans la li- mace ^rise. L'enfoncement du canal dfrent dans l'paisseur des chairs me parot remarquable en ce que c'est une premire nuance vers ces espces e gastropodes^ o la communication du tes- ticule la verge ne se fait que par un sillon extrieur , tels que \apljsie , la bulle et Xonchidie. Lorsqu'on le dbarrasse des fibres qui le recouvrent et qu'on rlend,on trouve qu'il a plus de quatre fois la longueur du pied de l'animal. E L E P L A iA O li ii E. 9 Le systme musculaire du limne est plus simple que celui (lu colimaon. La partie postrieure du pied forme un gr( s muscle qui se recourbe pour se lixer lacolumelle. Ses parties latrales donnent les libres de la tunique gnrale , qui sont fort paisses , et vont se lixer au collier tout autour de sa base. Les premires de ces libres se dtachent en deux petites languettes pour se rendre aux cts de la masse de la bouche et la tirer en dedans. Du gros muscle postrieur, en naissent deux qui se dirigent en avant et se divisent en languettes qui s'entrecroisent avec celles des libres latrales de chaque ct de la tunique ; et entre ces deux-l en est un trs-grle qui se porte en avant et se fixe au collier mdullaire et la partie postrieure de la masse de la bouche. Nous avons expos plus haut ce qui concerne les muscles de la verge. Les tentacules qui ne peuvent se retirer en dedans n'ont au- cun muscle extrinsque, et se raccourcissent ou s'allongent simplement par le moyen des libres propres leur tissu. Le cerveau du limne se compose de trois petits glo- bules de chaque cot , et d'une partie troite dans le milieu. Le gros ganglion infrieur en a lui-mme trois; le petit gan- glion de la base de l'sophage est plus considrable que dans le colimaon : mais la distribution des nerfs est peu prs la mme. Dans l'tat frais, les masses mdullaires sont revtues d'une matire rougetre, interposes entre elles et leur enve- loppe membraneuse ou dure-mre, ce qui fait paroitre le cer- veau rouge. 2 lo SURXELIMNEE 2. Du planorhe corn. , Malgr la grande diffrence dans la configuration extrieure de la coquille et dans la forme et la proportion des tentacules ^ aucun mollusque ne doit tre plac plus prs du limne que le planorbej car toutes leurs })arties intrieures et toutes les extrieures un peu essentielles se ressemblent. Lister et Swammerdam en ont donn une anatomie abrge. Ils ont trs-bien remarqu Fun et laulre que les oriiices qui out coutume d'tre adroite dans les gastropodes, sont gauche dans celui-ci. Comme sa coquille est peu de cbose prs enroule dans le mme plan, l'on a hsit si elle est tourne droite comme le plus grand nombre des coquilles, ou bien gauche, comme celles qu'on nomme uniques ou inverses [tesUe peivers ou sinistrors. ) Cependant, quand l'animal rampe et qu'il porte sa coquille peu prs verticalement sur son dos, c'est du col droit qu'elle est le plus concave. Il ioit naturel de penser que ce cot concave rpond Tombilic et l'autre la spire ; par con- s([uent que la coquille est inverse^ car la spire des coquilles ordinaires est toujours dirjge droite quand l'animal marche. Je ne sais ])ourquoi les cyncliyiologistes n'ont pas t tou- chs de celte considration , et ont mieux aim regarder le ct creux comme celui qui rpond la spire. Linmeus, Mdller et tout rcemment Draparnmuh quoique express- ment averti par M. liichard^ soutiennent celte ide : de l r[>ilhte de supra umhilicata qu'ils donnent la coquille du planorhe coni. E T L E P L A N O R B E. ii La position inverse des orifices dans l'animal dmontre vi- demment qne la coquille est inverse aussi , et le dmontre mnae d'autant mieux qu'elle s'accorde avec la position de tous les viscres. Le rectiivi, la verge, la. matrice sont gauche, et le cur au contraire est droite. C'est mme probablement ce chan- gement de position qui a dtermin le changement de direc- tion de la coquille. Celle-ci , comme toutes les autres , n'est qu'un long cne roul en spirale. Le cot extrieur de la spi- rale est celui o la scrtion de matire calcaire est plus abon- dante. Il est assez naturel que ce soit le ct du cur et des principales artres.. Le pied, naturellement proportionnel l'ouverture de la coquille, est ici trs-court j le limbe , au contraire, est trs-long comme dans le limne , et le contour de la cavit pulmonaire ferm de toute part, except la trache. La bouche est de nme surmonte d'une sorte de voile large, court et chancr. La principale diffrence extrieure consiste dans les deux ten- tacules longs, minces et pointus connue des soies 5 ne pouvant que se raccourcir et non se retirer en dedans et portant les yeux leur base interne. Le bourrelet du limbe est mince et entier , ne dbor- dant jamais la coquille. L'orifice de la trache fait dessous une saillie assez considrable. Ceux des organes des deux sexes sont spars connue dans le limne'e. La couleur gnrale de sa peau est un noir de suie. Pour peu qu'on le tourmente, il rpand une liqueur d'un rouge de sang, scrte comme la liqueur pourpre des murex et de Yaplj- 3* 12 SURLELIMNE ./rt, par le tissu glanduleux du limbe qui, dans les testacs, rpond au manteau des gastropodes nus* La bouche , l'sophage , les glandes salivaires , le gsier et l'inleslin sont comme au limne; seulement le gsier est plus cylindrique , et le rectum est renfl et plus pais que le reste du canal. Le foie est plus blanchtre. L'intrieur de la cavit pulmonaire est aussi d'un gris violet, et l'organe de la viscosit considrable et compos intrieure- ment de lames jaunes. J'ai dj indiqu la transposition du cur : celle des artres y correspond. Le canal dfrent a aussi dans une partie de sa longueur un grand sac pliss , et s'engage ensuite dans les chairs prs de l'oriiice du vagin pour en ressortir et se rendre la verge , qui est grosse et charnue. La matrice est un long sac glatineux o aboutit l'oviductus et d'o part le vagin , qui s'ouvre au-dehors au mme endroit que le canal de la vessie. En(in le cerveau est divis de mme en petits globules et teint en rouge; ainsi il seroit bien diflicilede trouver deu.v animaux diffrens par l'es- pce, dont l'anatomie ft plus semblable que celle de ces deux mollusques. Je n'ai pas besoin de dire que le suc rouge du planorbe n'est pas du sang. liC vritable sang, celui qui circule dans le cur et les artres, est d'un blanc bleutre comme celui du colimaon et du limne.. ET LE P L A i\ O n B E. Explication de la planche. Fig. I appartient encore au mmoh-e prcdent ; elle reprsente les organes de la gnration de la grande limace tachete, a. La bourse commune de la gnration, b. La vessie, c. La verge ouverlo. e}. Son muscle rr'lraclcur. , qui la terminent, et o l'imagination a cherch encore une autre ressemblance, ne sont que des replis de la membrane linguale. Les tenta- cules c,c, sont aunombrededeux,et non de quatre, comme on l'a cru; mais ils sont plus profondment fourchus que ceux des murex. Le seul organe rellement propre la janthine est donc son appendice vsiculeux d, d^ mais il ne tient pas lieu de pied, comme on l'a dit, au contraire il est attach la partie pos- trieure du pied, -peu-prs au-dessous de l'endroit o se trouve l'opercule des autres genres. Je penserois mme assez volon- tiers que c'est un vestige d'opercule qui prouve dans sa forme et dans son tissu des changemeus pareils ceux que la nature nous fait observer dans tant d'autres de ses productions. L'expression de Fabius Columna pour dsigner cet organe 'ss\c\Aa\ve{spuma cartilaginea), est excellente. Ce sont des vsicules transparentes conime celles de l'cume, mais leurs parois sont quelquefois comme de cartilage, assez dures mme vers la racine et la partie postrieure; plus molles, plus mem- ETPHASIANELLE. 5 braneuses en avant et l'extrmit. Dans d'autres individus, je les ai trouves plus tendues et entirement membraneuses. Leur enveloppe gnrale y toit teinte en noirtre. L'oigane n'a point de communication directe avec l'int- rieur du corps ; c'est un simple appendice des tgutnens , et il ne paroit pas que l'animal puisse son gr le vider ou le remplir d'air : il peut seulement le comprimer eu le faisant rentrer dans sa coquille, ou l'abandonner sou lasticit na- turelle, en l'en laissant sortir. C'est du moins l ce que me suggre son inspection aua- tomique, et ce qu'une partie des observateurs ne parot pas contredire. Je ne me suis point aperu ( dit M. Bory- Saint -Vincent , Voy. I, p. i4i ), que l'animal et la fa- cult de le vider ou de le remplir volont et avec promp- titude. Fabius Cohimna , Brejnhis et Forskalil ne disent rien de positif M. ^ojiC seul annonce que V animal absorbe l'air de ses vsicules ( (-oquiliesIV, p. y 4) ? et tjp'il les enfle volont' ( Ib. p. 72). Mais comme je n'ai pu trouver aucune commu- nication, ni aucun rservoir intrieur o cet air se puisse rendre, j'imagine que cette assertion de M. Bosc n'est qu'une supposition et non un fait constat par des expriences directes. Tous les individus n'ont pas cet organe : j'en ai trois qui n'en montrent aucun vestige, et j'en reprsente uu, figure 4- M. Boiy dit aussi ( Loc. cit.) , qu'il en a vu dans lesquels l'organe avoit t cras ou emport aux trois quarts , sans qu'ils parussent avoir beaucoup souffert. Sa nature est en effet telle, que les janthines qu'on en priveroit de force n'prouveroient probablement d'autre gne que celle qui 6 JANTHINE rsiilleroit de la diiTicull de se rendre la surface de l'ean. Mais j'ai lieu de croire qu'il y en a aussi qui en sont prives nalurelleni.cut , soit qu'il ne se dveloppe qu' un certain ge ou dans une certaine saison; et mon motif est que je n'ai pu apercevoir aucune cicatrice , aucun reste de cette partie dans les individus qui en manquent et que je possde. Le pied . II, 182) se rglant sur la position des yeux et la pr- sence de l'opercule, la runissent, avec d'autres espces del mme famille , au genre des nrites. Poiret[ Coq.fluv. et terr. du dp. de F Aine ^ p. 60 ) la met avec les bidimes dmembrs des hlix par Bruguires, mais o. celui-ci ne l'avoit pas comprise. Drapamaiid ( Loc. cit. et tahl. des Moll. de la Fr. p. [\o\ , et M. de Frussac { Essais (Finie mth. Conch. p. 66) d'aprs l'indication de M. de Lamarck^ la rangent parmi les cjclos- tomes , o ils font entrer toutes les coquilles bouche -peu- prs ronde et bords continus qui ne sont ni turricules, ni garnies de ctes , ni dentes l'ouverlure. Rien n'empche sans doute qu'on ne prenne le vivipare pour type du genre cjclostome) mais il est probable qu'alors on sera oblig d'en exclure plusieurs des espces qu'on y a laisses jusqu'ici , et notamment toutes les terrestres. Les observations que nous allons exposer aideront trouver les bases de ces dterminations. L'animal de la vi\>ipare a deux tentacules coniques plus ou moins allongeables, mais non rtracliles, et qui portent les yeux vers leur base extrieure. Le tentacule droit du mle est plus gros que l'autre , et perc vers son extrmit et un peu en dehors d'un trou par lequel sort la verge. Le trou n'est pas difficile remarquer eans dissection , et l'anatomie montre promplement son usage. Ainsi j'ai de la peine comprendre comment Draparnaud a pu s'y tromper. 4 VIVIPARE. Entre les tentacules est une trompe courte et ronde. Il n'y a point de trache tubifornie, quoique Draparnaud l'ait dit; mais la membrane latrale du ct droit du corps s'avance jusque sous le tentacule du mme ct , o elle se re- courbe en un demi-canal qui se continue jusque fort avant dans la cavit des branchies, au moyen d'un repli lev du plancher de cette cavit. Il est probable que c'est, comme le syphon des buccins et des murex, un moyen de laiie pntrer l'eau vers les branchies quand l'animal est rentr dans sa coquille. Du reste, la ca- vit branchiale est ouverte sous tout le bord antrieur du manteau, et son entre est aussi large que dans aucun pecti- ni-branche. Les deux petites membranes latrales sont simples et sans franges, dentelures ni tentacules. Le bord antrieur du pied est muni d'une double lvre ^ cet organe, comme dans tous les genres operculs, se replie en deux pour rentrer dans la coquille 5 et l'opercule, attach sur le dos de sa partie pos- trieure , bouche alors l'entre sans y laisser de vide. En ajoutant ce que nous venons de dire que l'on aperoit sous le bord antrieur du manteau, et par consquent l'en- tre de la cavit des branchies, quelques houpes de celles-ci, l'orifice de la matrice et celui de l'anus, on aura une ide complte de ce que l'animal montre sans dissection. Pour en voir davantage, il faut, comme l'ordinaire, couper la membrane qui sert de vote la cavit branchiale, au ct gauche, suivant la ligne de sa jonction au corps. En la rejetant sur le ct droit, l'on voit qu'elle porte les branchies, le rectum, le canal de la viscosit, et, dans les femelles, la matrice. TURBO, etc. 5 Cette dernire partie est celle qui frappe le plus, surtout au printemps lorsqu'elle est toute remplie de petits animaux dans leurs coquilles, dj prts marcher. Il y en a ainsi, non-seulement dans la partie de la matrice attache la vole del cavit branchiale, mais encore beau- coup plus haut et dans toute la longueur du preuiier tour de spire. C'est dans cet tat que nous reprsentons cet organe en figure 2. A mesure que l'on remonte vers son fond, l'on trouve des coquilles plus petites et enveloppes d'une matire glaireuse plus abondante. Vers le fond il n'y a plus que des globules de cette ma- tire , dans le centre desquels on voit la loupe le trs-petit animal avec une coquille d'un demi- tour, et qui est loin en- core de pouvoir le renfermer. Cette substance des ufs se durcit dans l'esprit-de-viu, et se comporte en tout comme de l'albumine. Cet animal est donc proprement ovo-vivipare , conmae les vipres. A ct de la portion de matrice qui est au-del de la ca- vit branchiale, se trouve un organe glanduleux blanchtre qui pourroit bien tre l'ovaire primitif, ou au moins servir scrter l'enveloppe glaireuse des ceufs. La matrice se termine vers le bas par un tubercule charnu perc d'un trou qui se dilate au moment du part. Les branchies se composent de trois ranges de filamens coniques, disposs trs-rgulirement. Entre elles et la matrice sont le rectum et le canal de la 6 VIVIPARE. viscosit. Le premier s'ouvre un peu plus bas que l'autre, et par un orifice un peu plus grand. Dans les deux sexes il y a une ligne saillante et charnue qui part de dessous la corne droite et se continue sur le plancher et jusque dans le fond de la cavit branchiale; elle l'orme ncessairement, avec le bord droit de la vote de celte cavit, une espce de demi-canal qui se continue, avec le petit syphon, dont j'ai dj parl, sous la corne droite. L'autre extrmit de ce demi-canal est aveugle, et je ne peux, comme je l'ai dit, lui apercevoir d'autre usage que de laire entrer et sortir l'eau pour la respiration. L'organe scrteur de la viscosit, le pricarde et le cur occupent , comme l'ordinaire, la rgion situe derrire le fond de la cavit des branchies, et n'ont rien que nous n'ayons dj vu dans les autres gastropodes turbines. Le reste de la spire est encore renq)li , comme de coutume, par l'estomac, l'intestin et le foie. L'sophage est d'une minceur et d'une longueur remar- quables; il fait un re})li avant d'avoir quitt le dessus du pied, et il en fait un second dans la spire avant d'entrer dans l'estomac. Celui-ci est un sac assez vaste et divis intrieurement par diflrens replis. Il s'amincit et revient eu avant pour former le pylore; la premire partie de l'intestin se porte en arrire, se collant au bord droit de l'estomac; la deuxime revient en avant, en longeant tout le bord gauche de la matrice, et s'ouvre l'anus sans'avoir prouv de renflement remarquable. La bouche est une petite masse charnue et cylindrique qui ne peut former de trompe considrable. TURBO, etc. 7 La langue n'est qu'un petit tubercule hriss qui fait une lgre saillie sur le plancher de la bouche. Il n'y a que deux glandes salivaires peu considrables. Le cerveau est divis eu deux lobes carts l'un de l'autre par un Blet iniuce. Le seul nerf uu peu particulier part du lobe droit, croise sur l'sophage, et va donner des branches aux muscles qui attachent l'animal sa coquille. Ceux de la bouche, des yeux, des tentacules sont comme l'ordinaire. Dans le mle, la verge occupe la plus grande partie de l'espace situ au-dessus du pied , et cet espace se trouve par l bien plus gros que dans la femelle; mais comme il n'y a point de matrice attache la vote de la cavit bi'anchiale, le vide de celle-ci n'est pas plus rempli. Cette verge est cylindri({ue , trs-grosse, entoure de (Ibres annulaires et charnues trs-vigoureuses. Elle doit pouvoir se retourner comme celle des limaces, et alors elle sort, ainsi que nous l'avons dit, par le trou du tentacule droit. Le tes- ticule occupe dans la spire l'espace que la matrice et l'ovaire tiennent dans la femelle. Il communique avec la verge par un canal court et tortueux. Tout ce que nous venons de dire prouve que la vivipare est dj plus voisine de la janlhine et de la phasianelle ^ dcrits dans le Mmoire prcdent, que des hlix ^ des planorbes et des limnes, dont on auroit pu tre tent de la rapprocher, d'aprs sa coquille et d'aprs le genre o l'avoit place Linnus. Ces trois premiers coquillages commenceront doue pour nous une grande famille qui est celle des gastropodes bran- chies pecliues et bouche entire, et qui comprend toutes les espces aquatiques des anciens genres turho , trochus et nerita de Linnus. s VIVIPARE. Les gniires branchies pectines et syphon , ou au moins chanci'jre, savoir buccinum, stromhus , murejc ^ voluta, et tous leurs diiiemhremeus , ne diffrent essentiellement des premiers que par le petit prolongement du manteau qui passe par le syphon ou par l'chancrure de la coquille. Eutre eux, ces divers animaux varient d'une manire faci- lement apprcia])le. 1." Par la longueur de la trompe; 1 Par les dcoupures et les productions des deux mem- hranes qui garnissent les cts du pied , et de celle qui couvre plus ou moins le devant de la tte ; 3.' Par le nombre et la position des peignes de leurs branchies; 4. Par la position intrieure ou extrieure de la verge dans l'tat de repos; 5." Par la longueur de la bande hrisse de la langue; G. Par un jabot plus ou moins marqu en avant de l'estomac. Mais ils ont tous en commun, outre ce qui appartient en gnral tous les gastropodes , deux tentacules pointus por- tant les yeux tantt sur le ct de leur base, tantt sur un petit cylindre particulier qui pourroit trs-bien passer pour un autre tentacule; une trompe charnue contenant une langue hrisse de crochets, mais sans autres mchoires; un estomac membraneux situ la base du foie, et donnant dans un in- testin de longueur variable ; enOn des sexes spars. On ne peut pas s'attendre que dans une telle ressemblance nous nous attachions dcrire les diffrences minutieuses qui pourroient se rencontrer dans les nombreux genres tablis rcemment dans cette famille, d'aprs de lgres nuances dans la forme de la coquille. TURBO, cic. 9 Nous choisirons seulement les sujets de nos dissections des distances convenables, pour donner des ides suffisantes de toute la srie; et pour commencer, nous allons joindre l'anatomie de la vivipare , celle d'un grand turho marin qui a beaucoup de ressemblance avec elle; la veuve ou le turbo pica de Linnus. Ce que l'tude des gastropodes coquille spirale offre peut-tre de plus embarrassant , c'est de se bien reprsenter comment des parties aussi dveloppes que celles que l'animal montre au-dehors quand il rampe, peuvent se replier sur elles-mmes, et se concentrer dans la cavit troite de la co- quille. C'est ce que nous cherchons claircir par nos figures 5 et 6 qui reprsentent l'animal de la veuve, enlev sa coquille, mais dans ses deux tats :1a premire le montrant relire ; l'autre l'ampant. Tout dpend de la rtraction de la lte et du repliement de la partie antrieure du pied contre la partie postrieure. Cette dernire circonstance, qui a lieu plus fortement encore dans les nrites et les volutes o le pied est beaucoup plus grand, est surtout essentielle. L'opercule, qui est toujours at- tach sur le dos de la partie postrieure du pied, se trouve ramen par l vis--vis l'ouverture de la coquille, qu'il bouche, en y jjntrant d'autant plus que l'animal contracte d'avan- tage sou muscle. Le muscle est marqu a dans les deux (igures, l'endroit par o il toit attach la colu nielle. La figure 7 en montre la coupe, et comment la plus grande 2 10 VIVIPARE. partie de ses fibres se rend vers l'opercule, tandis qu'une autre se perd dans la masse charnue du [)ied, el qu'il en va quelques-unes jusque vers la trompe et les tentacules. On peut s'y faire une ide de la manire dont le muscle tirant fortement l'opercule, pousse tout le reste du pied, de la tte et des parties adjacentes en dedans , et finit par les mettre dans l'tat de contraction qu'exprime la figure 5. Cependant aucun gastropode aquatique ne retournant ses cornes ni sa tl au-dedans de son corps, comme le font les limaces el limaons terrestres, il est plus facile de juger, d'aprs l'animal contract, de la forme qu'il doit prendre quand il est tendu. Il n'y a qu' se reprsenter toutes les parties du pied, de la tte et des deux membranes latrales dilates en tout sens, et surtout en longueur; la tte s'avanant sous le bord externe de la coquille; la queue, sous le bord oppos, c'est--dire sous la columelle; et l'opercule se rflchissant contre celle-ci, comme une porte contre un mur, quand elle est tout--fait ouverte. On peut ainsi retrouver la figure d'un gastropode, mme quand il seroit venu des pays les plus loigns, enferm dans sa coquille et contract par sa propre action et par celle de l'esprit-de-vin. Il est certain qu'il vaut toujours mieux l'observer vivant, ou au moins lorsqu'avant de le mettre dans l'esprit-de-vin on l'a retir de sa coquille et laiss mourir dans l'eau; mais comme les voyageurs sont rarement mme d'observer exactement sur les lieux un animal vivant, ni de prendre les prcautions ncessaires pour le conserver parfaitement, il est toujours bon d'avoir ce moyen subsidiaire. TURBO, etc. n Nous l'avons employ avec avantage pour un grand nombre des gastropodes coquille dont il nous reste pax'ler. Tel est ce turbo pica dont nous traitons maintenant. Notre figure 6 le montre tendu artificiellement. Ses tenta- cules sont grles, stacs; l'il est port par un petit tenta- cule cylindrique et latral. Il n'y a que deux trs petites lo- bules sur le devant de la tte, et le manteau n'a aucun sy- phon. La membrane latrale du ct droit est dcoupe en plusieurs filets un peu rameux; le bord antrieur du pied est divis en deux lvres; la queue n'a ni cries ni franges : elle porte un opercule circulaire, mince, corn, d'un brun-fonc, marqu d'une spirale contours trs-nombreux. La figure 7 montre le plafond de la cavit brancbiale dtacb gauclie et rejet sur la droite, et la grande cavit ouverte et prive de ses tgumens du ct gaucbe, pour montrer ce qu'elle contient par ce ct, depuis la boucbe jus- que derrire l'estomac. On a vu que les tentacules et autres appendices extrieurs de cet animal ont les plus grands rapports avec ceux de la phasianelle : ou va voir que ses viscres n'en ont pas moins. lia aussi deux peignes de branchies forms d'une multi- tude de feuillets triangulaires; mais ils ne sont spars que vers le fond de la cavit branchiale par un vestige de cloison, plutt que par une cloison vritable; car elle n'occupe pas le quart de leur longueur. Le cur, l'oreillette, le pricarde, l'organe de la viscosit n'ont rien de particulier. L'sophage aprs avoir parcouru un assez long trajet, mais sans s'tre repli, donne dans l'estomac, qui est norme et divis par des replis de sa membrane interne en plusieurs sinus et poches diffrentes. Il se rtrcit ensuite en un boyau qui a VIVIPARE. revient en avant, absolument comme dans la phasianelk , jus- que vers la niasse charnue de la bouche , puis se recourbe en arrire, va passer derrire le cur , et se rflchit encore en avant pour